Une mère en cavale - Un protecteur si séduisant

Chapitre 17

17

 

 

Au moment où Pete quitta la maison de Marsh, il consulta son moniteur. Il était persuadé que Denver n’allait pas rentrer chez elle pour y attendre bien tranquillement la suite des événements. Mais le petit bip jaune lui prouva pourtant que J.D. et Denver se dirigeaient bien vers West Yellowstone.

Avec un sourire, il se détendit un peu. Peut-être tout allait-il marcher, finalement. Ils ne lui causeraient sans doute plus d’ennuis. Et dans l’immédiat, il avait d’autres problèmes, plus urgents, à régler. Sauver sa peau, par exemple. Midnight ne lui avait pas dit où ils chargeraient la dernière livraison de bois de wapiti. Peut-être se méfiait-il de lui ou, pire, essayait-il de les doubler. Pete n’aimait pas travailler avec un homme qu’il n’avait jamais vu. Il était trop facile pour Midnight de le piéger.

* * *

Denny se réveilla en larmes.

— Tu as fait un mauvais rêve, dit J.D. en se garant pour la prendre dans ses bras. Ce n’est qu’un cauchemar.

Elle se blottit contre lui.

— Cela semblait si vrai.

— Les rêves donnent souvent cette impression, dit-il en se remémorant ceux qui l’envahissaient aux petites heures du jour dans des chambres d’hôtel inconnues.

Elle se redressa et promena les yeux autour d’elle comme si elle ne reconnaissait pas les alentours. Ils venaient de quitter le canyon de Gallatin. Le soleil se levait, inondant la montagne enneigée de lumière.

Ils s’étaient arrêtés pour prendre de l’essence non loin de Duck Creek. Denver avait vu un camion de livraison. Comme elle connaissait le chauffeur, elle lui avait demandé de prendre sa montre et de la remettre au shérif à la fin de sa tournée. Puis J.D. avait pris la direction de Bozeman. Epuisée, Denver avait fini par s’endormir.

— Ton cauchemar était lié à la mort de tes parents ? demanda-t-il.

— Oui mais cette fois, le passé et le présent se mêlaient. Tu étais là, Maggie aussi. Et Cal Dalton… Cela n’a aucun sens.

Il l’embrassa tendrement.

— Je pense qu’il est temps de faire quelque chose.

— Peut-être devrais-je essayer l’hypnose comme tu l’as suggéré, oui. Il y a quelque chose qui m’ennuie dans ce rêve et qui pourrait être lié à la mort de Max. Je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Le meurtrier portait une cagoule mais peut-être est-il possible de raviver mes souvenirs pour me permettre de voir plus distinctement son visage. Et puis, il tenait quelque chose de brillant dans sa main. J’imagine sans doute des choses mais…

J.D. déposa un baiser sur sa joue.

— En attendant, que dirais-tu d’un bon bain chaud, de vêtements secs et d’un solide petit déjeuner ?

— J’aimerais appeler Maggie aussi. Elle s’est sans doute rendue à Missoula malgré tout.

— Et puis Cline a dû interroger l’auto-stoppeur maintenant, reprit J.D. Nous allons peut-être progresser dans l’enquête.

* * *

Après un bon petit déjeuner, Denver téléphona de la cabine d’une station-service non loin de Bozeman. Comme Maggie ne répondait pas au numéro à Missoula ni chez elle, elle appela Taylor aux Trois Ours.

— Maggie ? répondit-il d’un air surpris. A mon avis, elle n’est pas encore rentrée de Missoula.

Denver regarda J.D. Maggie avait donc voulu aller vérifier l’alibi de Pete. Qu’elle était donc têtue !

— Elle avait sans doute besoin de prendre le large quelques jours, reprit Taylor, confirmant ses soupçons que Maggie ne lui avait rien dit à lui non plus. Je lui demanderai de vous appeler quand je la verrai.

— Vous comptez donc prolonger votre séjour à West Yellowstone ?

— Je me demande même si je ne vais pas y acheter un commerce, répondit-il en riant.

Denver ne put s’empêcher de sourire. Au départ, elle avait mal pris les relations de Taylor et Maggie. Mais Max était mort. Et Maggie se retrouvait toute seule. Si Taylor voulait s’installer à West, ce serait formidable.

