Une mère en cavale - Un protecteur si séduisant
Chapitre 11
11
Gabe roulait à tombeau ouvert sur la chaussée glissante, les mains crispées sur le volant. Il pleuvait à torrents, et il lui fallait mobiliser toutes ses facultés pour éviter de patiner sur les nappes d’eau.
Il n’aurait jamais dû laisser Dakota partir seul par ce temps, se dit-il pour la énième fois. Son fils risquait d’être frappé par la foudre, renversé par une voiture, ou de tomber de la falaise.
Il éprouva un pincement de culpabilité en songeant au reproche que Dakota lui avait adressé avant de s’en aller.
Il lui en voulait de ne pas se soucier davantage du sort de Kayla. Quelle ironie ! Il s’en souciait trop, au contraire. Au point qu’il avait perdu le recul et la concentration nécessaires pour mener correctement l’enquête. Toutefois, son fils avait raison : il n’aurait jamais dû laisser Kayla seule chez elle.
En bifurquant dans le chemin qui menait au cottage, il constata que toutes les fenêtres étaient éteintes. Il survola littéralement le sentier, puis enfonça la pédale de frein, dérapant sur le gravier détrempé.
En un clin d’œil, il sauta à bas du 4x4 et s’élança vers le porche. Pratiquement à l’aveugle, car les rideaux de pluie qui se déversaient du ciel et la nuit aussi noire que de l’encre ne lui permettaient pas de distinguer quoi que ce soit.
Un éclair illumina les marches : il les franchit en deux enjambées et tambourina à la porte. Personne ne répondit.
— Kayla ! cria-t-il.
Sa voix se perdit dans le vacarme de l’orage.
Kayla et Dakota étaient peut-être morts, ou en train d’agoniser sur le sol, se dit-il, affolé.
Inspirant profondément, il recula puis, d’une brusque détente de la jambe, défonça le verrou provisoire. La porte s’ouvrit à la volée, plus facilement que la première fois.
Sans perdre une seconde, il se précipita à l’intérieur.
Une silhouette sombre surgit devant lui, et la maison s’illumina soudain d’un nouvel éclair qui fit briller un long couteau au-dessus de sa tête.
A l’instant où il saisit le poignet qui brandissait le poignard, Gabe comprit qu’il s’agissait d’une femme. Sans lui laisser le temps de prononcer un mot, elle se mit à lui bourrer les tibias de coups de pied.
— Laissez-moi tranquille, espèce de sale type !
Il l’obligea à lâcher son couteau, qui tomba sur le sol.
— Kayla, c’est moi, Gabe !
La foudre éclata de nouveau, éclairant le visage de la jeune femme. Elle le fixa, les prunelles dilatées.
— Gabe ?
— Oui, ma chérie… Tout va bien.
— Gabe ? s’étonna Dakota à son tour, en surgissant derrière elle. Dieu merci, tu es revenu !
Gabe serra Kayla contre lui et tapota le bras de son fils.
— Que s’est-il passé ?
Le garçon entreprit de lui expliquer de quoi il retournait, mais avec tant de hâte que, par deux fois, Gabe fut obligé de l’interrompre pour lui faire répéter toute l’histoire depuis le début.
Dehors, l’orage s’éloignait peu à peu, et la pluie qui, un instant plus tôt, martelait le toit, ne produisait maintenant plus qu’un doux murmure. Les lampes clignotèrent avant de se rallumer tout à fait.
Kayla respira profondément et s’écarta de lui.
— Mon Dieu ! Dire que j’ai failli te tuer !
Les larmes aux yeux, elle fit courir ses doigts tremblants sur son torse.
Il lui immobilisa le poignet.
— Je suis heureux de savoir que tu sais te défendre.
— Une vraie guerrière ! fit-elle avec un rire forcé. Que tu as désarmée en moins d’une seconde !
— Je suis entraîné au combat.
