Intouchable (Ou Pas)
CHAPITRE 23 Madison
CHAPITRE 23
Madison
Douche froide sur cette visite que je croyais placée sous le signe du romantisme.
Quand Trevor a demandé à venir, je me suis imaginé que nous passerions un agréable moment ensemble. Il n’est arrivé qu’en fin de journée. Tout de suite, j’ai remarqué son expression fatiguée. Je l’ai câliné, puis il m’a balancé sa grande nouvelle.
Et maintenant, je suis hébétée, sous le choc de ce que je me suis refusée à voir.
– Tu rentres aux États-Unis, répété-je pour la seconde fois.
– Oui.
– Quand comptais-tu me l’annoncer ?
– Ce n’est pas ce que tu crois.
– Oh ! Mais je ne crois rien. Je constate.
– Madison.
Je me détourne, déçue.
– Quoi, Madison ?
– Essaye de comprendre. J’ai des obligations. Des contrats à honorer.
– Je peux l’entendre, mais tu ne penses pas que tu aurais pu m’en parler plus tôt ?
– Je l’ai appris ce matin.
– Ce n’est pas une excuse !
– Tu réagis de façon disproportionnée.
Je lui lance un regard scandalisé.
– Tu me mens, je découvre que tu repars aux États-Unis sans m’en informer et tu trouves que ma réaction n’est pas appropriée. Tu te moques de qui, Trevor ?
– D’accord, c’est ma faute. Je suis coupable. Je t’ai caché que je devais rentrer. Mais tu me jettes sans même me donner la possibilité de m’expliquer ou de me faire pardonner.
Il n’a pas tort.
Et si, pour une fois, je mettais ma foutue fierté dans ma poche ?
Ce n’est pas parce que je n’ai jamais eu de chance en amour que cette fois, je dois laisser la fatalité tout saboter. Trevor est celui qui me convient le mieux. Celui grâce à qui je me sens femme. Désirable…
Celui que j’aime.
– Je suis désolée, dis-je en blottissant la tête dans le creux de son cou. On devrait parler plus souvent.
– Je ne demande pas mieux, mais tu ne me permets jamais d’en placer une.
– Faux, je suis très à l’écoute !
Un sourire amusé teinte ses lèvres et j’ai juste le temps de prendre une inspiration avant qu’il referme les bras autour de moi dans une étreinte puissante et tendre à la fois. Quand il se penche pour m’embrasser, je fonds. Pas littéralement, sinon je ne vous parle pas du résultat ! Non, ce genre de sensation qui donne l’impression d’avoir les jambes en guimauve.
Ma dernière pensée sensée est de me dire que cette bouche devrait être érigée au rang de huitième merveille du monde. Quoi ? Ce n’est pas rationnel ? Tant pis ! De toute façon, je suis incapable de réfléchir dès que sa langue s’insinue entre mes lèvres. Elle m’explore, me caresse profondément, emporte jusqu’à mon souffle.
– Madison, murmure-t-il, dis-moi que tu n’es pas fâchée contre moi. Je veux te faire l’amour une dernière fois avant de partir.
– Ce n’est pas en couchant ensemble que nous résoudrons ce problème.
Je sais que j’ai raison. Même si le sexe avec lui est fantastique, je ne désire pas que notre histoire se résume à ça. Nous avons tant de choses à explorer. Et apprendre à se connaître prend du temps.
Et ça, j’en ai.
Plus qu’il m’en faut.
Mais pas lui.
***
Après un marathon sexuel d’une nuit que je n’oublierai jamais, je me retrouve à l’aéroport. Dissimulés dans un recoin à l’abri des regards, nous nous embrassons pour la dernière fois. Je ne pensais pas éprouver un tel chagrin.
– Combien de temps pars-tu ? demandé-je pour la centième fois.
– Trois mois. Deux, si je parviens à tout boucler rapidement. Mais je ne suis sûr de rien. Je ne peux rien te promettre.
Je joue distraitement avec les cordons de son sweat.
– C’est long.
