Une mère en cavale - Un protecteur si séduisant
Chapitre 3
3
Pour la seconde fois, Gabe dut saisir la jeune femme à bras-le-corps pour l’empêcher de tomber. Elle s’affaissa contre lui, évanouie, et sa tête roula en arrière. Sur sa gorge claire, il distingua la marque encore visible de meurtrissures anciennes.
— Madame Davies ?
Il ramena doucement en arrière les somptueuses mèches auburn qui lui cachaient les yeux. Un déclic se fit alors dans son esprit : il avait récemment rencontré cette couleur de cheveux quelque part, mais où ?
Puis cela lui revint : la victime de la plage avait elle aussi les cheveux roux foncé.
— Madame Davies, s’il vous plaît… Réveillez-vous ! dit-il en la secouant doucement.
Elle cligna des paupières et le fixa d’un air effaré. Puis ses yeux s’emplirent de larmes.
— Je suis désolée.
Elle tenta de le repousser, mais il se refusait à la lâcher, craignant qu’elle ne soit trop faible pour tenir sur ses jambes.
Sans cesser de la soutenir, il glissa un bras autour de sa taille. Il faisait bien une tête de plus qu’elle ; il sentait, contre son torse, la douce pression de ses seins ronds, et, sur sa main, la caresse de ses longues boucles soyeuses.
Avec son teint pâle, qui contrastait avec le feu sombre de sa chevelure, la jeune femme dégageait une séduisante aura de féminité et de fragilité qui aurait réveillé les instincts protecteurs de n’importe quel homme.
Alors que signifiaient ces ecchymoses sur son cou ? se demanda-t-il. Qui avait pu vouloir lui faire du mal ?
— Je peux tenir debout, assura-t-elle.
— Je ne vous crois pas. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je préfère que nous nous éloignions un peu du bord avant de vous lâcher.
— Mais j’étais en train de peindre, protesta-t-elle en agitant mollement la main.
— Etant donné que la toile s’est envolée, je pense que la séance est terminée.
Elle soutint son regard un instant, puis soupira.
— Vous avez raison. De toute façon, je me demande qui j’essaie de convaincre, marmonna-t-elle.
Tout en la maintenant contre lui, il lui tendit sa mallette de matériel et cala le chevalet sous son bras libre.
— Prête ?
— Je suppose que oui.
Elle jeta un regard par-dessus le bord de la falaise.
— Croyez-moi, vous ne la retrouverez pas, fit Gabe en l’entraînant vers la maison. Et, de toute façon, vous ne pourriez pas la récupérer. La paroi est trop abrupte pour être praticable, dans un sens ou dans l’autre.
Un sourire illumina fugitivement les traits de l’artiste, avant qu’un nuage ne vienne assombrir son regard vert.
— Je vous assure que je peux marcher toute seule.
— Commencez par faire quelques pas avec moi, et nous verrons ensuite.
Elle se laissa guider durant plusieurs mètres, puis leva les yeux vers lui.
— Vous voyez ?
Avec réticence, il la lâcha, et fut envahi par une étrange impression de vide. Il aurait voulu la garder bien à l’abri au creux de son bras.
Ce besoin de la protéger tenait sans doute au fait qu’elle était mince et frêle. Elle avait la fragilité poignante d’une enfant abandonnée. Sa peau claire faisait ressortir les cernes sombres sous ses yeux, qui conféraient à ses traits magnifiques un caractère mystérieux et tragique.
Ils rejoignirent le cottage en silence. Gabe ne voulait pas la questionner tant qu’elle serait debout, de peur qu’elle ne tombe une nouvelle fois. Il poursuivrait son interrogatoire lorsqu’elle serait confortablement assise dans un fauteuil. Apparemment, la jeune femme ne paraissait pas non plus pressée de répondre à ses questions : ses lèvres pincées et ses sourcils froncés trahissaient son inquiétude.
Parvenue devant la maison, elle poussa la porte et s’arrêta.
— Souhaitez-vous entrer ?
— Oui, je vous remercie, madame Davies.
