Mon calendrier de l’amour

Emma Berthet · Chapitre 67 sur 76

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Mon calendrier de l’amour

Lettre 20

 

Cher Christmas,

Ce soir, rendez-vous là où tout a commencé.

Je t’embrasse,

Alyson

 

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CHAPITRE 51

 

J – 5

 

Enroulée dans ma serviette de bain, j’observe les deux robes étendues

sur mon lit sans savoir laquelle choisir pour me rendre à la réception de

mon père. En temps normal, je ne me poserais pas autant de questions, je

revêtirais la rouge sans hésiter. Sauf que cette fois l’ambiance de Noël ne

me suffit pas, je souhaite éblouir Hayden. Je ne joue pas souvent les

femmes fatales, mais ce que nous avons fait hier, dans ma cuisine, me

pousse à le séduire davantage.

Incapable de me décider, j’attrape mon téléphone sur la table de chevet

afin de prendre une photo des robes avant de l’envoyer à Elsa. Je

l’accompagne d’un SOS, ainsi, je ne doute pas que ma meilleure amie

prendra ma demande au sérieux.

 

Tu veux le faire baver ou bander, ton artisan ?

 

Je manque de m’étouffer avec ma salive en lisant le SMS, que je reçois

presque immédiatement. Je ne suis pas habituée à ce genre d’échanges, tout

simplement parce que ça fait un bail que je ne suis réellement sortie avec

personne.

 

Baver, sans hésiter. Mes parents seront là !

J’ajoute un émoji gêné et envoie.

 

Petite joueuse ! Prends la jaune.

 

Je la remercie, puis abandonne mon téléphone pour finir de me préparer.

Après avoir mis de la crème hydratante sur l’ensemble de mon corps,

j’enfile la robe choisie par ma meilleure amie. Le décolleté se prolonge en

dessous de ma poitrine sans pour autant trop en dévoiler. Le haut est serti de

perles qui apportent un rendu élégant, tandis que la jupe en mousseline

tombe jusqu’à mes chevilles. Lorsque je me regarde dans le miroir, je me

trouve jolie, bien plus que je ne l’imaginais. Une fois encore, Elsa a fait le

bon choix.

Je boucle mes cheveux tout en essayant de garder un effet naturel, puis

applique une pointe de maquillage pour parfaire le tout.

Il est près de 19 heures quand je suis enfin prête. Mon taxi ne devrait

pas tarder. J’enfile mon manteau et quitte mon appartement en songeant à la

réaction de Hayden.

 

Lorsque la voiture s’arrête au pied de l’immeuble du bureau de mon

père, j’ai un nœud à l’estomac. Une pointe de stress a élu domicile dans

mon ventre. Dans quelques instants, je vais présenter officiellement Hayden

à mes parents. Je prends une grande inspiration et quitte le véhicule, prête à

affronter cette soirée.

La montée en ascenseur dure une éternité mais, lorsque les portes

s’ouvrent enfin, je pénètre dans un autre monde. Les guirlandes lumineuses

tracent une allée jusqu’à la pièce où se déroule la soirée. Un groom vient

récupérer mon manteau pour le consigner au vestiaire puis me propose une

flûte de champagne avant que je me joigne aux invités.

La salle est suffisamment grande pour ne pas qu’on se marche dessus.

De petits groupes sont déjà formés ici et là, une bonne partie des convives

sont là pour enrichir leur carnet d’adresses et tenter de décrocher de nouveaux contrats. Parmi tout ce beau monde, mon regard est

irrémédiablement attiré vers un couple, dans le fond. Mon cœur rate un

battement lorsque je découvre Hayden dans son costume bleu nuit. Il n’a

jamais été aussi élégant, d’ailleurs, je suis certaine que la majorité des

femmes présentes ce soir veulent obtenir ses faveurs. À ses côtés, je

reconnais Suzy, sa sœur, que je n’ai aperçue qu’en photo. Elle est le portrait

craché de son fils.

Je les rejoins. Lorsque je ne suis plus qu’à quelques pas, les yeux de

Hayden croisent les miens et son sourire se fige.

— Waouh, Alyson, tu es sublime, souffle-t-il.

Je rougis malgré moi, satisfaite de l’effet de ma tenue.

