L'ultime choix

Gérard Vigneron · Chapitre 31 sur 44

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Les effets de la conscience sur le générateur de nombres aléatoires

De nombreuses autres expériences témoignent de cette qualité de la conscience. Parmi elles, certaines font encore appel à un générateur de nombres aléatoires. Dans les années 1970, des chercheurs du laboratoire PEAR (Princeton Engineering Anomalies Research) ont utilisé ces dispositifs pour savoir si un individu était capable de les influencer. A leur grande surprise, ils ont constaté que c’était bien le cas. 

 

Les effets de la conscience sur le générateur

de nombres aléatoires

Un jour, Imants Baruss [222] participait à un congrès qui avait lieu près du lac Huron. A la fin de la journée, il suggéra aux participants de se rendre sur les rives du lac, dans ce lieu qu’il affectionnait particulièrement pour se ressourcer. Il leur proposa de s’octroyer quelques instants pour admirer le coucher du soleil. Une quinzaine de participants au congrès se retrouvèrent sur la plage et, dans un profond silence, fixèrent leur attention sur le soleil qui se couchait à l’horizon.

Parmi les participants se trouvait Roger Nelson[223], qui avait en sa possession un générateur portatif de nombres aléatoires. Il s’agit d’un appareil électronique qui, comme je l’ai précisé plus haut, produit aléatoirement des pics d’activité électronique des centaines, voire des milliers de fois par seconde. Cette activité électronique est ensuite convertie en séquences de bits qui se traduisent par des 0 ou des 1. Au bout d’un temps déterminé, on se retrouve toujours avec le même résultat de 50 % pour chaque nombre. De nombreuses expériences ont été réalisées dans lesquelles on demandait aux participants d’influencer intentionnellement ce fonctionnement aléatoire pour que le dispositif électronique génère plus de 1 que de 0, ou l’inverse. Une méta-analyse portant sur douze années d’expérimentations a été menée par le laboratoire PEAR et publiée en 2000. Elle montrait des résultats très significatifs : les processus électroniques n’opéraient plus de façon aléatoire.

Mais, ce jour là, l’objectif était différent. Roger Nelson voulait vérifier l’existence d’un « effet de conscience de groupe » sur le générateur de nombres aléatoires. Il procéda à un enregistrement qui dura une heure (trente minutes avant le coucher du soleil et trente minutes après). Imants Baruss fut stupéfait des résultats obtenus par Nelson à la suite de l’expérience. Au lieu d’une répartition égale entre le nombre 1 et le nombre 0 comme c’est le cas lorsque le générateur est isolé de toute influence extérieure, la courbe montrait une déviation très significative, beaucoup plus importante que celle qui aurait été due au simple hasard.

Les résultats de cette simple expérience montrent qu’un groupe de personnes focalisant son attention sur un coucher de soleil influence le fonctionnement d’un générateur de nombres aléatoires ! Ils mettent donc en évidence l’existence d’une relation entre une activité consciente et un dispositif informatique fonctionnant au hasard. En d’autres termes, il semblerait que cette attention partagée dans « un environnement favorisant

une résonance subjective relativement intense [224]  » crée un état de cohérence, un état d’être qui n’a, par définition, aucun support matériel, mais qui se reflète dans le monde de la matière. D’autres expériences menées par différents chercheurs sur des groupes de personnes en train de méditer aboutissent aux mêmes résultats. « Dans de pareils moments, c’est comme si l’attention normalement dispersée des membres du groupe se focalisait et qu’une cohérence mentale collective s’installait. Durant de tels moments, il semble que les changements microphysiques dans

l’environnement local puissent être détectés [225].  » L’attention et l’intention créent donc un état de cohérence de la conscience qui introduit un arrangement de la structure de la matière.

Evidemment, des relevés ont aussi été effectués quand un groupe de personnes se réunit dans une salle mais n’effectue aucune activité qui les unisse dans une expérience émotionnelle collective. Dans ce cas, les générateurs continuent à produire des données de façon totalement aléatoire.

Ce type d’expériences pose de nombreuses questions aux physicalistes. Ces derniers sont dans l’incapacité de donner une quelconque explication à cet effet sur les générateurs de nombres aléatoires observé lors d’une contemplation d’un coucher de soleil, d’une méditation partagée par un groupe de méditants ou encore lors d’événements dont la charge émotionnelle a été éprouvée par de nombreuses personnes. Un des exemples les plus célèbres est celui du procès de l’ancien joueur de football américain O. J. Simpson. Très médiatisé, le procès fut suivi par un public important. Là encore fut observée une modification significative des relevés des générateurs lorsqu’un nombre considérable de personnes passionnées par le procès se précipitèrent sur leur poste de télévision pour suivre son déroulement avec beaucoup d’attention.

