Une mère en cavale - Un protecteur si séduisant

Chapitre 14

14

 

— Denny, murmura J.D. en s’affalant sur le sofa.

Elle le prit dans ses bras, pour le réchauffer autant qu’elle le pouvait. Il frissonnait, claquait des dents. Elle s’efforça de ne pas penser à ce qui se serait passé si elle ne l’avait pas retrouvé à temps.

— Je t’aime, Denny.

Elle se demanda si c’était la douleur ou le froid qui le faisait délirer. Car il ne pouvait que délirer pour se confier ainsi…

— Je t’aime aussi, J.D., murmura-t-elle, sachant qu’il ne pouvait l’entendre.

Elle observa le visage de J.D. à la lumière des flammes, en proie à une panique croissante. Et si Cal et Lester surgissaient maintenant alors que J.D. ne pouvait ni se défendre ni fuir ? Elle hésita à partir chercher de l’aide : elle n’osait pas le laisser seul. En tout cas, tant que l’orage faisait rage, ils ne risquaient pas de voir apparaître les braconniers. Mais dès que le ciel se dégagerait, Cal se mettrait à leur recherche. A sa recherche surtout.

Elle pressa ses lèvres sur le front de J.D. Si seulement sa fièvre pouvait tomber !

Il poussa un soupir.

— Je t’aime, Denny.

Des larmes montèrent à ses paupières.

— Oh ! J.D. !

Bouleversée, elle s’écarta de lui pour aller chercher d’autres couvertures. En fouillant les placards de la petite cuisine, elle finit par trouver un fond de café en poudre et mit de l’eau à chauffer sur le feu. Elle se sentait épuisée. Elle avait skié pendant des heures, affronté le brouillard, le froid, la peur. D’ailleurs, elle avait encore peur. Pour J.D., pour eux deux.

Dehors, la tempête redoublait de violence. Les éléments se déchaînaient. Bientôt, tout serait blanc. Comme elle regardait la cour à travers les vitres givrées, elle aperçut soudain un vieux hangar. Et si un véhicule y était garé ? L’espoir s’empara d’elle. Elle se couvrit chaudement, enfila ses bottes, prit le fusil et, après un regard anxieux sur J.D., elle sortit.

Elle s’enfonçait dans la poudreuse et eut du mal à atteindre la remise. La porte en était verrouillée. A l’aide de son fusil, elle fit sauter la serrure, se promettant de dédommager plus tard le propriétaire. Puis elle promena les yeux dans la pénombre. Et sourit, enfin.

Rangée dans un coin, se trouvait une motoneige. Et elle crut crier de joie à la vue d’un gros bidon rempli d’essence.

Denver eut envie de démarrer l’engin pour s’assurer qu’il était en état de fonctionner mais elle se ravisa aussitôt. Si Cal et son ami étaient dans les parages, ils risquaient de l’entendre. Mieux valait attendre la fin de l’orage et espérer que la motoneige leur permettrait de rejoindre la voie express. Maintenant, ils avaient une chance de s’en tirer.

Armée du fusil, elle repartit vers le petit chalet. Elle se retourna plusieurs fois pour scruter les environs. Elle ne se sentait pas tranquille. Elle s’attendait à tout moment à voir surgir Cal ou Lester.

Assoupi devant le feu, J.D. ne frissonnait plus. Après avoir refermé la porte à clé, elle se blottit contre lui et ne tarda pas à rejoindre à son tour les bras de Morphée.

* * *

J.D. se réveilla, surpris d’être encore en vie, à l’abri dans une maison, et de découvrir Denny endormie près de lui. La douce chaleur qui régnait dans la pièce alourdissait ses paupières. Il se revit, perdu dans la neige et le froid, et se demanda où il était. Il se redressa pour regarder Denny. Des cheveux s’échappaient de sa natte, et elle avait le visage rosi par les flammes. Il se rendit compte qu’elle leur avait trouvé des vêtements secs. Dehors, la neige tombait toujours.

Il promena les yeux autour de lui. Le chalet était décoré de façon vieillotte. Une guitare était accrochée à une patère. Des fragrances de café chatouillaient ses narines.

Il se leva, veillant à ne pas déranger Denver. Quand il posa le pied sur le sol, une vive douleur le traversa, lui rappelant qu’il s’était foulé la cheville. Il se tourna vers Denver, ému par sa force et son courage. Et par sa tendresse envers lui. Elle lui avait toujours donné le meilleur d’elle-même alors qu’il n’avait fait que la blesser. Il boitilla jusqu’à la cuisine.

Il se servit une tasse de café et consulta sa montre, se demandant combien de temps il avait dormi. Il était 9 heures du soir. Puis il se souvint de ce qui l’avait réveillé. Une chanson dont les accords lui trottaient encore dans la tête. En farfouillant dans les tiroirs, il finit par trouver un papier et il revint vers le salon pour les noter.

Il lui fallut un moment pour accorder la vieille guitare. Quand il en pinça les cordes, l’air qui le hantait lui revint. Il l’écrivit à la hâte, craignant qu’il ne lui échappe.

Une douce musique tira Denver de son sommeil. Elle resta immobile, à écouter J.D. Lorsqu’il se mit à chanter, elle se laissa emporter. Les paroles de la ballade la troublèrent. Les pensait-il vraiment ? Donnerait-il tout, renoncerait-il à tout, juste pour être avec elle ? Elle se releva pour le regarder jouer.

