La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 32 sur 62

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La montée aux enfers

Le Visage Enfantin

Le visage enfantin et pervers regardait. Je voyais l’œil ouvert, la fixité des traits, Le fin profil tendu sur le long cou flexible Et l’admiration en elle était sensible Par le frémissement des ongles et des cils. L’amour, le tendre amour, cet éther trop subtil, S’était évaporé au soleil d’un visage. Le jeune homme était blond et svelte comme un page. Il mâchait une rose orange entre ses dents Et parfois crachait un pétale en la mordant. Il ne pensait à rien, fixait un point et même Il semblait ignorer les yeux comme deux gemmes Ardemment allumés près de lui, les chers yeux! J’étais très loin, j’étais très seul, à côté d’eux. Aucun mot ne fut dit. Les pétales tombèrent Un à un. Puis l’amie abaissa ses paupières Quand s’éloigna l’indifférent aux cheveux d’or. Ce fut tout. Quelque chose entre nous était mort.