Imago
Chapitre IX
Le premier coup du gong résonna, long et grave, le deuxième s’interrompit brutalement, les suivants exécutèrent une cacophonie de martèlements avortés. Ce n’était pas l’heure de midi qui sonnait.
Ophidia surgit en trombe dans le couloir et se précipita vers l’office. L’angoisse l’avait d’abord paralysée, le stylo en l’air au-dessus de son registre, puis l’alarme déversée en déluge de coups discordants déclencha ses réflexes. Ses talons imprimaient des traces légères sur la moquette en herbe pendant qu’elle filait comme une flèche, inconsciente du vrombissement accru des lampyrides.
Dans l’office, la porte du cagibi était grande ouverte, le bruit qui en provenait retentissait, infernal. Les mains sur les oreilles, l’infirmière s’approcha avec plus de circonspection. Dans la pénombre, deux hommes se poussaient et se frappaient, l’un armé d’un balai et l’autre du bâton du gong. Ils braillaient aussi, mais dans le vacarme, ils paraissaient grimacer de fureur en silence.
En clignant des yeux, Ophidia reconnut les deux hommes et laissa échapper un soupir de soulagement, Bill ne s’était pas métamorphosé. Toujours flottant dans son pyjama vert, la brosse en avant, il barrait le passage vers les escaliers à Niklaus, lequel acharné se jetait dans l’embrasure en brandissant son énorme baguette. Avec des gesticulations et des hurlements muets, ils s’assénaient de furieuses estocades et rebondissaient des murs au gong entre les deux volées de marches, provoquant l’épouvantable tintamarre. Courageuse mais pas assez téméraire pour s’interposer entre les deux enragés, la gardienne s’égosilla à son tour, sans aucun résultat sinon celui de ressembler elle aussi à un poisson-chat fulminant.
Soudain, la grande carcasse maigre de l’Oracle se pencha, au risque de recevoir de plein fouet les crins de la brosse dans le nez. Comme s’il avait prévu l’impact avant qu’il ait lieu, il l’évita adroitement pour cogner à revers, d’un mouvement du bâton de bas en haut, l’entrejambe de son adversaire. Le pauvre Bill se plia en deux, accroché des deux mains à son balai, et demeura dans cette position, les épaules secouées de sanglots. Niklaus se redressa avec exultation pour admirer son œuvre tandis que le dernier écho du gong s’apaisait en un bourdonnement grave. Ophidia s’était tue, elle aussi, le regard exorbité fixé sur le balayeur dont la défroque rétrécissait à vue d’œil autour d’une musculature hors du commun.
« Tu as triché ! » criailla la tête minuscule qui surplombait désormais un corps de colosse. « Tu as triché, tu as regardé dans l’avenir et tu as fait mal à pauvre Bill ! » répéta-t-il en saisissant par le cou l’Oracle avant qu’il ait pu fuir, enfin conscient du danger.
« Non, Bill, n… gargouilla Niklaus, c’est toi… gargl… qui trich… »
Suspendu dans le vide, il gigotait pour s’agripper aux bras de son persécuteur, les pointes des pieds tendues vers le sol, trop loin, beaucoup trop loin. Bill commença à le balancer comme un pendule et entreprit de sortir de la cage des escaliers par la porte devenue beaucoup trop étroite.
Affolée, Ophidia recula en quête d’un expédient pour arrêter la brute qui ébranlait les murs en faisant voler des plâtras. Le bâton du gong gisait par terre, hors de portée, elle doutait de toute façon de son efficacité. Retranchée dans l’office, elle cherchait avec le désespoir des causes perdues un moyen extraordinaire quand elle aperçut son bouquet trônant sur la table, elle s’en empara et courut au seuil du cagibi. De toutes ses forces, elle lança le tout, vase, eau, fleurs, en direction du géant et de sa victime pantelante, et vociféra :
« Ça suffit ! »
Le récipient se brisa en morceaux sur l’encadrure, l’eau et les pétales d’or ruisselèrent sur le crâne de Bill, un doux parfum envahit le réduit.
