Intouchable (Ou Pas)

Delman · Chapitre 13 sur 35

Pages du PDF

Intouchable (Ou Pas)

CHAPITRE 12 Trevor

CHAPITRE 12

 

Trevor

 

C’est stupide, je devrais faire demi-tour.

Pour la cinquantième fois, je me répète ces paroles. Pour la cinquante et unième fois, je n’en tiens pas compte et poursuis ma route.

À supposer qu’elle suscite ma sympathie à cause de mon souci, elle n’est pas du tout mon type de femme. Que ce soit bien clair, elle ne m’intéresse pas.

Pas le moins du monde.

J’ai décidé que Madison serait une amie. Une amie chère et précieuse dont je prendrais soin puisqu’avec elle je peux enfin me lâcher. Mais en aucune façon notre histoire n’ira plus loin.

J’ai un travail qui m’accapare au-delà du raisonnable. J’ai de l’argent. Une famille aimante. Donc, je n’ai ni le temps ni l’envie de me lancer dans une relation amoureuse.

Et qui espères-tu tromper ? Pourquoi est-ce que tu te retrouves au volant de cette Clio alors que tu disposes d’une Ferrari ?

Je soupire.

Une Ferrari que tu n’utilises jamais en plus !

Mon cerveau ne m’aide pas à analyser la situation avec le recul nécessaire. Madison déclenche chez moi des pulsions primaires. Bien que je ne puisse pas toucher les autres femmes sans éprouver une totale panique, son cas est exceptionnel. J’aime la regarder, l’observer. En tout bien tout honneur. En y réfléchissant, je réalise que ce n’est pas que son physique, somme toute banal, qui me titille. C’est sa personnalité entière. Son comportement, son attitude avivent ma curiosité et mon désir de la connaître davantage.

Lorsque je suis avec elle, quand je songe à elle, mon âme vibre, s’exalte. Je me sens bien. C’est ce sentiment qui m’a poussé à lui demander d’être mon amie. En instaurant une barrière entre nous, je me suis dit que je parviendrais à tenir mes distances.

Je me leurre.

L’attraction qu’elle exerce sur moi me rend dépendant.

Une fois guéri, et si le miracle persiste à devenir réalité, alors je me détacherai d’elle. C’est inévitable. Elle et moi avons si peu en commun ! Sans cela, je ne pense pas que nous aurions sympathisé.

Tu te trompes. C’est une gentille fille.

– Argh, je le sais !

L’antithèse de ce qu’il me faut. Mais mon corps s’en fiche. Il a choisi. J’éclate soudain d’un rire désespéré. Les émotions ne peuvent avoir aucune place dans ma vie sinon ce serait le chaos. Ce qui me tient debout, c’est ma volonté d’acier.

Absorbé dans mes pensées, je ne réalise pas que je suis arrivé sur le parking près de sa maison.

Je coupe le moteur et demeure un long moment assis derrière le volant, ne sachant pas si je vais aller au bout de ma démarche ou faire demi-tour. Encore et toujours ces hésitations. Non loin de moi, un jeune couple s’embrasse. La fille est suspendue au cou de son petit ami.

Mes mains se crispent spontanément.

Non, je dois aller jusqu’au bout. Quitte à exécuter ce sinistre cinéma. J’espère juste ne pas être déçu. Je carre les épaules dans un mouvement propre à m’encourager. Autant jouer le tout pour le tout tant que je suis décidé.

Pour me donner une chance de guérir le plus vite possible, je dois agir sans réfléchir. Si je me laisse aller, je ne pourrai pas avancer et ensuite, je ne serai bon qu’à aller panser mes plaies loin d’ici, et à renoncer à ce rêve de guérison qui compte le plus pour moi.

Madison m’en a fourni un avant-goût. Je ne peux plus faire marche arrière désormais.

J’appuie sur la sonnette et patiente.

