Intouchable (Ou Pas)
CHAPITRE 17 Madison
CHAPITRE 17
Madison
Même si les lieux paraissent plongés dans les ténèbres, l’appartement de Trevor peut être lumineux. Mais ce soir, il est à l’image de son propriétaire. C’est ce qui me vient à l’esprit quand je scrute du bas de la rue les fenêtres aux rideaux tirés.
En toute logique, on peut se demander ce que je fiche ici alors que nous avons passé une partie de la journée ensemble. Quand il a quitté ma maison, je suis demeurée hésitante. En apparence, il allait bien. Il plaisantait, souriait. Pourtant, au fond de moi, je suis sceptique. On dirait qu’il joue la comédie.
Voilà ce qui motive ma visite. L’inquiétude qu’il m’inspire.
Comme je ne sais pas s’il dort, je lui envoie un SMS.
[Tu as un moment ? Suis devant ta porte.]
Pas de réponse.
Tant pis ! Il m’en faut plus pour renoncer.
Deux minutes plus tard, la porte d’entrée s’ouvre.
À première vue, on dirait que ma venue lui fait plaisir, mais il se cache derrière un masque impénétrable. Je ne suis pas dupe. Ses mains tremblent.
– Madison, je…
– Je ne reste pas. Je sais que tu as été éprouvé, mais je voulais juste m’assurer que tu allais bien et te donner ça pour adoucir ton sommeil.
Je lui tends une boîte qui contient des herbes médicinales réputées pour leur efficacité, achetée exprès pour lui (mais que, comme la cruche que je suis parfois, j’ai oublié de lui offrir !).
Trevor tient la porte ouverte, et ne parle pas. Je n’en demande pas tant. Du moment qu’il prend ce remède… Car au fond de moi, je réalise que je ne me suis pas fourvoyée. Il est toujours sous le choc. Un voile de sueur trempe son front et les tressaillements de ses mains ne se calment pas.
– Trevor ?
De sa part, pas de « Tu entres un moment ? ». Le genre de phrase de circonstance. C’est ce que ferait Trevor s’il n’était pas chamboulé. Mais il paraît de nouveau se retrancher derrière une barrière invisible que je n’ose franchir pour l’instant. Les propos de Julianne tournoient dans ma tête. Cela dit, je peux difficilement lui reprocher d’être distant, vu ce qu’il a traversé. J’ai peur de commettre un impair, car il semble prêt à perdre les pédales d’une seconde à l’autre. Qui ne garderait pas de cicatrices d’un tel traumatisme ? Pour ma part, je le trouve très courageux d’avoir pris sa vie en main en dépit de son problème.
Il fixe la boîte, me regarde, et je lis dans ses yeux le flot des émotions qui le submergent.
Il est complètement paumé !
Je me refuse à le laisser dans cet état. Délicatement, je glisse les bras autour de sa taille et le fais reculer à l’intérieur. Je referme la porte derrière moi et le serre contre moi, lui maintenant la tête sur mon épaule sans parler.
Il ne me repousse pas, je crois même percevoir un soupir, et ses tremblements s’estompent. Finalement, il s’écarte un peu.
– Est-ce que tu te sens mieux ?
Je m’attends à un sourire, une réponse polie ou quelque chose de gentil. Au lieu de ça, il se compose un masque hermétique.
– Je ne veux pas de ta pitié.
– Ça tombe bien, j’en ai pas en stock ! répliqué-je, loin de me laisser abattre.
– Alors, ne joue pas à la psy. Ça ne te va pas.
– Va te faire foutre, monsieur Trevor Davies ! Je suis venue te voir parce que je m’inquiétais. Pas parce que je veux interpréter la fille altruiste et compréhensive. J’ai une vie suffisamment remplie sans y ajouter d’autres complications !
– Si c’est ce que je suis, tu ferais mieux de partir.
