Perle de Lune
Chapitre 25
Palais de jade
Vendredi 29 octobre 1993
L’échafaudage de bambou ainsi que le filet vert qui masquaient le Palais de jade ne disparaîtraient pas avant début décembre. A ce moment-là seulement, Hong Kong saurait si le projet le plus ambitieux de James Drake était un chef-d’œuvre ou une folie de mauvais goût.
Sam Coulter, lui, savait déjà. De la même façon qu’il avait su imaginer l’édifice avant même que l’on commence à creuser le sol, il était capable d’oublier l’enveloppe vert et brun ; ce qu’il voyait alors était plus magnifique encore qu’il ne l’avait rêvé.
Le songe extraordinaire pâlit pourtant à la vue de ce qu’il découvrit en pénétrant dans le préfabriqué, ce vendredi après-midi : sa cow-girl, en jean et santiags, les cheveux rassemblés en une longue natte sombre, qui regardait par la fenêtre, son beau visage irradiant de bonheur.
Maylène ne l’entendit pas entrer, ni ne sentit son approche furtive.
– Nous y sommes arrivés, murmura-t-il quand il fut tout près d’elle.
Elle se retourna en souriant.
– Tu crois ?
– Je le sais. Pas toi ?
La joie continuait d’éclairer son visage, mais elle eut un geste de scepticisme.
– Je n’en serai certaine que lorsqu’on lui aura ôté cette enveloppe.
– Eh bien, moi, j’en suis d’ores et déjà certain. Et j’estime qu’il est temps de fêter l’événement…
L’expression de Sam se fit intense, grave, intime, et quand les beaux yeux de jade brillèrent un peu plus, il tendit la main pour les débarrasser d’une mèche rebelle dont le vent s’était joué durant la traversée en ferry.
– Voilà longtemps que j’avais envie de faire ça.
– Ecarter mes cheveux ? demanda Maylène, le souffle court et toute frémissante de l’exquise tendresse de cette caresse.
– Te toucher.
Il embrassa l’endroit où s’était trouvée la mèche couleur de nuit, avant de déposer un sillage de lents baisers jusque derrière l’oreille de Maylène.
– Et t’embrasser, ajouta-t-il.
– J’en avais envie aussi.
Alors que ses lèvres se livraient à la merveilleuse découverte du satin parfumé de son cou gracieux, Sam s’obligea à un rapide calcul. Il quitterait le chantier peu après dix heures. Vingt-cinq minutes plus tard, il serait dans son appartement aux Alizés. Le temps de prendre une douche et de se changer…
– Invite-moi chez toi ce soir, Jade, vers onze heures et quart.
Maylène se raidit, et dans ses yeux il discerna une ombre inquiète qui obscurcissait l’éclat du désir.
– Invite-moi chez toi, Cow-boy.
Ce n’était pas dans les habitudes de Sam Coulter. Il allait toujours chez la femme. Ainsi, il était libre de partir quand il le souhaitait, avant qu’il ne soit assailli par des exigences.
Maylène lui demandait de déroger à cette règle absolue, de jouer la partie à sa manière à elle. Il ne voulait pas de règles avec elle, pas de partie, aucun jeu.
– D’accord, Jade, chuchota-t-il. Tu es mon invitée.
Choisir ce qu’elle porterait aurait pu prendre une éternité à Maylène si, très vite, une petite voix intérieure narquoise ne lui avait susurré : peu importe ! Ce ne sont pas tes vêtements qui l’intéressent. Mets quelque chose de facile à enlever – et encore plus facile à remettre. Pas de boutons minuscules qui te retarderont quand ce sera fini. Tu voudras t’enfuir très vite, échapper au silence pénible de sa déception.
Mais, murmura son cœur, peut-être ne sera-t-il pas déçu.
Pardon ? Tu as tout oublié de ta vie d’adulte ? Tu es aussi sensuelle qu’un glaçon.