– Désolé. Je ne peux pas faire autrement. C’est mon job.
– Ça sert à quoi d’être une star si tu ne peux pas faire un caprice de temps en temps ? ronchonné-je.
– Il est temps que j’y aille.
– Je sais.
Pourtant, je m’accroche toujours à lui, comme si une petite voix me soufflait que si je le laisse partir, il ne reviendra pas…
– Et si tu as besoin d’être secouru ? lancé-je soudain.
– Je promets d’être raisonnable.
Silence. Je souris encore, mais mon regard est triste.
– Si jamais tu changes d’avis, murmuré-je, si jamais tu veux rentrer plus tôt et toucher terre…
– Madison, je dois vraiment y aller.
Il me semble percevoir une sorte d’impatience en lui. Est-ce une idée ?
– Suis-je la seule à souffrir ? interrogé-je.
– Ce n’est pas ce que je veux, rétorque-t-il. Mais si ça en arrive là, alors ne vaut-il mieux pas stopper maintenant ?
Je le fixe, désarçonnée.
– Quoi ? Attends, que dis-tu ?
– Tu es adorable, gentille et surprenante. J’ai de la chance de t’avoir rencontrée. Mais ce serait malhonnête de ma part de te demander de m’attendre. J’ignore combien de temps mon travail me prendra. Je suis habitué à vivre entre deux pays.
Est-ce que je rêve ou il est en train de me plaquer ?
Il va s’en aller, me laisser ici sans aucun remord ? Comme si les mois passés ensemble ne représentaient rien. Je ne comprends pas ce qui se passe. Je refuse de comprendre. De lui offrir le spectacle de ma douleur. Car je réalise en cette minute précise qu’il n’a jamais avoué m’aimer.
Tout m’apparaît sous un jour nouveau. Moi, je l’aime. C’est clair. Et aimer, c’est aussi savoir laisser partir l’autre, même quand on se prend une claque en pleine figure. Si s’éloigner est ce qu’il désire, je n’ai pas le droit de le retenir.
– Madison…
– Plus un mot, murmuré-je en posant un doigt sur les lèvres. Va-t’en !
Il inspire un grand coup, me décoche un long regard, avant de lancer d’une voix qui résonne dans mon âme comme un adieu :
– Au revoir, Madison.
Les larmes montent de nouveau à mes yeux tandis que mon cœur semble prêt à exploser de chagrin. Sa silhouette disparaît progressivement, entourée d’une horde de journalistes.
Je suis forte, mais pas tant que ça.
Je n’ai jamais aimé les séparations.
Celle-ci moins que les autres. Ça me colle une de ces déprimes que seuls le sucre et l’alcool peuvent anesthésier. Je sais, j’ai juré de ne plus boire, mais les serments ne sont-ils pas faits pour être rompus de temps en temps ?
Alors, oui, je peux vous en parler en connaissance de cause : le mélange vin et panaché est à éviter, surtout en enchaînant les trois Bridget Jones à la suite, et en agrémentant ça de glace à la menthe. Une fois cette orgie culinaire terminée, j’ai refait le monde une bonne partie de la nuit avec Salem (qui ne m’a jamais répondu) et Noisette qui m’a snobée. Si bien que le résultat ne s’est pas fait attendre. J’ai passé l’autre moitié de la nuit à vomir mes tripes dans la cuvette des w.-c.
Ce qui rend mon réveil très difficile.
Je suis avachie dans mon canapé comme une baleine échouée.
Sur le sol gisent une bouteille de vin, une de bière et… dix… non, onze paquets de bonbons ? Mon estomac effectue un nouveau salto. Sympa, l’orgie !
***
Il me faut beaucoup de temps pour surmonter la réalité de son départ, mais il ne sert à rien de lui en vouloir. S’il souhaitait rester, il aurait pu trouver une excuse plausible. En étouffant ma peine, j’ai agi par amour pour lui et, de toute façon, qui sait ce que serait devenue notre histoire si je l’avais retenu ? Tôt ou tard, il m’aurait plaquée, car une partie de sa vie est là-bas et la mienne ici.
