Intouchable (Ou Pas)

Delman · Chapitre 26 sur 35

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Intouchable (Ou Pas)

CHAPITRE 25 Madison

CHAPITRE 25

 

Madison

 

Une fois chez moi, je l’observe à la dérobée.

Il n’est pas rasé, et ses cheveux sont un peu trop longs. Du moins, plus que dans mon souvenir. Et merde ! J’adore ce look négligé, chez lui. Il lui donne un côté plus humain. Tout comme j’aime son air à moitié innocent, à moitié conquérant que j’ai capté sur son visage pendant qu’il regardait ailleurs.

À présent, il me contemple, un petit sourire mutin aux lèvres, ce qui le rend sexy. Du menton, il désigne la fleur qui trône dans un vase sur sa table. Je l’ai découverte à mon retour, après avoir ramené mon client canin chez son maître. J’avais oublié que Trevor possédait un double de mes clés.

– Le coup de la rose rouge, c’est censé être romantique, plaide-t-il en arborant une moue contrite.

– Merci, tu n’étais pas obligé.

– Chaque fois que j’en vois une, je pense à toi.

– Que veux-tu dire ?

– Elle est longiligne, parfumée. Elle reste droite et s’épanouit au fil des jours. Quoi ? dit-il en me voyant grimacer.

– Je ne suis pas une gamine inexpérimentée, Trevor, et ce pseudo-romantisme n’a aucun effet sur moi...

– Dans ce cas, jette-la.

Il s’avance pour s’emparer de la fleur et je dois m’interposer pour l’en empêcher.

– Non ! Elle est bien là. Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

– J’ai réussi à te faire sourire, non ?

– D’accord, mais ça ne signifie rien. Je m’esclaffe toute la journée. Et je n’ai pas l’intention de t’inviter à dîner chez moi. Tes petits stratagèmes ne fonctionnent pas.

– Tu m’as manqué. Plus je te revois, plus je me rends compte à quel point tu m’as manqué.

Mon cœur s’emballe, mais je m’interdis de manifester tout émoi. C’est déjà suffisamment dur de résister à l’embrasser. Est-ce que ce sont les mois de séparation qui font que je le trouve encore plus sexy ? Je n’ai qu’une envie, c’est de le déshabiller et de faire l’amour avec lui. Une réaction bestiale et primaire, me direz-vous, mais c’est ainsi. Il me fait autant d’effet qu’avant.

Surtout ne pas montrer à quel point je suis perturbée.

– Pas la peine de me sortir les grandes phrases. Ça ne marche pas non plus.

– Oh ! Et qu’est-ce qui fonctionnerait ?

– Peut-être que si, pour une fois, tu essayais d’être franc, de faire preuve de sincérité, de me dire ce qui t’est arrivé et ce que tu as vraiment sur le cœur, alors je pourrais comprendre…

Il appuie son index sur ma bouche pour me faire taire.

– Je te révélerai tout en temps voulu. Je te le promets, Madison.

Campé devant moi, il attrape le bas de mon tee-shirt et m’attire à lui. De plus en plus confuse, je me résous à lui poser la question qui me taraude depuis son retour.

– Pourquoi être revenu ? Je croyais… j’en suis venue à croire que tu ne voulais pas t’impliquer dans notre relation…

Il secoue la tête en souriant.

– Je ne pense qu’à toi, Madison. Quand je bosse, j’arrive à te mettre dans un petit coin de mon esprit pendant un certain temps, mais tu reviens toujours au premier plan. Comme une évidence.

– Eh bien, permets-moi d’en douter, répliqué-je en relevant le menton.

– Je dois être masochiste, parce que j’aime ce sentiment que tu m’inspires. Ça me plaît que tu occupes mes pensées sans jamais en partir. J’aime que tu me hantes. J’ignore où tout cela peut nous mener. J’ignore si je peux être cet homme, celui dont tu rêves… Mais ce dont je suis sûr, c’est que j’aurai des regrets jusqu’à mon dernier souffle si je ne nous laisse pas une chance, murmure-t-il en caressant ma joue. Ce que je sais, c’est qu’avec toi je me sens bien. Et ça me plaît. Tu me crois ?