Oui, mais quand Sam m’a touchée, j’ai éprouvé une sensation brûlante, merveilleuse…
Parce que lui est sensuel… raison de plus pour que tu le déçoives affreusement.
– J’ai apporté du champagne, déclara-t-elle quand Sam lui ouvrit sa porte à onze heures et quart précises. Même si je sais que tu ne bois pas beaucoup.
– Je ne bois pas du tout, corrigea-t-il doucement en lui prenant la bouteille des mains. Et tu n’en as pas besoin ; pas ce soir.
Comme elle paraissait en douter, il posa la bouteille et lui prit le visage entre ses mains.
– Pas ce soir, répéta-t-il.
A son contact, le désir jaillit en Maylène, à croire que pas une seconde ne s’était écoulée depuis leur premier effleurement. La sensation brûlante, merveilleuse, s’éveilla instantanément, dans une flambée de joie.
Sam lui embrassa les paupières, les tempes, les joues, savourant des espaces que d’autres hommes n’avaient jamais goûtés. Alors que d’autres n’avaient aspiré qu’à la promesse de ses lèvres provocantes, Sam semblait désirer tout d’elle, la moindre parcelle de sa chair soyeuse. Comme s’il tentait d’apprendre tout ce qu’il y avait à savoir d’elle, comme s’il éprouvait de l’affection pour elle… Plus encore, sa tendresse paraissait lui dire qu’il chérirait en elle la moindre découverte, le moindre secret, aussi honteux fût-il.
Par les feux qu’il avait allumés, la glace avait depuis longtemps fondu en Maylène ; pourtant, avant que leurs bouches ne se joignent pour la première fois, elle frissonna.
– De quoi as-tu peur ? demanda sourdement Sam, découvrant des étincelles de crainte dans les yeux vert jade.
– De rien.
De tout. Mais pour l’instant, ce qu’elle redoutait le plus c’était de laisser passer cette chance, la seule peut-être qu’elle connaîtrait jamais, de se sentir aimée. Le désir qu’avait Sam de son être tout entier, pas seulement de son corps, n’était qu’une illusion, elle le savait. Mais enfin, elle pouvait faire semblant, non ? Pour un moment seulement, juste assez longtemps pour s’abandonner à la plus audacieuse des danses.
Face à l’urgence manifeste de son désir, Sam prit pleinement conscience du sien. Il l’avait tant désirée, et depuis si longtemps, mais il voulait que leur découverte mutuelle fût lente, délicate, paresseuse – une fondation inébranlable sur laquelle ils pourraient bâtir et bâtir encore.
– Nous ne sommes pas pressés.
– Si.
Elle semblait redouter que l’enchantement se dissipe subitement. Bien qu’il ne partageât pas cette crainte, Sam la prit par la main pour l’entraîner vers la chambre.
– Non, murmura-t-elle quand il voulut allumer.
Une onde d’inquiétude parcourut Sam. Quand il ne recherchait que le plaisir et non l’amour, il avait toujours préféré l’obscurité. Ce soir, c’était différent.
– Je veux te faire l’amour dans la lumière, Jade.
– Non, Cow-boy.
Sa voix basse se teintait de regret et d’une peur si évidente qu’une fois de plus, Sam accéda à sa requête.
Si la hâte de Maylène tenait à sa crainte, celle de Sam n’avait pour source que le désir, mais il ne précipita pas les choses. Il possédait une confiance qui manquait à Maylène : la certitude absolue que leur amour était une magnifique réalité.
Il la dévêtit lentement, embrassant chaque découverte baignée de pénombre, apprenant d’elle tout ce qu’il pouvait apprendre sans les yeux. Maylène l’avait voulu aveugle, l’obscurité ne faisait qu’aiguiser ses autres sens. Elle était de satin parfumé, enivrant, frissonnant ; et pendant longtemps, il n’entendit que les soupirs étonnés de son désir.
– Que fais-tu ? demanda-t-elle soudain dans un chuchotement.
Je suis en train de t’aimer.