— Avec un peu de chance, l’assassin, lui, ne l’est pas, remarqua Dakota, qui s’était éloigné et se tenait accroupi devant un gros caillou échoué sur le sol. Voilà le projectile qu’il a lancé dans la fenêtre, ajouta-t-il en tendant la main pour s’en saisir.
— N’y touche pas, ordonna Gabe. Il y a peut-être des empreintes digitales dessus.
L’adolescent se redressa aussitôt.
— Evidemment ! Comme si je ne le savais pas !
Il considéra tour à tour la pierre et la baie vitrée.
— Quand l’a-t-il lancée ? interrogea Gabe.
— Cinq minutes environ avant ton arrivée, répondit Kayla. Pourquoi ?
— Il est peut-être encore dans le coin. Vous deux, restez ici. Non, en fait, allez plutôt vous enfermer dans la chambre à coucher. Je vais faire un tour d’inspection dehors.
— Non ! s’écrièrent Kayla et Dakota d’une seule voix.
— Ça ira, les rassura-t-il avec un léger sourire. Il est sans doute parti depuis longtemps.
Le jeune garçon s’avança vers lui.
— Et dans le cas contraire ? Je viens avec toi.
La poitrine gonflée d’une fierté jamais éprouvée jusque-là, Gabe posa les mains sur les épaules de son fils.
— J’ai besoin de toi pour veiller sur Kayla au cas où le tueur rôderait encore dans les parages.
Dakota fronça les sourcils, visiblement hésitant.
— Bon, d’accord, mais dépêche-toi. Il n’y a plus de verrou sur la porte d’entrée, et la serrure de la chambre risque de ne pas tenir longtemps.
Le petit ne manquait pas de bon sens, se dit Gabe, admiratif.
— Tu as raison. Je ne vais pas m’aventurer trop loin. Maintenant, allez-y.
— O.K.
Dakota prit le bras de Kayla et tenta de l’entraîner vers la chambre, mais elle résista.
— Fais attention, dit-elle.
Gabe sentit une émotion nouvelle l’inonder — et, cette fois, il ne s’agissait pas de fierté. Il aurait voulu pouvoir rester, la reprendre dans ses bras et effacer le pli soucieux qui lui barrait le front.
— Il faut que je m’assure qu’il n’est plus là. C’est mon travail.
Elle le considéra longuement, puis hocha la tête avant d’emboîter le pas à Dakota.
En chemin, le garçon se baissa pour ramasser le couteau de boucher qui gisait sur le sol.
Dès qu’il eut entendu la clé tourner dans la serrure, Gabe sortit de la maison, en prenant soin de tirer la porte d’entrée derrière lui. Il lui faudrait la réparer, mais d’abord, la priorité était de s’assurer que l’assassin n’était plus là.
Il fit le tour du cottage, marquant une pause avant chaque angle dans l’espoir de surprendre l’intrus. A la lueur de lointains éclairs, il distinguait les aspérités rocheuses du terrain, mais il n’y avait apparemment pas âme qui vive.
La pluie avait cessé et de la vapeur montait du sol, formant une nappe de brouillard qui devenait plus dense de minute en minute.
En parvenant devant la baie vitrée, il ralentit et se baissa pour examiner le sol, à la recherche d’éventuelles empreintes. Mais, s’il y en avait eu, la pluie les avait effacées.
Il se redressa et regarda autour de lui. Les falaises et l’océan étaient presque entièrement noyés dans la brume. Un fugitif ne se risquerait pas dans cette direction, préférant s’éloigner du côté de la route.
Il tourna le regard vers le pan de colline parsemé de buissons et de bouquets d’arbres qui descendait vers la chaussée, en contrebas du phare. Si l’homme avait voulu cacher son véhicule sans pour autant risquer de s’enliser dans boue, le rideau d’arbres qui bordait la route constituait la cachette la plus logique.
Alors qu’il se dirigeait vers la rangée de conifères, le brouillard s’épaissit encore, comme pour faciliter la fuite du tueur et lui rendre, à lui, la tâche plus ardue. Si cela continuait ainsi, il ne verrait bientôt plus à un mètre devant lui.