Si ce n’est pas une déclaration d’amour en bonne et due forme, cela y ressemble drôlement… Ma première réaction est de pousser un cri de joie, mais je me contiens. Trop facile.

Malgré mon cœur battant à tout rompre, je secoue la tête.

– Je ne te pardonne pas pour autant.

– Ça viendra, promet-il.

Décidément, le fait d’avoir vaincu sa phobie le rend nettement plus assuré. Confiant, il dénoue l’élastique de mes cheveux et le jette négligemment par terre. Puis il enfouit les doigts dans ma chevelure.

– J’ai envie de faire l’amour avec toi, là, maintenant.

Mon cœur rate un battement.

– Voilà qui a le mérite d’être clair.

– Tu m’as manqué. Je ne veux plus perdre de temps en futilités. Dis-moi que tu penses la même chose.

Ses lèvres effleurent mon front, mes tempes, ma joue. Bon sang ! Je ne sais pas par quel miracle je parviens à rester debout. Mes jambes sont aussi molles que des chewing-gums.

Ce corps, quel traître !

– Dis-moi, insiste-t-il.

– Idem.

Comme si ce simple mot était porteur de promesses, il reprend :

– J’ai envie d’explorer ton corps. J’ai envie de me perdre en toi. Et je suis sûr que quand ce sera fini, je n’aurai qu’une envie, c’est de tout recommencer. En ce qui me concerne, tu es unique. Tu es la seule femme que je veux toucher, fréquenter, embrasser, aimer. Tu n’auras jamais à t’inquiéter que je puisse te tromper, parce que tu es faite pour moi. Je le sais jusqu’au plus profond de mon âme.

Il penche la tête, sans me quitter des yeux.

– Est-ce que c’est assez honnête pour toi ?

– C’est pas mal.

Je sens mon cœur se remettre à battre, tandis que la petite pointe de jalousie qui l’avait piqué s’évanouit. Il me scrute, essayant de jauger mon humeur.

– Si tu ne veux pas aller plus loin, tu as intérêt à m’arrêter, vite.

– Je ne recule jamais devant le danger, tu devrais le savoir, répliqué-je en le défiant du regard.

Je tente de conserver une mine sévère, mais l’enivrante jubilation qui me parcourt ne me facilite pas les choses. En réponse, il me soulève de terre, et mes jambes s’entrecroisent autour de sa taille en un mouvement instinctif.

– Trop tard maintenant, j’ai gagné par abandon, déclare-t-il en m’embrassant.

Nous échangeons un baiser passionné. Je le sens gémir contre mes lèvres, et j’en ressens un grisant sentiment de pouvoir. Les bras noués autour de son cou, je me presse contre lui, prête à lui offrir tout ce qu’il exigera de moi. Et il met du cœur à l’ouvrage. De sa bouche, il m’explore, me goûte, me savoure sans jamais renier l’évidence de son désir.

J’enfouis les doigts dans la soie de ses cheveux clairs et entreprends de lui caresser la nuque, jusqu’à ce qu’il lâche un long gémissement rauque.

– Peut-être que j’ai envie de toi uniquement parce que tu es l’un des rares hommes que je connaisse à pouvoir me supporter.

– Ça me plaît d’être le seul.

– Ça fait un peu macho, non ?

– J’assume.

Il rit.

– J’adore ton visage. Tes yeux. Ta bouche. J’ai fantasmé sur elle durant des heures.

Il mordille ma lèvre inférieure, tire légèrement dessus.

– Donc, c’est purement physique.

– Bien sûr que non ! Tu es aussi intelligente, compréhensive en dépit de…

– Si tu as l’intention d’ajouter que j’ai mauvais caractère, je t’en colle une.

– J’allais dire douce et délicate, mais je me demande si c’est approprié…

Grisée par la connivence qui se restaure entre nous, j’en oublie mes griefs. Mes mains se posent sur sa taille tandis qu’il nous entraîne machinalement à travers le séjour. Jusque dans ma chambre. Il m’allonge sur le lit et plonge son regard dans le mien.

– La vérité, c’est que je n’ai jamais pu te sortir de ma tête.

Ses lèvres glissent sur ma joue.

– Est-ce que je dois m’en plaindre ?

