Mon calendrier de l’amour

Emma Berthet · Chapitre 66 sur 76

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Mon calendrier de l’amour

Chapitre 50

 

J – 6

 

La journée a été fatigante, lorsque je rentre enfin chez moi, je n’ai

qu’une seule envie : me vautrer sur mon canapé. Je lance ma playlist de

Noël sur la chaîne hi-fi du salon avant d’ôter mes vêtements, ne gardant que

ma culotte. Je me rends dans ma chambre afin de passer quelque chose de

plus confortable et mets la main sur mes chaussettes montantes ainsi qu’un

pyjama en satin couleur crème. Une fois que je suis habillée, je retraverse

mon appartement jusqu’à la cuisine. Malgré mon envie de procrastiner, je

sors tout le nécessaire à pâtisserie. Chaque matin, il devient de plus en plus

difficile de se lever aux aurores ; même si j’adore mon travail, il m’arrive

aussi d’avoir des baisses de régime. Alors je prends de l’avance sur ma

routine de demain, peut-être que je pourrai rester sous la couette un peu

plus longtemps.

Au moment où je m’apprête à casser les œufs dans un saladier, mon

téléphone vibre sur le plan de travail. Je le saisis et ouvre le message que je

viens de recevoir.

 

Je me demandais si tu étais occupée ce soir. Je viens de finir un chantier dans ton quartier et j’ai très envie de te voir. Dis-moi que toi aussi…

 

Un sourire sans doute niais apparaît sur mon visage. Il aura suffi d’un

simple texto de Hayden pour me redonner un coup de boost. Mes dents s’enfoncent dans ma lèvre inférieure tandis que je rédige ma réponse.

 

Moi aussi.

 

J’abandonne ce que je suis en train de faire et me rue à nouveau vers ma

chambre. Je ne peux décemment pas l’accueillir aussi peu vêtue. Sauf

qu’avant que je n’aie eu le temps de choisir une tenue plus appropriée on

frappe à la porte. Prise d’un vent de panique, j’attrape la première chose qui

me tombe sous la main : un sweat gris informe datant des années

universitaires de mon frère. J’ai l’air débraillée mais au moins il ne pensera

pas que je veux l’allumer.

Je me hâte vers l’entrée pour ouvrir à Hayden. Lorsque je le vois, j’ai le

souffle coupé. Il est appuyé contre le chambranle, portant toujours sa tenue

de travail et son éternel rictus caché sous sa barbe parfaitement taillée.

— Salut.

— Salut, répété-je bêtement.

Il fait un pas vers moi et se penche pour déposer un baiser aérien sur

mes lèvres, si bien que je douterais presque du fait qu’il m’a embrassé. Je

m’efface pour le laisser pénétrer chez moi tandis que Frank Sinatra

commence à chanter son célèbre Let It Snow. Hayden se débarrasse de son

manteau et l’accroche à la patère avant de m’observer attentivement. Sous

son regard scrutateur, je tente de masquer ma gêne, mais il la remarque

immédiatement.

— Tu t’apprêtais à aller te coucher ? Tu aurais dû me le dire, je ne me

serais pas imposé de la sorte, déclare-t-il.

— En réalité, je m’apprêtais à faire des muffins aux noix de pécan et un

cheese-cake, pour la boutique. Un nouveau cours de cuisine, ça te tente ?

Il acquiesce et retrousse les manches de son T-shirt, avant de me suivre

dans la cuisine.

— On commence par quoi ?

— Séparer les blancs des jaunes, dis-je en lui tendant la boîte en carton

contenant les œufs.

Hayden est un élève plein de bonne volonté et appliqué, pourtant, il doit

s’y reprendre à plusieurs fois pour isoler les blancs sans laisser de coquille

ni de résidus. Ensuite, je lui montre comment battre les œufs en neige, et il

s’exécute pendant que je tasse la pâte à biscuit au fond du moule.

— Qui penserait que la pâtisserie constitue un exercice physique ? dit-il

une fois sa préparation achevée.

— Tu crois que je les tiens d’où, mes biceps ?

Je joins le geste à la parole en contractant mes muscles comme un

haltérophile. Hayden vient tâter mon bras de son pouce et son index, puis

m’offre une moue faussement dédaigneuse.