— Je vais partir quelques jours, moi aussi, dit-elle. J’appellerai Maggie à mon retour.

Puis elle composa le numéro de Cline. Mais le central lui apprit qu’il ne reviendrait pas avant la fin de la journée.

* * *

Devant le bureau du shérif, Pete fixa le moniteur un long moment avant de jurer. Denver avait compris qu’il avait mis un mouchard dans sa montre.

Dans son talkie-walkie, la voix de Cal retentit.

— Rappliquez, cow-boy. Tout de suite.

Au ton de Cal, Pete comprit qu’il avait raconté à Midnight ce qui s’était passé et que Midnight n’était pas content.

Formidable. Et qu’allait-il répondre quand Midnight lui demanderait où se trouvait Denver ?

Il aurait bien aimé avoir la réponse.

* * *

Denver dormait dans le grand lit de la chambre d’hôtel de J.D. En y entrant, ils avaient tellement eu envie l’un de l’autre qu’ils y avaient fait l’amour aussitôt. J.D. avait ensuite attendu qu’elle soit assoupie pour entrer dans la salle de bains. Là, il avait brusquement décidé de se raser. En contemplant son nouveau visage dans la glace, il s’était demandé pourquoi il avait éprouvé le besoin de se cacher si longtemps derrière cette barbe.

A son réveil, Denver lui sourit.

— J’avais presque oublié à quel point tu étais séduisant, s’écria-t-elle en l’embrassant.

Ils refirent l’amour, avec la même fougue que quelques heures plus tôt, s’oubliant dans les bras l’un de l’autre.

* * *

En début d’après-midi, ils quittèrent l’hôtel et traversèrent Bozeman, pour se rendre chez un psychologue, un spécialiste de l’hypnose dont ils avaient eu les coordonnées.

Denver avait enfin pris la décision d’affronter son cauchemar. Raviver ses souvenirs était le seul moyen de se remémorer le visage de l’homme qui avait tué ses parents. Mais si elle avait très envie d’avancer, elle avait également très peur de se replonger dans cette tragédie.

Au moment d’entrer dans le cabinet du Dr Donnley, elle fut prise de panique et J.D. mêla ses doigts aux siens.

— Je suis avec toi, lui chuchota-t-il à l’oreille.

Elle lui sourit, espérant que ce serait toujours le cas.

Le Dr Richard Donnley était chaleureux et rassurant. Il avait un bon regard. Denver prit place dans un fauteuil, J.D. à ses côtés. Elle parla au médecin de son cauchemar, lui expliquant qu’il n’avait jamais cessé de revenir la torturer depuis le drame.

Il hocha la tête.

— L’inconscient communique avec nous à travers nos rêves, dit-il.

— Pensez-vous que, sous hypnose, je me souviendrais de davantage de choses ?

— L’hypnose permet en effet d’accéder à d’autres stades de la mémoire. Mais vous allez vous rappeler votre perception des événements à l’époque, pas forcément l’exacte réalité.

— J’ai vu le visage du tueur quand il s’est tourné vers moi. Il portait une cagoule et avait quelque chose à la main…

— Même si vous le reconnaissez, aucun tribunal n’acceptera de considérer ce souvenir comme une preuve. Par ailleurs, peut-être ne parviendrez-vous pas à vous remémorer ses traits si vous ne les aviez pas bien vus à l’époque.

— En tout cas, j’ai le sentiment que ce rêve peut m’aider à identifier le tueur.

— Nous n’en saurons rien avant de vous avoir hypnotisée. Et si le souvenir est trop douloureux, votre inconscient vous en interdira peut-être l’accès.

— As-tu toujours envie de tenter l’expérience ? demanda J.D.

— Oui, je le dois. Je veux savoir.

Denver s’adossa au fauteuil, les yeux clos, les mains sur les genoux. Elle se sentait flotter. Cette impression n’était pas désagréable. Les mots du médecin l’entraînaient de plus en plus loin.

— Revenons à ce jour, dit-il enfin. Vous aviez cinq ans, vous accompagniez vos parents à la banque. Vous en souvenez-vous ?

Denver hocha la tête.

