Une mère en cavale - Un protecteur si séduisant
Epilogue
Quand J.D. et Denver entrèrent dans la chambre d’hôpital, ils trouvèrent le garde forestier Roland Marsh et l’adjoint Bill Cline au chevet de Pete.
— Nous parlions justement de vous, mademoiselle McCallahan, dit Marsh. Vous êtes l’héroïne du jour. Pete vous doit la vie.
— Et à toi aussi, J.D., ajouta Pete. Vous m’avez sauvé, tous les deux.
— Mais ils ont failli me tuer, moi, grommela Cline. Désolé de le rappeler.
Marsh se mit à rire.
— Vous avez eu de la chance de vous en tirer avec une bosse, Bill. Si Taylor n’avait pas eu peur de se trahir devant Denver, vous ne seriez plus de ce monde. Tout est bien qui finit bien. En attendant d’être jugés, Cal et Lester ont tout avoué. Quant à Taylor, il était déjà mort quand nous sommes arrivés sur les lieux.
Denver s’approcha du lit de Pete.
— Comment vas-tu ? demanda-t-elle.
— Je survivrai. Roland m’a raconté que tu avais répandu du sirop pour leur permettre de suivre notre trace. C’était très malin de ta part.
— Au départ, J.D. proposait d’utiliser de l’huile mais j’ai préféré le jus de myrtille parce qu’il est biodégradable.
— En tout cas, vous avez bien fait de contacter le FBI avant de passer à l’action, reprit Marsh. Nous collaborions avec eux mais Taylor nous avait donné un autre lieu de chargement. Il se doutait que nous cherchions à le coincer.
— Vous étiez impliqué dans cette histoire depuis le début ? demanda J.D.
— Oui, répondit Marsh. Quand Max a découvert l’existence du réseau de braconnage, il nous en a parlé. Nous voulions démasquer le chef de la bande. Ce n’était pas Cal Dalton, nous en avions la certitude. Pour tenter d’identifier Midnight et pour mieux comprendre les rouages de cette organisation, Pete s’est infiltré dans l’équipe. Comme il connaissait Lester qui faisait partie de son groupe de musiciens, cela lui a été facile.
— Max avait suggéré cette idée à Pete ? demanda Denver.
— Non, Pete s’est porté volontaire. Max y était violemment opposé et a essayé de retenir Pete.
— Pourquoi as-tu pris ces risques, Pete ?
— J’espérais ainsi me grandir à tes yeux, Denny.
— Pendant ce temps, Max enquêtait sur Cal, reprit Marsh. J’ignorais qu’il avait fait analyser ses empreintes. Malheureusement, Cal s’est douté de quelque chose. Il a confié ses soupçons à Taylor qui a eu peur. Si Max avait appris ce qui s’était passé lors du hold-up, il aurait retourné Cal, qui est un faible, et n’aurait pas eu de difficulté à le forcer à parler, à témoigner contre Taylor. Ce dernier l’a compris. Voilà pourquoi il s’est fait passer pour un vieux copain de Max et l’a tué.
— Max avait tant de vieux copains, ajouta Pete. Taylor n’a eu aucun mal à nous berner.
— Et Pete, qui venait d’intégrer la bande, n’avait pas encore rencontré Midnight, le chef du réseau, continua Marsh. Nous ne nous doutions pas qu’il s’agissait de Taylor. Mais, sentant le danger, Max avait préféré cacher le dossier. Les éléments qu’il y avait réunis sont accablants.
— Pourquoi Max a-t-il rencontré son assassin à l’ancienne décharge sans se munir de son arme ? demanda Denver.
— D’après nos renseignements, il croyait y retrouver Pete. Taylor a été malin. Diaboliquement malin.
— Je ne comprends pas comment il espérait s’en tirer en tuant Max.
— A mon avis, il n’imaginait pas que vous étiez aussi tenace, Denver. Et puis, il s’en était tiré après le hold-up. Il se pensait invincible. D’autant que Cline était chargé de l’enquête.
— Et alors ? Je ne comprends pas, dit Cline.
Ils se mirent tous à rire. Marsh continua :
— Quand Cline a commencé à s’intéresser à l’auto-stoppeur, Taylor s’est cru sauvé. Mais, là-dessus, Denver est apparue.
— Pourquoi aucun de vous ne m’a-t-il dit la vérité ? demanda-t-elle. Vous auriez pu me retenir.
— J’ai essayé, lui rappela Pete. Mais nous ne pouvions pas te révéler toute l’affaire. Nous ne savions pas qui était Midnight et il aurait deviné que nous étions sur sa piste si tu n’avais pas cherché le meurtrier de Max.
