Les jaloux

James Lee Burke · Chapitre 14 sur 42

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Les jaloux

Chapitre 12

12

 

 

C’était la première fois que je me trouvais menotté. Ou qu’on me poussait dans le dos, contre une voiture, et qu’on me palpait les aisselles et l’entrejambe. Ça se passa à la station-service, le lendemain matin, devant mon patron et nos clients. Un agent en civil me tira les bras dans le dos, inséra les languettes d’acier à leur place, et me menotta les poignets, me meurtrissant la peau. Puis il me retourna et m’assit sur le siège arrière. « Sors les pieds.

– Sortir les pieds ? »

Il avait un visage étroit, de grandes oreilles, une haleine parfumée à la nicotine, et dans les yeux un degré de colère et de malveillance qui semblait sans rapport avec la situation, comme s’il portait une croix invisible et désirait faire au monde le plus de mal possible. « Tu fais des études. Tu ne comprends pas l’anglais ?

– Vous voulez que je tende les jambes hors de la voiture ? »

Je regardai à nouveau ses yeux, et n’attendis pas sa réponse. Je tendis mes jambes à l’extérieur. Il me retira mes chaussures, jeta un coup d’œil sur les semelles, et laissa tomber les chaussures dans un sac en papier.

« Que faites-vous, monsieur ? demandai-je.

– Attention à tes pieds », dit-il en claquant la portière.

On n’était pas loin de chez Mr Krauser. Un véhicule de patrouille et un camion grillagé de la SPA étaient garés devant chez lui. Par la vitre arrière du véhicule de patrouille, j’aperçus la tête de Saber. Krauser se tenait debout dans la cour, en tennis, tee-shirt de sport jaune et pantalon taché de peinture, ses épaules et ses bras hérissés de poils. Il avait le visage enflé, comme s’il avait été piqué par des guêpes. L’homme qui m’avait menotté s’appelait Hopkins. Dans la voiture, il avait retiré son chapeau ; il avait une ligne pâle au sommet du front. Il me regarda à travers le grillage. « J’ai parlé de vous avec l’inspecteur Jenks, les gars. Je ne sais pas comment il vous supporte. Mais c’est son problème, pas le mien. Cet homme debout dans la cour a la Purple Heart et la Bronze Star. Quelqu’un devrait vous tabasser, tous les deux. Ton copain dans la voiture dit que c’était ton idée. C’est vrai ?

– Quelle idée ?

– Une dernière chance. C’est toi, ou lui, ou vous deux. Il t’a déjà donné.

– Saber dit que j’ai commis un délit ?

– Il a dit : “C’était l’idée d’Aaron. Je l’ai juste suivi.”

– Apparemment il vient juste d’arriver. Quand lui avez-vous parlé ? »

Il détourna les yeux. « J’ai vu la boucle de ta ceinture. Cette fois, essaie de tenir jusqu’à la sonnerie. Tu finiras à Gatesville.

– Je n’ai rien fait.

– Tu as déjà un casier. Tu crois que ta merde pue pas ? Tu crois que tu vas pouvoir te sortir de ça ?

– De quoi ? »

Je voyais bouger les poils de ses narines. Il sortit et ouvrit la portière arrière. Ses pupilles ressemblaient à des têtes d’allumettes brûlées. Il serra une main autour de mes biceps. « Ne parle que si on t’adresse la parole, dit-il. Et baisse les yeux. »

Tandis que nous remontions l’allée, Krauser me regardait. En se rasant, il s’était entaillé le visage, il avait un bout de papier toilette taché de sang collé au menton, un de ses yeux était exorbité et l’autre creux et humide, comme s’il avait une maladie.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé, monsieur Krauser, mais je n’ai rien à voir avec ça, dis-je.

– Broussard ?