Lorsqu’une longue silhouette noire surgit dans son champ de vision, il fit un bond en arrière, puis laissa échapper un petit rire. Ce n’était qu’un arbre. Il devenait paranoïaque… Il passa devant un deuxième arbre et, cette fois, ne tressaillit pas. Avec un peu de chance, la route n’était plus très loin. Il lui fallait de toute façon la retrouver s’il voulait rentrer au cottage. Couper serait bien trop dangereux : il risquerait de tomber de la falaise.
Une brindille craqua non loin de lui. Sursautant, il fit un brusque écart, et se cogna contre le flanc d’une berline noire. Il était parvenu sur la route.
Quelque chose de dur et de lourd s’abattit alors sur sa tête, et une explosion de douleur lui emplit le crâne. Sa vision devint floue, il s’écroula sur le sol détrempé.
Il essaya de se relever, mais son corps ne lui obéissait plus. Il savait pourtant qu’il devait arrêter cet homme avant que celui-ci ne s’en prenne à Kayla.
Des pas qui s’éloignaient firent crisser le gravier, puis une portière claqua.
Prenant appui sur le sol, il se hissa sur ses bras et parvint à se mettre à genoux, mais une nouvelle vague de douleur le terrassa, et il retomba, inerte, sur la terre mouillée.
Il entendit la voiture démarrer sur les chapeaux de roues.
Regarde la plaque d’immatriculation. Appelle les renforts. Lève-toi.
Mais il n’en eut pas la force et se laissa engloutir par les ténèbres.
* * *
Kayla marchait de long en large en se tordant les mains.
— Il est parti depuis trop longtemps. Quelque chose cloche.
— Il nous a dit de ne pas bouger avant son retour, lui rappela Dakota.
Les quinze minutes qui venaient de s’écouler avaient semblé affreusement longues à Kayla. Attendre cinq minutes de plus était au-delà de ses forces.
— Il lui est arrivé quelque chose, dit-elle en se dirigeant vers la porte d’un pas décidé.
L’adolescent lui barra le passage.
— Où vas-tu ?
— Je vais le chercher.
Elle essaya de le pousser, mais il tint bon.
— Il nous a demandé de rester là. Imagine que l’assassin soit dehors ?
— C’est bien ce qui me fait peur ! Ce fou a pu s’en prendre à lui. Peut-être que Gabe est blessé, qu’il saigne, et il risque de mourir si nous mettons trop de temps à partir à sa recherche. Laisse-moi passer.
Le garçon hésita.
— Je ne sais pas…
— Ce n’est pas le moment d’obéir aux ordres, Dakota, insista-t-elle en saisissant son visage entre ses mains. La vie de ton père est peut-être en jeu.
— D’accord, dit-il sombrement, mais c’est moi qui passe devant.
— Peu importe, ne perdons pas de temps !
Inquiétude injustifiée ou intuition ? Kayla éprouvait le besoin irrépressible d’agir. Elle sentait que Gabe était blessé. Il ne serait jamais parti aussi longtemps, sinon.
— Il nous faut une torche électrique ! Aide-moi à chercher, dit-elle lorsqu’ils eurent quitté la chambre.
Elle fouilla dans les tiroirs situés à droite de l’évier, tandis que Dakota se chargeait du côté gauche du comptoir. Sans résultat. Finalement, ce fut Dakota qui trouva l’objet convoité dans les placards du bas de la cuisine. La lampe était en état de marche.
En sortant sous le porche, ils s’arrêtèrent net : face à eux se dressait un véritable mur de brouillard.
— On n’y voit rien, commenta l’adolescent en descendant les marches.
Kayla le retint par la chemise.
— Pas par là. Il y a la falaise.
Il pâlit.
— Tu crois que… que…
— Non.
