Empty Mile

Matthew Stokoe · Chapitre 23 sur 35

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Empty Mile

Chapitre 23

 

La benne à ordures en face de chez Marla était à moitié pleine des affaires dont elle se débarrassait. À l’intérieur, la maison avait pris un air de désolation. Les meubles qu’elle comptait mettre en vente s’empilaient dans le salon, la chambre autrefois utilisée par mon père et Pat était désormais remplie d’objets qu’elle voulait garder. Des cartons ouverts à différents stades de remplissage étaient dispersés çà et là. Tout semblait triste, trop net, expurgé du confort caractéristique de son foyer depuis une décennie.

Pendant que Stan regardait des dessins animés de superhéros sur la télévision encore branchée, Marla et moi étions assis dans le jardin, une bière à la main sous les derniers rayons du soleil.

Je lui racontai les visites à Burton et au lac, lui montrai les équerres : celle sur l’arbre, et celle de l’atelier de David. Elle en prit une dans chaque main, les examina d’un regard terne, sa tête s’affaissa comme si le métal drainait toute son énergie. Je lui expliquai ce qu’à mon avis elles signifiaient.

« Tu ne peux pas acheter ce genre d’article n’importe où. Le père de Gareth est le seul à les fabriquer. Gareth a dû en voler une, la clouer à l’arbre, et y fixer la caméra avant notre arrivée. Il l’a sans doute mise en marche en partant. Il y a deux heures d’autonomie. Mais je n’arrive toujours pas à comprendre comment il a su où nous allions. Est-ce que Bill lui aurait fait des confidences ? L’idée de l’emplacement venait de lui, après tout. »

Marla demeurait coite. J’étais tellement préoccupé par mes propres questions que je le remarquais à peine.

« Cette hypothèse est inconcevable. Ils ne se parlent plus, et Bill ne lui communiquerait jamais une information aussi sensible. Ce qui nous ramène à Gareth et à la façon dont il a placé la caméra. »

Je grognai, me passai les mains sur la figure.

« Gareth a filmé, obligé, mais comment ? Comment diable savait-il où mettre l’appareil ? »

Marla releva enfin le visage. Je vis les larmes sur ses joues. Elle parla d’une voix très douce, presque inaudible :

« Gareth était au courant parce que c’est lui qui a suggéré l’endroit. Il m’a dit d’emmener Bill là-bas.

— Tu débloques ? Bill nous y a conduits. »

Marla secoua la tête.

« J’ai menacé Bill de tout annuler si nous n’allions pas derrière le rocher. Il connaissait le chemin car au début où je tapinais, avant Gareth et le reste, nous nous y étions rendus. Ensemble… J’ai simplement donné l’impression que la décision venait de lui.

— Tu as baisé avec Bill Prentice ? »

Marla se leva d’un bond et s’éloigna pour vomir, penchée en avant. Elle ne bougea pas pendant un moment, puis se racla la gorge, s’essuya la bouche, et se redressa. « C’était il y a longtemps. Tu connais mon passé. Ne sois pas salaud, s’il te plait. »

Ses mains tremblaient. Ses sanglots, interrompus par son renvoi, reprirent. Je respirai à fond, essayai de chasser l’image de Bill allongé sur Marla. Les implications de sa révélation me frappèrent soudain.

« Gareth a choisi le lieu ? Toute cette histoire n’était qu’un piège ?

— J’ignorais, pour la caméra. Je te jure, Johnny !

— Eh bien c’est quoi ce bordel, alors ? »

Elle inspira pour tenter de se calmer.