Pour toute réponse, il reprend ma bouche, lentement, avec une passion mesurée, jusqu’à ce que le plaisir se répande dans mon corps comme un brasier. Mes orteils se recroquevillent dans mes chaussures et mes lèvres se font velours pour épouser les siennes. Oh, oui, comme ce contact m’avait manqué !

– Tu te souviens de notre premier baiser ? demande-t-il.

Je hausse les sourcils.

– Étant donné que j’étais à moitié ivre, c’est un peu difficile à me le remémorer.

– Tu étais complètement ivre, corrige-t-il.

– Je ne m’en rappelle plus très bien.

– Toute cette passion et cette énergie... C’est un miracle que j’y aie survécu.

– Nous étions insouciants et fiévreux à cause de la nouveauté.

Il se recule en souriant.

– À présent, nous sommes excités et sobres. J’ai bien l’intention de te faire perdre la tête, et ce pour très, très longtemps.

Les muscles de mon bas-ventre frémissent d’anticipation. Au fond de moi, j’ai toujours su que nous finirions sur ce lit dès l’instant où il est apparu.

Je le désire, lui aussi. Mon seul souhait est de ne pas avoir le cœur brisé quand je reprendrai mes esprits. Après m’être languie de lui si longtemps, j’ai désespérément besoin de cette délivrance. Et ce, avec Trevor, pas avec n’importe quel homme.

Un détail qui a toute son importance et que je compte bien garder secret.

Mais pour l’instant, je refuse de songer à l’avenir : tout ce que je veux, c’est grimper au septième ciel avec lui.

– Waouh ! Ça tombe bien, j’ai du temps devant moi, minaudé-je en glissant les mains sur sa nuque.

– On va le prendre maintenant, dit-il en se penchant sur moi.

Ses lèvres s’emparent des miennes avec un empressement qui fait déferler des ondes de désir dans tout mon être. Progressivement, ses baisers deviennent doux, tendres et profonds.

Je savoure cet instant. Celui de nos retrouvailles. De nos peaux l’une contre l’autre. Mon esprit dérive dans les souvenirs de nos précédentes étreintes. Nous étions embrasés par le feu de la passion. Comme maintenant. Rien n’a changé. Ou presque.

Éperdue, avide de retrouver ce corps familier et nouveau à la fois, je lui retire son pull pour l’explorer. Il est plus mince qu’avant, et plus musclé. Est-ce le stress de son travail qui l’a miné ?

Il est toujours aussi grand et large d’épaules. Ses hanches étroites, ses pectoraux, la forme de sa bouche, ses mains douces sont les mêmes. J’éprouve le besoin viscéral de me pelotonner contre sa chaleur. M’en envelopper.

Pourtant, délaissant ma bouche, Trevor s’écarte légèrement.

– Quoi ? Qu’y a-t-il ? m’alarmé-je.

– J’ai envie de te contempler.

Avec des gestes lents, sensuels, il m’ôte mon tee-shirt, puis déboutonne mon jean en prenant son temps, effleurant du bout des doigts ma peau qu’il dénude peu à peu, sans me quitter des yeux.

– Je veux que tu me regardes aussi, reprend-il.

– À cet ordre-là, je ne peux qu’obéir.

Je tressaille quand ses doigts frôlent mon soutien-gorge. C’est le seul tissu qui me couvre encore.

– Toujours pas de dentelle ?

– Le coton, c’est très bien.

Il détache l’agrafe de mon dos après m’avoir soulevée, avant de laisser paresser ses doigts sur mes épaules pour en faire glisser les bretelles.

– Tu es affreusement lent, Trevor, dis-je en m’agrippant à lui tandis qu’il effleure ma poitrine d’une caresse.

Il sourit et je capitule, vaincue.

Je referme les bras autour de lui et plaque ma bouche contre la sienne dans un baiser passionné. Je ne veux plus penser à rien ni à personne. Je souhaite juste profiter de ce moment. Combler ce désir qui court dans mes veines, embrase mon bas-ventre, et me rend dingue. Pour le reste, on verra plus tard.

Les doigts enfouis dans mes cheveux, Trevor repousse ma tête en arrière pour mieux tourmenter ma bouche, puis ma gorge qu’il parsème de baisers humides, particulièrement voluptueux.

