Perle de Lune
Septième Partie
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26
Palais de jade
Lundi 6 décembre 1993
Il faisait encore nuit lorsque l’on entreprit de défaire le Palais de jade de son enveloppe d’échafaudages et de filets. Et quand les premiers rayons jaune pâle de l’aube hivernale s’étendirent sur le port Victoria, il apparut, miroitant dans la douce lumière dorée.
En ce glorieux lundi, le temps suspendit son cours. Le rythme frénétique, dicté par les incertitudes de l’avenir de Hong Kong, fit une pause. A Central, les financiers laissèrent en plan des affaires qui se chiffraient en milliards de dollars pour se joindre à la foule sur la jetée Blake. Certains firent franchement l’école buissonnière, sautant dans un ferry à destination de Kowloon afin d’aller regarder de plus près le prodige. La nouvelle se répandit rapidement dans le territoire ; même si l’hôtel était là pour toujours, et même si l’inauguration n’aurait lieu que dans trois semaines et demie, tout le monde tenait à voir dès maintenant l’œuvre d’art.
Us arrivèrent de Chai Wan et de Tai O, de San Tin et de Cloudy Hill. En l’espace de quelques heures, tous les patrons d’embarcations un peu dégourdis commençaient déjà à exploiter ce qui deviendrait à l’évidence un pèlerinage. Jonques, sampans et walla-wallas s’alignaient le long des digues de part et d’autre du port, pour amener leurs passagers le plus près possible du Palais. Cette promenade proposée par les bateaux privés soulageait les ferries pris d’assaut, mais elle créa aussi un véritable cauchemar dans la baie, un affreux embouteillage sur ses eaux déjà très fréquentées. Fascinés par l’illusion de jade et d’albâtre, les skippers les plus expérimentés frôlèrent maintes fois la collision.
Quelques photographes entreprenants s’empressèrent d’éditer une carte postale de l’éblouissant édifice, qui fut en vente partout dès le lundi après-midi. Le mardi matin, les « souvenirs du Palais de jade » – depuis les tee-shirts jusqu’aux reproductions en émail cloisonné – avaient envahi le marché, et la nouvelle industrie connaissait une croissance fulgurante.
Au rythme des jours, le fol engouement se confirma. De nouveaux visiteurs affluèrent, et ceux qui étaient déjà venus revenaient une seconde et une troisième fois. On voulait voir et revoir le Palais ; c’était un rituel quotidien. Le jeudi matin, le temps changea radicalement, passant de la chaleur à une fraîcheur brumeuse ; mais en dépit de ce refroidissement humide hors de saison, les trottoirs de Salisbury Road furent encore plus encombrés que le lundi.
Hong Kong possédait un nouveau temple, un éblouissant sanctuaire érigé à sa gloire, à sa splendeur, à son âme. Il paraissait impossible que le lustre en pâlît.
Ce fut pourtant ce qui se produisit. Le jeudi dans la soirée, le Palais de jade était un objet de haine. De respectueux hommage à l’harmonie, il était soudain devenu le symbole brutal et amer de ce qui avait fondé et développé la colonie britannique : l’exploitation des Chinois par les quai lohs, les diables étrangers qui étaient venus faire fortune.
Le rêve commença de se déliter à deux heures, le jeudi après-midi, quand James reçut l’appel téléphonique, suivi aussitôt des copies faxées des
accablants documents. A 14 h 20, il donnait l’ordre à Mme Leong d’organiser une réunion dans son bureau à 15 h 30 précises.
– Et si l’un d’eux n’est pas disponible dans un délai aussi court ?
– Ils n’ont pas le choix, rétorqua James. Tous doivent venir. S’il y a un problème, prévenez-moi.
Sam tiqua légèrement à ce qui lui parut un ordre impératif, même
transmis par la voix aimable de Mme Leong. L’assistante était parvenue à le joindre au moment où il quittait le site pour la dernière fois, son travail achevé avec succès.
Tyler s’irrita davantage. Il attendait Eve dans l’appartement de Robinson Road lorsque sa secrétaire le contacta par Alphapage.