« Quand je me prostituais à Burton, j’ai été avec Bill deux fois. Ici même, et au lac. Point. Je ne voulais pas coucher avec quelqu’un du coin, alors j’ai arrêté. Beaucoup plus tard, lorsque j’ai obtenu mon poste à la mairie, Gareth était mon souteneur à Oakridge. Je lui ai parlé de Bill. Sans raison particulière, dans la conversation, mais du coup, il était au courant de notre relation. Et un jour, peu après ton retour, il m’a ordonné d’inciter Bill à nous regarder baiser toi et moi. L’opération devait se dérouler là-bas, au lac, et je devais le prévenir à l’avance du moment où nous le ferions. J’avais interdiction d’évoquer son nom devant Bill. Je ne savais pas pourquoi. D’accord, sa magouille était sacrément tordue, mais elle n’était qu’un épisode parmi d’autres de sa folie. Je ne pouvais rien y faire. À l’époque, tu ignorais mes antécédents, et Gareth m’a fait chanter. Il t’aurait tout raconté si j’avais désobéi. J’avais tellement peur que tu apprennes. J’étais persuadée que tu me quitterais, et cette pensée m’était insupportable. Je ne pouvais pas te perdre une seconde fois. Alors, j’ai cédé sans poser de question. Mais je te promets, je te promets sur ma vie que l’idée d’être filmée ne m’a jamais traversé l’esprit.

— Comment tu peux convaincre un homme d’assister à tes ébats ?

— La tâche n’était pas bien compliquée. Tu le connais. Je ne l’ai jamais rencontré au bureau parce qu’on travaille dans deux bâtiments séparés, mais il n’y avait rien de plus facile que de prétendre venir chercher un dossier. Il m’a reconnue tout de suite. Il a commencé à me proposer de l’argent pour coucher. J’ai prétendu avoir abandonné mes activités dans ce domaine. Par contre, s’il voulait juste admirer le spectacle, je pouvais m’arranger. Il a sauté sur l’occasion. Et j’ai… J’ai fait semblant de tomber sur lui par hasard afin que tu ne devines rien.

— En admettant que Gareth ait voulu le compromettre, pourquoi il ne t’a pas simplement demandé de le baiser ?

— Parce qu’il est cinglé. Et, quels que soient ses projets, il était ravi que tu sois impliqué. Il nous déteste autant l’un que l’autre.

— J’aurais pu refuser.

— Alors, il ne se serait rien passé. Mais je savais que tu accepterais, et Gareth aussi. Je suis tellement désolée, Johnny. Ça me crève le cœur. »

Marla ne pleurait plus, mais ses traits étaient bouffis, elle paraissait fatiguée, accablée par une tristesse insondable. Elle se tenait devant moi à l’image d’un condamné au seuil de l’exécution.

Je suppose que j’aurais dû la haïr de m’avoir entraîné dans une galère aussi sordide. Pourtant, ce n’était pas le cas. J’étais en colère d’être le dindon de la farce, en colère contre Gareth, qui lui avait forcé la main, mais pas contre elle. Comment aurais-je pu ? Ainsi qu’elle l’avait précisé, j’étais au courant de son passé, et j’avais ma part de responsabilité dans le tournant qu’avait pris sa vie. Même si je n’avais éprouvé aucune culpabilité, il m’aurait été impossible de la maudire dans la position où elle se trouvait. Son besoin d’être avec moi, l’absolue nécessité d’entretenir une relation se lisaient trop bien sur son visage.

Alors, au lieu de crier, de l’accuser, je l’enlaçai dans le soleil déclinant de l’après-midi, au milieu du petit jardin de cette maison qu’elle affectionnait tant et qu’elle était sur le point de perdre. Je tentai d’une certaine manière d’absorber les dégâts que mon égoïsme avait causés huit ans auparavant.

Plus tard, nous nous rassîmes pour finir notre bière, et évoquâmes à nouveau Gareth et sa vidéo.

« Donc, la question est pourquoi ? Pourquoi a-t-il manigancé tout ceci ? »

Marla haussa les épaules.

« Ce ne peut pas être lié à nous. Qu’avons-nous à perdre ? Aucune réputation à préserver. Nous n’avons jamais vraiment lésé quiconque. Je sais néanmoins que le torchon brûlait entre Pat et Gareth.