Il fait montre d’une patience infinie alors que je suis prête à le dévorer tout cru. Et je suis certaine qu’il est excité autant que moi. Au lieu de ça, il se contente de jouer, préférant exacerber notre désir mutuel et nous plonger dans une délicieuse tourmente.

Il va me rendre cinglée. Comment sa bouche peut-elle être si brûlante et ses caresses si mesurées ?

Fébrile, je tire sur son pantalon. Le gémissement rauque qui sort de sa gorge me montre que, lui aussi, ne tient plus. J’enfonce mes ongles dans sa peau ce qui le fait se cambrer. Je sens ses muscles frémir. Je le connais assez pour deviner ce qu’il éprouve.

Pourtant, il n’en démord pas. Démoniaque, il m’emmène au bord de l’abîme avant de se retenir, me laissant tremblante, en proie à un vertige toujours plus dévastateur. Ma respiration est telle que je dois ressembler à un train à vapeur.

– Trevor, je t’en supplie...

– Tu n’es pas encore prête.

– Si ! Je le suis !

Mon exclamation lui arrache un gloussement. Son souffle chaud est un aphrodisiaque à lui seul. Tandis que je fais mine de me redresser, il enserre mes poignets, me cloue sur le lit et poursuit sa voluptueuse besogne, allumant un brasier sous chacun de ses baisers.

– Trevor !

Il se recule et je lis dans son regard azuré une faim qui me laisse sans voix. Je déglutis, repoussant la boule qui s’est formée dans ma gorge en contemplant son beau visage empreint de passion. Jamais je n’ai observé cette expression.

Alors, il me lâche les poignets, se déleste de son pantalon et de toute chose qui pourrait faire office de barrière. Sur son sexe érigé, il déroule un préservatif. Je halète, pressée de le sentir en moi. Enfin, il passe les mains sous mes jambes pour se glisser dans ma féminité en une lente et profonde poussée. S’ensuit une longue série de va-et-vient qui me chavire.

Sa peau est couverte de sueur. Elle est brûlante, humide sous mes paumes. Des soupirs étouffés s’échappent de mes lèvres à mesure que Trevor me pilonne. Chaque parcelle de mon corps aspire à cette union. Je m’abandonne sans retenue entre ses bras.

– Madison. Madison…

Il répète inlassablement mon prénom à chaque coup de reins, et en faisant courir ses lèvres sur mon visage. J’accompagne le rythme de ses hanches, envahie par un feu ardent. J’ai tellement envie de lui que je suis au bord de l’implosion. Je me tortille sous lui, gémis et me raidis soudain avant de hurler de plaisir, balayée par une vague d’extase renversante.

Au moment où mes paupières s’ouvrent en grand, sous l’effet de cette félicité, il plonge ses yeux droit dans les miens, puis il enlace nos doigts ensemble, les serre à les briser et s’abandonne lui aussi à la jouissance. Secoué de tremblements incontrôlables, il s’écroule sur moi, la respiration laborieuse. Je perçois les battements erratiques de son cœur contre le mien.

Nous restons soudés l’un à l’autre, par les hanches, les lèvres, les mains, les reins, un bon moment avant que Trevor se détache de moi et roule sur le côté pour se débarrasser du préservatif.

C’est l’expérience sexuelle la plus intense de toute ma vie. Jamais les

précédentes n’ont atteint de si hauts sommets. Allongée à côté de Trevor, maintenant immobile, je laisse le flux orgasmique quitter mon corps.

Même sous la torture, je n’avouerai rien, mais le brouillard cotonneux dans lequel je me trouve et la plénitude qui m’habite sont tels que je serais prête à tout accepter en cette minute.

Il est donc inutile de flatter son ego, puisqu’il en profiterait pour m’extorquer des promesses. De toute façon, le sexe n’a jamais posé problème. Le souci, en réalité, ne vient-il pas du fait que j’ai peur de lui confier mon cœur et qu’il le brise ? Pourtant, j’en crève d’envie.

Stop, Madison, arrête de penser, sinon c’est la migraine assurée !

