Une mère en cavale - Un protecteur si séduisant

Chapitre 2

2

 

— Je l’ai trouvée à cet endroit précis, affirma Judd Strayhorn, un retraité du coin, en montrant du doigt la scène de crime circonscrite par une bande de plasqtique jaune. Je ne l’ai pas touchée. J’ai bien vu qu’elle était morte : elle avait la peau pâle comme de la cire et le visage enfoncé dans le sable.

Gabe parcourut la plage du regard, cherchant un indice — objet égaré, empreintes de pas autres que celles de Judd ou de l’expert médical. Tout élément pouvant l’aider à découvrir comment cette femme avait été assassinée serait le bienvenu.

— Merci, Judd. Si ça ne vous ennuie pas, j’aimerais que vous vous rendiez au commissariat dans la journée. Nous prendrons votre déposition.

— Bien sûr.

Judd secoua la tête, fixant le corps nu et sans vie de la victime, auprès duquel était accroupi le médecin légiste.

— Je préfère ne pas imaginer ce que les parents de cette jeune femme s’apprêtent à endurer. J’ai une fille un peu plus âgée qu’elle. Quelle tragédie ! conclut-il en soupirant, les épaules basses, avant de ramasser sa canne à pêche, puis de gravir péniblement le chemin qui menait à la route.

Gabe partageait sa peine. Certes, il n’avait pas de fille, mais il avait récemment découvert qu’il était le père d’un adolescent. Apporter ce genre de nouvelle à des parents avait toujours été à ses yeux l’aspect le plus pénible du métier. Et cela serait sans doute encore plus difficile maintenant qu’il avait lui-même un fils.

L’inspecteur en chef Tom Taggert croisa les bras.

— Vous pensez que c’est la fille dont la disparition a été signalée hier soir ?

— Cheveux roux foncé, un mètre soixante-cinq environ… Oui, c’est forcément elle, répondit Gabe en hochant la tête.

— Ses amis et elle ont passé la soirée à la plage, celle qui se trouve sous le vieux phare. Selon eux, elle les a quittés aux alentours de minuit. A l’origine, elle devait seulement aller chercher une couverture dans la voiture.

— La marée était haute, hier soir. Vous pensez qu’elle a pu perdre pied et être entraînée au large ?

Cape Churn était en effet connue pour ses courants sous-marins, qui pouvaient se révéler traîtres. Rares étaient les parents qui laissaient leurs enfants en bas âge s’amuser dans l’eau près du phare ; ils préféraient les emmener plus bas sur la côte, dans des zones où les courants étaient moins dangereux. Mais les adolescents et les jeunes qui venaient en vacances à Cape Churn oubliaient parfois de se renseigner sur les conditions météorologiques ou d’écouter les mises en garde qu’on leur avait faites.

— Il faudra attendre d’avoir le rapport du médecin légiste pour le savoir, répondit Taggert. Mais j’ai du mal à croire qu’elle ait décidé d’aller se baigner seule, surtout dans une eau aussi froide.

— Vous avez sans doute raison. D’ailleurs, s’il s’agissait d’un accident, cela n’expliquerait pas pourquoi elle est nue, alors que, d’après ses amis, elle portait un jean et un sweat-shirt à capuche quand elle les a quittés.

Le médecin se releva, enjamba la bande jaune et se dirigea vers l’inspecteur en chef.

— Salut, Tom, fit-il en ôtant ses gants en latex.

— Salut, Gordon.

Taggert désigna la victime d’un signe de tête.

— Meurtre ? s’enquit-il.

— Ça m’en a tout l’air. Je ne peux pas me prononcer avant d’avoir terminé l’autopsie, mais les hématomes qu’elle a sur le cou ressemblent fort à des marques de strangulation. Je vous fais parvenir le rapport dès que possible. En attendant, à votre place, je commencerais à chercher celui qui a pu faire ça.

Le légiste prit congé, et escalada à son tour le sentier escarpé.

— Si vous espériez laisser vos soucis derrière vous en quittant Seattle, c’est raté, commenta Taggert, les yeux rivés sur l’océan.

Gabe secoua la tête.

— C’est vrai qu’en revenant dans ma ville natale, j’aspirais à plus de tranquillité.

— On n’a pas toujours ce que l’on veut… Je vous ai averti quand vous avez signé votre contrat d’embauche : la plupart du temps, ici, c’est le calme plat, mais il arrive malgré tout que nous ayons quelques turbulences. En particulier quand le brouillard se lève. Vous n’ignorez sans doute pas, d’ailleurs, que les gens du cru le surnomment « le linceul du diable ». Superstition locale…

L’inspecteur en chef le regarda du coin de l’œil et lui demanda :

— Quel temps faisait-il, hier soir ?

— Il y avait du brouillard, répondit Gabe d’un ton neutre.