Il entra et posa le chevalet contre le mur.
L’intérieur était décoré de meubles clairs et solides. Le vaste séjour comportait une grande baie vitrée donnant sur l’océan.
— Mon prénom est Kayla. Quand vous m’appelez Mme Davies, j’ai l’impression d’être une vieille dame !
Elle posa sa boîte de matériel sur une table basse et se rendit dans la cuisine. Elle fouilla les placards l’un après l’autre, avec des gestes rapides et efficaces. Pourtant, lorsqu’elle sortit la bouilloire, Gabe remarqua que ses mains tremblaient légèrement.
Aussitôt, il la rejoignit et s’empara de l’ustensile.
— Asseyez-vous.
Il la conduisit jusqu’à la petite table, tira une chaise et l’obligea à s’asseoir.
L’espace d’un instant, elle parut sur le point de protester, puis sembla soudain perdre tout désir de lutter. Le visage de marbre, l’air fermé, elle regarda par la fenêtre.
— Je croyais avoir rêvé.
— Comment ?
Il s’assit en face d’elle et lui prit les mains.
— De quoi parlez-vous ?
— Le cri…
Les yeux de Kayla se détachèrent de la fenêtre pour se fixer sur lui.
— Je pensais que le cri faisait partie de mon cauchemar. Et je n’ai rien fait.
Le désespoir qui se lisait sur ses traits donna à Gabe l’envie de l’attirer de nouveau dans ses bras. Il aurait voulu pouvoir éloigner les fantômes qui la hantaient. Il serra ses doigts dans les siens.
— Alors, comme ça, vous avez entendu un cri ?
— Oui. J’avais fait un mauvais rêve, et j’étais sur le point de me rendormir lorsque ça s’est produit.
— Quelle heure était-il ?
— Minuit environ. J’ai pensé que je somnolais, que c’était moi qui avais crié. Mais je sais à présent que je ne dormais pas.
Elle se dégagea et cacha son visage dans ses mains.
— Elle a crié, et moi, je suis restée couchée sans rien faire…
— Vous ne pouviez pas deviner.
Lorsqu’elle releva la tête, il vit que ses joues étaient striées de larmes.
— J’aurais pu l’aider.
— Et risquer de vous faire tuer ?
— Si j’avais compris ce qui se passait, j’aurais appelé la police.
— Et, selon toute probabilité, l’homme aurait filé avant que nous arrivions sur place.
Il lui reprit la main.
— Vous n’êtes pas responsable de la mort de cette adolescente. Il n’y a qu’un seul responsable : le meurtrier.
Les yeux de Kayla s’élargirent, et elle porta sa main libre à sa gorge.
— Co… Comment est-elle morte ?
Les yeux de Gabe revinrent se poser sur les meurtrissures brunâtres qu’elle avait au cou.
— Il est difficile d’affirmer quoi que ce soit avant d’avoir eu le rapport d’autopsie, mais il semble qu’elle ait été étranglée.
— Oh ! mon Dieu ! Non…
— Qu’y a-t-il ?
Elle se remit à pleurer et baissa la tête, les épaules secouées de sanglots.
— Kayla, qu’avez-vous ?
Il se pencha et posa une main sur son bras.
— C’est ma faute !
— Quoi ? Mais non, Kayla, vous n’y êtes pour rien, je vous l’ai dit !
— Si, je suis responsable. Vous ne comprenez pas !
Elle releva la tête, et déclara, l’air très grave :
— Tout cela, c’est à cause de moi.
— Cela a-t-il un rapport avec les bleus que vous avez au cou ?
Le regard vide, elle le fixait comme si elle ne le voyait pas vraiment.
— Il m’a suivie, c’est forcé.
— Qui donc ?
— Je l’ignore.
Elle serra convulsivement les doigts de Gabe.
— Il est venu pour me tuer, mais c’est à cette fille qu’il s’en est pris…
— Qui, Kayla ?
Gabe nageait en pleine confusion. Quelqu’un voulait-il tuer Kayla ?