Jamais la gardienne ne sut vraiment quel ingrédient avait produit l’effet désiré, ou si leur combinaison s’était révélée miraculeuse, mais dans la flaque odorante, Bill reprit une figure humaine. À peu près. Les cheveux hirsutes, le tissu trempé plaqué contre sa poitrine chétive, les mains toujours serrées autour du cou de l’Oracle, il contempla pensivement l’arroseuse. Sa décision affermie, il traîna le corps et le lâcha à ses pieds, puis se frotta les paumes.
« Niklaus est un tricheur. Et c’est interdit de descendre dans la cave. C’est… quelqu’un me l’a dit, personne ne doit descendre. »
Bill tourna les talons et ferma la porte du réduit derrière lui, le verrou claqua.
Sur le carrelage, la victime de la strangulation geignait faiblement. Soulagée de constater qu’il était bien vivant, Ophidia ignora la sortie énigmatique et s’agenouilla pour lui prodiguer les premiers soins. Une fois qu’elle l’eut allongé, elle desserra le col avant de tâter le cou maigre. À part l’ecchymose boursouflée qui reproduisait des doigts énormes, il était intact, la pomme d’Adam indemne. Comme elle poursuivait son examen, elle rencontra le regard hypnotique de Niklaus, les yeux révulsés, il balbutiait avec un peu d’écume aux commissures des lèvres. Inquiète, elle voulut l’essuyer et s’assurer qu’il ne subissait pas une attaque du grand mal, mais l’homme lui attrapa le bras pour l’attirer vers lui avec une force insoupçonnable. Presque imperceptible, la voix d’outre-tombe qu’il utilisait pour glacer les sens avec ses prédictions lui susurra dans l’oreille un souffle gelé.
« La mort rôde, pleine de grâce, elle frappera cette nuit et vous ne pourrez rien pour elle ni pour celles qui vivent de l’autre côté.
— Allons, allons, vous irez très bien, répondit gentiment l’infirmière, je prendrai soin de vous. Ne parlez plus, reposez votre gorge.
— Je ne vais pas mourir, monsieur, pas moi ! »
Niklaus avait récupéré son ton de crécelle ordinaire, mais son exclamation indignée s’acheva dans un gargouillis de postillons peu ragoûtant. Au même moment, un groupe de pensionnaires fit irruption dans l’office, mené par Ezekel plus bougon que jamais. S’il n’ouvrit pas la bouche en ramassant le corps efflanqué afin de l’emmener à l’infirmerie, ses compagnons emplirent la pièce de commentaires oiseux auxquels Ophidia répondit avec lassitude avant de s’échapper à la suite de son brancardier.
Le reste de sa journée s’écoula morose au chevet de l’Oracle muet. Elle aurait préféré qu’il lui donne quelques éclaircissements à propos de sa bataille rangée avec l’homme à tout faire, ses tentatives pour le faire parler se soldèrent par un échec total. Obstinément tourné vers le mur du dispensaire, il se réfugia dans un silence maussade. Bien qu’elle soupçonnât plutôt la volonté de ne pas lui adresser la parole, elle le félicita d’observer aussi scrupuleusement la prescription médicale. Il répondit par un grognement disgracieux.
Malgré un message du Gérant qui lui conseillait d’aller se reposer – une infirmière épuisée n’ayant aucun intérêt –, ou peut-être à cause de ce conseil, Ophidia veilla son malade jusque tard dans la nuit. Pour s’occuper, elle avait étalé sur son bureau la panoplie de crayons de couleur et la rame de papier rapportées par Endrike, en même temps que leurs repas. Il était passé par les cuisines pour prendre leurs plateaux et les installa commodément sur la table de massage, rescapée du fatras initial. Elle sourit en repensant à son jeune professeur quand il lui avait annoncé ses intentions tandis qu’il la pressait de se nourrir.