Personne ne vient ouvrir. Pourtant, je suis certain qu’elle est là, car j’ai vu sa silhouette passer devant la fenêtre. À cet instant, il me semble percevoir un cri, suivi d’une cavalcade.

– Madison ? insisté-je en tapant même du poing contre la porte.

Intrigué, comme elle ne vient pas, je contourne la maison par l’arrière, espérant y découvrir la raison de ce remue-ménage. Des passants me toisent, aussi je baisse la tête, rabattant ma casquette sur mon visage afin de ne pas être reconnu. Ou pire, être pris pour un rodeur.

L’air de rien, je jette un coup d’œil dans la pièce que le rideau ouvert laisse deviner. Je me fige aussitôt, horrifié. Je vois des jambes tressauter près du canapé. Le corps de Madison est caché, mais c’est le sien, j’en suis persuadé.

Elle convulse !

Elle a fait un malaise. Je dois intervenir de toute urgence !

Sans prendre la peine de réfléchir, je saute par-dessus la haie. J’entends bien un craquement, mais je n’y prête pas attention, trop préoccupé par le spectacle du corps de Madison affalé sur le sol.

Mon sang se glace dans mes veines. J’arrive peut-être trop tard !

Emporté par l’adrénaline qui circule dans mon être, je saisis la chaise de jardin en bois sur la petite terrasse et brise la vitre. Des éclats volent partout, mais je m’en fiche. Aussitôt, je pénètre dans la pièce dans un crissement étouffé, provoqué par mes chaussures.

Alertée par le vacarme, la tête de Madison émerge, les cheveux en désordre, et les yeux écarquillés par la surprise et la terreur.

– Trevor ? Qu’est-ce que tu as fait ? s’écrie-t-elle.

– Euh… je viens te sauver.

– Me sauver ? répète-t-elle éberluée. De quoi ?

– Eh bien, tu étais allongée sur le sol… J’ai cru que tu avais fait un malaise.

– Mais… n’importe quoi ! Je voulais récupérer Noisette qui s’était faufilé sous le canapé.

L’énormité de la situation me percute. Je regarde avec désarroi la baie vitrée fracassée. Une envie furieuse de fuir me saisit. En même temps, je suis soulagé qu’elle aille bien.

Mais, bon sang, pourquoi chaque fois que le destin nous met en présence l’un de l’autre, y a-t-il une histoire de Noisette là-dedans ?

Maintenant debout, Madison constate avec gravité l’ampleur des dégâts.

– Tu ne fais pas semblant, hein !

Je suis penaud.

– Je vais prendre les frais à ma charge, ne t’inquiète pas.

– Tu as intérêt, dit-elle avec un sourire. Dans l’immédiat, je dois sécuriser la maison. Il ne faut pas que mes animaux s’échappent.

Je baisse les yeux sur une silhouette féline qui me fixe.

– Salem vient d’un refuge, m’informe-t-elle. Il sait qu’il ne sera pas mieux dehors que dedans. Je ne me fais pas de souci pour lui. En revanche, Noisette est un cavaleur, comme tu as pu le constater. C’est de lui que je dois me méfier. Noisette ? Noisette, où es-tu ?

Tandis que Madison reprend ses recherches, Salem se frotte contre mes jambes, parsemant de poils mon pantalon noir jusque-là impeccable. Si l’on fait exception de la déchirure au niveau de la cuisse.

Merde ! Après la vitre, je viens de tuer mon pantalon.

Essayant de ne pas songer aux désastres que j’ai provoqués, je pianote sur mon portable et contacte une société afin de procéder au remplacement urgent de la fenêtre. Usant du pouvoir de l’argent, j’obtiens une intervention dans l’heure qui suit.

Madison réussit le tour de force de rassembler ses locataires à poils et à plumes dans la cuisine afin de ne pas risquer une évasion. J’avoue ne pas en mener large quand elle passe devant moi avec le hamster au creux de ses mains.

Noisette et moi avons un passif non soldé à ce jour. Je privilégie la carte de la prudence avec lui.

