Gaspard des montagnes - Tome II

Henri Pourrat · Chapitre 22 sur 43

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Gaspard des montagnes - Tome II

Quatrième Pause ............................................................... 139

Gaspard se réinstalle sur son banc, renfonce son couvre-chef :

— Chez vous, monsieur, ils n’ont donc ni cul ni tête ?

Puis, fermant son couteau :

— J’étais maréchal des logis à l’ex-garde ; les roi et les altesses je les ai vus à plat-ventre devant l’Empereur. Je les ai vu aussi lécher les bottes du roi Murat, dont le père tenait auberge. Oui, tous les princes, on les a fait danser, et l’on saurait encore assez de la vieille danse.

Là-dessus, tournant le dos au Cosaque, il sortit respirer un autre air que lui.

Les choses se gâtaient.

 

QUATRIÈME PAUSE

 

Le festin des Cosaques. – Le règlement de comptes. – Anne-Marie vient au verger. – Pour l’anniversaire de leur souverain, les officiers firent un banquet à la Belle Bergère. Ce qu’ils purent goinfrer ce dimanche-là passe l’imagination. Il fallait les voir, écarlates, soufflant, rotant, déboutonnant leur habit d’où tombaient les chiffons dont ils se rembourraient avan-tageusement la poitrine. De temps à autre l’un d’eux allait ouvrir la croisée, et se plongeant deux doigts au fond du go-

 

– 139 – sier, il faisait corps neuf à grand bruit. À la fin, comme la sa-bretache s’accrochait aux meubles, ils ne poussaient même plus jusqu’à la fenêtre. Une dégoûtation à lever le cœur.

L’idée vint à un major fait comme une tonne de désha-biller les filles qui servaient. Les deux gaillardes répondirent par de rudes bourrades à ces entreprises galantes. Le ban-quet menaçait de mal tourner, lorsque Sa Haute Naissance se rappela qu’il fallait avant tout porter à la santé du mo-narque. Et comme les filles avaient disparu, de hurler après l’hôtesse.

La mère, une maîtresse femme, vient, fait un bout de ré-vérence en pinçant son tablier. L’autre, sans dire qui ni quoi, d’un ton d’arrogance :

— Apportez-moi un vase où des Français n’aient jamais bu !

Elle l’envisage. « Bien, monsieur. » Dans la minute elle reparaît, pose sur la table le vase qu’on imagine.

— Tenez. Vous pouvez être sûr de celui-là !

Sa Haute Naissance se lève, les yeux hors de la tête. Mais il lui fallut prendre son aplomb. Avant qu’il eût pu em-poigner le vase, il vit l’hôtesse refermer la porte. Et il n’eut pas la peine de se rasseoir. Au même instant il recevait en pleine face une bouteille lancée si roide qu’inondé de vin et de sang, il s’écroula derrière la table.

Gaspard ayant vu monter la mère l’avait suivie sans qu’elle s’en avisât… Il n’eut que le temps de sauter sur un balai, de le démancher d’un coup de pied. Toute la bande dégainait dans le vacarme... Le premier qui fut sur lui, d’un estoc de ce fort bâton pointu, il l’envoya le bréchet effondré

 

– 140 – rouler par la salle… Après cela, une confusion hurlante, le hourvari de dix ou douze ivrognes se bousculant, sabrant au hasard ; les cris du major, aigus comme ceux d’un cochon qu’on saigne, parce qu’un maladroit vient de lui trancher l’oreille ; un autre qui s’affaisse dans cette presse, la gorge trouée d’un coup de pointe…

Ils s’arrêtèrent, alors, dessoûlés, haletants, honteux de se voir tant contre un homme armé d’un bâton. Gaspard s’était couvert d’un moulinet, et le nombre même des Co-saques ayant gêné leurs coups, il avait pu rabattre les lames. Sa veste était en loques ; un peu de sang lui coulait d’un bras.

— Allons, ça va, une latte et descendons tous !

Les yeux lui flambaient. Ramassant un sabre il passa dans l’escalier et les Cosaques le suivirent.

Au verger, les regains étaient fauchés de la veille sous les pommiers croulants de pommes. Gaspard y allait d’une telle enragerie que dès l’entrée il jeta veste et chemise, Avi-sant un petit jeune, rose comme une fille, il le prit pour son témoin. « Et commençons ; qui voudra. »

Il se donna du jeu, respirant deux ou trois bons coups, et puis il attendait. L’ardeur, la fierté, la hardiesse, on ne savait quoi de terrible, lui sortaient par chaque pore. Il tenait son sabre la pointe en terre et, sans sourire, souriait de toute la face.