– Argh ! D’habitude, je ne torture pas les gens, mais j’éprouve une furieuse envie de t’arracher la langue et de te secouer comme un prunier !
Sans lui permettre de répondre, je pose mes mains de chaque côté de son visage et l’attire vers moi.
– Je suis ici pour toi, Trevor. Peux-tu te fourrer ça dans le crâne ? Pourquoi joues-tu au dur alors que tu es fragilisé ? Quelle honte y a-t-il à se montrer sensible ? N’accepteras-tu pas ma main tendue ? Je suis…
Cette fois, c’est lui qui m’empêche de poursuivre. Comme si mes paroles avaient libéré quelque chose en lui, il m’étreint à son tour avec force. Stoïque, je subis sans me plaindre, sans chercher à obtenir plus de détails, car j’ai le sentiment qu’il lui est difficile de s’épancher. J’espère qu’il se sentira plus à l’aise plus tard pour m’en raconter plus. Pour l’instant, il a besoin de réconfort. Du mien.
Le front posé sur mon épaule, il paraît enfin se détendre.
– Je suis désolé, murmure-t-il d’une voix rauque. Je déteste ces jours où je ne peux pas changer le cours des choses.
– Alors, si tu ne peux pas les changer, accapare-les-toi !
Il se recule et me contemple, en proie à un trouble intérieur. Je peux aisément lire le flot de questions qui l’envahit.
– Fais de cette faiblesse une force, continué-je.
– Tu es la seule que je peux toucher.
– Normal, tu commences par la meilleure, m’esclaffé-je.
Ma plaisanterie lui arrache un léger sourire.
– Ah ! Voilà, c’est bien ! m’exclamé-je. Et, puisque je suis celle qui peut t’aider à aller mieux, tu peux compter sur moi. Je ne t’abandonnerai pas. Promis !
Nos regards s’ancrent l’un dans l’autre, sans se lâcher. C’est un échange des plus intenses qui a lieu en cette seconde. Du genre que l’on voit dans les films, quand l’héroïne et le héros se promettent un amour éternel. Sauf que je ne suis pas prête à ça…
Je fais donc un pas en arrière pour me mettre hors de portée et ma malchance habituelle aidant, je me retrouve à battre des bras dans l’air pour ne pas tomber. Le tout sans grâce, bien entendu !
Je peux toutefois compter sur Trevor qui me cueille littéralement en plein vol. Je m’affaisse contre lui. Un silence, puis j’éclate de rire. C’est plus fort que moi.
Alors, ses lèvres se posent sur les miennes en un baiser qui me coupe le souffle.
Il faut arrêter ça, c’est de la folie !
J’y réponds, d’abord hésitante, craignant de faire preuve de maladresse à son égard. Mais Trevor ne paraît pas perturbé, au contraire : il me serre davantage contre lui et approfondit notre étreinte. Mon bon sens est impuissant à maîtriser mes sentiments et, sur une impulsion, je libère la passion qui m’habite. Je réagis avec fièvre.
– Tu me rends fou, avoue-t-il en relevant la tête pour me regarder dans les yeux.
– Tu as raison, c’est de la folie.
Dans un gémissement, il m’embrasse de nouveau, et ma bouche l’accueille dans un total abandon. Le sang bat à mes tempes.
Ses mains glissent pour frôler mes épaules et mes bras, tandis qu’il fait tomber ma veste avant de m’emprisonner dans une étreinte passionnée sous l’effet de laquelle je sens mon bas-ventre s’embraser.
– Et si nous arrêtions de discuter ? suggéré-je.
Lentement, je relève son tee-shirt, coincé dans son pantalon. Tandis que je le fais remonter, mes doigts effleurent son ventre et son torse. Quand il le passe par-dessus sa tête, je pose les paumes à plat sur sa poitrine et la caresse lascivement.
D’habitude, je reste zen devant pareil spectacle, mais le fait d’avoir déjà découvert son corps d’athlète aux muscles fermes m’émoustille par avance. J’en salive presque.