— Il y a encore du boulot.

Je lui tape sur l’épaule, indignée.

— Excuse-moi ! Je ne passe pas mes journées à agiter mon pinceau et

mes rouleaux. Il n’y a que mes gâteaux pour me sculpter un corps de rêve.

Ses yeux se baladent à nouveau sur ma silhouette, il semble apprécier ce

qu’il distingue car un voile de désir obscurcit ses iris pourtant si clairs. Je

retiens ma respiration lorsqu’il replace une mèche de cheveux derrière mon

oreille. Son doigt frôle ma peau, provoquant un frisson le long de mon cou.

Puis il se détache de moi pour se reconcentrer sur notre gâteau.

— Étape suivante ?

Il me faut plusieurs secondes pour retrouver mes esprits et lui

communiquer les instructions pour la suite. Durant l’heure qui suit,

l’ambiance est chargée d’électricité. Néanmoins, ni lui ni moi ne faisons un

geste vers l’autre. Lorsque la préparation du cheese-cake est achevée, ainsi

que la pâte à muffins, Hayden beurre les moules tandis que je les remplis

avant de les placer au four pour une vingtaine de minutes.

Une fois que j’ai enclenché le minuteur, je me laisse aller contre le plan

de travail.

— Merci pour ton aide, et désolée de t’avoir exploité pendant ce qui

aurait dû être un rencard.

Hayden s’approche un peu plus de moi, un sourire ourlant ses lèvres

charnues.

— Mais c’était un rencard, Alyson. J’apprécie que tu partages l’une de

tes passions avec moi, que tu m’accueilles en tenue décontractée et que tu

finisses avec une trace de chocolat sur le visage.

Je porte ma main à ma joue droite sans résultat, Hayden, lui, cueille du

pouce le reste de pâte pour le porter à sa bouche. Il est si proche que je vois

sa langue rouler sur son doigt. Un délicieux tiraillement naît au creux de

mon ventre. Mon regard accroche le sien, et je suis incapable de dire lequel

de nous réduit l’espace qui nous sépare.

La seconde suivante, sa bouche rencontre la mienne. Ce baiser n’a rien

de chaste, contrairement à celui qu’il m’a donné en arrivant. Non, cette fois,

c’est plus intense. Nos dents s’entrechoquent tandis que nos langues

dansent à l’unisson. Les poils de sa barbe effleurent ma peau lisse, créant

une irritation exquise. Jamais je n’aurais pensé qu’une barbe puisse être

aussi sensuelle.

Le désir s’empare peu à peu de nos corps, si bien que les mains de

Hayden délaissent mon visage pour partir à la découverte de mes formes. Il

parcourt mon échine jusqu’à saisir le bas de mon pull afin de m’en

débarrasser, découvrant mon top en satin qui ne masque rien de mon

excitation.

— Tu es magnifique, souffle-t-il, haletant.

Il dessine du bout des doigts les contours de mon sein, traçant des

cercles de plus en plus petits, jusqu’à venir effleurer mon téton.

— Tu ne portes pas de soutien-gorge, fait-il remarquer, la voix alourdie

par l’envie.

Je secoue la tête tout en me mordant la lèvre inférieure. Son sourire est

appréciateur avant qu’il ne reprenne possession de ma bouche. Hayden continue son exploration ; lorsque ses mains passent sous mes fesses pour

me soulever, j’enroule mes jambes autour de ses hanches. Son érection ne

passe pas inaperçue, pressée contre mon intimité. Il me dépose sur le plan

de travail sans pour autant s’éloigner. La fraîcheur du bois contraste avec le

feu qui me consume.

J’ai conscience qu’il s’agit de notre première fois, qu’on devrait prendre

notre temps et en savourer chaque seconde. Toutefois, mon corps appelle le

sien. J’ai très envie d’ôter les dernières barrières qui nous séparent et de

sentir sa peau contre la mienne. À mon tour, j’attrape le bas de son T-shirt et

le fais passer au-dessus de sa tête, révélant un torse bien dessiné. Chacun de

ses muscles semble taillé dans la pierre, sans pour autant paraître

disproportionné.

— Il est vrai que les coups de pinceau ça bâtit bien.

— À chacun son sport.

