Intouchable (Ou Pas)

Delman · Chapitre 9 sur 35

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Intouchable (Ou Pas)

CHAPITRE 8 Trevor

CHAPITRE 8

Trevor

 

Évitant mon regard, sans doute de peur que je remarque son trouble, elle s’écarte de moi aussi loin que possible. Grâce aux renseignements fournis en toute discrétion par mon staff, j’ai su où la trouver. Visiblement, elle affectionne cet endroit, proche de chez elle. Je ne pense pas rester suffisamment longtemps pour en découvrir les beautés cachées, mais ça a l’air bien. Peut-être aurai-je l’occasion d’y faire un tour quand je reviendrai d’ici quelques mois.

Afin de ne pas l’effrayer, j’ai ordonné à mon garde du corps de se tenir à distance. Les fans exaltées ne sont pas nombreuses, par chance, mais il arrive que certaines outrepassent leurs droits et se permettent des actions limite répréhensibles. Ainsi, j’ai déjà eu des intrusions à mon domicile, des envois de sous-vêtements ou des photomontages compromettants.

Madison n’est pas ce genre de personne.

Je veux simplement lui parler en tête-à-tête.

– Madison.

– Trevor, dit-elle simplement.

Si son sourire paraît un peu contraint, je fais mine de ne pas m’en apercevoir. Elle n’est pas la seule à se sentir mal à l’aise à cause de ce qui s’est passé entre nous.

– Madison, nous devons parler.

Elle me jette un regard perdu. Est-elle encore en colère ? Ou simplement trop vindicative pour me supporter ?

Merde, je n’aurais peut-être pas dû commencer comme ça. Elle va se sauver. D’ailleurs, elle me fixe déjà d’un air suspicieux. Elle va sans doute s’imaginer que je viens exiger des réparations pour l’outrage subi. Du genre financier.

– À propos d’hier, je…

– Je croyais que vous ne souhaitiez plus me voir, attaque-t-elle.

– Oui, euh, à ce sujet… On devrait se tutoyer, déclaré-je.

– Vous êtes sûr ?

– Je viens de te demander de me tutoyer.

Ses grands yeux sont fixés sur moi avec un mélange de peur et d’étonnement. J’en ressens une impression très désagréable, comme si elle me jugeait. Hier, j’étais trop perturbé pour vraiment réagir, mais à présent, elle me montre sans ambiguïté ce qu’elle pense de moi. Je la sens sur la défensive, prête à pousser un hurlement de terreur et à me traiter de pervers si je fais mine d’avancer.

Absurde !

Pour quelle raison ai-je le sentiment que c’est moi qui suis fautif dans cette histoire ? Après tout, c’est à cause d’elle que son hamster s’est retrouvé dans mon pantalon.

– Je suppose que je peux faire cet effort.

– Tu es pourtant du genre à prendre les choses en main si la situation l’exige. J’en sais quelque chose…

À cette évocation, elle blêmit, puis rougit. S’abaissant à la hauteur du chien, elle déclare :

– César ! Vidange !

Docile, l’animal s’avance jusqu’à moi, lève sa gueule pour me scruter. Je ne remarque pas que sa patte effectue un mouvement identique, synchronisé à la perfection. Quand je comprends, il est trop tard. Un liquide chaud et odorant imprègne le bas de mon pantalon.

Je pousse un cri offusqué et bondis en arrière.

– Merde ! Il vient de me pisser dessus !

– Oh ! Vilain César ! le gronde-t-elle sans aucune conviction.

Le chien remue la queue et sautille comme s’il était fier de son acte. Un doute affreux naît en moi. Non, elle n’aurait pas fait ça !

– Attends une minute ! m’exclamé-je.

– Quoi ?

– Tu lui as dit « vidange ! ». Je ne rêve pas ! C’est toi qui lui as ordonné de faire ça !

– Pas du tout !

– Merde, Madison ! C’est un costume Armani.