– Je défais ta tresse. Et toi, que fais-tu ?
– Je te déshabille.
Quand elle s’attaqua aux boutons de sa chemise, Sam s’aperçut avec un regain de tendresse qu’elle n’était pas experte dans cet exercice… et l’incertitude surprenante de ses attouchements impatients lui donna plus encore envie de l’aimer, de la protéger, de la chérir.
Bientôt, les caresses de Maylène, osées et maladroites à la fois, finirent par miner l’empire que Sam avait sur lui-même ; il cessa de batailler. Cette première fois, ils feraient l’amour avec l’urgence qu’ils ressentaient tous deux ; une autre fois, peut-être la prochaine, ils iraient plus lentement.
Le désir de Maylène était aussi puissant que le sien, aussi audacieux, aussi exigeant. Et pourtant, à l’instant inouï où ils ne firent qu’un, même leur passion fiévreuse retint un moment son souffle, dans un émerveillement respectueux face à la plus belle des créations.
Dans la pénombre, Sam chercha le regard de jade, désireux d’y lire une joie pareille à la sienne… L’obscurité était impénétrable. Ce fut avec les lèvres qu’il trouva les yeux de Maylène, pour en caresser tendrement les coins lorsqu’ils étaient ouverts et les paupières lorsqu’ils se fermaient. Et même quand les feux de leur passion les poussèrent à reprendre leur danse amoureuse, même quand les flammes explosèrent dans un halo doré, il continua de les embrasser, ces yeux vert jade qu’il ne pouvait voir.
Avec force et tendresse, il la berçait entre ses bras. La tête abandonnée sur son torse, elle entendait le grondement de son cœur qui résonnait encore de la force de leur passion.
En elle, c’était un autre vacarme qui, pour s’être trouvé réduit à un silence étonné durant leur étreinte, se vengeait maintenant.
Tu l’as vraiment berné ! proclamait la voix. Enfin, disons qu’il a eu l’air d’y prendre plaisir. N’oublie pas qu’il a travaillé sans relâche pendant quatre mois. Une longue abstinence pour un homme tel que lui. N’importe quelle femme aurait fait l’affaire. Même toi, tu ne pouvais le décevoir.
Mais il en a terminé avec toi. Et même si pour toi ce fut bien plus extraordinaire que tu ne l’imaginais, quand il y réfléchira il se rappellera toutes tes erreurs, tes maladresses, tes tremblements, tes incertitudes… et aussi ton manque de pudeur, ton exigence.
Écoute son cœur ! Il ralentit déjà, bien plus vite que le tien. Contrairement à toi, il est habitué à cette sorte de passion. C’est de la routine pour lui, son exercice favori. Très vite, son cœur d’amant bien entraîné va reprendre son rythme normal, aussi lent et nonchalant que son accent texan. A ce moment-là, il se détachera de toi, et sans doute ira-t-il chercher une cigarette. Tu croyais vraiment qu’il avait arrêté ? Pour toi ? Pour toujours ? Il va recommencer ce soir. Il t’a eue. L’opération séduction est terminée.
D’un instant à l’autre, tu vas le sentir s’éloigner, comme l’ont fait tous les autres avant lui. Si vous étiez dans ton appartement, il partirait. Mais c’est justement pour cela que tu es là, tu n’as pas oublié ? Ainsi c’est toi qui décides. D’ailleurs, tu ferais bien de te dépêcher. Son cœur ralentir, ralentit…
Elle n’avait pas envie de s’arracher à lui ! Elle voulait passer le reste de sa vie ainsi, entre ses bras, à croire que ses caresses avaient été une manifestation d’amour. Mais elle avait suffisamment rêvé pour ce soir. Il lui fallait quitter les bras de Sam, leur abri, tout de suite, avant qu’il ne la lâche. C’était son seul espoir de préserver l’illusion qu’ils venaient de vivre une étreinte rare et merveilleuse, pas une banale partie de jambes en l’air.