Il me coupe toute répartie en m’embrassant à nouveau, mais très vite il

délaisse mes lèvres au profit de mon cou… puis du haut de ma poitrine,

avant de m’ôter le mince tissu qui lui faisait obstacle. Il prend une seconde

pour me contempler, presque nue, avant de venir goûter le bout de mes

seins. Sa bouche est généreuse, il suce, lèche et mord ma peau sensible,

jusqu’à m’arracher un gémissement. Je sens chacune de mes connexions

nerveuses lâcher les unes après les autres.

Je suis dans un épais brouillard de plaisir lorsque mon short et mes

chaussettes disparaissent à leur tour. Hayden voudrait poursuivre son

voyage gustatif, mais je l’en empêche en saisissant la ceinture de son

pantalon. Je ne veux pas être la seule à profiter de ses caresses et, plus

égoïstement, j’ai envie de le toucher moi aussi. Je fais sauter le bouton et

fais glisser ses vêtements le long de ses jambes à l’aide de mes talons. Son

sexe se dresse avec virilité devant moi, provoquant une nouvelle vague de

chaleur entre mes jambes.

Cette fois, c’est moi qui prends les commandes. Je me rapproche du

bord du plan de travail afin d’être au plus près de lui. Son gland vient

effleurer mon humidité, ce qui lui arrache un grognement guttural. D’un

geste précipité, il se détourne quelques instants et je comprends qu’il prend

ses précautions. Puis, alors qu’il me fait face à nouveau, je me hisse

légèrement pour le positionner à l’orée de mon intimité. Ce simple

frottement me provoque une myriade de sensations toutes plus exquises les

unes que les autres. Par la suite, il suffit d’une poussée à Hayden pour que

nos corps s’unissent enfin.

— Mon Dieu…, jure-t-il, haletant. Alyson…

Je suis incapable de lui répondre. Toutes les parcelles de mon corps sont

en train d’exploser en mille morceaux. Ça fait bien longtemps que je n’ai

pas connu un homme aussi étroitement, et jamais je n’avais perçu de telles

choses. Quand Hayden se met à bouger en moi, ça devient meilleur encore.

Alors lorsqu’il masse mon clitoris du pouce, je devine que je ne resterai pas

longtemps aux portes du nirvana.

Je suis au bord du précipice, prête à basculer, mais je suis surprise par

l’orgasme de mon partenaire. Je le sens pulser en moi, tandis qu’un râle

s’échappe du fond de sa gorge. Puis c’est mon tour, je m’abandonne et mon

corps est pris de tremblements. Ma respiration est saccadée, et je ne

contrôle plus rien.

Quand nous redescendons de notre nuage, seule la voix de Sia brise le

silence. Nous nous regardons dans les yeux. Un léger rictus ourle les lèvres

de Hayden, il semble heureux. Quant à moi, je suis encore groggy. Je ne

sais pas quoi dire alors je me laisse porter. Soudain, je sursaute : un bruit

strident fait éclater notre bulle de béatitude.

— Sauvé par le gong, lâche Hayden avant de s’éloigner et de récupérer

une paire de maniques.

Nom d’un Père Noël ! Un homme nu, portant simplement des gants de

cuisine, c’est si sexy ! Il ouvre la porte du four et extrait la plaque où reposent les muffins tout juste cuits. J’en ai l’eau à la bouche, mais je ne

sais pas si c’est à cause de l’odeur alléchante du chocolat ou de la vue du

postérieur de mon amant.

— La vue te plaît ?

Le rouge me monte aux joues, je suis prise en flagrant délit.

— Je me régale, rétorqué-je, joueuse.

Il dépose les douceurs sur le plan de travail et revient se nicher entre

mes jambes. Il n’y a rien de sexuel, uniquement de la tendresse. Je

l’embrasse du bout des lèvres en enroulant mes bras autour de son cou.

— Si tu restes avec moi, tu pourras emporter un muffin ou deux pour le

petit déjeuner.

— La proposition est tentante, mais je dois m’occuper d’Axel demain

matin. Je suis désolé.

Je masque ma déception derrière un sourire. Il ne peut pas abandonner

toutes ses responsabilités pour moi et je le comprends, c’est aussi pour ça

que je l’aime. Alors, ce soir, je le laisse quitter mon appartement, mais ce

n’est que partie remise.

 

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