À la pensée que notre relation puisse être terminée, je plonge dans un tel désespoir que je préfère ne pas y songer. Par ailleurs, mon travail me permettra de reprendre le dessus une fois que j’aurai retrouvé ma concentration habituelle. Toutefois, sans la présence de Trevor, beaucoup de choses ont perdu de leur attrait.
Heureusement, dans cet océan de négativité, Donna continue à m’apporter son soutien. Un jour que je la remercie, elle déclare avec un large sourire :
– Ce sont les ordres de Trevor. Il m’a chargée de veiller sur toi.
– Vraiment ?
– Oui, il est même venu ici en personne pour cela.
Ainsi, il s’est inquiété. Devinant sans doute que je serais maussade après son départ, il a confié une mission à Donna. Bien que celle-ci s’en serait occupée sans qu’il lui demande, je suis touchée de sa sollicitude.
En réalité, j’ai failli fondre en larmes devant Donna en entendant ces paroles. Jamais je ne me suis sentie aussi seule.
Cela fait quatre jours qu’il est parti quand j’apprends par internet que Trevor va jouer le rôle principal d’un film romantique. Son premier film. Sa partenaire est une sublime actrice, réputée pour sortir avec ses collègues masculins.
Le coup est si inattendu, si brutal que j’en suis restée figée sur place, incapable d’articuler un son.
Comment est-il possible qu’il ne m’en ait pas touché un mot ? Je ne suis pas au courant des pratiques du showbiz, mais je ne peux concevoir que ce projet ne prenne que quelques jours à être conclu. Trevor devait forcément être informé. Il ne m’a tout simplement pas prévenue. Mes pires craintes se concrétisent : il est tombé amoureux d’une autre et ne désire plus me parler.
***
Les jours suivants, je me traîne comme un automate, avec la sensation d’être seule au monde, abandonnée de tous, et surtout de Trevor.
Le samedi, soulagée de ne pas avoir à aller travailler et à jouer la comédie, je reste affalée sur mon canapé, lovée sous un plaid, dans un état de déni. Je refuse de croire en la duplicité de Trevor. Pourtant, tout tend en ma défaveur dans cette histoire.
Par chance, j’ai informé mes copains que je partais en week-end, si bien que je n’ai pas à feindre la bonne humeur, et que je peux me laisser aller.
Au moment où j’extirpe un cinquième mouchoir en papier de la boîte posée sur la table basse, il me semble entendre quelqu’un frapper à la porte.
– Madison ? Madison, tu es là ? Chérie, tu vas bien ?
Le cœur cognant dans ma poitrine, je bondis hors du canapé et sors en trombe du salon. En passant dans l’entrée, je capte mon reflet dans le miroir et pousse un cri de frayeur.
– Madison ?
J’inspire un grand coup et ouvre la porte.
Personne.
C’est quoi cette embrouille ?
– Madison ?
Non, je ne rêve pas. Il s’agit bien de la voix de Donna.
– Où tu es ?
– Enfin, où veux-tu que je sois à cette heure-ci ? Au bureau, voyons !
Je me gratte la tête, ne comprenant plus rien. Suis-je folle ? Non, je l’entends trop clairement pour que ce soit une hallucination. Pourtant, il n’y a personne à l’extérieur. Ai-je rêvé que l’on frappait ?
– Donna, je te parle, mais je ne te vois pas…
Je perçois un profond soupir.
– Misère ! Ce n’est pas possible. Madison, tu m’as appelée avec ton portable. C’est pour cela que tu m’entends, mais que je ne suis pas là.
Mon portable ?
Je baisse les yeux et remarque alors mon téléphone dans ma poche. Je l’en extirpe aussitôt pour réaliser que Donna a raison. La touche haut-parleur est enfoncée ce qui fait que j’ai l’impression de l’avoir près de moi. Dire que je ne me souviens même pas de l’avoir appelée…
Mon Dieu, je frise la démence !