Mal à l’aise, il s’aperçut que, physiquement, elle avait le même profil que la victime : ossature frêle, cheveux roux foncé. Mais cela signifiait-il pour autant qu’elle était menacée ? N’était-elle pas plutôt victime de son imagination débridée ? Ne la connaissant pas, il aurait été bien en peine de le dire.
— Qui, d’après vous, a assassiné cette fille ? Qui en veut à votre vie ?
— Je ne sais pas.
Du bout des doigts, elle effleura sa gorge meurtrie.
— Tout ce que je sais, c’est qu’il a déjà essayé de me tuer, et qu’il a failli réussir.
Reprenant visiblement ses esprits, elle planta son regard vert dans le sien.
— Je sais aussi qu’il va recommencer.
* * *
Quelques heures plus tard, Kayla était de nouveau seule. Après qu’elle lui eut relaté les circonstances de son agression, l’agent McGregor avait pris congé, en lui promettant de contacter la police de Seattle pour obtenir le rapport officiel, au cas où l’incident aurait un lien avec le meurtre de la plage. Il avait cependant assuré que c’était peu vraisemblable.
Cape Churn se situait à trois heures de route de Seattle et, comme Kayla l’avait dit elle-même, personne ne savait où elle était à présent. Il y avait vraiment très peu de chances pour que son assaillant ait un moyen de la retrouver. Pourtant, Kayla, pieds nus devant la fenêtre qui surplombait la route, avait l’impression d’être enfermée dans une cage dorée.
Certes, la vue était moins belle qu’à l’arrière du cottage, qui donnait sur l’océan, mais, de ce côté-ci, elle avait la possibilité de voir qui montait jusque chez elle ou passait sur la route.
Pour l’instant, l’océan avait perdu de son attrait. Son chevalet était posé près de la baie vitrée, inutile, bien que le paysage soit toujours aussi splendide. Le soleil, haut dans le ciel, inondait de lumière les falaises et la masse argentée des vaguelettes blanches de l’océan. Mais Kayla, totalement à court d’inspiration, était incapable de goûter cette beauté et d’apposer la moindre couleur sur sa toile. L’image d’un corps flottant au gré du courant l’obsédait.
Une adolescente était morte quasiment devant sa porte la nuit précédente, et elle avait entendu son appel au secours.
Elle ne pouvait s’empêcher de songer à ce qui serait arrivé si personne ne l’avait entendue crier, à Seattle. Son assaillant leur aurait sans doute ôté la vie, à elle et à son bébé.
— Je n’ai pas réagi comme je l’aurais dû, murmura-t-elle. J’aurais peut-être pu aider cette fille si j’avais compris…
Elle ferma les yeux, l’estomac noué.
— Je n’ai vraiment pas été à la hauteur… Et j’ai peur de ne pas être à la hauteur avec toi non plus, mon bébé.
Elle caressa son ventre.
— Je pensais qu’ici, nous ne risquerions rien. Maintenant, je n’en suis plus du tout certaine. Mais où aller ? Serions-nous en sécurité ailleurs ?
Son estomac gronda, lui rappelant qu’elle avait faim.
Tout en s’activant dans la cuisine, elle s’interdit de penser au meurtre, se concentrant uniquement sur ce qu’elle était en train de préparer. Elle ne pouvait se permettre d’écouter ses peurs. Cela ne servirait à rien. De toute façon, l’agent McGregor avait probablement raison : cette agression était sans rapport avec ce qu’elle avait subi à Seattle. C’était une tragédie — une affreuse, une absurde tragédie —, mais ce n’était pas sa faute. Tout cela ne la concernait en rien.
Alors pourquoi ne parvenait-elle pas à s’en convaincre ?
* * *
A l’autre bout de la ville, Gabe McGregor, au volant de sa voiture de patrouille, ralentit et vint se ranger près de Dakota, qui marchait, seul, au bord de la route, en poussant son vélo devant lui. Il baissa la vitre côté passager et se pencha pour voir le visage de son fils.