— J’ignorais qu’ils se connaissaient.

— Elle avait un chien, un gros labrador qu’elle emmenait partout. Toujours en liberté, un peu vieux, un peu stupide. Elle adorait cet animal. Il y a environ un an, Gareth promenait son père dans la Vieille Ville et le cabot a commencé à aboyer après la chaise roulante. Le vieux a eu une sacrée frousse. Monumentale erreur, parce qu’un ou deux jours après Gareth l’a écrasé avec sa Jeep. Il a prétendu qu’il s’agissait d’un accident, bien sûr, mais… » Elle eut un nouveau haussement d’épaules. « Pat était convaincue qu’il l’avait fait exprès. Elle lui en voulait.

— Un an ? Un délai plutôt long pour Gareth. En plus, il n’en tire aucun bénéfice matériel. Et si la vidéo était destinée à un chantage qui aurait mal tourné ? Gareth a peut-être voulu pousser Bill à soutenir le projet routier auprès du conseil municipal.

— Je ne crois pas que Bill ait un tel pouvoir. C’est la Commission de l’Aménagement du Territoire qui valide ce genre de travaux.

— Il en fait partie.

— Il la préside, oui, mais elle comprend six autres membres.

— Il est sûrement en position de les influencer plus ou moins.

— Possible. »

Marla semblait dubitative.

« Quoi qu’il en soit, Gareth a une idée derrière la tête. Une idée qui dépasse Bill ou Pat. Je reviens sans cesse aux rapports qu’il avait avec mon père. Prends le Club de l’Éléphant, par exemple. La première chose dont s’est souvenu Chris Reynolds est qu’ils étaient tous les deux intéressés par l’histoire d’Empty Mile. Pourtant, Gareth n’en a jamais soufflé mot, et ce n’est pas faute de lui avoir tendu la perche aujourd’hui. L’échantillon, maintenant. Mettons qu’ils aient déniché de l’or quelque part, assez pour faire expertiser leur récolte. Tu ne crois pas qu’il en aurait parlé depuis ? Sans compter qu’il n’arrête pas de me relancer pour acquérir le terrain. »

Nous demeurâmes encore un peu dans le jardin, puis rentrâmes à l’intérieur. J’éloignai Stan de l’écran à l’heure du dîner.

Nous passâmes le reste de la soirée à traîner des meubles, emballer des objets dans du papier journal, et fermer des cartons. Marla jetait beaucoup de trucs, et à la nuit tombée j’effectuai plusieurs allers-retours jusqu’à la benne, les bras chargés de sacs plastique noirs remplis de babioles et de paperasse.

Le container était haut. Je devais hisser les sacs pour les jeter à l’intérieur. À un moment, je manquai mon coup, et le plastique s’accrocha à l’arête de la poubelle. Le sac se déchira. Une avalanche de papiers se dispersa sur la pelouse au bord de la chaussée. J’étais exténué. J’envisageai un instant de tourner les talons et de tout laisser en plan, mais la paperasse irait valser sur la route au moindre souffle de vent. Alors je m’accroupis et commençai à rassembler les vieilles brochures éparses, les magazines, les factures et autres relevés de compte pour les enfourner dans les vestiges du sac. À mi-chemin de l’opération, je vis un coin de photo dépasser d’un ancien mode d’emploi informatique.

Vaguement curieux de voir le genre de clichés dont Marla souhaitait se débarrasser, je pris l’image afin d’y jeter un coup d’œil. Ma curiosité devint beaucoup moins vague quand j’en distinguai le contenu : Marla, devant des montagnes russes en bois, à côté d’une pancarte indiquant San Diego. Un polaroïd de vacances format standard. Rien de remarquable, excepté qu’il s’agissait de la réplique exacte de l’instantané trouvé dans la malle de mon père. Sur ce cliché, Marla le remplaçait, mais l’endroit, le cadrage étaient analogues en tout point. D’après mon souvenir, même la lumière et la couleur du ciel en arrière-fond correspondaient.