Gabe était trop intelligent pour se risquer près du vide. Elle indiqua à Dakota l’autre côté du cottage.
— Commençons par là. Il a peut-être trébuché sur un rocher.
— Ou alors, il a été poignardé.
— Dakota ! le gronda-t-elle.
— Je disais ça comme ça…
Ils se mirent à longer les murs de la maison, Dakota en tête.
— Maintenant, je sais ce que l’expression « purée de pois » signifie ! Il n’est pas là, constata-t-il lorsqu’ils eurent fait tout le tour de la bâtisse.
Ils s’arrêtèrent devant le 4x4 de Kayla.
— Il faut pourtant le retrouver ! s’exclama-t-elle, au comble de l’inquiétude. Il est blessé, je le sais.
— Je ne vois rien, répondit Dakota en longeant le flanc du véhicule et en sondant la nuit opaque.
Sa lampe de poche créait un halo autour de lui. Il se tourna ensuite vers la maison, et écarquilla les yeux.
— Hé ! Il y a quelque chose d’écrit sur ton pare-brise ! Brrrr… Ce type est un vrai malade !
— Qu’est-ce que… Qu’est-ce que c’est ?
— « Ils ne seront pas toujours là pour te protéger. »
Kayla sentit une boule se former dans sa gorge, et déglutit péniblement.
— Ce ne sont que des mots, déclara-t-elle d’une voix tremblante.
Elle leva la tête, soudain en alerte : elle venait de percevoir un bruit à quelque distance de la voiture. Aussitôt, Dakota revint se placer devant elle.
— N’approchez pas, nous sommes armés ! menaça-t-il, brandissant d’une main la lampe torche, et de l’autre, le couteau.
Le bruit se rapprocha et une forme humaine émergea de la brume.
— Baisse ce couteau. C’est moi.
Gabe s’avançait vers eux, la démarche incertaine, une main pressée sur la nuque.
— Dieu merci ! s’écria Kayla en se jetant dans ses bras.
Déséquilibré, il tituba, et ils faillirent tomber tous les deux. Elle passa son bras autour de sa taille pour le soutenir. Les vêtements de Gabe étaient trempés et glacés.
— Dakota, mets-toi de l’autre côté, nous allons le ramener à l’intérieur.
— Ce n’est pas la peine, je vais bien ! protesta Gabe.
— Tais-toi donc et laisse-nous t’aider !
Il rit et ne put retenir une grimace de douleur.
— Bien, m’dame !
Dès qu’il fut installé sur le canapé, elle courut chercher une serviette dans la salle de bains. Au passage, elle emporta le couvre-lit.
— Que s’est-il passé ? s’enquit-elle en revenant dans le séjour.
Elle drapa la serviette autour de ses épaules.
— Aïe ! fit-il en portant la main à sa tête. Le type qui a jeté une pierre dans ta fenêtre m’a assommé.
— Laisse-moi regarder.
Elle écarta doucement ses doigts. Ceux-ci étaient ensanglantés, et des gouttes d’eau rougie coulaient de ses cheveux.
— Mon Dieu !
Elle jeta un coup d’œil à l’adolescent. Ce dernier était devenu livide. Craignant qu’il ne s’évanouisse, elle prononça lentement :
— S’il te plaît, va chercher un torchon propre dans le tiroir de la cuisine et imbibe-le d’eau chaude.
Comme il ne réagissait pas, elle dit plus fermement :
— Dakota, fais ce que je te demande !
Cette fois, il l’entendit et partit en courant dans la cuisine. Lorsqu’il revint, il avait retrouvé quelques couleurs.
— Et maintenant, que veux-tu que je fasse ? demanda-t-il.
— Il faut lui enlever ses chaussures, le sécher et le réchauffer, pour éviter que sa température ne chute. J’appelle une ambulance.
— C’est hors de question, décréta Gabe en se levant. Par ce brouillard, l’ambulance risquerait de quitter la route et de tomber de la falaise.