— Qu’avez-vous fait avant de vous rendre à la banque ? reprit le psychologue.

— Nous sommes passées prendre papa au commissariat, répondit Denver.

— Il était donc toujours en uniforme quand vous avez poussé la porte de l’agence. Dites-moi ce que vous faisiez en entrant.

— Je sautillais en chantonnant « You’re my sunshine, my only sunshine… ».

— Où sont vos parents ?

— Derrière moi. Puis, on rentre à l’intérieur de la banque. Là, je m’arrête et me tais.

— Pourquoi ?

— Il y a des gens par terre, quelque chose ne va pas. Je me retourne pour le dire à papa mais je ne peux pas.

— Pourquoi ?

— Je vois l’autre policier. Il est par terre. J’entends alors mon père crier mon nom. Je cours vers lui. J’ai peur.

— Que se passe-t-il alors ?

— Papa sort son arme de service. De l’autre main, il me pousse fort en ordonnant à ma mère de s’allonger. Il me fait mal. Je tombe sur le carrelage, je me cogne contre le bureau. J’ai mal.

— Ce n’est rien, Denver, assura le médecin.

— J’ai peur !

— Tout va bien, Denver, c’est juste un souvenir. Respirez. Et dites-moi ce que vous voyez maintenant.

— Rien, je suis par terre sous le bureau, je ne vois plus rien. Maman hurle. Je lève les yeux, j’aperçois le bandit. Il est près du comptoir. Il se tourne dans ma direction. Il a un revolver et il tient quelque chose qui brille dans l’autre main. Il regarde mon père. L’autre policier par terre a un pistolet, il le braque vers papa. J’entends les coups de feu.

D’une voix douce et rassurante, le Dr Donnley poursuivit :

— Que se passe-t-il maintenant ?

— Mon père est étendu près de moi, il y a du sang partout. Les gens crient, pleurent, supplient. Je pleure aussi et puis, le bandit s’en va. Il s’arrête près de moi.

— Remarque-t-il votre présence ?

— Non, je suis sous le bureau.

— Voyez-vous ce qu’il tient à la main ?

— Non, il s’en va. Je cherche mes parents des yeux. Ils sont tous deux allongés, dans le sang.

A ces mots, Denver trembla et pleura, un long moment. Quand elle parvint à retrouver son calme, le Dr Donnley reprit la parole avec précaution.

— Souvenez-vous, Denver. Etes-vous sûre de ne pas connaître l’homme qui portait une cagoule ?

Elle secoua la tête, se remémorant seulement quelque chose de brillant qu’il tenait à la main. Mais comme elle refermait les yeux, elle vit soudain surgir un autre visage.

— Mais je connais l’autre.

— Quel autre ?

— L’autre policier.

Elle tenta de se concentrer, de regarder avec attention les traits de cet homme. Son cœur s’accéléra dans sa poitrine.

— Je l’ai vu ! cria-t-elle. Il était plus jeune à l’époque, mais je suis sûre que c’est lui. Cal, Cal Dalton. Il était le policier étendu par terre. Mais il était mort.

* * *

J.D. serrait Denny dans ses bras. Le soleil inondait le pick-up. Elle se sentait bien contre lui, en sécurité.

— C’était Cal, répéta-t-elle. Mais il était étendu dans une mare de sang. Il était mort. Comment se fait-il qu’il était mort ?

— Je ne sais pas.

Denver sentit un frisson la parcourir. Le Dr Donnley lui avait conseillé de prendre ses souvenirs avec prudence. Comme Cal avait voulu la violer, il était possible qu’elle l’associe inconsciemment au meurtrier de ses parents.

Mais Denver était sûre qu’elle l’avait vu jeune sous hypnose. « Est-ce possible ? », lui avait-elle demandé.

Avec un gentil sourire, il lui avait dit que la science ignorait tant de choses sur l’esprit humain qu’il ne pouvait pas répondre. Il avait suggéré une autre séance d’hypnose.

J.D. croyait également que Denver avait vu Cal mais il était sceptique sur l’interprétation qu’elle donnait à cette image.

— Peut-être ce policier lui ressemblait-il. Peut-être était-ce un membre de sa famille, je ne sais pas, soupira-t-il.