Deux heures plus tard, les professionnels repartent et Madison est heureuse de pouvoir libérer ses animaux. Elle me remercie d’avoir réglé le souci.

– À ton tour maintenant ! s’exclame-t-elle.

– Pardon ?

De l’index, elle désigne mon pantalon en piteux état. Sous l’étoffe arrachée, on distingue nettement une partie de mon boxer noir Calvin Klein.

– Je vais m’occuper de toi.

Bizarrement, mon esprit s’imagine tout autre chose et je sens alors une chaleur m’envahir, au plus profond de mon être, et se propager lentement, inexorablement, vers mon sexe. C’est terriblement embarrassant.

– Pas la peine, grommelé-je. Il est foutu. Ça m’apprendra à jouer les héros.

– Ne bouge pas !

Elle va prendre une paire de ciseaux et les brandit devant mes yeux inquiets.

– Dois-je m’attendre au pire ?

– Mais non…

Je ferme les paupières une seconde et entends un craquement de tissu. Je n’ose pas constater l’ampleur des dégâts.

– Tu as une fâcheuse tendance à réduire en charpie tous mes vêtements de créateurs, déclaré-je.

– Désolée. Voilà, c’est mieux !

En effet, elle a utilisé la déchirure pour en faire une part intégrante de ma tenue en trouant d’autres endroits. Bien que ce pantalon m’ait coûté plus de trois cents euros, je dois convenir que le résultat est meilleur après le passage de Madison.

– Je n’ai pas l’air ridicule, n’est-ce pas ?

Elle secoue la tête, mais conserve un visage impassible. Puis, sans prévenir, elle enlève ma veste, déboutonne ma chemise et fait apparaître mon tee-shirt. Abasourdi, je me laisse faire sans réagir.

– Si je peux me permettre un commentaire, je trouve que c’est mieux, dit-elle en reculant d’un pas pour me considérer.

Cette réponse me surprend.

– Quoi ?

– Je pense que c’est top comme ça, précise-t-elle. Tu parais plus… je ne sais pas… plus accessible, plus normal.

– Normal ? relevé-je en arquant un sourcil. Il va falloir que tu m’expliques.

– Tu fais moins sophistiqué. Chaque fois que je te vois, j’ai la sensation que tu vas poser pour une grande marque. Tu es toujours au summum du chic. Pas étonnant que tu attires l’attention de toutes les femmes aux alentours. De temps en temps, tu devrais lâcher cette apparence surfaite et te mêler au commun des mortels. Crois-moi, ça peut être très sympa.

J’avoue ne pas comprendre sa réaction. J’incline la tête, cherchant à lire entre les lignes, à savoir si elle est sincère.

– Tu es en train de me dire que tu me préfères comme ça ?

Fidèle à sa nature, Madison ne me ménage pas. Elle va m’asséner la vérité.

– Oui, admet-elle. Attention, je ne veux pas dire que tu n’es pas beau quand tu es bien habillé et apprêté, s’empresse-t-elle aussitôt d’ajouter, mais je te trouve plus… concret ainsi.

– Donc, si je te suis, tu me juges séduisant d’habitude, mais plus encore lorsque je suis négligé. C’est ça ? Non, ne m’explique rien, répliqué-je. Je préfère ne pas entendre ton argumentation.

Est-ce que c’est être orgueilleux que d’éprouver de la fierté à savoir qu’elle me considère comme attirant ? Si oui, tant pis, je l’accepte.

– Tu as faim ? reprends-je.

– Un peu, j’avoue que ces émotions m’ont ouvert l’appétit.

– D’accord, où veux-tu aller ?

– Quoi ? Je… non…

– Attends, c’est la moindre des choses après avoir dévasté ta maison. Je peux t’emmener dans les meilleurs restaurants de la ville si tu le souhaites.

– N’exagère pas ! rit-elle. OK, on y va !