— Dans ce cas, c’est moi qui t’emmène à l’hôpital. Tu as peut-être une commotion cérébrale.
— Je n’ai rien, à part une énorme migraine.
— Dans ce cas, allonge-toi. Je vais tout de même tenter de joindre l’hôpital. Ils me diront ce qu’il faut faire.
D’une pression sur l’épaule, elle l’obligea à se rasseoir. Il repoussa sa main et leva les yeux vers son fils.
— Dakota, va mettre une chaise devant la porte d’entrée.
Le garçon obtempéra, coinçant la poignée à l’aide du dossier.
— Merci.
Une fois tranquillisé de ce côté-là, Gabe s’adossa avec précaution aux coussins du canapé.
— Il a réussi à s’échapper. J’ai entendu sa voiture s’éloigner. Mais il pourrait revenir.
— Tu l’as vu ? s’enquit Dakota.
— Non. Il s’est approché par-derrière et m’a frappé avant que j’aie pu l’esquiver. Il y avait un brouillard à couper au couteau.
— Tu aurais dû nous écouter et rester ici, fit observer Kayla, le cœur serré.
— Et le laisser s’en tirer ? s’emporta Gabe.
Il fit la moue.
— Bon, c’est vrai, il s’en est tout de même tiré… Je suis désolé. J’étais à deux doigts de l’attraper.
— L’essentiel, c’est que tu sois vivant. Tu nous as fait une peur bleue, tu sais !
— J’aurais voulu revenir plus tôt, mais je me suis égaré dans le brouillard. Je ne savais plus dans quelle direction aller.
— Heureusement que tu n’es pas tombé de la falaise, déclara Dakota.
Gabe lui jeta un bref regard.
— Content de savoir que tu tiens à ce que je reste en vie.
L’adolescent contempla le bout de ses chaussures.
— Je n’ai aucune envie de me retrouver dans une famille d’accueil, marmonna-t-il.
Kayla réprima un sourire, soudain soulagée à l’idée qu’ils étaient tous trois sains et saufs. Elle avait réellement craint le pire.
Elle prit le torchon mouillé des mains de Dakota, se pencha au-dessus de Gabe et tamponna délicatement sa plaie.
— Tu as une bosse de la taille d’un œuf de pigeon, remarqua-t-elle.
— Je survivrai.
— Pour cette fois. Il aurait pu te tuer.
A cette pensée, sa joie s’évapora soudainement.
— Mais il ne l’a pas fait, objecta-t-il.
Il lui saisit le poignet et l’attira vers lui.
— Si je n’étais pas venue vivre ici, rien de tout ceci ne serait arrivé, déplora-t-elle. C’est bien ce que je te disais : c’est ma faute.
— Quoi ? fit Dakota en ouvrant de grands yeux. Il ne manquerait plus que ça !
— Tu vois ? renchérit Gabe avec un large sourire. Mon fils est d’accord avec moi ! Le monstre qui te harcèle est un malade mental. Et, malheureusement, il a jeté son dévolu sur toi. Tu n’as rien fait pour mériter d’être agressée.
— Comment en être sûre ? J’ai pu me montrer désagréable avec un inconnu à Seattle sans m’en rendre compte. Et sans me douter que celui-ci était un assassin.
— Pour commencer, tu ne pourrais jamais être désagréable avec qui que ce soit, et ensuite, l’assassin est responsable de ses actes. C’est un détraqué, Kayla. Tu n’y peux rien.
Il avait raison, elle le savait ; pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était elle qui avait amené ce monstre dans la tranquille petite ville de Cape Churn.
— Je ne veux pas que quelqu’un d’autre soit blessé. Que faut-il que je fasse pour l’empêcher de nuire ?
Gabe serra plus fort son poignet.
— Rien. C’est à moi de me charger de ça.
Il était visiblement très déterminé à arrêter l’assassin.
Pourvu que celui-ci ne le tue pas avant qu’il soit parvenu à ses fins ! pria-t-elle en silence.
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