— Ecoute, allons à la bibliothèque de Billings, reprit Denver. Pour consulter les archives des journaux à propos du hold-up. Peut-être apprendrons-nous quelque chose.

* * *

Un grand bâtiment de brique abritait la bibliothèque de Billings. Dès qu’ils entrèrent, les têtes se tournèrent vers eux. Denver s’en étonna avant de comprendre : tout le monde reconnaissait la star de la chanson à ses côtés.

— J’avais oublié ta notoriété, dit-elle.

J.D. regretta d’être si connu quand la femme à l’accueil lui demanda un autographe.

Il griffonna quelques mots sur le papier qu’elle lui tendit. Toute contente, elle se démena pour leur trouver les documents qu’ils cherchaient. Les journaux étaient contenus sur des microfilms et ils s’installèrent dans un coin pour consulter ceux de l’été 1969.

Le premier braquage répertorié fut le bon.

Ce matin un homme masqué a tué deux personnes et blessé une troisième au cours d’un hold-up avant de s’enfuir avec plus d’un million de dollars.

Denver retint un cri et lui prit la main.

— Quelqu’un a été blessé ?

D’après le responsable de la police, Bill Vernon, le braqueur avait le visage recouvert d’une cagoule. Il s’est introduit dans la succursale, à l’ouverture. Armé d’un revolver, il a ordonné aux clients et au personnel de s’allonger à terre pendant qu’un employé empaquetait les liasses de billets.

Le directeur de la banque a signalé qu’en général, cette agence avait peu de liquide dans ses coffres mais que la veille, un transfert de fonds aussi important qu’exceptionnel avait eu lieu en provenance d’une société exploitant des puits de pétrole.

La fusillade a commencé quand un policier, qui avait fini son service mais était encore en uniforme, est entré dans la banque avec sa famille. L’inspecteur et sa femme ont été tués et un agent chargé de la sécurité a été blessé.

— J.D., le vigile n’a donc pas été tué. N’y a-t-il pas son nom ?

Il lut la fin du papier et secoua la tête. Il s’apprêtait à passer à l’article suivant quand Denver l’arrêta.

— Regarde la date de ce premier article, dit-elle.

Un frisson le parcourut. 14 juin 1969. Ce qui correspondait au numéro que Max avait noté sur le dossier Wade.

— L’article de la Tribune de Billings sur le hold-up de la banque correspond. 69614 : l’année 69, le sixième mois de l’année et 14, comme 14 juin. 69614 ! Max avait déjà relié le hold-up et le braconnage ou en tout cas, il soupçonnait un lien entre les deux affaires.

J.D. poursuivit sa lecture.

Le chef de police Vernon a confirmé ce matin que les deux victimes du hold-up de la banque State Bank sont Timothy McCallahan et sa femme, Linda. Le braquage a rapporté plus d’un million de dollars à son auteur. Timothy McCallahan, inspecteur de la police de Billings, avait quitté son service mais il était encore en uniforme lorsqu’il est entré dans l’agence où il détenait un compte. Des témoins ont rapporté que, comprenant ce qui s’y passait, il s’était emparé de son arme. La fusillade a également blessé le vigile de la banque, William Collins. Ses jours ne sont pas en danger et il se rétablit à l’hôpital de la ville.

Denver laissa échapper un cri.

— William Collins ?

Mais J.D. était déjà passé à l’article suivant, illustré d’un portrait. Ils reconnurent Cal Dalton qui souriait à l’objectif de son lit d’hôpital.

— Comme nous le pensions, murmura-t-il.

— Oui. William Collins et Cal Dalton ne font qu’un ! s’exclama Denver. Je le savais !

J.D. la prit dans ses bras, heureux de voir enfin la joie sur son visage. Mais il la lâcha quand une femme d’un certain âge les fusilla du regard. Ils reportèrent leur attention sur la photo de William Collins alias Cal Dalton.

— Comprends-tu ce que cela signifie, reprit-il ? Si tu avais raison de dire que Cal était l’agent chargé de la sécurité de la banque — même si à cinq ans, tu l’avais pris pour un policier —, il y a de grandes chances que tu aies eu raison aussi en affirmant qu’il a tiré sur ton père et non sur le braqueur.