– Tu n’as qu’à t’habiller chez Mod !

Elle pivote dans un mouvement fluide sur ses jambes fuselées. L’espace d’une seconde, je me vide de toute pensée pour ne plus voir qu’elles. Une image s’impose à mon esprit et je les visualise nouées autour de ma taille tandis que nos corps enlacés dansent sensuellement au milieu de mon lit…

Je secoue la tête.

C’est quoi, ces pensées indécentes ?

Qu’est-ce qui me prend de fantasmer comme un ado sur cette fille sans aucune distinction ?

Mais, elle, tu peux la toucher…

Pour une fois, la voix dans ma tête n’a pas tort.

Inspirant un bon coup, je chasse toute réflexion parasite de mon esprit et me concentre sur le moment présent. Et sur mon pantalon trempé qui empeste l’urine à des kilomètres. D’abord, les excuses. Le reste suivra naturellement.

– Attends, Madison !

– Pour quelle raison ? questionne-t-elle en m’observant.

– À cause de ce qui s’est passé.

Tout de suite au cœur du sujet. Très bon début. Elle fronce les sourcils.

– Tu sembles avoir la mémoire sélective. Ta main dans mon pantalon, ça ne te rappelle rien ?

En l’entendant s’éclaircir la gorge, je dois réprimer un sourire. Se tournant vers moi, elle me fixe sans ciller. Ses yeux noisette brûlent d’une flamme contenue.

– Quoi ? Tu vas me faire un procès ?

– Non.

– Dans ce cas, pour quelle raison…

– Je suis venu te présenter des excuses pour ce qui s’est passé dans la loge, murmuré-je d’une voix sourde.

Eh bien, voilà qui a le mérite de lui clouer le bec !

Elle me considère d’un air sceptique.

– OK…

– Les acceptes-tu ?

– Comment refuser quand une star me le demande ? dit-elle sur un ton acéré. Tant que je n’ai pas à renouveler cette expérience. Mon pauvre Noisette a failli mourir étouffé.

– Et moi, émasculé !

– Mais pour moi, l’un vaut plus que les autres !

– Je te prierai de ne pas établir de comparaison entre ton hamster et mes noisettes, tenté-je de plaisanter.

Immédiatement, son visage passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Ce souvenir ne nous a manifestement pas laissé les mêmes impressions.

Je me racle la gorge, à défaut d’un commentaire plus inventif.

– Sinon, ça va ?

Waouh ! Pas à dire, je suis inspiré. Au contact de cette fille, mes neurones ne sont plus capables de s’aligner.

– Euh… oui.

– Parfait. Tu vois que l’on peut se comporter comme des êtres civilisés sans s’étriper, péroré-je.

– Si tu le dis… Allez, à plus tard, je travaille.

Elle se détourne et fait mine d’avancer. Aussitôt, je me place à son côté.

– Qu’est-ce que tu fais ?

– Je t’accompagne.

Elle me lance un regard suspicieux.

– Parle-moi un peu de toi, reprends-je.

Cette fois, elle s’arrête.

– À quoi joues-tu ? réplique-t-elle.

– Rien, je suis sincère !

– Autant que si tu m’offrais un bol de ciguë ! riposte-t-elle.

– Promis. Je pense que toi et moi sommes partis du mauvais pied et je me dis qu’on a peut-être pas mal de choses en commun. Par exemple, j’aime les voyages et l’aventure, continué-je.

– Je suis casanière.

– Mais je suis aussi un homme d’affaires. C’est assez délicat d’avoir autant d’occupations diverses. Mais, après tout, ne sommes-nous pas tous des êtres multiples ?

– Style dédoublement de personnalité ?

Je me retiens de rire. Elle a un humour bien à elle ou alors elle me fait marcher. Je penche pour un mix des deux.