Dès qu’il la sentit remuer, Sam la lâcha. Oui, il l’avait serrée trop étroitement, il le savait. Il l’avait voulue aussi proche de lui que possible, mais sa pression entravait la respiration de la jeune femme, encore haletante.
Il s’attendait à ce qu’elle reprenne son souffle, s’étire, puis revienne dans ses bras. Ils s’enlaceraient à nouveau, encore plus fort, essaimeraient leurs baisers de murmures… jusqu’à ce que le désir de ne faire qu’un les reprenne.
Mais Maylène quittait le lit, et dans l’obscurité qui avait si récemment vibré des soupirs de leur volupté, Sam devina qu’elle s’habillait.
Puis il entendit un autre son, celui de sa propre voix, poser une question qu’il avait maintes fois entendue, mais jamais formulée :
– Tu t’en vas ?
– Oui.
Reste, s’il te plaît. La requête ne franchit pas les lèvres de Sam. Maylène avait envie de partir très vite, comme lui, autrefois, avait toujours eu hâte de s’échapper. Comme lui jusqu’à présent, elle n’était venue chercher que le plaisir, rien de plus – et maintenant elle aspirait à l’intimité, à la solitude, à la fuite.
Les femmes dont il avait si précipitamment quitté le lit avaient-elles éprouvé cette même colère ? se demanda-t-il. Certes, il n’avait jamais prétendu leur offrir plus que la fièvre des sens. Mais, il le réalisait soudain, Maylène non plus n’avait rien promis. Par son insistance à ce qu’ils se retrouvent chez lui et par son désir de faire l’amour dans le noir, elle s’était conduite exactement comme lui par le passé.
A présent, elle n’aspirait qu’à partir. Sa hâte à mettre de la distance entre l’acte sexuel et les émois de l’intimité était autrement plus vive que ne l’avait été celle de Sam.
A l’évidence, elle ne voulait de lui rien de plus que le plaisir, la jouissance, l’ivresse des sens, sans les exigences plus douces du cœur.
Toute sa vie, Sam avait recherché une amante aussi passionnée et détachée à la fois.
Voilà qu’il l’avait trouvée.
Mais, tandis que Maylène s’évanouissait dans l’obscurité, il se demanda s’il la tiendrait à nouveau dans ses bras.
Récidive. Maylène se rappelait l’éclat sensuel dans ses yeux indigo lorsqu’il avait reconnu employer un mot un peu trop savant pour un cow-boy. A ce moment-là, il avait entrepris de la séduire, de l’attirer toujours un peu plus vers son lit.
Voilà, elle y était allée puis il l’avait laissée partir sans même un au revoir. Maintenant, le souvenir n’était plus que douleur, et le mirage fragile avait si irrévocablement volé en éclats qu’elle regrettait d’avoir vécu cette nuit d’amour illusoire.
Maylène Kwan avait rechuté – récidive totale. Toutes ses pulsions autodestructrices étaient en éveil, avides de la punir plus encore pour sa folie.
Elle n’avait pas besoin d’aller au Palais de jade, pas aujourd’hui, plus jamais. Les réunions indispensables entre entrepreneur et architecte appartenaient désormais a » passé. D’ailleurs, comprit-elle, au désespoir, Sam avait précisément programmé son ultime séduction de façon à ce qu’ils ne soient plus obligés de se côtoyer si tel était leur désir. Une fois que le Palais de jade serait dévoilé, début décembre, plusieurs semaines avant l’inauguration, il cesserait d’être responsable. Les derniers aménagements seraient confiés au talentueux designer (celui-là même qui avait décoré les Alizés) qui y travaillait déjà.
Il était d’ailleurs improbable que Sam assistât à l’inauguration. Il avait d’autres chantiers en perspective, d’autres défis à relever, d’autres femmes à séduire. Dans six semaines, il serait parti. D’ici là, Maylène pourrait lui faire porter les derniers plans d’intérieur par coursier.