Chronomètre en main, il lui faut à peine deux minutes pour saisir sa veste et enfiler ses baskets.

 

Une fois à l’extérieur, elle cherche des yeux mon véhicule.

– Ma voiture est garée plus loin, dis-je en refoulant un sourire à l’idée de sa réaction.

Je prends les clés en observant le défilé de ses émotions sur son visage. Puis je lui ouvre la portière côté passager.

– Mademoiselle, votre carrosse vous attend, lancé-je avec une courbette, qui me vaut un gloussement en retour.

– Waouh ! Quel changement ! Je ne pensais pas avoir autant d’influence sur toi !

Je n’ai aucune expérience avec les sorties en compagnie d’une femme, mais je dois admettre que Madison me facilite la tâche. C’est une fille simple. J’apprécie ses réactions franches à ce que je dis ou fais. D’habitude, les gens autour de moi sont aiguillonnés par une pesante servilité à mon égard. Comme mon garde du corps qui tente de se fondre dans la masse, mais dont je sens l’attention constante sur ma personne.

Je me retiens de lever les yeux au ciel et m’installe au volant. Je ferme ma portière, lance un clin d’œil à ma passagère et mets le moteur en marche.

Jusque-là, tout va bien. Ce qui ne sera peut-être pas le cas, une fois que je me retrouverai lâché dans un monde inconnu.

Tant pis pour moi ! Je suis déterminé à ce que ma vie se déroule autrement !

 

Madison bavarde sans interruption jusqu’à la pizzeria qui n’a rien d’un restaurant cinq étoiles vu de l’extérieur. Cela dit, l’intérieur est propre et agréable. Il s’agit d’une sorte de concept de restauration rapide où les consommateurs se servent eux-mêmes. Des plateaux sont à disposition. J’imite Madison quand elle s’en empare et y place les couverts.

Tout en patientant dans la file d’attente, je conserve ma casquette sur le crâne quand le caissier nous indique les plats disponibles. Madison décide de commander deux immenses pizzas au fromage, une salade verte et une boisson pour deux. Je la laisse faire. Une fois le tout enregistré, le caissier se tourne vers moi pour l’addition, mais Madison secoue la tête.

– Nous réglons séparément.

– Excusez mon amie, interviens-je avec un sourire. Elle ne comprend pas bien le concept de « rendez-vous ». Je vais payer l’ensemble.

– Trevor, non…

– S’il te plaît, va nous trouver une table pendant que je termine ici.

– Il est hors de question que tu te charges de l’addition.

– Ne discute pas.

Madison esquisse une moue. Je crois qu’elle va argumenter, mais en fin de compte, elle garde le silence. Peut-être à cause des gens qui commencent à nous regarder d’un drôle d’air.

 

Une fois la commande acquittée, je rejoins Madison dans un angle à l’écart et reporte mon attention sur elle.

– Tu n’avais pas besoin de tout payer, ronchonne-t-elle quand je m’installe.

– Ah bon ? Alors, on est ici pour rester chacun dans notre coin ?

– Non, nous sommes venus manger.

– Je pense que je serais très déçu si tu ne me laissais pas t’offrir ce repas après mon entrée tonitruante chez toi.

– Tu as déjà remboursé les dégâts. C’était amplement suffisant. À moins que tu aies un autre plan ? questionne-t-elle, soudain frappée par une sorte de révélation. Tu voulais venir ici. Tu as trouvé cette excuse parce que tu souhaitais manger une pizza sans culpabiliser, hein ? C’est ça ?

– Quelle perspicacité !

Je la vois rosir.

– Tu n’avais pas besoin d’en faire autant, dit-elle en haussant les épaules, il suffisait de demander.

– Notre présence ici prend tout son sens.