— Tu as composé une nouvelle chanson, murmura-t-elle.

Il hocha la tête en posant la guitare près de lui.

— Elle t’est dédiée. Elle s’appelle « Denver ».

Le cœur battant, elle le regarda, n’osant croire à ce que cela signifiait.

— Tu te sens mieux ? Tu délirais de fièvre, tout à l’heure.

Vu la manière dont il la dévorait des yeux, elle se demanda s’il avait vraiment recouvré ses esprits.

Il se mit à rire.

— Ah bon ? Et qu’est-ce que je disais ?

— J’ai oublié.

— Je te disais que je t’aimais ? insista-t-il en prenant son visage entre ses mains. Tu sais, quand je marchais dans la tempête, j’ai soudain compris…

— Ne dis rien que tu pourrais regretter plus tard, J.D.

Il sourit tristement.

— Je t’aime. Je t’aime, Denver McCallahan. Et d’une certaine façon, je t’ai toujours aimée. Mais maintenant, je le sais…

Les larmes remplirent les yeux de Denver. Elle s’écarta et se leva pour s’approcher de la cheminée. Derrière elle, elle entendit J.D. soupirer.

— Nous avons traversé pas mal d’épreuves ces derniers jours, dit-elle. Et dans le danger, les gens…

— … prennent conscience de ce qu’ils ressentent véritablement pour quelqu’un ?

— … perdent le nord, plutôt.

Elle lui tourna le dos. Le simple fait de le regarder la rendait faible.

— Viens près de moi, Denny.

Le feu crépitait, diffusant une douce chaleur dans la pièce.

— Viens, insista-t-il.

Elle s’avança vers lui et se laissa tomber à ses pieds.

Doucement, il se pencha vers elle pour prendre son ravissant visage entre ses mains et il captura ses lèvres. Quand leurs langues se mêlèrent, il hésita. Il était fou d’elle, il avait envie de lui promettre de la rendre heureuse. Seulement, il ne le pouvait pas. Il ne savait même pas ce que l’avenir lui réservait.

Mais quand il se détacha d’elle, elle le retint, l’attirant de nouveau à elle. Il oublia alors toute raison. Son cœur s’accéléra dans sa poitrine. Il la désirait comme il n’avait jamais désiré une femme. Bientôt, il atteindrait le point de non-retour. S’il se mettait à la caresser entièrement, à embrasser sa peau nue, il ne répondrait plus de lui.

— Tu es si belle, si désirable.

Le désir miroitait dans les prunelles de Denver, l’invitant à continuer. Lentement, il retroussa son T-shirt, dévoilant son ventre plat avant de s’aventurer plus loin. Ses cheveux tombaient sur ses épaules. Il y enfouit ses mains, se noyant dans leur douceur.

Ils s’embrassèrent de nouveau, avec passion, avant de se déshabiller l’un l’autre. Quand enfin ils furent nus, il l’attira à lui, fiévreusement. Ses seins étaient doux et chauds contre son torse. Fou de plaisir, il s’écarta pour la couvrir de baisers brûlants jusqu’à ce que, frissonnante, elle se tende vers lui, suppliante.

— Je t’en prie, J.D., haleta-t-elle. Prends-moi.

Il vint en elle, lentement d’abord, puis avec force. Le corps en feu, elle s’abandonna en gémissant à son étreinte et le laissa l’entraîner vers le ciel.

Dehors, les éléments se déchaînaient toujours mais une autre tempête emportait Denny. Pour la première fois de sa vie, son corps accueillait l’homme qu’elle aimait depuis toujours. Elle l’enlaça et le serra contre elle tandis que le plaisir déferlait sur elle en vagues successives.

Lorsqu’ils eurent joui, il lui sourit, le cœur léger.

— Je n’ai jamais éprouvé quelque chose d’aussi fort de toute mon existence, murmura-t-il. Jamais. Je t’aime, Denny.

Elle lui rendit son sourire et l’embrassa avec toute la tendresse du monde.

— Te rappelles-tu ce que tu m’avais dit à la tour de guet ? dit-il en la caressant.

— Que je t’aimais et n’en aimerais jamais un autre. Oui.

— Pendant des années, j’ai cru que je n’avais besoin que de ma musique. Mais il me manquait quelque chose. Je ne savais pas quoi, jusqu’au moment où je t’ai revue.

Elle resta blottie contre lui, plus heureuse qu’elle ne l’aurait cru possible. Elle aurait aimé passer le reste de sa vie dans ce chalet.

La neige tombait toujours. Le feu crépitait doucement. Soulevant la tête, Denver regarda J.D. Avec un sourire tentateur, il l’attira contre lui et, posant sa bouche sur la sienne, il se remit à lui faire l’amour, avec la même ardeur, le même désir foudroyant.

Plus tard, enlacés devant le feu qui s’éteignait, ils s’endormirent.

Quand J.D. se réveilla, il faisait nuit noire. Denver dormait profondément près de lui. Il essaya de ne pas penser aux dangers qui les guettaient, à ces hommes qui voulaient leur mort, dehors, quelque part. Que se passerait-il quand le soleil se lèverait de nouveau dans la montagne ?

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