Un grand bouledogue, couturé de balafres violettes, s’avança le premier. Drôle d’effet, ce mufle rouge sur ce gros corps blanc où brillaient des poils d’or. Gaspard soupesa le Cosaque du regard. Les traits tendus, tout éveil et prompti-tude, il avait pris une garde basse assez déconcertante.

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Quelques coups de banderolle pour se tâter, puis on cher-chait à placer les coups de pointe qui nettoient un homme. Gaspard manœuvrait, les muscles bien roulant sous la peau. L’autre, plein de viandes et de vin, commençait de s’essouffler. Une feinte à laquelle il se laissa prendre, un froissis de fer… Et Gaspard, qui, de primevue avait souhaité de lui compléter le portrait, lui démantibula la gueule du plus beau taillant qui se pût voir.

Alors ce fut un garçon au visage étroit d’oiseau de proie, à l’air froid et faux. Assis sous un pommier, il avait suivi le combat de ses yeux en verre à vitre.

Celui-là parut sûr de soi. Il garda sa chemise, déclarant avec insolence qu’il n’entendait pas s’enrhumer. Mais dès le premier engagement, lorsqu’il sentit le poignet du Français, il eut un battement de paupières. Le mieux était de brusquer les choses. Sa lame filait sous le bras de Gaspard, et dans la seconde on se précipitait, on le ramenait à son pommier, la chemise teinte de rouge sous une fontaine qui lui pissait de l’épaule.

C’étaient les deux meilleurs escrimeurs de leur corps. Gaspard eut un sourire qui ne passait pas sa moustache. Les narines écartées, il respirait de toute la poitrine. Un lion, les yeux en feu. Rien ne lui semblait impossible. Les Cosaques se seraient-ils jetés en tas sur lui, comme tantôt, qu’il les au-rait écharpés, culbutés, balayés.

Un autre. Cela ne dura pas le temps de le remarquer. Un autre encore.

Ha, pour lors, s’ils la dansèrent. Gaspard, le diable lui sortait par les fenêtres. Il avait des feintes, des parades, des détentes si rapides qu’on ne pouvait suivre sa lame. Ceux

 

– 142 – qui demeuraient tirèrent au sort dans une casquette, et ce n’était pas à qui passerait le plus vite. L’habit au plastron matelassé, aux épaules rembourrées, ils le dégrafaient sans aucun plaisir. L’aide-chirurgien éleva la voix pour faire re-marquer naïvement qu’il ne pouvait suffire à la besogne.

Gaspard se retourna vers son témoin devenu plus blanc qu’un cadavre.

— Il serait honnête d’appeler Sa Haute Naissance. Un coup de bouteille ne l’empêchera pas de croiser le fer.

Il alla, cependant, ramasser sa chemise et la roula en boule pour étancher le sang qui lui coulait encore du bras. Il riait aux choses. Une joie trop forte le soulevait comme un coup de vin.

Sa Haute Naissance arriva, portant haut une face ca-muse et massacrée. Il s’aligna, les dents crochetées, car la rage le tenait aux entrailles. Gaspard remonta sa culotte, ser-ra sa ceinture, et devant cet autre qui le faisait penser à Ro-bert, il se sentit une fois plus fort.

On ne s’amusa pas à tâter le fer. Le lieutenant rompait de deux pas, ramassant sa force pour assener un coup que nulle parade ne saurait amortir. Plus vite que la foudre, Gas-pard fut sur lui. Il dut le prendre par le flanc, – ce fut si subit qu’on ne vit qu’un bond, un tourbillon de lame, la pirouette de l’autre chaviré dans le foin… Il était arrangé, oui, avec ce paraphe en travers de ce qui lui servait de visage, il pourrait aller faire le mangeur de Français près de sa belle.

Gaspard piqua sa latte en terre et passa le regard sur ceux qui se trouvaient encore debout. Il fallait bien qu’il en restât deux pour porter témoignage.

 

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— On va mettre ces messieurs sur des paillasses et on les emmènera à l’hôpital. Vous, en prenant le commande-ment du détachement, vous donnerez de bons conseils à vos cavaliers.

Et ils firent ce que Gaspard leur avait enjoint de faire, parce que des hommes comme lui seront les chefs tant que ce monde sera monde.

Devant le portail, les gens du bourg regardaient déposer les Cosaques dans le fourgon. On comptait : sept, huit, neuf… On se sentait délivré, soulagé. Plus de bonapartistes ni d’ultras, plus de blancs ni de tricolores. Des chevaliers du lys en frac ou redingote causaient là avec le charron, avec le charpentier, qui, de joie, crachait dans ses mains. On don-nait déjà des détails. Mlle Solier du Malmontat, royaliste fa-natique, fit porter à Gaspard un pot de certain onguent dont le secret se transmettait dans sa famille.