– Oui, monsieur. »

Il cilla et regarda Hopkins. « Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

– Vous devriez peut-être rentrer et vous rafraîchir, prendre un verre d’eau, dit l’inspecteur. Ne vous inquiétez pas. Ces garçons finiront par nous dire la vérité.

– C’est Bledsoe le chef de bande, dit Krauser. Sa place est dans une institution pour jeunes délinquants. Celui-là est une vipère. Ne lui tournez pas le dos. »

Les autres flics sortaient Saber du véhicule de patrouille. Il était menotté et pieds nus, son tee-shirt déformé lui pendant autour du cou, des traces d’herbe sur un genou, ses coudes éraflés saignaient. Hopkins me poussa pour remonter l’allée.

« Je veux appeler mes parents », dis-je.

Il ne répondit pas. Je marchai sur une capsule de bouteille, ou sur un caillou, et je dus sautiller sur un pied. Puis nous fîmes le tour de la maison. Le jardin était en plein soleil, l’humidité comme du verre filé, l’air épais d’une odeur d’excréments. Des mouches bourdonnaient autour de la poubelle. Le doberman était étendu sur l’herbe, à quelques centimètres d’un bol vide. Le vent avait collé contre la barrière en maillons métalliques un morceau de papier de boucher zébré d’un liquide cuivré.

« Vous pensez que c’est nous qui avons fait ça ? dis-je.

– Tu fais du quarante-quatre ?

– Mes chaussures ?

– Non, la taille de ton chapeau.

– Oui, je chausse du quarante-quatre.

– Monte les marches.

– Ce sont les Harrelson ou les Atlas qui sont derrière tout ça.

– Les qui ?

– Si vous avez vu Jenks, il vous a parlé d’eux.

– Ce qu’il m’a dit, c’est que c’est à cause de vous qu’un garçon risque de perdre un œil, les gars. Maintenant, bouge ton cul.

– Je veux appeler mes parents.

– Ce n’est pas toi qui fais la loi, mon garçon.

– Pas question que je coopère.

– Tu feras ce qu’on te dira de faire. »

La porte de derrière était ouverte. La porte-moustiquaire aussi, coupée en diagonale par un couteau affûté, ou par un cutter. Le verrou avait été arraché du jambage. Hopkins appuya son poing contre ma colonne vertébrale. De la sueur me coulait du nez ; le soleil avait la couleur chaude d’un jaune d’œuf, la touffeur montant du bitume et de l’herbe de Saint-Augustin était comme une couverture de laine sur ma peau. Quand j’essayai de les tortiller à l’intérieur des menottes, je sentis mes poignets s’écorcher, et du sel pénétrer dans les coupures. Hopkins enfonça de nouveau son poing dans ma colonne.

« Espèce de fils de pute, dis-je.

– J’ai pas bien compris. »

Mon nez coulait, mes yeux me brûlaient, le jardin et la maison devenaient flous. « Je m’excuse, dis-je.

– Entre.

– Pour quoi faire ? Hier soir, je faisais un minigolf avec une amie. Et ce matin je suis parti de chez moi pour aller travailler. Je ne suis pour rien dans ce qui s’est passé ici.

– Entre, mon garçon. Je ne le répéterai pas.

– Je veux un témoin.

– Témoin de quoi ?

– De ce que vous vous apprêtez à faire. »

Nous étions seuls dans le jardin. J’entendais, dans l’allée, Saber et les autres flics. Soit Saber était tombé, soit il s’était assis, et ils étaient forcés de le tirer dans le jardin. Hopkins alluma une Camel, en tira une bouffée et expira lentement. Il regarda sa cigarette, puis leva les yeux sur moi. « Tu fumes ?

– Non monsieur.

– Tant mieux pour toi. Un de ces jours, il va falloir que j’arrête. »

Bras tendu, il me poussa pour me faire entrer. Je trébuchai contre le mur. « Je n’ai jamais rien fait à Mr Krauser. Ça va sans doute me coûter mon boulot. À l’école, tout le monde déteste Mr Krauser. C’est une tête de con, cruel et méchant, et tout le monde le sait. J’exige mon putain de coup de téléphone.