« Je parle, tu manges ! J’adore parler, c’est ma nature d’imbriquer les sons, qu’ils s’envolent en musique ou se nichent sur le papier. Le silence est d’or pour les esprits amers, ils thésaurisent au secret leurs mots pour les vernir d’une richesse intérieure que nul ne peut aimer. Ils se taisent et invoquent la modestie, leur mutisme de métal pèse chargé de non-dit, leur silence fondu d’orgueil. » Il s’interrompit pour mâcher avec une belle énergie la carotte qui surnageait dans son assiette de potage. « Les légumes d’Horton craquent à merveille, tu ne trouves pas, Ophidia ?
— Délicieux, je les croque, ils explosent et se dissolvent en saveur ineffable dans la bouche, j’ai rarement dégusté de si bons légumes et fruits. À la réflexion, jamais, et les fraises, oh les fraises ! Je n’ai toujours pas rencontré ce magicien du potager, il reste très discret.
— C’est le jardinier intermittent. » Et sur cette déclaration sibylline, le poète reprit son homélie. « Sa magie a offert l’imagination au légume que nous savourons ce soir, en plus de la terre, de l’eau et de l’air, la magie est la création qui s’éveille avec l’imagination, et nos rêves métamorphosent la réalité… et nos cauchemars… »
Endrike avait soupiré dans un sanglot, Ophidia releva la tête de son assiettée, surprise qu’une carotte, aussi excellente soit-elle, inspire autant d’émotion. En pleurs, l’homme avait plus que jamais le visage d’un enfant perdu. Tout aussi soudainement, il essuya ses larmes de la manche comme s’il effaçait la buée sur une vitre et sourit, illuminé par la joie, et changea de sujet.
« J’ai regardé toutes tes affiches avec beaucoup d’attention. »
L’infirmière émit un petit bruit appréciateur, charmée qu’un de ses pensionnaires les ait lues en consacrant enfin son intérêt à ses recommandations.
« Ce ne sont que des consignes basiques et des suggestions pour mieux vivre notre quotidien », répondit-elle, les joues empourprées. « Je pense en rédiger de plus intéressantes.
— Oui, oui, certainement, je ne me souviens pas de ce qu’elles préconisaient. À vrai dire, j’ai remarqué seulement un phénomène rare : tes dessins manquent totalement d’imagination.
— Ah oui, on me l’a déjà dit, admit dépitée l’artiste ratée, mais il me semble que…
— Bien entendu, la technique est tout à fait méritoire, impossible de confondre le savon et le rouleau de papier dans l’avertissement des vestiaires. Cependant, la vérité ne crie pas, elle reste morne, enfermée dans son cadre, je t’assure qu’elle est triste.
— Triste ! Enfermée ! Mais la vérité est la vérité, il n’y a rien à lui ajouter ou à lui ôter. »
Indignée, Ophidia criait presque. Même si la vérité ne voulait pas s’incarner dans ses dessins, elle espérait qu’elle transparaissait dans sa voix pour défendre son éthique professionnelle. Son critique impitoyable ne releva pas son éclat.
« Ton imagination est emprisonnée », trancha-t-il avant de se radoucir avec une certaine emphase. « Gardien de mon âme en peine, ta présence ensoleille un lieu sombre, consens pour ma consolation que je libère ton imagination. » Mais devant la mine perplexe de l’infirmière, il acheva en riant, sa bonne humeur enfantine revenue : « J’aimerais beaucoup, Ophidia, t’apprendre les rudiments de la magie. »
Il avait insisté, joyeux, elle avait cédé, car la joie du garçon débordait communicative. Bien plus dans l’espoir d’en apprendre plus sur l’Institut et ses résidents que pour s’initier à la magie, une pratique qui lui paraissait toujours très étrange. Quand Endrike eut obtenu son accord, il rassembla les reliefs de leur repas et prit congé en la priant d’explorer le papier avec les couleurs qu’il lui avait apportées. Ophidia promit de faire des gribouillis multicolores, il répondit par une grimace tragi-comique avant de refermer la porte.