Marla y paraissait plus jeune de quelques années. Elle riait comme si le photographe venait juste de faire une plaisanterie.

J’aurais pu croire à une coïncidence. Que par un tour hallucinant du destin ils se soient tous les deux rendus à San Diego à une époque différente, qu’ils aient posé à un emplacement identique. Cependant, je savais qu’il n’en était rien. Le hasard n’existait pas. Les photos étaient trop semblables.

Alors quoi ? Des vacances ensemble. Mon père avait peut-être été invité à une convention immobilière quelconque, il avait emmené Marla en remerciement de son aide pour Stan. Concernant quelqu’un d’autre que lui, j’aurais été convaincu d’une liaison, d’un week-end coquin loin des regards indiscrets d’Oakridge. Mais pas mon père. Impensable.

Néanmoins, plus j’observais cette image à la lueur du porche derrière moi, plus je sentais la cadence froide de la suspicion s’insinuer dans les couloirs obscurs et profonds de ma conscience. Pour quelle raison ni mon père ni Marla n’avaient-ils jamais évoqué cette excursion à mille lieues d’Oakridge ? Un tel événement aurait dû surgir dans la conversation tôt ou tard. À moins qu’il fallût le cacher.

Je pouvais toujours questionner Marla, bien sûr. Mais que ferais-je s’il s’était vraiment passé quelque chose à cette époque, durant mon absence ? Je réalisai qu’en pareil cas je ne voulais rien savoir. Je refusais d’endosser le rôle de la mère jalouse, je n’étais pas équipé pour. De plus, elle se sentait déjà affreusement mal d’avoir contribué à l’organisation de nos ébats champêtres avec Bill. Je craignais que la divulgation d’une relation avec mon père ne l’achève.

Je pliai la photo et la glissai dans mon portefeuille. Ensuite, je ramassai le reste des papiers. Cette nuit-là, Marla se lova contre mon dos, les bras serrés autour de ma poitrine. On aurait dit qu’elle ne supportait pas d’être séparée de moi ne serait-ce que d’un centimètre.

Le lendemain, avant d’aller au travail, Stan et moi nous rendîmes à Empty Mile. Je désirais comparer le contenu du sac fourni par l’analyste avec la terre des trous creusés par mon père et Gareth en prévision de la soi-disant clôture.

Nous fîmes halte au cabanon pour récupérer une pelle puis descendîmes vers la forêt jusqu’à une des excavations. Stan se planta devant, les sourcils froncés :

« Du travail soigné. Trop étroit pour une pelle.

— Ils se sont servis d’une foreuse. »

Mon frère se pencha pour examiner l’intérieur.

« Il n’y a pas d’eau. »

Il s’allongea et plongea le bras dedans.

« J’arrive tout juste à toucher le fond. »

Il ramena plusieurs poignées de terre qu’il empila à côté du trou : un mélange lâche de sable et de graviers. J’ouvris le sac du labo, pris à mon tour une poignée et la déposai à côté du tas de Stan. Aucune différence notable.

Stan me tira par la manche au moment où je refermais le plastique. Il désigna un petit buisson à quelques mètres de là. Ses feuilles étaient d’un gris-vert terne. J’ignorais à quelle espèce il appartenait, mais dans la poussière tout autour je distinguais un éparpillement de minuscules pétales rose pâle. Certains avaient été portés par le vent jusqu’à l’excavation. Stan tapota le sac d’échantillons.

« Les mêmes fleurs, Johnny. »

 

Lorsque nous nous garâmes devant l’entrepôt de Plantorotops, il était identique à lui-même. Le temps était radieux, le ciel dégagé. Nous étions prêts pour une nouvelle journée de travail. Mais quand nous sortîmes du pick-up, nous constatâmes que la porte coulissante était tordue au niveau de la serrure, le volet entrebâillé d’un ou deux centimètres. Les stocks de végétaux nous avaient toujours incités à bien verrouiller en partant. Nous comprîmes tout de suite qu’un indésirable s’était introduit chez nous. Et nous le comprîmes encore davantage une fois à l’intérieur.