– Tu téléphoneras de la prison. »

Je savais que rien de ce que je pourrais dire ne ferait aucune différence. Il appartenait à l’immense armée des gens persuadés que leur autorité sur les autres est une consécration, et que la violence d’un homme prouve son courage.

Hopkins, à travers la moustiquaire déchirée, balança sa cigarette dans le jardin et me conduisit dans un vestibule brillant de peinture fraîche, et plein de traces de pas. Il se tint au bord du vestibule, sortit une de mes chaussures du sac en papier, s’accroupit et ajusta ma chaussure sur une empreinte. Il fit pareil avec l’autre. « Les deux chaussures correspondent, non ?

– Qu’est-ce que ça fait ? Je n’ai pas marché dans cette peinture. Je n’étais pas là. Ni hier ni aujourd’hui, du moins. »

Il ne répondit pas. Les autres flics amenèrent Saber par la porte de derrière, l’un d’eux tenant ses chaussures, qu’il tendit à Hopkins. Il lui fallut trois tentatives pour adapter l’une des chaussures de Saber à une empreinte. Puis il appliqua l’autre chaussure sur une autre empreinte, le dos courbé. « Vous n’étiez là ni l’un ni l’autre ? C’est votre version ?

– Ces traces ont pu être laissées par n’importe qui », dit Saber.

Hopkins retourna la semelle de nos chaussures. « Comment la même peinture est-elle arrivée là ?

– C’est vous qui avez fait ça, dit Saber. On vous a vu.

– Cette peinture est sèche depuis des heures. » Il s’accroupit de nouveau, effleura le sol et se frotta le pouce contre le bout des doigts. « Vous voyez ? »

Par la porte de derrière, je vis l’homme de la SPA emballer le doberman de Krauser dans un morceau de toile, et le sortir du jardin. Hopkins entra dans la salle de musculation, et se retourna. « Amenez-moi ces deux-là ici. Je veux voir s’ils sont fiers de leur travail. »

Je marchai devant Saber, la peinture du vestibule collant à mes pieds. Au premier regard, tout semblait en ordre dans la pièce. Les haltères étaient sur leur portant, la barre de musculation chargée de plaques de cinquante livres insérée dans les montants au-dessus du banc de cuir rembourré, les souvenirs accrochés sur les murs. Tandis que mes yeux s’habituaient à la pénombre, je me rendis compte de la minutie méthodique dont le vandale, ou les vandales, avaient fait preuve pour détruire tout ce qui, quotidiennement, rassurait Krauser sur lui-même.

Ils avaient brisé le verre des cadres du mur, puis coupé et déchiré les citations, les photos, les décorations, qu’ils contenaient, les réduisant en confettis, et miniaturisant la vie de Krauser. Ils s’étaient servis de pinces ou de tenailles pour endommager les médailles que Krauser avait reçues pour son courage, et son insigne de combattant d’infanterie. Le drapeau confédéré était réduit en bandes pendant sur le mur, et chaque bande était nouée. La lampe fabriquée à partir d’un casque allemand était renversée par terre, appuyée contre le mur. Hopkins la toucha de la pointe de sa chaussure. Un ruisselet de liquide jaune coula sur le ciment. La dague nazie à la poignée blanche incrustée d’éclairs SS dorés avait disparu.

Personne ne disait rien. Le système d’air conditionné de la fenêtre dégoulinait d’humidité, son moteur ronflait. J’avais beau détester Krauser, j’étais désolé pour lui. « Pourquoi avez-vous fait une chose pareille, tous les deux ? dit Hopkins. Cet homme a servi son pays. C’est comme ça que vous le remerciez ?

– On n’a jamais rien fait à ce fils de pute, dit Saber.

– Comment vous appelez ça ? dit Hopkins.