Il avait presque oublié les légendes que les anciens récitaient en chuchotant — comme si les raconter à voix haute risquait d’attirer le mauvais sort.

Tom secoua la tête.

— Cette purée de pois est une vraie malédiction. Elle peut camoufler bien des noirceurs.

Gabe l’approuva en silence. La brume était une couverture idéale pour quelqu’un qui projetait de commettre un crime.

— Je me charge de quadriller le phare et les alentours. Peut-être que quelqu’un aura vu ou entendu quelque chose.

— Très bien. Et la prochaine fois que le « linceul du diable » se lèvera, gardez l’œil sur votre famille. On a peut-être un assassin qui court, et je ne veux pas qu’on prenne des risques inutiles, d’accord ?

— Oui, monsieur, approuva Gabe.

Il pensait également que la prudence était de mise dans une affaire de cette gravité. Il n’avait pas la naïveté de croire qu’il ne se passait jamais rien dans les petites municipalités comme Cape Churn, mais il ne s’attendait pas non plus à ce qu’un meurtre soit commis dans sa ville natale.

Il gravit le sentier qui menait à la route et monta dans son véhicule tout-terrain, se sentant soudain aussi vieux que Judd Strayhorn. Lui qui avait permis à Dakota de circuler librement à vélo, il devrait revenir sur sa promesse. En effet, le fait que la victime soit une femme ne voulait pas nécessairement dire que le tueur ne s’en prendrait pas à des adolescents de sexe masculin.

Gabe serra les dents. Ce serait là un nouveau motif de dispute avec son fils, qu’il ne connaissait guère mieux maintenant que quatre mois plus tôt — date à laquelle la mère du garçon était venue le déposer chez lui, sans plus de cérémonie que s’il s’était agi d’un vulgaire paquet.

Dakota le mettait à l’épreuve, il le savait. Mais, ce que l’adolescent ignorait, c’est qu’il n’était pas disposé à céder. En fait, Gabe était d’autant plus déterminé à sauver cette relation que la mère de son fils avait démissionné. Trop jeune encore pour être autonome, Dakota devait savoir qu’il avait quelqu’un sur qui compter. Même s’il en voulait à son père, qu’il refusait d’appeler « papa ».

Gabe prit la direction du phare, roulant tranquillement et s’arrêtant en chemin devant les quelques gîtes et résidences secondaires qu’il rencontrait.

La plupart des habitations étaient désertes, la saison estivale n’ayant pas encore débuté. L’année scolaire ne serait pas finie avant quinze jours à Seattle et à Portland. Ce qui laissait à la police environ deux semaines pour trouver le meurtrier. Passé ce délai, une foule de victimes potentielles convergeraient vers Cape Churn pour les vacances d’été. Il y aurait plus de monde à surveiller, davantage de délits, et donc un supplément de travail pour la police.

Actuellement, la ville comptait moins de huit mille habitants. Et, parmi eux, se cachait un assassin.

* * *

Debout devant son chevalet, qu’elle avait fixé entre deux rochers, Kayla se tenait au bord de la falaise, non loin du cottage.

Les cheveux volant au vent, sa peinture à l’huile durcissant sur sa palette, elle parcourait l’horizon du regard, dans l’espoir qu’un détail inattendu l’inspirerait. Sur sa gauche, à huit cents mètres environ, un autre promontoire rocheux jaillissait de l’océan.

Elle apercevait vaguement, un peu en retrait du bord de la falaise, la ligne sombre d’un bâtiment se profilant à travers les arbres, et prit mentalement note de demander à Jillian Taylor, l’agent immobilier, qui habitait là-haut.

Mais, où que se pose son regard, et en dépit de ses efforts de concentration, les couleurs refusaient de prendre forme sur la toile. Le cri de la nuit précédente résonnait sans fin dans son esprit, comme un écho.

Sur le moment, elle s’était dit qu’elle était encore en train de rêver. Et, de toute façon, le brouillard avait tout englouti : il lui avait été impossible de distinguer le phare désaffecté qui se dressait à moins de cent mètres de son cottage. Dans pareilles conditions, si quelqu’un avait réellement appelé à l’aide, elle n’aurait pu courir à son secours sans prendre le risque de tomber de la falaise.

Quand elle était sortie ce matin, le soleil avait fait disparaître les dernières vapeurs de brume ; elle n’avait aperçu personne, pas même les jeunes gens que, la veille au soir, elle avait vus descendre sur le chemin menant à la plage.

Par prudence, elle s’était abstenue d’aller jeter un coup d’œil sur le sentier. Bien que sa grossesse ne soit pas encore visible, elle sentait que des changements physiques étaient en train de s’opérer, que son centre de gravité se modifiait, et elle jugeait préférable de ne pas s’aventurer sur une pente dangereuse, à moins d’y être absolument obligée. Elle s’était donc contentée de s’approcher du bord de la falaise et de scruter l’étroite bande de sable qui s’étirait au pied des parois abruptes, en contrebas, sans apercevoir âme qui vive. Il n’y avait que la nature à l’état brut, sauvage et belle.

