Histoire ancienne de l'Orient jusqu'aux guerres médiques (1/6) I. Les origines, les races et les langues
Chapitre 418
[Illustration 442a: Frise hiéroglyphique d’un des temples de Karnak.]
[Illustration 442b:]
Quelquefois aussi, comme en Égypte, l’hiéroglyphisme figuratif est demeuré en usage, comme écriture décorative et monumentale, parallèlement aux tachygraphies sêmeiographiques sorties de son altération. Dans ce cas, l’hiéroglyphisme figuratif, quelques progrès qu’il ait consommés comme instrument d’expression de la pensée par la peinture simultanée des idées et des sons, garde encore tant de son essence primitive de pictographie, que les signes qui le composent peuvent être groupés dans la décoration des édifices en forme de tableaux figurés et symboliques représentant une action, sans perdre pour cela leur signification d’écriture.
Voici par exemple deux petits tableaux dont la répétition forme une frise à l’un des temples de Karnak, à Thèbes d’Égypte. Ce sont deux scènes religieuses et symboliques: le roi agenouillé, tenant un sceptre emblématique, qui varie dans les deux, et la tête surmontée du disque solaire, présente au dieu Ammon, assis, la figure de la déesse Mâ, la justice et la vérité personnifiées; quelques signes hiéroglyphiques, qui n’ont pas trouvé naturellement place dans la scène, sont disposés de manière à y former un soubassement général et un piédestal au dieu Ammon. Mais en même temps ces deux tableaux ne sont pas autre chose qu’une expression graphique du double nom du pharaon Ramessou IV, de la XXe dynastie, dont ils renferment tous les éléments, ingénieusement groupés dans une scène en action: Râ-mes-sou haq Mâ meï Amoun.
Râ-ousor-ma sotpou en Amoun.
Dans leur disposition graphique ordinaire, ces éléments donneraient les deux cartouches hiéroglyphiques ci-contre.