Une mère en cavale - Un protecteur si séduisant

Chapitre 21

21

 

Tout se déroula si vite que Denver ne comprit d’abord pas ce qui se passait.

Pete braquait son fusil sur Cal. Tous deux n’étaient donc pas de mèche ? se demanda-t-elle, perplexe.

— Lâchez-la ! cria-t-il.

Effarée, Denver vit alors Taylor apparaître, son revolver à la main. Pete lui tournait le dos et elle hurla pour le prévenir. Malheureusement, elle ne put empêcher le drame. Taylor tira sur Pete qui s’écroula.

Blessé à l’épaule, le malheureux roula sur le côté. Il saignait abondamment et Cal en profita pour le désarmer.

Grimaçant de douleur, Pete lança à Taylor :

— C’est fini, Midnight. Le FBI ne va plus tarder. J’avais dissimulé un mouchard sur le semi-remorque.

Taylor sourit.

— J’avais prévu le coup. Cal a tout nettoyé. Le FBI n’a aucune chance de nous retrouver. Où est Garrison ?

— Il est attaché dans le bus, dit Cal.

— Allez le chercher, Lester. Cal, continuez de charger.

Denver s’approcha de Pete. Il avait l’épaule en sang et semblait épuisé. Il lui sourit faiblement.

Mais Taylor la poussa de côté.

— Ecartez-vous, Denver !

— Qu’allez-vous faire de Pete ? hurla-t-elle. Vous n’avez pas l’intention de le tuer quand même !

— Il travaille pour le gouvernement. Il est en cheville avec Marsh pour me coincer.

Denver crut qu’elle allait s’effondrer.

— Oh ! Pete, je suis désolée, soupira-t-elle, se rendant compte qu’elle avait tout aggravé en parlant de Marsh à Taylor.

Pete lui sourit.

— Ne te reproche rien, tu ne pouvais pas savoir. De toute façon, il a prévu de nous tuer tous. Dès que les bois seront chargés, il nous abattra. Il n’est pas du genre à partager l’argent.

— Bien vu, dit Taylor. Une dernière volonté ?

Cal surgit alors, le souffle court.

— J.D. a réussi à s’échapper !

— Quoi ? cria Taylor. Vous êtes vraiment une bande d’incapables ! Il ne peut pas être loin. Trouvez-le.

Mais Cal ne bougeait pas. Il fixait la nuit, le visage pétrifié de peur.

— Je ne peux pas. Elle est là, elle m’attend.

— De quoi parlez-vous ?

— De la maman ourse, répondit Pete. Cal a tué son petit et blessé un autre ourson. Elle va se venger…

Taylor jura et envoya le fusil à Cal.

— Cela suffit. Retrouvez J.D. ou je vous tue, compris ? Il n’y a qu’un danger ici. C’est Garrison.

— Non, cette ourse est énorme, gémit Cal. Si elle m’attaque…

— Ecoutez, ramenez-moi Garrison et je vous offrirai… Denver. Elle est à vous.

Avec un mauvais sourire, Cal cessa de discuter et s’enfonça dans la nuit.

Discrètement, Pete prit la main de Denver et la posa sur le poignard qu’il avait glissé dans sa botte. Hochant la tête, elle s’en empara.

— Vous ne vous en tirerez pas, lança-t-elle à Taylor.

— Mais si, comme toujours. Et, cette fois, je ne laisserai pas de survivants derrière moi.

Un hurlement déchira la nuit. Cal courait vers eux, terrifié.

— Au secours ! Elle est là !

— C’est l’ourse, dit-elle en entendant l’animal grogner. C’est vrai qu’elle risque de tuer Cal.

— J’ai d’autres priorités, ma chère, rétorqua Taylor. Si je ne livre pas ce chargement en temps et en heure, je ne serai pas payé.

Au moment où Cal se faisait rattraper, J.D. sortit de l’ombre. Il tua l’animal de trois coups de fusil.

— J.D. ? cria Taylor en attrapant Denver pour se servir d’elle comme d’un bouclier humain. Venez gentiment, et livrez-vous sans faire d’histoires. Ne m’obligez pas à descendre votre petite amie.

Quand J.D. s’approcha, Taylor lui lança :

— Imbécile ! Vous n’aviez que trois balles dans ce fusil et vous les avez perdues avec cette ourse, ajouta-t-il en braquant son revolver sur lui. Tant pis pour vous. Vous êtes mort !

— Non ! hurla Denver.

Sortant le poignard, elle frappa Taylor à la cuisse.

Avec un cri de douleur, celui-ci tourna aussitôt son arme vers elle. Mais, avant qu’il ne puisse tirer, un coup de feu claqua dans la nuit. Touché en pleine poitrine, il découvrit avec surprise J.D., un pistolet à la main.

— Alors, c’est qui l’imbécile ? demanda J.D., un sourire méprisant sur les lèvres.

Taylor s’écroula dans la neige.

J.D. souleva Denver et la porta jusqu’à la voiture.

— Et Pete ? demanda-t-elle.

— Il va s’en sortir.

Dans le lointain, une sirène se rapprochait.

Des voitures de police envahirent bientôt la clairière. Les gyrophares coloraient les sapins de bleu et de rouge.

Marsh sortit d’un des véhicules, Cline sur les talons. Comme Denver fondait en larmes, J.D. l’étreignit contre lui.

— C’est fini. Tout va bien, tout ira bien, maintenant.

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