— Tu n’es pas mal non plus. Tu portes aussi bien le costume que ton

bleu de travail.

Il passe une main dans ses cheveux bruns rabattus en arrière, son éternel

rictus ourlant ses lèvres. Un raclement de gorge nous ramène à la réalité, je

me tourne vers sa sœur, qui tend une main vers moi.

— Je suis Suzy Parker, la sœur de ce gros nigaud.

— Enchantée. Alyson Hale, dis-je en glissant ma main dans la sienne.

— Je sais qui vous êtes et je tenais à vous remercier en personne pour

ce que vous avez fait pour Axel lors de mon absence. Grâce à vous, il

souhaite devenir lutin en chef du Père Noël.

Ça ne m’étonne pas, ce petit bonhomme s’est pris au jeu durant la

journée que nous avons passée ensemble. Nous rions toutes les deux, et la

glace est brisée.

— Je crois qu’il serait excellent à ce poste, je pense pouvoir glisser un

mot en sa faveur.

— Je comprends ce que mon frère vous trouve. Avec un peu de chance,

vous parviendrez à le supporter suffisamment longtemps pour qu’on puisse

apprendre à se connaître.

— Pourriez-vous arrêter de faire comme si je n’étais pas là ? lâche le

principal intéressé.

Suzy lève les yeux au ciel pour le taquiner. Puis elle nous montre son

verre presque vide et s’éclipse en prétextant devoir faire un tour au bar. Une

fois que nous sommes seuls, le silence retombe. Je ne trouve pas mes mots.

En réalité, notre dernier échange a eu lieu alors que nous étions en tenue

d’Adam et Ève, après avoir fait des galipettes sur mon plan de travail. Juste

avant que Hayden rentre chez lui.

— Ta sœur a l’air sympa, dis-je pour mettre fin à mon malaise.

— Elle est géniale, mais je ne suis pas certain d’avoir envie que vous

formiez une alliance contre moi.

— Je ne te promets rien.

Après un autre silence, Hayden reprend.

— La fête est très réussie. Tu sais où est ton père ? Je tenais à le

féliciter.

— Je ne te pensais pas aussi pressé de voir mes parents, rétorqué-je en

plaisantant.

— On se connaît déjà, tu sais ?

— Tu connais Jerry Hale le chef d’entreprise, pas le père protecteur.

Je le vois déglutir avec peine. Il n’avait sans doute pas pris la mesure de

ce changement du fait de notre relation naissante, et je me délecte de le

taquiner ainsi.

— Respire, ils sont adorables et j’ai quelque peu préparé le terrain.

— Tu ne leur as quand même pas dit…

L’expression peinte sur son visage est à se tordre de rire, mais je secoue

la tête. J’ai beau être proche de ma famille, il est impensable que je leur

donne des détails sur ma vie intime. Lorsque Hayden semble respirer à

nouveau, je lui saisis le bras et l’entraîne avec moi pour en finir avec les

politesses. Ensuite, nous pourrons profiter de la soirée sans aucune pression.

Je repère mes parents ainsi que mon frère et sa femme, Baley, revenus

en ville pour les fêtes. Nous nous joignons au petit groupe qu’ils forment.

— Aly ! s’exclame Adam avant de me prendre dans ses bras. Tu es

ravissante !

— Pas autant que la future maman, répliqué-je.

En effet, la grossesse, associée à une robe de gala vert sapin, rend Baley

rayonnante.

— Je ne sais pas comment tu fais pour tenir encore debout alors que

mon neveu ou ma nièce pourraient arriver d’un moment à l’autre.

— C’est mon arme secrète, m’explique-elle en soulevant le bas de sa

robe afin de dévoiler une paire de baskets confortables. Mais assez parlé de

moi, qui est ce bel homme qui t’accompagne ?

Je me retourne pour glisser ma main dans celle de Hayden et faire les

présentations.

— Hayden Parker, mon cavalier. On se fréquente depuis peu. Hayden,

voici Adam, Baley, et mes parents, que tu connais déjà.

Des poignées de main sont échangées et voilà que c’en est terminé. Les

conversations démarrent comme s’il avait toujours fait partie de la famille.