– Toi, par exemple, tu sembles timide et modeste, mais tu te comportes comme un chat sauvage, quand tu es en colère…

Madison ne paraît pas impressionnée. S’appuyant d’une épaule à un tronc, elle croise les bras et regarde sans broncher l’animal aller et venir.

– Je suis timide et modeste. Un point que nous n’avons pas en commun. Et j’aime me battre aussi, si l’on me cherche.

– J’ai remarqué.

Content, je hoche la tête et souris.

Les occasions de me rapprocher d’elle se multiplient à ma grande satisfaction. Pour un temps, je la veux dans ma vie. Histoire de vérifier ma théorie.

 

Quand César a fini de faire ce qu’il doit faire, nous reprenons le chemin. Devant nous, des joggeuses ne se reculent pas pour nous laisser passer, et nous sommes obligés de fendre leur groupe.

– Attention ! me signifie Madison en posant sa main sur mon bras pour me mettre en retrait et éviter d’être bousculé.

Un vertige me saisit.

Un frisson brûlant. Une attraction magnétique. La certitude d’une incroyable vérité qui se dessine dans mon cerveau : elle pourrait vraiment être celle qui me guérit !

– C’est Trevor Davies !

– Non ! Trevor Davies !

Quand ces bribes de paroles me parviennent, je devine aussitôt que la situation va m’échapper. Je pivote pour apercevoir celles qui m’interpellent. La seconde suivante, je vois une marée humaine me cerner.

Ça recommence. Et malgré toute la volonté du monde, je ne peux toujours rien y faire, impuissant comme une proie sans défense face à une horde prédatrice.

Emprisonné dans mon propre corps, mon esprit dérive pour me faire revivre ces moments insupportables de mon passé, alors que je vendrais mon âme et ma vie au diable pour les effacer. À l’intérieur de ma tête, je hurle de toute ma voix, jusqu’à me blesser les cordes vocales. Pourtant, aucun son ne s’échappe de ma bouche. J’ai l’impression de me battre contre des ennemis invisibles. J’ai beau cogner de toutes mes forces, je ne parviens jamais à les toucher pour les faire disparaître. Je suis seul au sein d’un vide abyssal. Je suis pleinement conscient que je ne peux rien faire, à part subir une nouvelle fois. Pour sortir de cet enfer, il n’y a qu’une chose à faire : attendre.

Attendre que mon esprit confonde la réalité avec mes souvenirs. Attendre que mon corps se décide à se réveiller pour m’extraire de ce cauchemar. Espérer, un jour, que je réussisse à me montrer plus fort. Mais dans cette lutte inutile, je n’ai jamais été vainqueur.

J’inspire un bon coup, puis je ferme les yeux, me préparant à vivre à nouveau cet instant si pénible de mon enfance. Je bloque mes sens un par un, sachant que de toute façon, mon corps capitulera le premier.

Attendre, attendre que le malaise passe ou qu’un miracle se profile et que cet essaim féminin disparaisse en un claquement de doigts.

– Trevor ! s’écrie une voix que je reconnais.

Je ne vais pas pouvoir tenir ainsi encore longtemps.

Je me sens partir, sans même m’en rendre compte. Mon front dégouline de sueur et mon cœur bat la chamade sous mon torse. Mes tentatives pour reprendre le contrôle se soldent toutes par un échec. Je suis ballotté en tous sens par ces femmes qui ne voient en moi que la star inaccessible. Celle qui leur vend du rêve au fil des pages. Pas l’homme dont tous méconnaissent les fêlures intérieures.

– Trevor !

Comme chaque fois, je n’ai qu’une envie : me retrouver chez moi, dans mon lit. Dans un endroit calme, en sécurité.

– Laissez-le !

Madison !

Mais personne ne l’écoute, je suis paralysé par leurs effleurements. Je cherche du regard mon garde du corps que je n’aperçois pas.

– Waouh ! Les filles ! Bradley Cooper a été vu à l’entrée de la base ! s’écrie soudain quelqu’un.