Ces résultats ont été confortés par d’autres expériences menées par Roger Nelson. Celui-ci disposa des générateurs de nombres aléatoires sur différents sites dans le monde entier, tous reliés à un terminal à Princeton. Les données analysées montrèrent qu’un réseau de systèmes aléatoires situés tout autour de la planète répondait mystérieusement à l’attention focalisée de populations entières lors de certaines situations dramatiques ou d’événements empreints d’une forte charge émotionnelle comme le 11 septembre, la mort de Lady Diana ou le passage au nouveau millénaire… Dans ces situations, un certain schéma d’ordre apparaît dans les données : « Les variables aléatoires n’étaient pas aussi aléatoires qu’elles auraient dû l’être… Les évènements de grande envergure suscitant beaucoup d’attention créent une certaine cohérence mentale qui semble se répercuter à l’intérieur de générateurs de nombres aléatoires installés en plusieurs

endroits du monde[226]. » ll semble donc qu’il existe un effet de résonance entre la conscience et la matière, effet impossible à concilier avec une compréhension matérialiste de la conscience.

Dans ce type de phénomènes, on peut envisager raisonnablement que quelque chose d’immatériel comme « un champ de conscience collectif » affecte l’ordre sous-jacent au monde physique. Ces phénomènes suggèrent l’existence d’une profonde relation entre la conscience humaine et le monde de la matière : la barrière entre eux n’est pas aussi étanche que le prétendaient les matérialistes. Leur interconnexion est si profonde qu’une action de la conscience sur des processus microphysiques ne semblent pas si absurde.

Au contraire, ces expériences mettent en évidence une influence indubitable d’actions infinitésimales de la conscience sur la matière. Plus précisément, cette dernière affecte l’état du monde physique de manière non locale, c’est-à-dire que son action n’est pas confinée à des points spécifiques dans l’espace tels que le cerveau et le corps, mais dépasse ces limites spatiales. L’hypothèse avancée par Nelson serait que les événements mondiaux touchant émotionnellement suffisamment de personnes provoquent une ondulation dans l’océan de conscience, ondulation qui est enregistrée dans les générateurs de nombres aléatoires. Un dialogue intime s’engage donc entre la conscience et la réalité matérielle quand se produit un changement d’ordre de la conscience provoqué par l’attention et l’intention.

Avant de mieux définir ce champ de conscience illimité, je vais décrire quelques situations qui mettent en évidence son existence. Il s’agit du remote viewing, des expériences de mort imminente, de celles résultant de la prise de substances psychoactives, et de deux témoignages, dont celui d’une neuroscientifique, Marjorie Woollacott.

Toutes ces expériences révèlent des aspects importants de la nature de la conscience. Elles tendent à montrer que notre conscience individuelle est en réalité un îlot de conscience localisé dans un océan de conscience. Comme le poisson qui est incapable de voir l’eau dans laquelle il nage, il est souvent difficile pour nous autres humains de discerner l’existence d’un prolongement de notre conscience individuelle sous la forme d’un champ d’information illimité, un champ « non localisé » dans lequel notre conscience individuelle peut s’absorber. « Nous pouvons vivre toute une vie sans la voir, et oublier que c’est elle qui nous relie, nous porte, nous nourrit. Elle est présente partout, infuse tout et relie tout, elle est à la fois

immanente et transcendante[227]. »

Depuis des millénaires, et dans toutes les cultures, ont été rapportées des expériences qui laissent entrevoir la possibilité pour la conscience de s’étendre au-delà du temps et de l’espace, jusqu’à donner à l’être humain le sentiment d’identification avec tout l’univers. Ces expériences qui ouvrent l’être humain à un « au-delà de soi » sont des expériences d’hyperconscience et non pas celles d’un état altéré de la conscience. Elles sont riches de sens pour ceux qui les vivent et représentent des moments importants, si ce n’est déterminants, de leur existence. Prendre en compte ces expériences qui nous amènent légitimement à nous interroger sur les limites de la conscience est sans aucun doute déterminant pour élargir notre champ de compréhension de la psyché humaine, mais aussi de la compréhension de l’univers.

Certaines conditions, ou une forme d’apprentissage, sont souvent nécessaires pour pénétrer dans ce domaine étranger à l’espace-temps et éprouver notre véritable nature intemporelle. Il est en effet intéressant d’observer que ce sont précisément les qualités opposées à celles que sollicite l’intelligence rationnelle, en l’occurence l’intuition et la sensibilité, qui vont nous permettre de laisser émerger une connaissance plus globale de l’humain comme de l’univers. Ces conditions expliquent peut-être pourquoi, aujourd’hui encore, peu de scientifiques se penchent sur ces