Escorté de cavaliers pistolet au poing, le chariot partit. Déjà la nouvelle s’était cornée tout le long de la route. Entre les bouquets de pins, au bord du champ où ils arrachaient les pommes de terre, les paysans attendaient, les mains croi-sées sur le manche de la houe. Et chacun demeurait là jusqu’à ce que le dernier Cosaque eût pris le tournant.

 

Anne-Marie arriva à la Belle Bergère si émue que sa tête se perdait. Les hommes entraient, sortaient de l’auberge comme si le feu venait d’y prendre. Un brouhaha à ne s’y pas reconnaître.

Le Dragon lui dit de bouche à oreille : « Non, rien, des éraflures. Passe au verger par la remise. »

 

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Ha, Dieu est bon. Avant de la pousser, elle s’appuya à la vieille porte argentée par les pluies. Elle le savait, elle le sa-vait, Gaspard n’était plus un homme, mais une créature qu’habitait un démon. – Et cette idée, à cette minute même, en l’effrayant, lui donnait elle ne savait quelle joie. – Déjà elle avait été tentée d’essayer son pouvoir sur son cousin : il fallait se faire conscience de le laisser dans cette furie noire. Elle s’était dit certains soirs que si elle lui prenait les mains et qu’elle lui parlât comme à un frère, des malheurs ne se-raient plus tant à craindre. Mais elle n’avait pas bougé…

… « Maintenant le malheur est fait, un coup de fureur qu’il payera de sa vie. Ils l’arrêteront, ils le fusilleront. Est-ce que je peux encore le sauver, maintenant ? »

… Soudain elle vit Gaspard à son côté. Il la regardait en ennemi, d’une façon étrange. Sans pouvoir articuler un mot, elle remua les lèvres. Ses regards allaient sur l’herbe, avec la peur d’apercevoir une flaque rouge. Il y avait des places fou-lées. Où les talons avaient mordu, le sol se voyait à vif.

Elle tomba sur le banc du cognassier.

— Voilà, fit-elle avec effort, tu vas aller te cacher sous la chènevière. À la nuit, tu viendras, je t’attendrai à la fausse porte ; je te conduirai à la chambre où était mon petit garçon et où l’on n’entre plus. Une fois remis de tes blessures, tu passeras en Suisse par Montbrison, déguisé en prêtre…

Gaspard faisait non, non et non. Si on venait l’arrêter, il y aurait du tabac. Qu’il traversât la cour pour dire un mot aux camarades, il ne resterait pas un Cosaque une heure après dans le bourg.

— Ils ne bougeront pas, les choses iraient loin.

 

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Elle voulut insister, mais ce qu’elle disait lui paraissait à elle-même enfantin, inutile. Brusquement, elle était convain-cue que les Cosaques n’oseraient rien tenter. En cette mi-nute, elle voyait Gaspard tel qu’elle l’avait toujours imaginé, pouvant tout ce qu’il voulait entreprendre. Alors, dans ce vertige, elle prit le parti de lui adresser des reproches. – Elle s’était laissé tomber sur le banc, et elle le tira par le poignet pour le faire asseoir près d’elle.

— Hé, coupa-t-il tout de suite, si j’avais songé à me jeter dans une bagarre, je n’aurais pas gardé mes habits du di-manche !

Anne-Marie avait quitté son chapeau qui l’empêchait de regarder son cousin.

— Tu n’as songé à rien, à personne, pas plus que tu n’as songé à ton âme ? Si tu étais mort dans ce duel, où allais-tu ?

La face de Gaspard redevint sauvage.

— Tu le sais, toi, tu le sais ? L’enfer, tu y es allée voir ? Je me serais fait sabrer, tiens, ç’aurait été une bonne chose. Tu ne comprends rien. J’avais terriblement besoin de me décarêmer, ma pauvre Anne-Marie.

Une hardiesse et une peur mêlées la tenaient toujours, avec un désir de rendre Gaspard plus amical. Et tout cela lui passionnait le cœur. Elle allait, elle allait, surprise elle-même. Qu’il redevînt un ami, qu’il ne fût plus cet homme de colère !

— Écoute, parlons d’autre chose. Ce que tu me dis de la religion, j’y répondrais par des choses rudes.

Anne-Marie rougit, se souvenant de sa propre sortie de-vant l’abbé Boutarel. Une joie singulière la gagnait ; et en

– 146 – même temps un secret sentiment la poussait à tracasser Gaspard, à lui faire la guerre sur sa violence.

Le regard aux racines d’un pommier voisin, il écoutait, d’un air de laisser couler l’eau. Mais il s’échauffait derechef.