Le temps semble suspendre son vol. Plusieurs femmes reculent et interpellent celle qui vient de balancer ce scoop. Cette interruption me permet de respirer, mais mon souffle se bloque dans ma gorge dès que je veux expirer.

– Bradley Cooper !

Il est tout à fait improbable que ce dernier se trouve ici. Néanmoins, l’information se répand comme une traînée de poudre. Telle une nuée de moineaux, les joggeuses se détournent et s’élancent dans la direction indiquée. Je suis à deux doigts de m’effondrer.

Le visage de Madison se présente alors devant moi. Je me fixe sur elle pour ne pas chavirer davantage.

Déterminée, elle glisse sa main dans la mienne et me tire à elle de toutes ses forces. C’est incroyable de voir quelle puissance ce corps de femme dégage.

– Viens ! ordonne-t-elle.

Comme si sa voix me raccrochait à quelque chose de tangible, je me mets en mouvement. Madison accélère la cadence. Elle dépasse le premier édicule, m’entraîne sur les pelouses.

Machinalement, je porte une main à ma gorge. Mon cœur cogne dans ma poitrine à un rythme affolant, j’ai le front moite. Mon cou me paraît enflé, ma peau me démange.

Toujours en proie à des vertiges, je me rends compte que Madison me traîne encore plus loin. Je rassemble toutes mes forces pour ne pas tomber à chacun de mes pas. Nous traversons de petits bosquets, à proximité d’un pont, et finalement elle pénètre sous une voûte verdoyante, formée par des ramures basses.

Après m’avoir fait asseoir sur le sol, elle s’agenouille devant moi. D’une main tremblante, je tire avec frénésie sur le col de ma chemise. Elle déboutonne le reste sans un mot.

Mon estomac malmené par les émotions, l’odeur prenante d’urine qui imprègne mon pantalon et la course improvisée se rappellent à mon souvenir. Me détournant vite, je me penche par-dessus un tronc proche, le corps agité de convulsions. Les nausées compriment mon ventre vide, car je n’ai rien à régurgiter.

– Trevor…, commence-t-elle.

– J’ai… un problème, articulé-je d’une voix étranglée en me tournant vers elle.

– Calme-toi. Respire.

– Peux… pas.

Son regard se rive au mien. Elle ne dit rien, puis prend mon visage entre ses mains et me fixe.

– Tu fais une crise de panique, dit-elle avec sang-froid.

Je réalise qu’une sueur âcre dégouline le long de mon dos. D’un mouvement d’épaules, je me débarrasse de ma veste avant de scruter les alentours. Madison lève les deux mains.

– Il n’y a que nous ici, reprend-elle. À part César. Ne t’inquiète pas. Personne ne s’est aperçu de notre fuite. Tes fans sont à la recherche de Bradley Cooper. Alors maintenant, tu vas faire ce que je te dis. Tu vas inspirer en comptant jusqu’à deux, et expirer en comptant aussi jusqu’à deux.

Pris de vertige, je la considère.

Est-ce qu’elle est folle ?

Seulement, mon malaise empire. Je suis en état de choc. Je fixe mes mains. Elles tremblent. Et mon visage semble s’être vidé entièrement de son sang. Mon image reflétée dans le regard de Madison me montre blanc, presque cadavérique. Ma vision se brouille, et des élancements thoraciques me secouent. À ce train-là, je vais faire une crise cardiaque…

– Écoute-moi, Trevor, dit Madison d’un ton plus ferme. Allez ! Un, deux. Un, deux. Tu vas y arriver.

Elle continue de me parler, calme et persuasive à la fois. Au bout de quelques secondes, ses mots me parviennent enfin, et j’obéis.

– C’est ça ! approuve-t-elle. Un, deux… Expire… Un, deux… Avec moi. Encore… Et maintenant, un, deux, trois, quatre. Expire… Un, deux, trois, quatre… Recommence… Tu vas y arriver… C’est ça…

Progressivement, mon cœur ralentit sa cadence infernale, et la douleur diminue dans mon torse. Son attention rivée sur moi, Madison continue de parler. Elle me renvoie un sourire amical qui me réchauffe l’âme.

