Une mère en cavale - Un protecteur si séduisant
Chapitre 18
18
— Il est notre braqueur de banque, dit Denver en sortant de chez Vernon. J’en suis sûre et certaine.
— Qui ? Cline ? répondit J.D.
Il haussa les épaules et démarra le pick-up pour gagner la ville.
— Cline est un machiste, un imbécile et beaucoup d’autres choses encore, reprit-il. Mais un braqueur de banque et un tueur ? Ou le cerveau d’un hold-up ? J’ai du mal à le croire.
Denver regarda la route devant eux. En vérité, elle non plus n’aurait jamais imaginé Cline comme un cerveau. Mais peut-être l’avait-elle sous-estimé.
— Réfléchis. Cline a appelé Pete après l’accident de Davey à Horse Butte pour le prévenir. Et il était au courant du dépôt d’argent prévu à la banque le jour du hold-up.
— Comme beaucoup d’autres gens, répliqua J.D.
— Il est quand même curieux que Cline et Cal Dalton aient atterri dans la même ville, non ?
— Cline est l’adjoint du shérif de Yellowstone depuis des années. Mais depuis combien de temps y vit Cal ?
— Quelques mois. Sans doute s’y est-il installé à cause de Cline.
— N’est-il pas plus probable qu’il ait voulu se rapprocher du parc, pour y braconner ?
— Peut-être est-il venu pour ces deux raisons.
— Bon, allons dîner. Cela nous aidera à réfléchir.
Ils s’attablèrent dans un restaurant mexicain du centre-ville et commandèrent les plats du jour.
— Sheila Walker pense avoir remonté la trace de l’argent déposé sur le compte de Max, reprit Denver. Si cette somme provient du hold-up, la personne qui a effectué le virement est forcément liée au crime.
— Cela peut aussi être quelqu’un qui savait où était caché l’argent.
Denver fronça les sourcils.
— Je n’y avais pas pensé.
— A moins que l’argent ne vienne du trafic de bêtes sauvages, reprit J.D. Il a peut-être été viré sur le compte dans le seul but de mouiller Max.
J.D. jeta un œil autour de lui. Mais personne n’avait pu l’entendre. A cette heure-ci, la salle du restaurant était pratiquement vide. Pour la première fois depuis plusieurs jours, J.D. se sentait en sécurité. Il n’avait plus vraiment envie de discuter de l’affaire. Il voulait profiter de ce moment avec Denver et pressa sa jambe sous la table. Denver lui sourit mais continua à feuilleter le dossier contenant les articles qu’ils avaient photocopiés.
J.D. prit sa main et examina les lignes qui y étaient tracées, s’attardant sur sa ligne de cœur.
— Que vois-tu ? demanda-t-elle.
— Une vie pleine d’aventure et beaucoup d’enfants.
— Et y a-t-il un homme dans le paysage ?
— Bien sûr. Enfin, je l’espère.
— Il est grand, brun et séduisant, je parie ? Avec de petites fossettes au coin des lèvres quand il sourit ?
— Exactement !
— J’en étais sûre.
Comme la serveuse leur apportait leurs assiettes, elle s’empara de ses couverts et reprit :
— Je tiens à retrouver l’assassin de Max avant de songer à l’avenir, tu sais…
J.D. lui sourit. Elle voulait blanchir le nom de son oncle. Et elle avait tout à fait raison.
— Oh regarde, ajouta-t-elle en feuilletant les articles. Sheila Walker avait couvert le hold-up. Inutile de se demander pourquoi elle pense avoir trouvé l’origine de l’argent.
* * *
Dès qu’ils arrivèrent à West, Denver essaya d’appeler Maggie. En vain.
— Je n’arrive pas à la joindre, dit-elle à J.D. en raccrochant. Ce n’est pas normal. Elle devrait être revenue de Missoula, à présent. Je suis inquiète. Cela m’ennuie mais je me sens obligée de téléphoner à Cline.
L’adjoint répondit à la première sonnerie.
— Où étiez-vous ? demanda-t-il. Voilà deux jours que je cherche à vous contacter.
— Pourquoi ? Que s’est-il passé ?
— Nous avons attrapé le meurtrier de votre oncle. C’était bien l’auto-stoppeur. Il avait l’arme du crime sur lui et il a tout avoué. L’enquête est terminée. Par ailleurs, Marsh m’a contacté pour me parler de ce que vous lui aviez raconté. Pour en avoir le cœur net, nous sommes allés au parc de Yellowstone, à l’endroit que vous lui aviez indiqué. Il n’y avait rien. Ni caches, ni cornes, ni bois, ni fourrures, ni braconniers. Vous lisez trop de romans, mademoiselle, je le crains. Dernière chose, je ne suis pas votre secrétaire et j’en ai assez que tout le monde me téléphone pour vous !
— Qui vous a appelé ?
— Pete, à propos d’un concert auquel il vous avait conviée. Il veut que vous le rappeliez. Et aussi, Sheila Walker, la journaliste. Il est temps de vous acheter un répondeur, O.K. ?
Et il raccrocha.
Denver composa de nouveau le numéro de Maggie. Toujours pas de réponse. Pete non plus ne répondait pas. Elle finit par appeler Taylor.
— Je cherche Maggie, dit-elle.
— J’ai moi-même essayé de la joindre sans succès. Pete m’a dit qu’elle était revenue mais je m’inquiète à son sujet.
— Moi aussi. Je vais me renseigner. Si j’ai du nouveau, je vous rappelle.
— Attendez, où êtes-vous ?
Mais sans répondre, elle coupa la communication et composa le numéro du bureau de Max. Et si Sheila avait vraiment découvert quelque chose ?
Mais là encore, le téléphone sonna dans le vide. Denver finit par sortir de la cabine téléphonique. Elle raconta à J.D. ses échanges avec Cline et avec Taylor.
— Je suis certaine que Pete tient Maggie. Elle a dû trouver la preuve qu’il n’était pas à Missoula le jour du meurtre de Max.
— Je crois que nous devrions retourner à West Yellowstone…
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