Il est grand temps que je me reprenne.
Après un simple chocolat chaud faisant office de petit-déjeuner, je me prépare en vitesse, chignon lâche sur la tête, denim troué, paire de Converse et veste en jean. Une fois dans le bus, je pose mon sac sur le siège vide près de moi. Mon regard parcourt l’habitacle jusqu’à trouver mon reflet dans le panneau publicitaire devant moi. Mes pupilles sont dilatées. J’ai l’air d’une junkie en manque. Mon visage est brouillé, mes traits crispés. Je parais en rogne. Et perdue.
Je soupire.
Ce n’est pas l’image que je veux renvoyer aux autres. Je vais leur foutre la trouille avec une telle allure. Alors je plaque sur mes lèvres un sourire aimable. Contracté, certes, mais qui vaut mieux que cet air d’enterrement.
En fin de journée, je décide d’aller faire un tour à l’hypermarché pour acheter toutes les cochonneries alimentaires qui me font envie et dont je me prive d’ordinaire. Tant qu’à affronter un chagrin d’amour, autant le faire dans les règles de l’art. Au diable la pondération ! Ce soir, ce sera pizza surgelée outrageusement fromagée, et glace gorgée de sucre avec kilos à gogo. Parce qu’il n’y a pas de déception digne de ce nom sans une bonne bombance, n’est-ce pas ?
Je me dirige droit vers le rayon en question avec mon panier débordant de choses inutiles, opte pour un bac d’un litre de glace vanille des îles, puis bifurque vers celui des chocolats pour acheter de quoi me causer un crise de foie carabinée.
C’est parfait.
Une fois de retour chez moi, je dispose le tout sur la table et m’attelle à préparer cet étrange repas. Je verse du vin dans mon verre sans pour autant m’en emparer.
Outre-Atlantique, Trevor pense-t-il à moi ? Je n’ai pas eu de ses nouvelles, mais je suppose qu’il doit être occupé. Pour la centième fois de la journée, je consulte ma messagerie. Rien. Il ne m’a pas déjà oubliée, n’est-ce pas ?
Encore des questions qui ne trouveront pas de réponse ce soir. Je suis rongée par le doute et la douleur. Moi qui m’étais promis de ne plus avoir le cœur brisé par un homme. Je suis pitoyable.
D’un revers de la main, j’essuie mes larmes. Il est temps de mettre un terme à cet état.
J’étouffe un sanglot. En cet instant, je donnerais tout l’or du monde pour me trouver à son côté, pour le prendre dans mes bras et tout oublier. Il me manque comme jamais.
Tandis que le soleil décline lentement, j’ouvre la baie vitrée et tends le visage en direction du ciel. Les nuages dessinent dans les teintes sombres des motifs étonnamment fascinants. Les yeux rêveurs, j’admire en silence ce spectacle dont je ne me lasse pas.
***
Assise dans le bus, je ballotte au gré des rues qu’il sillonne. Durant le trajet, il emprunte les quartiers huppés de la ville où j’habite. Aux États-Unis, Trevor dispose-t-il de maisons aussi spacieuses ?
Je soupire.
Une autre journée vient de s’écouler. Une journée de plus où rien de spécial ne s’est passé. Une journée si routinière, si banale, que j’ai l’impression de l’avoir déjà vécue un millier de fois.
Je me souviens de la première fois où j’ai fait ce trajet, deux ans plus tôt. J’avais décidé que le bus grinçait de manière insupportable et que les sièges étaient les moins confortables que je connaisse. Malgré ça, j’avais trouvé le voyage rapide et agréable. Aujourd’hui, je ne prête plus du tout attention à cela. Les jours qui passent sont tous les mêmes, au détail près qu’ils sont de plus en plus moroses.