Pour respecter son engagement, la gardienne d’âme essaya d’abord chaque pastel sur la première feuille, dessinant consciencieusement des ronds parfaits de teintes différentes. Puis, jugeant que la libération de son imagination avait suffisamment progressé, elle échafaudait à présent une nouvelle stratégie qui encouragerait les pensionnaires à pratiquer le sport en extérieur au lieu de la magie en chambre. Dans La Réserve, elle avait repéré un joli jeu de croquet, l’activité paisible conviendrait parfaitement pour oxygéner tous ces poumons cloîtrés dans le grand salon. Elle commença à reproduire, à l’identique, les maillets sculptés de têtes animales qui l’avaient charmée.
La soirée avançant, elle bâilla, puis se frotta les yeux et bâilla derechef, se leva pour entrouvrir la porte du dispensaire et constata que son locataire ronflait sans grâce mais avec régularité. Pour combattre sa lassitude, elle exécuta sans bruit quelques mouvements de gymnastique, puis se remit au travail. Elle coloria les boules en respectant les six teintes réglementaires du jeu et bâilla. Son patient plongé dans un sommeil réparateur, dormir sur le banc de massage lui parut une bonne idée, le Gérant n’aurait pas à se plaindre de son service le lendemain. En s’allongeant après s’être déchaussée, elle se félicita d’avoir conservé ce meuble aux usages multiples. Une minute plus tard, elle avait rejoint le pays des songes.
Sur l’Institut assoupi, une puissante force d’inertie s’appesantit comme une chape de plomb, réduisant à l’immobilité silencieuse humains et chimères. Seule l’infirmière se retournait sur sa couche inconfortable, une démangeaison au mollet l’éveilla. À demi consciente, elle faillit se lever pour réintégrer son appartement, son intention s’évanouit dans les limbes de la torpeur.
La nuit blanchissait à peine lorsqu’un mouvement agita les combles de la bâtisse. De nombreuses griffes raclèrent les lattes poussiéreuses, le choc assourdi de poids tombant sur les tuiles des lucarnes faîtières les ébranla, des ailes lourdes brassèrent l’humidité que le point de rosée n’avait pas encore dissipée. À proximité de la façade, les timides hululements miaulés se multiplièrent et enflèrent. Ophidia sursauta, les sens en déroute.
Dans un état second, elle bondit de son lit de fortune et courut dans le couloir, réempruntant l’itinéraire qui l’avait conduite à l’office quelques heures plus tôt. La porte du cagibi béait à nouveau, elle se rua sur le seuil et s’arrêta net en découvrant la forme sombre penchée sur le sol. Lorsque la silhouette se redressa, elle crut qu’une femme petite et trapue s’occupait à éponger la flaque parsemée de pétales dorés, vaguement luminescents. Cependant, de grandes oreilles dépassaient de sa chevelure ébouriffée et l’une pendait bizarrement. Le faible éclairage lui révéla alors le pelage gris en guise de vêtement, les pattes crochues qui agrippaient un linge mouillé et plus haut, des moustaches vibrantes, parcourues d’électricité statique. Des yeux en amande scrutèrent Ophidia avec une intensité tragique qui fit monter les larmes aux siens, puis la créature retroussa un sourire effrayant sur ses incisives anormalement longues, tomba à quatre pattes et se précipita sur l’infirmière.
« Interdit ! » couina-t-elle, et elle la mordit cruellement au bras avant de faire volte-face en claquant le battant.
La main sur la plaie, la gardienne nageait en plein cauchemar. Le sang chaud qui coulait entre ses doigts ne parvenait pas à la réveiller, et le chahut s’amplifiait. À l’écoute, elle réalisa qu’il provenait de la terrasse, elle s’élança dans cette direction, guidée par l’unique désir de chasser son rêve angoissant.