— Les gens ! Je me soucie des gens ! Ceux qui valaient quelque chose, leurs os sont aux champs de Ligny et de… Les autres, ils sont bons pour la schlague. Quand bien les Cosaques viendraient les faire danser par représailles, eux et leurs écus, je m’en moquerais comme d’une pomme. Oui, regarde-moi au visage ! Tu ne me connais seulement pas !

Peu importait ce qu’il disait. L’élan enlevait Anne-Marie à elle-même. Que lui était le monde, et tout. N’avait-elle pas été trahie par le monde ? Elle pouvait s’en aller dans le vent et ne plus rien savoir, sinon ce qui brûlait sa vie.

Parce qu’elle se taisait, Gaspard se tourna vers elle. Ja-mais il ne lui avait vu tant d’éclat. Comme si son âme faisait flamme derrière sa face. En vérité, jamais il ne l’avait vue encore. Il eut un mouvement ; et elle, – pour l’écarter, pour le saisir ? – elle lui posa les mains aux épaules. Alors il lui prit les poignets. Une fraîcheur comme celle de l’eau cou-rante au temps des moissons. Tout le sang de sa jeunesse af-fluait, lui battait dans la poitrine.

Le soir tombait. Les branches sous leur charge de pommes remuaient à peine. Un souffle d’air avec la rumeur des torrents venait de la montagne dont on voyait les longues cimes boisées s’en aller au loin. Ils étaient seuls. Des nuées flottaient, peintes d’une lumière jaune par le soleil couché qui les éclairait d’en bas, et elles à leur tour éclai-raient les murs, les pommiers, la pelouse, d’un reflet si fort que sa couleur donnait aux yeux.

 

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De l’auberge vint une chanson. Ils la chantaient en chœur, lourdement, tapant du poing sur les tables, d’une ca-dence grondante pareille à celle des tambours. D’un bond la reprise arrivait :

 

On va leur percer le flanc.

La la, que l’on va rire !

 

À la pointe de l’aube, quand le brouillard se déchire aux arbres, les colonnes d’un élan se portant au pas de charge vers le plateau, et déjà la victoire, cette chaleur qu’on sent jusque dans le ventre, plus ardente que l’eau-de-vie… De l’avenir, est-ce qu’il n’y en avait plus sur la terre ?

Il tenait les poignets nus d’Anne-Marie et les serrait comme si elle était sa part du monde. Leurs regards se mê-laient. Tant de franchise qu’ils se sentaient bondir le cœur. Elle détourna la tête, soudain, appuya le front sur l’épaule de son ami : « Ne me regarde plus, ne me regarde plus… »

— Nous ferons notre Vendée. Les trois couleurs au haut d’un sapin et demain nous serons douze cents. Par là, tout prendra feu. Et le Cantal et l’Ardèche, et Grenoble. À Lyon les canuts s’insurgeront comme un seul homme. J’oserai. Quand on ose, il vous vient une force qu’on ne connaît pas. Je ferai, je te dis, je pourrai faire.

Elle avait relevé la tête et le considérait de nouveau.

— Napoléon n’a rien voulu tenter alors qu’il vous avait tous… Napoléon !

— Et puis est-ce qu’il s’agit tellement de réussir ? Tiens-tu tant à vivre ? Trois mois, six semaines, huit jours, mais ce qu’on a dans le cœur, qu’on le fasse, sans le rêver tout le

– 148 – long de la journée. Notre vie à tous deux, c’est de vivre en-semble : en dehors de cela, tout sera misérable. Viens dans les bois, avec moi dans la guerre…

De la tête Anne-Marie disait non, comme lui tantôt. Le serein mouillait l’herbe, et un goût pesant montait, celui du sang, à travers le parfum des regains.

— Gaspard ! Sais-tu ce qu’il y aura sous tout cela ? du sang, des morts, des centaines de morts. Nous irions tous à notre perdition.

Là guerre… Les décombres où, sur une vache ballonnée, trois poutres charbonnent dans les tuiles. Elle regardait Gas-pard, toujours avec cette franchise totale. Ce fut lui le pre-mier dont le regard ne se donna plus tout. Elle devina quelle résolution il prenait. Elle s’effraya.

— Vois, s’il m’arrivait de m’écarter de mon chemin, je mourrais de déplaisir. Mais à présent je le sais, je ne pourrai jamais me passer de toi. Alors, si tu t’en vas, comment veux-tu que je vive ?

Elle s’était levée. Elle le regardait. Gaspard tremblait. Elle lui avait parlé avec une telle confiance… Il ne parvint pas à avoir un mot. Il lui semblait que sa poitrine allait se fendre pour qu’elle pût lire dans son être.

Arrivée à la vieille porte, Anne-Marie se retourna à demi la joue pâle. Elle eut un pauvre sourire. « Jamais plus nous ne nous assoirons sur ce banc-là. » Et elle partit.

 

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