– C’est à moi que vous demandez ça ? dit Saber.

– À côté de ton pied, c’est sa Purple Heart. Oui, c’est à toi que je pose la question.

– J’ai laissé pendre ma baguette magique par un trou dans le plafond au-dessus de sa salle de biologie. J’ai mis une grenouille morte dans sa salade de chou. Mais vous voulez mon opinion sur le bordel qu’il y a ici ?

– On brûle de la connaître », dit Hopkins.

Saber émit un son pareil à une lente fuite d’air dans un ballon de basket. Il essayait de le retenir, le visage déformé ; ses genoux commencèrent à fléchir, son rire réprimé secouait sa poitrine, ses canaux lacrymaux passèrent en surmultipliée.

« Comment j’appelle ça ? dit-il. Comment j’appelle ça ? À votre avis, mec ? C’est un putain de chef-d’œuvre. »

Je n’avais jamais pensé que les prisons étaient bruyantes. Celle de Harris County retentissait de bruits de toutes sortes : des gens hurlaient dans les couloirs et par les fenêtres ; les portes des cellules claquaient ; les radios beuglaient ; les seaux de nettoyage crissaient sur le ciment ; une douzaine d’hommes en route pour le tribunal descendaient un escalier métallique en spirale, enchaînés par le poignet ; un cinglé, dans une salle d’isolement, cognait un plateau de fer à travers la fente destinée à la nourriture. Le degré de cacophonie n’augmentait ni ne diminuait ; le bâtiment semblait englouti comme par une tempête ; en pressant la paume contre le mur, on palpait réellement le bruit, comme si le bâtiment était un système vasculaire.

Nous nous trouvions à huit dans une cellule rectangulaire aux murs de laquelle quatre couchettes métalliques munies de charnières étaient suspendues par des chaînes. Le siège des toilettes avait disparu, et la cuvette était zébrée de taches couleur de thé. Nous avions pour compagnons un ivrogne qui avait commencé à se bagarrer à la banque de sang, un distributeur de prospectus accusé de voyeurisme, un escroc qui était sorti de prison depuis six jours quand il avait fait un nouveau chèque sans provision, un minable endurci qui n’avait pas respecté les modalités de sa conditionnelle, et deux Mexicains torse nu, voleurs de voitures, dont les poitrines étaient cerclées de cicatrices de couteau et de tatouages de prison. Tous semblaient se connaître ou avoir des amis communs, accepter le système pour ce qu’il était, et ne protester ni contre l’environnement, ni contre leur sort.

Je fus autorisé à donner un coup de téléphone. J’appelai le bureau de mon père. Il était sorti et je dus laisser un message à une secrétaire, tout en

sachant l’embarras que ça lui causerait. À quatre heures, un 1 trusty en

pantalon de coton blanc et tee-shirt blanc sur le dos duquel on lisait HARRIS COUNTY PRISON arrêta un chariot à côté des barreaux et tendit par la fente un plateau chargé de huit sandwiches de Bologne et de huit gobelets d’étain de Kool Aid.

« Quand doit passer le responsable des cautions ? demanda Saber.

– Vous devez d’abord entendre votre mise en accusation.

– C’est quand, la mise en accusation ?

– Demain matin.

– Je n’ai pas prévu d’être encore là demain matin.

– Au petit déjeuner, on a de la Cream of Wheat, des saucisses et du café. C’est très bon. »

Le trusty poussa son chariot plus loin dans le couloir.

« Revenez ! cria Saber. Hé, je vous parle ! » Il appuya sa tête contre les barreaux, puis les agrippa des deux mains et essaya de les secouer.

« Relax, dit l’un des Mexicains. Garde ton calme. Ne crie pas contre les trusties. Ils cracheront dans ta soupe.

– J’ai une bonne nouvelle pour eux. Je ne mange pas.

– C’est pas malin, dit le Mexicain. Il faut marcher droit, mec. T’es en prison.