— Je t’ai cherché partout. Où étais-tu ?
L’adolescent haussa les épaules.
— Ici et là…
En effet, il circulait beaucoup à vélo, sillonnant les collines qui entouraient Cape Churn.
Gabe, qui roulait au pas pour rester à son niveau, avait du mal à réprimer son agacement.
— Nous avons déjà abordé cette question. Je ne vois pas d’inconvénient à ce que tu ailles chez tes amis, mais je veux savoir quand tu pars, où tu vas et à quelle heure tu rentres.
— Non mais c’est Alcatraz ici, ma parole !
— Pas de mon point de vue, non.
Néanmoins, Gabe avait conscience que parler à un adolescent rebelle à travers une vitre n’était pas le plus sûr moyen de se faire entendre. Il donna un coup d’accélérateur et se gara devant Dakota, lui coupant la route. Puis il descendit du véhicule, s’interrompant pour faire signe à une connaissance qui passait par là, avant de reprendre le fil de sa conversation avec l’étranger qu’était son fils.
Il y avait tout juste quatre mois qu’il avait appris l’existence de ce dernier. La mère de Dakota n’avait jamais pris la peine de l’avertir qu’un enfant était né de leur brève rencontre. A l’époque où il avait eu cette aventure, Siena avait vingt-cinq ans, et Gabe, qui n’en avait que dix-huit et était un garçon naïf, avait été flatté de susciter l’intérêt d’une femme plus âgée, allant même jusqu’à se figurer qu’il était amoureux d’elle. Elle était alors en vacances à Cape Churn et, après son départ, il n’avait plus jamais entendu parler d’elle. Jusqu’à récemment.
Un jour, Siena avait sonné à sa porte, à Seattle, pour lui dire qu’il avait un fils. Elle avait poussé devant elle le garçon, qui tenait à la main une unique valise, en déclarant qu’il était devenu trop difficile à gérer. Puis elle était repartie.
Une fois passé le choc initial, Gabe avait pris conscience que, s’il voulait s’occuper convenablement de son fils, il serait difficile de continuer à vivre à Seattle, au milieu du stress ambiant, avec les horaires infernaux qui étaient les siens.
Il avait donc démissionné et était revenu à Cape Churn. Mais rien ne l’avait préparé au délicat métier de parent — et encore moins à élever un adolescent difficile. Apparemment, Dakota avait eu quelques petits démêlés avec la justice. Rien de très grave, mais il était aujourd’hui en probation. C’était d’ailleurs sans doute ce qui avait épuisé la patience de sa mère.
Gabe se passa la main dans les cheveux et se plaça devant Dakota. Il avait des progrès à faire en matière d’éducation.
— Je ne te demande pas de me tenir informé de tes faits et gestes pour t’embêter, mais parce que je me fais du souci pour toi.
— Oui, eh bien, pourrais-tu te faire un peu moins de souci ? Je ne suis pas un bébé ! Je n’ai pas besoin qu’on me tienne la main.
Le sous-entendu était clair. Il voulait dire : « Je n’ai pas besoin de toi. »
Gabe ne sourcilla pas. Quoi qu’il en pense, Dakota avait besoin d’un père. Et, étant donné que Gabe était le seul adulte sur lequel il pouvait compter, il faudrait bien qu’il le supporte jusqu’à la fin du lycée. Il n’était pas du style à renoncer si facilement.
— Non. C’est impossible. Tu es mon fils.
Dakota eut un reniflement de mépris.
Gabe se retint de lui dire sa façon de penser. Il se souvenait avoir eu la même attitude à son âge. Dieu merci, ses parents ne l’avaient pas abandonné pour autant.
— Comme je te l’ai déjà dit, j’ignorais que j’avais un fils jusqu’à très récemment ; sinon, je me serais impliqué dès le début dans ta vie. Maintenant tu es là, et tu comptes à mes yeux. Nous trouverons un moyen d’établir une relation père-fils, quoi qu’il en coûte.