Les lueurs des lampyrides vacillaient au plafond du vaste séjour, un souffle aurait anéanti leur galaxie dans l’abîme. À l’autre extrémité de la pièce, les grandes baies déversaient le clair-obscur de l’aube que des ombres en vol sillonnaient. Leurs contours dilués dans les eaux de la nuit prête à s’évanouir, elles se mouvaient avec lenteur, brassant l’air de leurs ailes plus noires que les ténèbres. Le vertige de leurs évolutions s’harmonisait au chant grave où fusionnaient hululements et modulations de feulements, une mélodie entrecoupée de soupirs en contrepoint du pendule battu par les amples envergures.
Ophidia s’approcha jusqu’à coller ses mains à la vitre, son haleine embuait le verre pendant qu’elle respirait par saccades après sa course folle. Malgré l’aspect étrange des chimères, mi-chat mi-rapace, la pavane ne l’effrayait pas, la grâce alourdie de leurs circonvolutions l’émouvait comme un rite né à l’orée du temps. L’une d’elles croisa son regard fasciné, les larges yeux qui dévoraient sa face duveteuse au-dessus des babines exprimaient la sérénité de la nature.
Le premier rayon de soleil perça l’horizon, sa pâleur embrumée s’étira sur les arbres du parc, les oiseaux chats se turent et disparurent dans les hauteurs.
« Les chachouettes sont la bonté, ah oui, Ophidia. »
La voix douce ne contenait aucune menace, mais le cœur de l’infirmière s’interrompit de battre un instant. Tremblante comme une feuille, elle se retourna. Celui qui avait failli la faire mourir de peur ne ressemblait pas à une chimère, c’était une montagne flottant à quelques centimètres du sol.
« Je vous ai effrayé, oh oui, j’en suis navré, Gardien. Mon nom est Montague, je vis à l’écart de l’agitation de l’Institut, et vous dormiez quand j’ai eu le plaisir de vous rencontrer. J’aime mieux sortir lorsque le sommeil règne encore au lever du jour. »
Ophidia n’avait jamais vu un homme de cette taille et de cette corpulence, il ne déméritait pas de son surnom La Montagne, il en avait l’impressionnante majesté. Elle n’avait jamais vu non plus un homme suspendu entre ciel et terre, et le ballon baudruche jaune éclatant qu’il tenait à la main n’amoindrissait en rien la stupéfaction qui la figeait, incapable de répondre.
« Vous devriez vous soigner, murmura Montague, les morsures de rasourire ne s’enveniment pas, mais elles laissent des cicatrices si l’on ne veille pas à les panser, oh oui, de vilaines balafres. Et vous allez prendre froid, ah oui, en vous promenant pieds nus, il n’y a que Bill pour ne rien craindre sans chaussures. Je vous souhaite une bonne journée. »
Il ascensionnait déjà l’escalier, car grimper ne correspondait pas à sa glissade sur les marches, quand Ophidia reprit ses esprits. Sur le carreau, ses paumes avaient laissé des traces ensanglantées et ses orteils se recroquevillaient au contact du parquet, elle suivit le conseil de La Montagne et s’enfuit vers l’infirmerie. Après avoir inspecté la plaie dont l’aspect net la rassura, elle s’aspergea copieusement d’antiseptique, frissonnante à l’idée de ce que pouvaient bien véhiculer comme petites horreurs les crocs d’une rasourire. Le pansement appliqué, elle se souvint de son mutique malade et passa la tête pour vérifier qu’il reposait sagement. Sur le lit en désordre déserté, une grande affiche en six couleurs proclamait : « Endrike et vous êtes bien trop bruyants, je retourne dans ma chambre ! »
Comme une automate, Ophidia ferma avec précaution la porte, renfila ses bottillons et partit s’enfermer chez elle.
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