 

Je suppose que j’ai dû piquer du nez à un moment ou un autre, car lorsque je reprends connaissance, je suis lovée dans ses bras. Et le réveil indique en effet que j’ai dormi deux heures.

Nom d’un chien !

– À quoi songes-tu ? chuchote Trevor en glissant un doigt le long de ma colonne vertébrale. Tu ne peux pas te mettre en pause juste une minute ? Tu sais que trop penser fait mourir tes neurones.

– J’en ai suffisamment en réserve, t’inquiète !

Il faut que j’entretienne la conversation dans un registre léger, sinon mon cœur va se transformer en guimauve et je vais lui avouer que je l’aime toujours sinon plus qu’avant.

Son index descend le long de ma joue, qu’il embrasse avec une douceur infinie.

– Ta peau est irritée. J’aurais dû me raser.

– Pas grave.

Ses iris me fixent avec intensité.

– Madison, je…

Non, pas de discussion sérieuse maintenant, alors que je suis sous l’effet post-orgasmique qui me laisse des papillons dans le ventre (euh, c’est une métaphore, hein !) et le cœur dégoulinant de mots mielleux (là aussi, parce que techniquement, ben… un cœur, ça ne parle pas !)

– Mmm, je meurs de faim.

– Tu veux commander quelque chose ?

– En fait…

Je pince mes lèvres. Choisir les mots avec soin n’est pas chose aisée pour moi.

– J’ai rendez-vous avec Donna.

– OK, j’ai compris.

Voilà, je l’ai vexé !

Il n’ajoute rien de plus. Puis il se lève et quitte le lit. J’ai une vue panoramique sur son corps nu (ce qui ne m’aide pas à garder mon sang-froid). Je me redresse, le drap plaqué sur ma poitrine.

– Trevor ?

– Si c’est ce que tu veux, je pars. Je peux attendre.

Il se baisse et attrape son jean. Le sol est parsemé de vêtements. Les siens et les miens, emmêlés les uns aux autres. Seul un vague souvenir de la façon dont ils se sont retrouvés par terre flotte dans un recoin de mon esprit.

Il s’habille et se penche vers moi, les yeux brillants.

– Mais tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement.

Puis il pose la main sur ma nuque pour me faire plier la tête en arrière et il m’embrasse avec passion. D’un de ces baisers qu’on ne voit qu’au cinéma et qui me laissent pantelante, sur le point de le rebasculer dans le lit et de reprendre un autre round. D’ailleurs, j’ai du mal à le lâcher. Mes lèvres sont collées aux siennes comme à un aimant.

– J’y vais.

Il quitte la pièce sans un regard. Encore sous le choc de son baiser, je me rallonge sur le côté et me blottis contre l’oreiller.

Je ne me sens pas fière de ce que j’ai fait quand j’entends la porte d’entrée se refermer.

Je roule sur le dos, les yeux rivés au plafond.

Pourquoi l’ai-je repoussé après cette fabuleuse scène de sexe torride ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? Pourquoi suis-je partagée en deux ? Une partie de moi veut croire en ce miracle et l’autre me souffle que je ne dois pas m’illusionner. Que la vie de Trevor est aux États-Unis et la mienne à Orléans. Que nous n’avons pas d’avenir ensemble.

Mieux vaut ne pas y songer. Si possible.

Poussant un cri de frustration, je roule sur moi-même, puis bats des jambes et des bras comme une possédée. Tant et si bien que je finis par dégringoler. Mon postérieur heurte le sol.

Ouille !

Échevelée, l’air légèrement hagard, je remonte dans mon lit et m’y affale pour ne pas réitérer ma cascade.

J’ai une vie bien remplie et des rêves à foison qui me permettent de fantasmer sur Trevor Davies. Tout en essayant de me convaincre, je pose les yeux sur mon portable. L’écran s’est mis en veille, mais il me suffit de tendre la main pour le contacter.

– Vas-y, Madison ! m’encouragé-je.

Je me redresse en réfléchissant. Il ne doit pas être loin.

Rappelle-le. Dis-lui que tu l’aimes. Prends le risque de vivre une belle histoire même si tu dois en souffrir !

Je me mords la lèvre et lance un coup d’œil vers la porte avant de finir par me dégonfler.

 

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