Ce n’était pas exactement le message qu’il avait eu l’intention de faire passer, mais tant pis ! Il avait déjà tenté de mettre en application les conseils théoriques qu’il avait pu lire sur la façon dont il fallait s’y prendre pour communiquer avec un adolescent, et cela n’avait pas davantage fonctionné.
— Je souhaite que tu me dises où tu es car je veux m’assurer que tu es en sécurité.
Les sourcils de Dakota disparurent sous sa frange hirsute.
— Vraiment ? Que veux-tu qu’il m’arrive dans ce trou perdu ? Il ne se passe jamais rien, ici.
Gabe inspira profondément.
— A l’évidence, tu n’es pas au courant.
— Au courant de quoi ?
— Une jeune fille a été retrouvée morte sur la plage ce matin. Etranglée.
Cette déclaration éveilla l’intérêt de son fils, qui le considéra avec des yeux étrécis.
— Tu n’inventes pas cette histoire simplement pour me faire peur, au moins ?
Gabe pinça les lèvres.
— Je préférerais l’avoir inventée.
Le jeune garçon pâlit.
— Morte ? Sans blague ?
— Oui. Je ne veux plus que tu traînes seul sur les routes.
L’expression rebelle reparut sur le visage de Dakota.
— Je ne suis pas une fille ! Je sais me défendre.
— Tu es sûr ? Toutes les victimes de meurtre ne sont pas des femmes, tu sais.
— Ça ne signifie pas que ça m’arrivera à moi ! C’est tout ce que tu voulais me dire ? demanda-t-il en faisant rebondir son vélo avec impatience.
— Fais-moi savoir où tu vas, et quand. C’est tout ce que je te demande. Comme ça, je saurai dans quels fossés il faut que j’aille regarder si tu es en retard.
— Si j’avais le droit de conduire, tu n’aurais plus peur que je me fasse renverser !
Gabe secoua la tête en souriant.
— C’est là que tu te trompes… Quand tu conduiras, je m’inquiéterai encore plus !
— On dirait que je ne suis pas près de m’installer derrière un volant ! soupira Dakota.
— Ta période de mise à l’épreuve prend fin samedi. Nous commencerons les leçons de conduite à ce moment-là, je te le promets.
Le garçon racla le bout de sa chaussure de tennis sur le gravillon qui bordait la route.
— C’est complètement idiot de mettre quelqu’un en probation pour un simple graffiti !
— C’est considéré comme du vandalisme, énonça Gabe d’un ton détaché. Tu as dégradé la propriété de quelqu’un. Que dirais-tu si on traçait des inscriptions sur ta maison ?
— Je n’en sais rien. Je n’ai pas de maison.
Gabe inspira profondément. Le petit n’avait pas tort. Ils vivaient chez la sœur de Gabe, qui tenait des chambres d’hôtes. Ils déménageraient lorsqu’il aurait acheté une maison, mais, pour cela, il attendait d’avoir un coup de cœur.
— Tu n’as qu’à laisser un message sur mon répondeur quand tu pars chez des amis et quand tu rentres, d’accord ?
— Je n’ai pas d’amis.
— Envoie-moi au moins un texto pour me dire où tu vas.
Il avait parlé d’un ton plus sec qu’il n’aurait voulu, mais il ne pouvait pas non plus marcher éternellement sur des œufs avec son fils, songea Gabe.
— Et ne sois pas en retard pour le dîner, tu sais que ça agace ta tante.
Il grimpa dans son 4x4 et s’éloigna, tout en suivant son fils du regard dans son rétroviseur. Le laisser derrière lui sur la route ne lui plaisait guère mais, à moins de le faire monter de force dans la voiture, il n’avait pas le choix.
Dakota ne mesurait pas la gravité de la situation.
Un meurtrier circulait librement dans la ville et, jusqu’à ce qu’ils l’arrêtent, personne ne serait en sécurité.
Gabe sentit son estomac se nouer. Bien qu’il ait assuré le contraire, il commençait à se demander s’il n’y avait pas un lien entre l’agression de Kayla et le meurtre de ce matin.
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