Lorsque le bus s’immobilise enfin à mon arrêt, les rayons de soleil m’indiquent que ma soirée en solitaire ne fait que commencer. Il est à peine 20 h. Je me dirige à pas lents vers mon chez moi. Les rues de mon quartier sont si vides qu’on pourrait y tourner un film postapocalyptique où toute trace d’homme aurait disparu. Je serais la seule survivante, livrée à moi-même dans le chaos et l’anarchie sans plus aucun vestige de civilisation. Cette idée me fait frémir et je ne peux m’empêcher d’accélérer mes pas.
Il faut vraiment que j’arrête de regarder des trucs déprimants à la télévision, ça me donne des pensées macabres…
Je me précipite jusqu’à la porte d’entrée pour me sentir en totale sécurité. Une fois à l’intérieur, je soupire de soulagement, accueillie par un Salem perplexe. Il faut avouer que je ne suis pas particulièrement à l’écoute de mes petits compagnons ces derniers jours.
Je m’abaisse à sa hauteur et le caresse. Il ronronne aussitôt.
Enfin un peu de chaleur…
Je retire prestement mes chaussures, les abandonne dans l’entrée et file dans le séjour saluer mes autres compagnons. Tous me font la fête. Au moins, je leur ai manqué un peu.
J’inspire à pleins poumons, m’imprégnant de l’odeur réconfortante qui flotte. Je pose doucement mon sac à dos près de ma table et étire les bras en étouffant un bâillement.
Je traverse la pièce, prends à gauche pour rejoindre la salle de bains. Une douche rapide me fait le plus grand bien et j’enfile un pyjama aux motifs de lapins hyper sexy. Ensuite, je gagne la cuisine où je me contente de quelques crudités. De retour dans le séjour, j’allume mon diffuseur électrique. Un doux parfum de géranium se répand dans l’atmosphère, réchauffant mon âme de cette senteur fleurie.
Que c’est agréable !
Je fixe les yeux au plafond et laisse mes pensées vagabonder. Je sais que ce n’est pas la chose à faire, mais c’est plus fort que moi. Il se moquerait sans doute de moi s’il était là. Et je lui rétorquerais que je ne suis pas du genre à mourir de chagrin pour un type comme lui !
Je souris.
Voilà, je me sens moi.
Enfin moi, lorsque je suis ici. Débarrassée de mon masque affable, celui que j’affiche en permanence. Bien que ma tristesse tende à s’atténuer, je reste dans l’attente. De quoi ? Je ne sais pas vraiment. Un message, un appel. Un signe de vie, en fait.
Assise en tailleur dans mon canapé, je rejette la tête en arrière sur le dossier. Lorsque je suis ici, je ne suis plus la fille parfaite aux mots réconfortants pour chacun, aux sourires solaires et à l’énergie débordante.
Je suis moi.
Celle qui rêve de retrouver son âme sœur.
– Ça craint, hein ? déclaré-je en m’adressant à Salem qui me fixe d’un air scrutateur.
Je lui caresse le menton.
– Je sais, je joue à l’andouille, mais je vais me reprendre. Promis.
Il y a un temps pour tout.
Rire et pleurer. Être ivre et redevenir sobre.
Rêver et affronter la réalité.
Je refuse d’être une loque parce que mon petit ami ne me donne pas signe de vie. Je suis jeune, pleine de fougue et d’aspirations. Trevor Davies ne me mettra pas à genoux.
Machinalement, j’effleure la pièce des yeux. Trevor et moi avons été si bien ensemble ! Mais hélas, mon bonheur a été de courte durée. Il s’est enfui et je me demande maintenant que faire pour ne pas pleurer jusqu’à en perdre la raison.
Mais ce que j’ai le plus de mal à admettre dans tout ça, c’est à quel point je ne peux plus me passer de lui, à quel point je ne peux pas m’empêcher de penser à lui, de rêver de lui, de le voir à chaque coin de rue et d’espérer son retour inopiné dans mon existence.
Une semaine sans nouvelles et je suis au bout de ma vie. Malgré moi, je suis devenue le cliché de la pauvre fille qui attend près de son téléphone que son petit ami la rappelle.
En le laissant partir, j’ai pris la bonne décision, je le sais, mais que c’est douloureux !
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