Vais-je réellement passer la nuit avec cet homme qui, je n’en doute pas, ne manquera pas de me combler ? Tout en lui respire la perfection. Mais est-ce que je ne cours pas au-devant d’une lourde déception, à l’idéaliser ?
Car, jusqu’à ce jour, aucune de mes expériences sexuelles n’a été transcendante, il faut bien le reconnaître. Si j’ai souvent rêvé d’une histoire qui dépasserait l’évidente mécanique de l’union des corps entre un homme et une femme, je ne l’ai jamais goûtée. Au début, j’ai pensé que c’était parce que j’en demandais trop. En fin de compte, j’ai réalisé que c’était mon partenaire qui ne parvenait pas à me satisfaire. Tout simplement.
Ce qui m’amène à une interrogation fondamentale. Puisque Trevor ne peut pas toucher une femme sans défaillir, a-t-il déjà fait l’amour ? Je me vois mal lui poser la question, mais cela me semble incontestable. Et s’il ne connaît pas la marche à suivre ?
Non, impossible !
Mais, s’il l’ignore, comment suis-je censée réagir dans ce cas ? Je refuse de lui ajouter un traumatisme supplémentaire en plein milieu de nos ébats. Je ne veux pas qu’il se retranche derrière cette carapace qu’il a réussi à retirer couche par couche ces dernières semaines. Peut-être me suffira-t-il de ne penser à rien et de laisser la magie de l’instant opérer ? Oui, à moi de lui faire confiance. Me détendre et profiter pleinement de ce qui s’offre à moi.
Je respire mal. Ma poitrine se soulève contre son torse puissant et je sens la chaleur de nos corps irradier à travers la barrière de nos vêtements. Dois-je l’encourager à aller plus loin ? Lui montrer ?
Mais Trevor passe une main sous mon tee-shirt, enveloppe un de mes seins et se met à le pétrir doucement. Tout mon être se tend vers lui, faisant voler en éclats mes derniers questionnements.
Il se débrouille très bien. D’ailleurs, j’étouffe dans mes vêtements.
– Oh, Madison…, murmure-t-il contre mon oreille, tandis que ses doigts s’insinuent sous la fine barrière de tissu pour aller effleurer mon mamelon durci par l’excitation. Je crois rêver…
Je couine lorsqu’il ôte mon tee-shirt avec délicatesse, ébouriffant mes cheveux au passage. Délicatement, il fait glisser la bretelle de mon soutien-gorge, libérant un sein dont il happe la pointe dressée.
Oh, mon Dieu !
Je me cambre pour mieux me plaquer contre son corps. Saisissant mon sein à pleine main, Trevor y porte à nouveau la bouche et je frissonne de plaisir. De l’autre, il agrippe mes fesses, m’attirant contre lui. Je devine que son état est semblable au mien.
– Madison, j’ai envie de toi, murmure-t-il en relevant la tête.
La tristesse s’est estompée dans son regard, remplacée par autre chose. Un désir brûlant.
– Je te veux comme je n’ai jamais souhaité aucune autre femme.
– Moi aussi.
Je devine son rire.
– Non, bafouillé-je, je veux dire, je ne désire pas coucher avec une femme ! C’est toi que je veux.
Nom d’un chien ! Comment puis-je ruiner un tel moment avec mes réponses idiotes ?
Visiblement peu perturbé, il reprend ma bouche et m’embrasse encore et encore. Pendant ces baisers, il me soulève pour me conduire jusqu’à sa chambre. Je noue les jambes autour de sa taille, consciente de l’érection qui tend son bas-ventre.
Sous ses mains qui caressent mes flancs et mes cuisses, je me sens féminine et désirée. Nous tombons tous les deux sur le lit. Fébrile, je déboutonne sa braguette et il m’aide à descendre son pantalon avant de s’attaquer au mien.
