L'ultime choix

Gérard Vigneron · Chapitre 4 sur 44

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L'ultime choix

II | Comment éprouver toute son humanité ?

II

 

Comment éprouver

toute son humanité ?

 

« Une vie pleinement vécue jusqu’à son terme, travaillée, mûrie, ciselée par les pertes et les lâcher-prises, traversée du souffle de la vie intérieure est comparable à une œuvre

d’art[80]. »

 

Effectivement, l’homme ne peut se résoudre à se considérer comme une

machine biologique, un « cyborg[81] » invulnérable. Il doit refuser cette démesure technologique qui l’amène à devenir un adepte d’un « techno-culte » dans lequel le progrès est sacralisé sous peine de courir le risque le

plus important pour l’espèce humaine [82]. Pour éviter de voir la capacité d’accomplissement de l’être humain totalement étouffée, il est impérieux d’abandonner définitivement le projet d’un homme augmenté par son pouvoir technologique pour réaliser celui qui lui permettrait d’être soi et de s’accomplir.

Car, aussi augmenté soit-il, l’homme moderne court le risque de se sentir telle une coquille bien lustrée, mais bien vide. Il peut certes devenir une merveilleuse machine mise au point en fragmentant le corps pour mieux l’appareiller des dispositifs technologiques les plus ingénieux, mais au risque de vivre une existence totalement absurde. Incapable d’écouter sa petite musique, de puiser dans ses ressources intérieures pour jouer sa partition, il sera de plus en plus impuissant à affronter sa fragilité. Oui, l’être humain est fragile et vulnérable. C’est vrai : il n’est pas toujours aisé de vivre avec sa vulnérabilité ou celle de ceux qui nous entourent, mais cette vulnérabilité est constitutive de la condition humaine. Alors que faire ? « Devant cette difficulté, l’illusion de puissance des technologies peut tenter les insatisfaits de la condition humaine. Mais à quel prix ! Au