– Dis-moi, en vérité, tu n’es jamais allé dans une pizzeria seul ? C’est vrai que tu te nourris de…

Mais elle est interrompue par l’arrivée du serveur. Il dépose face à nous de belles pizzas fondantes. Mon estomac se rebelle contre cet apport glucidique, mais je refuse de me laisser dicter ma conduite aujourd’hui. De temps en temps, je peux en profiter. Surtout quand j’observe Madison enfourner sa part avec enthousiasme. Elle ferme les paupières, et pousse un soupir quasi orgasmique.

– C’est délicieux !

– Je vois ça.

– Après le repas, nous irons jouer aux jeux vidéo là-bas, dit-elle, les iris brillants d’excitation. Il y en a un où tu peux tabasser autant de clowns que tu désires… Tu veux venir avec moi ? suggère-t-elle, ses grands yeux implorants.

– Décimer de pauvres clowns sans défense, ce n’est pas ma tasse de thé, déclaré-je.

– Tu plaisantes ? intervient-elle. Les clowns, ça craint. Ils ont l’air sympas comme ça avec leur nez rouge, mais en vérité ce sont des pervers. Moi, je pense que tu devrais m’aider, pour être bien sûr de tous les dégommer.

Trevor plisse les yeux.

– Ne me dis pas que tu en as peur ? demandé-je, un sourire au coin des lèvres.

– Super peur, répond-elle. Je fais partie de la génération des enfants traumatisés par « Ça ». Eh oui, je sautais dans mon lit à toute vitesse de peur d’être agrippée par un clown caché en dessous !

– Mange tant que c’est chaud. Il faut des forces pour éradiquer tous les clowns de la Terre, ironisé-je.

Je jette un regard en direction des jeux, vestiges des années 80, pris d’assauts par plusieurs jeunes. Dois-je m’éclipser après le repas ? Non, ce ne serait pas juste vis-à-vis de Madison. Et si je souhaite avancer, je dois affronter moi aussi mes démons. Je hoche la tête.

– Je suis certain que tu es une adversaire redoutable. Seulement, je n’ai aucune idée de…

– T’inquiète ! annonce-t-elle en engloutissant sa dernière part de pizza et en me saisissant la main. Je te protégerai.

– Ouf ! Merci.

– Viens ! On y va !

Quelque chose dans la façon dont elle m’a pris la main, dans l’enthousiasme avec lequel elle s’exprime, me donne envie de la serrer dans mes bras. Bien sûr, m’attacher à elle serait stupide. Je me le répète assez souvent pour en être convaincu. Je profite juste de cette opportunité de passer du temps avec elle afin de guérir de ma phobie. Rien de plus… Enfin, si ça va plus loin, je ne dirai pas non. Mais jamais je n’accepterai de la blesser.

Sa main dans la mienne, je me laisse guider vers une borne d’arcade où, par chance, il n’y a personne. Il s’agit de projeter des masses sur le joueur adverse et récolter ainsi des points.

OK, pas très intéressant. Du moins, pas assez pour que je parvienne à me retenir de jeter des coups d’œil en direction des jeunes qui évoluent autour de nous.

– À toi ! s’exclame Madison.

Elle rit, puis elle tourne les yeux vers moi, intercepte mon regard et fronce les sourcils.

– Tout va bien ?

– Oui, oui…

Pour mettre un terme à ses questions, je me concentre sur le jeu. Il n’a rien de passionnant, mais il a le mérite de m’occuper l’esprit. Et en plus, il faut deux joueurs. Bon, aucune attente en ce qui concerne les résultats, je me fais laminer.

Madison exulte et lève les mains au ciel en poussant un cri de victoire.

– Tu aimes vraiment ça ?

– Oui, c’est mon préféré. Je gagne toujours, c’est pour ça que je n’ai jamais eu besoin d’un psy ! s’exclame-t-elle en riant.

Comme j’adorerais que tout soit aussi simple pour moi.

Pour un temps, j’empêche mon cerveau de tourner en boucle. Mais ça ne durera pas. Dès que je serai seul, je recommencerai à gamberger.

Je serre les poings.

Qui a dit que ma vie était enviable ?

 

OceanofPDF.com