Le lundi qui suivit leur étreinte, Maylène se rendit malgré tout sur le site. Elle s’habilla comme les premières fois : tailleur en soie de chez Dior, talons aiguilles assortis, et chignon serré.
Quand elle arriva, Sam se trouvait devant l’entrée principale du Palais, en conversation avec Chan Peng. Il lui tournait le dos mais, devinant sa présence malgré la distance qui les séparait sur la longue allée dallée de marbre blanc, il tourna la tête. Maylène sentit qu’il la suivait des yeux vers le préfabriqué et sut qu’il la rejoindrait dès qu’il aurait fini de s’entretenir avec Peng.
Ce ne fut pas long. Dès qu’il apparut, une ombre soucieuse passa dans ses yeux, mais pour disparaître rapidement, remplacée par une lueur moqueuse, tandis qu’il détaillait avec insolence la mise de la jeune femme.
– Apparemment, tu n’as pas l’intention d’escalader les poutres avec moi aujourd’hui.
Je le ferai si tu le veux ! Le cri avait jailli du cœur de Maylène, ce cœur insensé qui s’accrochait encore à un espoir d’amour. Elle s’empressa de réprimer l’élan rebelle – du moins le crut-elle. Il revint à l’assaut presque aussitôt, pour lui rappeler un autre amour perdu et, comme si elle avait eu le courage de suivre le conseil d’Allison, elle mentit :
– Je dois prendre le thé avec quelqu’un au Peninsula. Comme j’étais un peu en avance…
– Tu as pensé à faire un saut ici pour me demander comment s’était passé mon week-end ?
Face à son regard. méprisant, elle releva un menton batailleur.
– Oui, acquiesça-t-elle.
– Eh bien… Mon week-end a commencé de façon plutôt prometteuse. Malheureusement, il s’est vite mué en déception. Et toi, Maylène, ce week-end ? Satisfaisant ? Tel que tu le désirais ?
Sam était déçu, ainsi qu’elle l’avait prévu. Quand bien même son cœur avait tonné de passion, leur étreinte ne l’avait pas satisfait.
– C’était bien, rétorqua-t-elle fièrement.
– Tu as eu tout ce que tu voulais ?
– Et toi, tu voulais davantage ?
– Beaucoup plus, souffla-t-il avec son nonchalant sourire de prédateur. Je n’en avais pas fini avec toi, loin de là.
Qu’est-ce que cela signifiait ? Qu’il désirait la revoir ? La caresser, l’embrasser, lui donner une autre chance, bien qu’elle l’ait si fortement déçu ? Si c’était là ce qu’il voulait, serait-elle d’accord ?
Bien sûr que oui. Les fibres autodestructrices de son être cherchaient encore à la blesser… mais il restait cette minuscule étincelle d’espérance qui s’entêtait à chercher l’amour.
– Tu voulais qu’on se revoie, Cow-boy ?
Sa voix était aussi fragile que son expression. Preuve absolue, songea Sam, de ses talents de comédienne et qu’elle savait parfaitement lire en lui. Sans doute avait-elle compris que son brusque départ l’avait contrarié, et maintenant, parce qu’elle voulait qu’il lui donne encore du plaisir, elle venait l’ensorceler, consciente qu’elle le charmait davantage en courtisane hésitante qu’en séductrice trop sûre d’elle.
Elle était très forte, il lui reconnaissait cela. Comme il s’approchait d’elle, elle parvint même à jeter une ombre de souffrance dans son regard de jade déjà vulnérable.
Quand elle avait quitté son lit, il avait pensé qu’il ne la toucherait plus jamais. A présent il ne pouvait résister. Lui prenant le visage entre ses deux mains, il la caressa du regard jusqu’à discerner dans ses prunelles un espoir timide mêlé au chatoiement de désir.
Ce fut à ce moment-là, alors que les beaux yeux lui réclamaient sans fard d’autres étreintes, d’autres élans, qu’il lui répondit, très doucement :
– Non, Jade. Je ne veux pas qu’on se revoie.
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