La splendeur de cette côte crénelée, des nuages chassés par le vent et de l’immense étendue étincelante avait réveillé son énergie créatrice. Dans un élan d’optimisme, elle était retournée en courant à la maison, avait attrapé chevalet, peinture et pinceaux, et s’était empressée de ressortir pour peindre le bord du monde.

Mais, une fois face à sa toile, elle avait eu l’impression de suffoquer, comme le soir de l’agression.

Et à présent elle se tenait là, au soleil, le pinceau à la main, avec sur sa palette un éventail de tons ocre et ciel, mais rien ne venait.

Sa gorge se contracta, ses yeux s’emplirent de larmes. Elle comprit alors pourquoi, depuis la nuit fatidique de son agression, elle avait la sensation d’étouffer : voilà deux semaines qu’elle retenait ses sanglots, qu’elle s’efforçait d’ignorer sa peur et sa tristesse.

C’était une chose d’être privée d’inspiration à Seattle, dans le bruit et l’agitation. Mais c’en était une autre de ne pas réussir à peindre à Cape Churn, l’endroit où elle était censée guérir, se débarrasser de ses démons et se remettre au travail. Si elle ne parvenait pas à peindre ici, alors cela signifiait qu’elle avait peut-être été traumatisée au point de perdre définitivement son talent.

Ses doigts tremblants laissèrent échapper le pinceau, qui tomba à ses pieds. Comme elle se penchait pour le ramasser, une main d’homme surgit dans son champ de vision et s’empara vivement de l’instrument.

Elle poussa un cri, fit un bond en arrière et lâcha sa palette, qui tomba sur le sol rocailleux. Kayla heurta de la hanche le trépied du chevalet, qui oscilla si violemment que la toile fut happée par le vent et s’envola par-dessus le bord de la falaise, avant d’aller s’écraser sur les rochers en contrebas.

L’homme se précipita vers Kayla et, l’attirant brutalement dans ses bras, l’écrasa contre son torse.

Elle se débattit, lui martelant les tibias et la poitrine de coups de pied et de coups de poing.

— Mais, bon sang…

— Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! hurla-t-elle en lui décochant un nouveau coup dans la cheville.

Comme il esquissait un léger mouvement de recul, elle crut un instant qu’elle allait pouvoir lui échapper. Hélas, il lui emprisonna le poignet et, pour la seconde fois, la plaqua rudement contre son torse puissant et musclé. Kayla en eut le souffle coupé.

Pour prévenir toute nouvelle attaque de sa part, il lui immobilisa les bras le long du corps.

— Allez-vous vous tenir tranquille ? Je ne vous veux pas de mal.

— J’aurais pourtant cru le contraire ! articula-t-elle d’une voix que la frayeur rendait presque inaudible.

— Si j’avais voulu vous faire du mal, croyez-vous que je vous aurais sauvé la vie ?

— Sauvé la vie ? répéta-t-elle, incrédule.

Levant la tête, elle croisa alors un regard clair comme l’azur.

Tout en continuant à la tenir étroitement serrée contre lui, l’inconnu lui fit effectuer un demi-tour sur elle-même. Elle se retrouva face au vide, à trente centimètres du bord.

— Quand vous avez bondi en arrière, vous avez failli faire un joli plongeon ! lui souffla-t-il à l’oreille.

Des morceaux de roche se détachèrent et glissèrent ; les plus gros se fracassèrent contre des saillies sur la paroi avant de disparaître dans l’eau au milieu d’une gerbe d’éclaboussures.

Kayla réprima une nausée et inspira une bouffée d’air frais pour apaiser son estomac.

C’est seulement alors qu’elle prit conscience de sa proximité physique avec l’inconnu, dont le torse musclé, aussi solide qu’un rempart, était pressé contre son dos. Ses bras forts encerclaient sa taille, tel un garde-corps.

— Vous l’avez échappé belle !

La cage thoracique de l’homme vibra contre ses omoplates, et elle ressentit une sorte de fourmillement électrique sur l’arrière de ses cuisses, ses fesses, sa taille — sur chaque partie de son corps qui était en contact avec le sien. Un phénomène qui n’était pas dû à la peur, mais à quelque chose de bien différent…

Elle se raidit.

— Vous pouvez me lâcher, je ne suis pas suicidaire ! Je n’ai pas l’intention de me jeter dans le vide, si c’est ce qui vous inquiète.

Il desserra lentement son étreinte, comme s’il hésitait à la croire. Avant de la libérer, il recula, lui donnant suffisamment d’espace pour qu’elle puisse s’écarter sans danger du rebord.