Soudain, un frisson m’ébranle. Un froid intense succède à la chaleur. Je constate alors que je suis débraillé.

Avec peine, j’entreprends de reboutonner ma chemise.

Ce retour à la réalité est aussi douloureux que la crise elle-même. Je me sens sale, fragile et mal à l’aise. Dans la semi-pénombre, je croise de nouveau le regard de Madison et j’ai l’intuition de voir son cerveau tourner à cent à l’heure.

Maintenant, je suis épuisé. Embarrassé. Égaré.

Tandis que je cherche mes mots, me demandant quoi faire, je me force à sourire. Pour quelqu’un comme moi, on ne peut pas concevoir pire scénario que celui-ci. Il ne peut pas tomber plus mal. Et malgré cela, n’est-il pas révélateur du pouvoir de cette femme ?

 

Après un silence qui dure et me semble interminable, elle s’assied près de moi, la main posée sur le crâne de César qui monte la garde, langue pendante et bave dégoulinant sur mon pantalon. Au point où j’en suis, je ne le repousse même pas.

– As-tu besoin de quelque chose ? demande-t-elle. Que veux-tu que je fasse maintenant ?

Cette réaction me désarçonne totalement. En fait, je m’attendais à un flot de questions, pas à cette bienveillance.

Je lance les premiers mots qui me viennent à l’esprit.

– Pourquoi Bradley Cooper ?

Elle hausse les épaules avec un sourire lumineux.

– Inspiration du moment. Elvis Presley, ça ne l’aurait pas fait.

– Comment ont-elles pu gober cette histoire ?

– Je suis assez convaincante quand je le veux.

– J’ai vu ça…

Elle retrousse son nez en grimaçant.

– Je vais prendre ça pour un compliment.

Sa tête se penche sur le côté. Ses yeux n’ont pas retrouvé leur quiétude habituelle. Je constate qu’elle est réellement inquiète pour moi. C’est sans doute ce qui génère cette impulsion.

– Madison, je voudrais te revoir.

– Impossible. Je ne m’occupe que des animaux.

– Je suis sérieux.

– Moi aussi.

Elle me fixe d’un air posé. Et d’un seul coup, toute mon assurance fond comme neige au soleil. Mon intention première était de lui proposer un rendez-vous en tête-à-tête. Mais à l’instant crucial, les mots ne parviennent pas à sortir. Je suis à deux doigts de paniquer.

Sans se rendre compte de mon combat intérieur, Madison poursuit :

– Je ne veux pas faire souffrir Julianne. Elle tient à toi. Ça crève les yeux.

Inconsciemment, elle vient de me tendre une perche que je saisis aussitôt :

– De quoi tu parles ?

– Eh bien, de toi et moi…

Je soupire.

– Tu n’y es pas. Quand ton Noisette s’est introduit dans le studio, il a engendré un bordel monstre. Le chat que la production avait engagé s’est mis à sa poursuite et on ne sait pas où il est passé. Le tournage doit être terminé demain et nous n’avons pas retrouvé notre animal vedette… L’agence qui nous l’a prêté est en crise et nous somme de le récupérer.

– Ah ! OK ! Désolée, je croyais que tu parlais de… bon, bref, je constate que j’ai encore fait une bêtise. Je comprends maintenant la raison de ta venue.

Incapable de refréner mon geste, je lui prends le menton entre le pouce et l’index pour la forcer à me regarder.

– À quoi songeais-tu ?

– À rien du tout ! Absolument rien ! assure-t-elle en se reculant.

Pourtant, ses joues empourprées disent le contraire…

Notre petite bulle éclate quand mon garde du corps apparaît enfin, penaud. Il va m’entendre, celui-là…

 

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