Toute les grosses plantes – ficus, dragonniers, yuccas, et cetera –, en parfaite santé la veille, étaient désormais mortes ou agonisantes. L’atmosphère était saturée d’une odeur de détergent.

Stan se précipita vers ses rangées d’arbres décimés. Il agitait les bras, produisait une sorte de gémissement haut perché avec la bouche fermée. Je fus submergé d’un mélange de lassitude dévastatrice et de colère. Je n’avais qu’une envie : m’asseoir par terre, enfouir mon visage dans mes mains, et oublier Plantorotops à jamais. Je savais que cette attitude était inenvisageable. Pas avec un tel investissement de la part de Stan. Alors je le tins contre moi, le calmai. Puis nous essayâmes de comprendre le déroulement de la catastrophe. Une tâche assez simple.

Nous suivîmes les effluves piquants jusqu’au terreau enveloppé de film plastique dans lequel les arbres reposaient. Nous avions déjà assisté à pareil spectacle, bien entendu. Le jour où Jeremy Tripp, furieux, nous avait rapporté nos plantes. Inutile d’être un génie pour conclure une nouvelle fois à sa culpabilité.

Le choc était rude. Plantagion nous faisait concurrence, et nous perdions à présent la marchandise qui aurait dû nous permettre de tenir jusqu’à la fin du mois. Je songeai à faire asseoir Stan pour lui expliquer à quel point les chances de survie de Plantorotops étaient minimes. Mais avant que je puisse m’y résoudre, il me regarda au-dessus du palmier flétri qu’il examinait, et affirma qu’il fallait sans attendre commander une autre cargaison. Je sus alors qu’il refuserait d’envisager une fermeture éventuelle.

Nous passâmes les heures suivantes à évacuer les plantes mortes de l’entrepôt. Je remarquai à un moment donné que Stan avait disparu. Je le retrouvai dehors, à l’arrière du bâtiment, à plat dos dans la poussière. Il avait renversé le contenu de sa pochette d’allumettes sur son visage. Les insectes, sonnés par leur longue réclusion, bougeaient faiblement à la base de son nez, sur ses paupières closes.

« Qu’est-ce que tu fais ?

— Je recharge. »

Je patientai un instant mais, comme il n’ouvrait pas les yeux, je retournai travailler. Il me rejoignit quelques minutes plus tard. Nous n’échangeâmes pas un mot à propos des papillons.

Lorsque nous eûmes terminé, nous nous mîmes en route pour notre tournée d’entretien. À chaque magasin, chaque bureau, après avoir arrosé, taillé, nettoyé les végétaux, nous demandâmes aux clients s’ils étaient satisfaits de nos services. Personne ne se plaignit. De fait, la plupart des commentaires furent élogieux. En revanche, trois enseignes nous signalèrent avoir été démarchées par un commercial d’une entreprise concurrente qui prétendait assurer des prestations identiques à un prix moins élevé. Tel client avait gardé la carte du représentant – un palmier au soleil couchant, Plantagion en lettres orange –, tel autre se souvenait du nom de l’entreprise car il lui évoquait une maladie.

Ils s’étaient tous engagés sur six ou douze mois. Les trois magasins qui avaient été sollicités refusèrent de souscrire à l’option d’annulation anticipée que je leur proposai. J’étais cependant enclin à croire que la question d’un changement de fournisseur se poserait au moment du renouvellement de contrat. Stan, lui, se contentait d’approuver gravement les trois fois où je présentais l’option, puis l’avançait et serrait les mains avant de partir.

Nous regagnâmes Empty Mile en fin de journée. Mon frère s’éclipsa pour aller voir Rosie, et je restai longtemps assis sur le porche, à me demander ce que j’avais bien pu faire pour énerver Jeremy Tripp à ce point.

 

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