Son corps est plus beau sans vêtements ! C’est indéniable. Je laisse mes mains glisser sur ce velours tandis qu’il m’embrasse. Il ne semble pas se lasser de le faire. Bien qu’il n’ait pas une grande expérience, il compense largement par son enthousiasme.
Lorsque nos corps se pressent davantage, une sonnette d’alarme retentit dans mon cerveau. Haletante, je le repousse.
– Est-ce que tu as des préservatifs ?
Trevor se fige, consterné.
– Non, désolé. Je n’avais pas prévu cette situation, explique-t-il. Et puis, pour ma défense, je n’ai jamais emmené une femme ici. Ni…
Je passe sur le fait qu’il ne dispose pas du matériel de base, pour me réjouir de savoir que je suis la première à pénétrer chez lui et avec qui il va se perdre.
– J’en ai, dis-je.
– Où sont-ils ?
– Dans mon sac. J’en ai une boîte entière.
Il me quitte un instant et va chercher mon sac d’une main fébrile. J’en profite pour jeter un coup d’œil complaisant à son postérieur ferme. Quand il revient et le dépose près de moi, je m’empresse de le retourner afin d’en répandre le contenu sur le lit.
Avec un claquement de langue ravi, je brandis triomphalement la boîte en question.
– Tu te balades souvent avec une boîte de préservatifs ?
Est-ce un soupçon de reproche que sous-entend son ton méprisant ?
J’acquiesce d’un signe de tête.
– On me l’a offerte récemment, expliqué-je avec un sourire mutin. On peut dire que c’est un cadeau qui tombe à point. Non ?
– J’aimerais bien savoir qui te fait de tels cadeaux ! grommelle-t-il.
Je ne réponds pas.
– Il y en a dix, dis-je en agitant la boîte sous ses yeux.
– J’espère que ça suffira, dit-il avec sérieux.
– Ça devrait aller, répliqué-je en riant.
Il pose la boîte sur la table, puis après avoir gainé son sexe dressé, il agrippe ma taille. J’enroule mes jambes autour de ses hanches, prête à le recevoir.
Il se recule, puis s’enfonce en moi. Je pousse un faible soupir en l’accueillant. Il répète la manœuvre à plusieurs reprises tout en me fixant avec attention.
– Est-ce que ça te fait mal, Madison ? Même un peu ?
– Pas du tout. Tu peux te lâcher. Je ne suis pas en sucre. Ne crains rien.
Mes paroles se veulent rassurantes et elles atteignent leur but. En quelques secondes, Trevor prend confiance. Il recule jusqu’à être presque entièrement sorti, puis se renfonce en une ferme poussée. Il recommence inlassablement, me faisant couiner face aux sensations qui m’assaillent. Je suis au bord du précipice. Mon orgasme se rapproche du point culminant.
– Viens, ordonné-je en remontant le bassin pour qu’il me pénètre complètement.
Trevor bouge en moi avec une tendresse infinie, son regard planté dans le mien. Mes muscles intimes se contractent autour de lui, nous faisant gémir de concert. En l’espace d’une seconde, je suis emportée par un orgasme d’une force inouïe. Je m’abandonne au plaisir qui me ravage, m’entraîne sur des rivages jusqu’alors inconnus. Prisonnière des bras de mon amant, je crie son nom, l’implorant de ne pas s’arrêter.
À peine ai-je joui qu’il s’immobilise. Lorsqu’il me serre, presque désespérément, la tête rejetée en arrière, je réalise que c’est à son tour. Voir l’extase déferler sur son beau visage me coupe le souffle.
Il reste en moi jusqu’à ce que son corps cesse de trembler, puis il s’allonge sur le dos, près de moi.
Je suis détendue, languide. Même la fin du monde ne pourrait pas me faire quitter ce lit. Il m’a comblée de manière si intuitive, allant et venant merveilleusement en moi… J’ai connu d’autres hommes avant lui, mais la Terre ne s’est pas vraiment retournée sur son axe, si vous voyez ce que je veux dire. Alors que là, c’était… waouh !