— Cline était donc au courant de votre enquête.
Cline hocha la tête, souriant comme une star.
J.D. fronça les sourcils.
— Quelque chose m’échappe. Si Pete n’était pas à Horse Butte…
— C’était Cal, dit Cline. Taylor l’avait envoyé au chalet pour tenter de retrouver le fameux dossier. Cal a vu Pete endormi, a lu le mot de Denver et a appelé Taylor qui lui a dit de prendre la camionnette de Pete pour aller à la tour de guet.
— Je ne l’ai compris que plus tard, dit Pete. Désolé d’avoir voulu te droguer, Denny, mais il le fallait.
— Et l’auto-stoppeur ? reprit J.D.
— Il existe. Mais il n’est pour rien dans cette histoire.
Quand tous les détails de l’affaire furent éclaircis, Marsh et Cline quittèrent la chambre, non sans avoir une nouvelle fois félicité Denver.
Pete se tourna alors vers J.D.
— En tout cas, je te dois des excuses, J.D. J’ai tout fait pour te tenir à l’écart et je ne t’ai pas appelé pour l’enterrement. J’espérais que Denver finirait par t’oublier. Mais j’ai enfin compris que vous étiez faits l’un pour l’autre. Sans rancune ? ajouta-t-il en lui tendant la main.
— Bien sûr, répondit ce dernier. N’en parlons plus. Je t’attends dehors, Denny.
Lorsqu’il fut sorti, Denver s’approcha de Pete.
— Merci d’avoir essayé d’aider Max.
— Je n’ai pas pu l’empêcher de se faire tuer, malheureusement. Et puis, je me suis impliqué dans cette histoire pour de mauvaises raisons. J.D. est l’homme qu’il te faut, je le sais et l’accepte, à présent.
Elle lui sourit et l’embrassa sur la joue.
— Un de ces jours, tu vas rencontrer une femme qui te fera oublier jusqu’à mon existence.
Il eut une moue dubitative.
— Cela va être difficile. Tiens, Denny, ajouta-t-il en lui tendant une enveloppe. Dans le dossier caché dans la cabane, j’ai trouvé ce pli pour toi. Max avait rédigé un testament et également une lettre. Je te souhaite beaucoup de bonheur avec J.D.
— Merci, Pete, répondit-elle, les larmes aux yeux.
* * *
J.D. la retrouva assise à l’écart sur un banc dans la cour de l’hôpital. Avant de la rejoindre, il prit le temps de la regarder en songeant à toutes les épreuves qu’ils avaient traversées. L’air sentait le printemps, et son cœur était rempli d’espérance.
— Je n’arrive pas à croire que tout est fini, dit-elle. Pete m’a donné le testament de Max. Il espère que nous serons heureux et il veut que nous appelions un de nos enfants Max.
— Pas de problème ! s’exclama J.D. en riant. Je suis sûr qu’il aurait été impressionné par la manière dont tu as mené cette enquête.
— Il me manque. Et en même temps, je le sens présent. Je crois qu’il ne nous quittera jamais complètement.
J.D. l’enlaça et ils restèrent un moment silencieux, à se remémorer Max tel qu’ils l’avaient connu et aimé.
Puis J.D. lui prit la main.
— Denny, je ne sais pas si j’ai le droit de te demander de renoncer à ta vie pour me suivre. J’en meurs d’envie mais l’existence d’un chanteur n’est pas toujours une sinécure. Il te faudra passer ton temps en tournée, sur les routes et…
— Tant que je serai avec toi, je serai heureuse, J.D.
— Rassure-toi, nous nous accorderons aussi des vacances. Je t’aime plus que tout, ma chérie. Plus encore que ma musique.
— Tant mieux, répondit-elle en souriant. Je ne me vois pas rivaliser avec une guitare.
— Et ton métier ? Et le chalet ?
— J’ai décidé de confier le chalet à Maggie qui va adopter Davey. Nous y reviendrons pour les vacances. Et désormais, je ne photographierai plus la montagne, mais nos enfants et leur père. Je veux qu’ils sachent que leur papa est une star.
— Alors, tu es d’accord pour m’épouser, Denny ?
— En doutais-tu ? répondit-elle en éclatant de rire. Je t’aime depuis toujours et voilà longtemps que je t’ai offert mon cœur et ma vie.
Emu, J.D. la prit dans ses bras. Tandis qu’il l’embrassait avec passion, des milliers de refrains commencèrent à résonner joyeusement dans sa tête, et il sut qu’avec cette femme à ses côtés il n’avait plus rien à craindre de l’avenir.
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James