— Cela expliquerait qu’il était armé.

— Et pourquoi Max avait pris ses empreintes.

— Mais il n’a jamais reçu les résultats.

— Max avait-il compris tout cela ou avait-il juste des soupçons ?, se demanda J.D.

— De toute façon, si Cal pensait que Max était sur ses traces, cela suffisait pour lui donner envie de le tuer, conclut Denver.

Ils consultèrent d’autres journaux mais les articles concernant le drame devenaient plus rares et plus succincts. Comme ni l’argent ni le braqueur n’avaient été retrouvés, l’affaire intéressait moins les médias. Quant à William Collins alias Cal Dalton, il était sorti de l’hôpital.

— J’aimerais discuter avec ce policier, Vernon, dit Denver.

— Alors allons-y.

* * *

Au commissariat, ils apprirent que Bill Vernon avait pris sa retraite. Mais le jeune lieutenant qui les reçut accepta de leur confier son adresse.

— S’il s’agit d’une vieille affaire, il acceptera certainement de vous en parler.

Bill Vernon était un homme mince aux cheveux argentés et aux yeux gris. Il les invita à entrer.

— Le hold-up de la State Bank en 1969 ? Je m’en souviens très bien, oui. Pourquoi vous intéressez-vous à cette histoire ?

J.D. prit la main de Denver.

— Les parents de Denver ont été tués au cours de la fusillade.

Le vieil homme se tourna vers elle, le regard bienveillant.

— Vous êtes la petite fille ?

Elle hocha la tête. Vernon connaissait la réponse qu’elle était venue chercher. Il allait lui apprendre qui avait tué ses parents. Elle avait toujours cru qu’il s’agissait d’un inconnu mais à présent, elle devinait qu’elle le connaissait.

— Timothy McCallahan était un bon policier, reprit Vernon. Ce fut une terrible tragédie. J’aurais vraiment voulu aboutir. Nous avons toujours soupçonné l’existence d’un complice à l’intérieur de la banque mais nous n’avons pas pu le prouver.

— Nous pensons que William Collins était ce complice.

— Moi aussi, dit Vernon. La blessure qu’il a reçue aurait dû le prouver. Il a été blessé par une arme de policier. Il nous a dit qu’il avait été touché accidentellement par votre père.

— Je me souviens de l’agent de sécurité visant mon père et le tuant.

— Vous avez donc gardé des souvenirs du drame ?

— Oui mais il m’est difficile de savoir s’ils correspondent à une réalité.

— Nous nous doutions que le vigile de la banque était complice mais il n’était sûrement pas le cerveau de l’affaire. Il n’était pas assez intelligent, continua Vernon.

Denver acquiesça. Cela correspondait tout à fait à Cal Dalton.

— L’enquête n’a jamais abouti ? demanda J.D.

Vernon haussa les épaules.

— Malheureusement, non. Et le braqueur est toujours en liberté avec l’argent.

Denver repensa aux images qui lui étaient revenues pendant la séance d’hypnose.

— William Collins a-t-il tué mes parents ?

Vernon fit non de la tête.

— Ils ont tous les deux été tués par l’homme masqué. Les témoins comme les analyses balistiques s’accordent sur ce point.

— Et si vous pouviez prouver que William Collins était complice du hold-up ? reprit J.D.

— Il n’y a pas de prescription en matière de meurtre et j’adorerais réussir à coincer Collins.

Denver le remercia. Comme ils s’apprêtaient à partir, elle remarqua une photo posée sur une commode. Elle s’approcha et reconnut Vernon quand il était jeune. Un jeune policier se tenait près de lui. Elle sentit son cœur s’accélérer.

— Qui est cet homme ?

— Bill Cline. Nous avons suivi nos classes ensemble.

— Il ne faisait pas partie de la brigade de Billings en 1969, n’est-ce pas ? demanda-t-elle, retenant son souffle.

— Bill ? Non, il n’a jamais été en fonction ici. En 1969, il travaillait dans le privé, dans le domaine de la sécurité.

— A Billings ?

Vernon secoua la tête.

— Pour une société exploitant des gisements de pétrole. Il était alors convoyeur de fonds.

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