Il m’est de plus en plus difficile de masquer mes sentiments. Nous restons au lit très tard. Quand mon ventre finit par protester, il semble s’en rendre compte.
– Tu as faim, Madison ?
– Énormément ! Pas toi ?
– Si, admet-il.
– Que voudrais-tu manger ? Dis-moi tout. Quels sont tes plats préférés ?
Je m’attends à des mets élaborés. Sa réponse me laisse médusée.
– Les hamburgers ! Et aussi les frites !
Je manque d’éclater de rire. Trevor est loin de la star que je m’étais imaginée. Finalement, cela le rend plus humain, plus proche de moi.
– Tu as le droit de manger ces choses-là ? le taquiné-je.
Il ébauche une moue éloquente.
– Pas souvent. Juste un peu. Mais n’as-tu pas dit que nous étions là pour en profiter ?
Le contraire m’aurait étonnée de sa part.
– Tu veux te faire livrer ?
– Non, sortons !
Une fois de plus, sa réponse me surprend. Je pensais qu’il serait plus méfiant à l’idée de voir du monde. Mais qui suis-je pour juger ses décisions ?
– Tu as raison. Allons nous empiffrer !
Le fast-food est plein à craquer, ce qui me fait craindre une nouvelle crise. Je m’évertue alors à éloigner tout danger potentiel sans que Trevor le réalise. Bien qu’il se soit affublé d’un postiche et d’une moustache, il n’en demeure pas moins séduisant. Par chance, nous trouvons une table en retrait et nous régalons d’un hamburger et de frites. Je fais abstraction de la présence du garde du corps qui nous suit. Ce moment nous appartient. Personne ne le perturbera.
Adossé à la banquette, Trevor m’observe en silence. Cet examen ne me met pas mal à l’aise même si je pense avoir de la sauce qui tache mon visage. Mais je m’en fiche. Quand je mange, je mange ! Je profite du moment présent.
Un sourire dévastateur aux lèvres, Trevor gratte la case affichée sur son gobelet. Il s’agit d’un jeu organisé par l’enseigne.
– J’ai gagné un muffin à la crème, déclare-t-il.
– Tu risques de grossir, dis-je sans réfléchir… Euh, ce n’est pas ce que je voulais dire ! Tu es très bien comme ça. Mince et tout…
Est-ce que je peux disparaître sous terre ?
– Je me suis mal exprimée…
Une lueur amusée brille dans son regard bleu.
– Je sais ce que tu voulais dire, assure-t-il. Et ça me plaît que tu m’apprécies tel que je suis.
Les joues en feu, je me concentre sur la fin de mon repas.
– Aimerais-tu un dessert ? demande-t-il.
– J’aimerais bien, mais je n’ai plus faim ! m’exclamé-je en mettant une main sur mon ventre.
– Dans ce cas, on partagera le mien.
Sans attendre ma réponse, il se lève pour aller chercher son gain. Quelques minutes plus tard, il dépose devant moi un beau muffin appétissant.
– Waouh ! m’écrié-je avec gourmandise.
Trevor sourit quand je savoure une première bouchée.
– Miam… Trop bon pour s’en priver. Tiens, goûte !
Il ne se fait pas prier et reconnaît que c’est délicieux.
– Tu devrais apprendre à en préparer si tu aimes ça ! dis-je.
– Pas la peine. Ma vie professionnelle ne m’en laissera pas l’opportunité. Mais ne gâchons pas ce moment en parlant de moi.
Cette réponse me rend perplexe, mais je rejette ce sentiment pour jouir de sa présence. Lorsque nous quittons le restaurant peu après, main dans la main, j’ai tout oublié.
– Tu dors chez moi ce soir ? propose-t-il.
Dormir, vraiment ?
– Si tu me laisses le temps de nourrir mes animaux, je ne vois pas ce qui me ferait refuser une telle offre.
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