Elle pivota et lui fit face. Grand, large d’épaules, il portait un uniforme bleu marine qui mettait en valeur sa taille et ses hanches étroites, et une étoile argentée sur la poitrine.

Elle poussa un soupir. Un officier de police… Il n’y avait rien à craindre — à part la façon dont son cœur s’emballait dès que son regard rencontrait le sien.

Elle n’avait jamais vu des yeux aussi bleus. Ses cheveux blonds, ébouriffés par le vent, lui conféraient un charme naturel irrésistible, auquel n’étaient sans doute pas étrangères ses pommettes hautes et la fossette qui se creusait dans sa joue gauche lorsqu’il souriait — ce qui était le cas en cette seconde. Une fois encore, elle eut le souffle coupé.

Par réflexe, elle leva la main pour saisir la chaîne en or qui pendait à son cou. Ce ne fut que quand ses doigts rencontrèrent sa peau nue qu’elle se souvint : le pendentif qui renfermait une photographie de ses parents lui avait été volé par son agresseur. Elle tressaillit et laissa retomber sa main.

— Bonjour. Gabe McGregor, officier de police.

Il lui tendit une main large et calleuse. Ses doigts se refermèrent autour de ceux de Kayla. Sa poignée de main, chaude et ferme, était agréable, comparée à la brise froide qui venait de l’océan.

Trop agréable, même.

Depuis maintenant deux semaines, Kayla devait se maîtriser pour ne pas frémir lorsqu’un homme, quel qu’il soit, la touchait. D’après sa thérapeute, c’était une réaction parfaitement normale après le traumatisme qu’elle avait subi, mais cela n’en demeurait pas moins gênant. C’était d’ailleurs en partie ce qui l’avait poussée à se réfugier dans un lieu isolé.

Alors pourquoi était-elle si peu pressée de rompre le contact avec l’agent McGregor ? Cette totale absence de peur était étrange… et quelque peu déroutante.

— Kayla Davies, dit-elle en se dégageant. C’est une habitude, chez vous, d’arriver sur la pointe des pieds ?

La fossette du policier se creusa, et ses yeux bleus pétillèrent.

— J’ai appelé, mais vous étiez certainement trop concentrée pour m’entendre. Désolé pour la toile, acheva-t-il d’un air contrit.

Elle haussa les épaules.

— Elle était encore vierge, de toute façon.

Elle leva les yeux vers lui, plaçant sa main en visière pour ne pas être éblouie par le soleil.

— Qu’est-ce qui vous amène au phare, agent McGregor ?

— Appelez-moi Gabe.

Il esquissa un bref sourire, puis son visage se fit grave tandis qu’il ajoutait :

— C’est une visite officielle.

— Officielle ?

— Oui.

Il tira un stylo et un calepin de sa poche.

— Etiez-vous à proximité du phare hier soir, aux alentours de minuit ?

Kayla se tourna vers le cottage, un petit sourire aux lèvres.

— Oui. J’habite ici. A minuit j’étais au lit, en train de chercher le sommeil. Pourquoi ?

Il inclina la tête.

— J’ignorais que le cottage était loué. Quand êtes-vous arrivée ?

— Hier, en fin d’après-midi.

— Avez-vous vu quelqu’un dans les parages ?

— Oui. Des jeunes gens sont descendus à la plage juste avant la tombée de la nuit.

Elle s’accroupit pour ramasser le pinceau qui était tombé dans la bagarre, le plaça dans sa mallette, et ajouta :

— Sauf erreur de ma part, il y avait trois filles et deux garçons.

— Personne d’autre ?

D’un signe de tête, elle indiqua la maison cachée dans les arbres, sur la falaise.

— Il m’a semblé voir un homme promener son chien, là-bas. Comme j’étais à l’intérieur et que je l’ai aperçu à travers la fenêtre, je n’en suis pas certaine. Après le coucher du soleil, j’ai baissé les stores de ce côté-là de la maison.

Elle ne lui dit pas pourquoi elle l’avait fait. L’agent McGregor n’avait pas besoin de savoir que la nouvelle locataire du cottage avait peur du noir.

— Et à minuit ? Avez-vous vu ou entendu quelque chose ? Un détail insolite ? Une voiture, des voix, un cri… ?

— Comment ? fit Kayla d’une voix étranglée.

Elle eut l’impression que l’air lui manquait. La sueur se mit à perler sur son front.

— Avez-vous entendu une voiture monter jusqu’ici, des voix, un cri, ou quoi que ce soit d’autre ?

— Un cri ? répéta-t-elle en portant la main à sa gorge. Pourquoi ? Qu’est-il arrivé ?

L’agent McGregor pinça les lèvres.

— Ce matin, on a retrouvé sur la plage le corps de l’une des filles que vous avez aperçues hier soir. Elle a été assassinée.

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