Nous n’échappons pas au traditionnel « comment vous êtes-vous

rencontrés ? », et Hayden raconte qu’il est venu remettre à neuf ma

boutique et comment les choses ont évolué. À aucun moment il ne

mentionne notre échange de lettres, qui pourtant est la chose la plus

romantique qu’on ait faite pour moi. Est-ce parce qu’il nous reste quelques

jours avant que sonne le glas de ce calendrier de l’Avent si particulier ? Ou

alors souhaite-t-il garder pour nous ce souvenir ? Il est vrai que nous nous

sommes dévoilés l’un et l’autre dans cette correspondance, et c’est ce qui

m’a fait succomber.

La soirée est bien entamée lorsque mon père s’excuse avant de se retirer

quelques instants. Il réapparaît quelques minutes plus tard, un micro à la

main, tapotant dessus pour attirer l’attention.

— Bonsoir à tous. Je sais ce que vous vous dites : pitié, qu’il ne nous

débite pas un discours assommant !

Les rires des invités résonnent en chœur.

— Promis, je vais tenter d’être bref. Tout d’abord, je tenais à tous vous

remercier d’être venus à cette réception. Cette année encore, nous avons pu

avancer dans de nombreux projets, la main dans la main. Si cette entreprise

ne cesse de grandir, c’est grâce à mes collaborateurs qui travaillent

d’arrache-pied chaque jour pour vous satisfaire, vous, clients et partenaires,

alors vous pouvez les applaudir bien fort !

Je me joins aux acclamations de la foule. Mon père sait se montrer

reconnaissant envers tous ceux qui l’entourent, il ne manque aucune

occasion pour cela.

— Et puis il y a d’autres personnes sans qui tout cela ne serait pas

possible. Ma femme, Carol, qui doit me supporter chaque jour que Dieu

fait, et, il en est témoin, ce n’est pas une mince affaire. Et mes enfants,

Adam et Alyson, mes deux bébés. Je vous vois froncer les sourcils, mais

vous ne pouvez rien y faire, vous resterez toujours nos bébés, à votre mère

et moi. Même lorsque vous nous pousserez dans notre fauteuil roulant.

Il marque une pause le temps que les rires des convives s’estompent.

— Sans vous, je ne serais qu’un homme qui a des idées, sans doute

incapable de les réaliser. Vous me donnez la force de les mettre en œuvre.

Vous rendre fiers est la raison qui me pousse à continuer, encore et encore.

Vous êtes ma source d’inspiration et de motivation. Alors merci à vous

trois, du fond du cœur.

Sous les applaudissements, il finit par rendre le micro et revenir vers

nous. Il dépose un baiser sur la joue de ma mère, avant de nous serrer,

Adam et moi, contre lui. Des larmes, discrètes, ont trouvé le chemin jusqu’à

mes yeux. Les paroles qu’il a prononcées m’ont touchée jusqu’au plus

profond de mon âme, son amour inconditionnel me comble de bonheur.

Une fois la parenthèse émotion refermée, la soirée se poursuit. Les

musiciens engagés pour l’événement se remettent à jouer, et la piste de

danse est rapidement envahie par les couples présents dans l’assemblée.

Sans dire un mot, Hayden me tend la main en faisant une révérence

digne d’un bal mondain. Je lui souris et accepte d’un hochement de tête

avant de le laisser m’entraîner au milieu de la pièce. Il noue les bras autour

de mes reins tout en se balançant en rythme alors que j’enlace sa nuque en

retour. Soudain, nous sommes propulsés dans notre bulle, hermétique à tout

ce qui se passe autour. Plus rien ne compte, sauf nous deux. Je pose la tête

contre son torse en me laissant bercer par notre slow. Aucun de nous ne

parle, nous n’en avons pas besoin pour profiter l’un de l’autre.

Nous restons près d’une heure à danser sans nous préoccuper du reste.

Nous nous accordons une pause lorsque Adam me fait signe que lui et

Baley vont rentrer se coucher. Je les embrasse et leur souhaite une bonne

nuit, puis me tourne vers mon cavalier.

— Tu me laisses un instant, je vais faire un tour aux toilettes pour me

rafraîchir.

— Tout ce que tu voudras.

Hayden dépose un baiser délicat sur ma joue. Je pense très vite

m’habituer à ses marques d’affection. Il fait fondre mon cœur à chaque fois.

 

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