– Merci de me l’apprendre. »

Je posai la main sur l’épaule de Saber. « Ton père ou le mien ne vont pas tarder à arriver. »

Je me trompais. Les heures passèrent, les lumières électriques s’allumèrent dans le couloir, puis à 11 h 1 du soir elles s’éteignirent toutes simultanément dans un bruit sec, plongeant le bâtiment dans l’obscurité, hormis les sorties de secours et une guérite près de l’entrée principale.

À sept heures du matin, le trusty revint avec une marmite de Cream of Wheat, un seau en aluminium rempli de saucisses et un grand pot de café. Une heure plus tard, les poignets enchaînés à une longue chaîne, nous prîmes le chemin de la mise en accusation. Mon père était dans la salle parmi une poignée de spectateurs. Celui de Saber n’était pas là. Nous fûmes accusés d’effraction, de vandalisme et de vol dans une propriété privée. Notre caution fut fixée à cinq cents dollars, ce qui à l’époque représentait une grosse somme.

Mon père avait apporté du liquide. Saber n’arrêtait pas de tordre le cou vers l’entrée de la salle. Mr Bledsoe n’arriva jamais. Il fallut une demi-heure pour qu’on me reconduise dans la rue. On donna à Saber une tenue de prison, en jean, et on lui dit de se changer pour être transféré dans un service à l’étage. Je lisais dans ses yeux la crainte et le chagrin. « Ton père doit être en train de réunir l’argent, dis-je.

– Non, il ne fait pas ça. Il est bourré. Il s’en fiche.

– Je suis désolé, Saber. Ne parle pas devant ces types. Quoi qu’ils disent, et quoi qu’ils fassent.

– Je peux y arriver les doigts dans le nez. » En boutonnant sa chemise, il rata une boutonnière, comme si ses doigts étaient insensibles.

Je baissai la voix. « Fais attention à ce que tu dis à n’importe qui, d’accord ? Dans un endroit comme ça, il n’y a pas de secrets.

– Je vais peut-être me faire de nouveaux amis.

– Qu’est-ce que tu veux dire ?

– C’est comme ça que ça marche. Je suis là. Tu rentres chez toi. Je t’ai dit qu’ils allaient nous choper. J’avais à moitié raison. »

À l’extérieur, dans la fraîcheur du matin et le bruit de la circulation au milieu des grands immeubles de Houston, je marchai avec mon père jusqu’à sa voiture pendant que Saber était enfermé avec des droits communs.

« Tu as fait ça ? dit mon père.

– Non, père.

– Tu me donnes ta parole ?

– Oui, père.

– Et Saber ?

– Jamais il n’aurait tué le chien de Mr Krauser. J’en suis sûr.

– J’ai parlé avec le dénommé Hopkins, celui qui vous a arrêtés. Il a dit que l’homme de la SPA pensait que le chien avait avalé des somnifères, pas du poison.

– Comment il pouvait dire ça ?

– Le poison aurait causé des convulsions et des vomissements. Le chien s’est simplement endormi. Tu crois que Saber n’est pas mêlé à ça ? »

Il attendit ma réponse.

« On peut lui trouver un prêteur de caution ? demandai-je.

– Il sera peut-être mieux en prison. De toute façon, on ne peut pas se mêler des problèmes familiaux des autres.

– Hopkins a passé nos semelles sur la peinture fraîche du sol de Mr Krauser.

– Je pense qu’il est temps qu’on aille discuter avec Mr Harrelson.

– Grady ?

– Non, son père. »

Nous traversâmes la rue jusqu’au Kelly’s Steak House, un des repaires préférés de mon père dans le centre. Il avait l’air serein, peut-être même apaisé, son feutre incliné sur un œil, ses vêtements ne sentant pas la cigarette. Je me demandai si nous venions d’entrer dans une époque nouvelle.

 

1. Détenu bénéficiant d’un régime de faveur.

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