– Mme Leong dit que vous devez absolument être présent.
– Elle n’a pas dit pourquoi ?
– Non, rien du tout.
L’expression soucieuse de Tyler quand il reposa le combiné était sans rapport avec la mystérieuse réunion à la tour Drake. Il songeait au temps précieux avec Eve dont ce rendez-vous allait le priver.
Depuis début novembre, il l’avait vue moins d’une fois par semaine, et le temps leur était compté en minutes, non plus en heures. Ève avait fréquemment des rendez-vous, déjeuners ou thés programmés par Geoffrey. Si Tyler était frustré par ces entrevues trop brèves, il était davantage troublé par ce qui se passait durant leurs rares tête-à-tête.
En septembre et en octobre, Eve et lui avaient fait des projets : quand ils se marieraient, où ils vivraient, les enfants qu’ils auraient. Mais, ces derniers mois, Eve s’était montrée obsédée par leur fuite elle-même ; elle avait besoin de se répéter tous les détails, comme un refrain qui jamais ne l’apaisait, à croire qu’un sixième sens lui soufflait qu’il existait une faille cachée – et fatale – dans leur plan soigneusement élaboré.
Cette peur, manifeste même si elle la taisait, qu’un obstacle les empêche d’embarquer pour leur rêve n’avait en tout cas rien à voir avec l’opération de Lily. Eve semblait croire que tout se passerait bien pour l’enfant. Jamais elle ne brandissait le spectre d’une éventuelle catastrophe durant l’opération, comme si elle se refusait à envisager que le sort frappât la courageuse fillette.
Si tout se passait bien, le lundi soir Lily serait hors de danger. Ce qui signifiait, expliquait Tyler à Ève, qu’ils pourraient quitter Hong Kong le mardi matin. Si Ève parut d’abord tentée, elle finit par dire qu’elle préférait attendre le jeudi, son jour de sortie de Peak Castle. Avec un peu de chance, Geoffrey ne s’inquiéterait pas, ne remarquerait même pas son absence avant de rentrer, tard dans la soirée.
Elle lui laisserait un mot, avait-elle décidé, lui annonçant qu’elle s’était envolée pour l’Angleterre, que ses avocats le contacteraient pour le divorce et qu’elle ne voulait rien de lui, hormis sa liberté. Le jeudi matin, avant qu’ils ne hissent les voiles, elle téléphonerait à Juliana qui, à la dernière minute, annulerait tous les rendez-vous que Geoffrey aurait pris pour elle ce jour-là ; le lundi suivant, Juliana préviendrait le directeur des bénévoles de l’hôpital – ainsi que Lily et ses parents – qu’un événement personnel avait obligé lady Lloyd-Ashton à regagner Londres pour une durée indéterminée.
Tout était soigneusement planifié. Le temps que Geoffrey s’aperçoive de son absence, elle serait loin ; s’il se lançait à sa recherche, il fouillerait l’Angleterre, non l’immensité de la mer… Pourtant, Ève restait inquiète, préoccupée par son passeport.
– Tu es une citoyenne britannique de premier plan, de bonne réputation, que tu sois ou non en possession de tes papiers, lui avait expliqué Tyler avec amour. D’abord, nous mettrons le cap sur l’Australie, et là nous nous rendrons immédiatement au consulat britannique. Tu obtiendras un nouveau passeport en quelques jours. Tu n’es pas une criminelle, Ève. Il n’y aura aucun problème.
Ce genre de discussion destinée à dissiper les inquiétudes d’Ève n’avait pas eu lieu une seule fois, mais toutes les fois qu’ils étaient ensemble, quasiment mot pour mot : ceux d’Ève, angoissés, ceux de Tyler, patients, aimants, calmes – bien qu’il s’inquiétât de plus en plus de l’anxiété de sa compagne, comme de sa santé.
La grippe qui les avait empêchés de se voir pendant les dix premiers jours de novembre avait laissé Ève plus maigre que jamais, et terriblement pâle. Depuis, ils n’avaient plus fait l’amour. Elle paraissait trop fragile, même pour l’étreinte la plus tendre, et si elle se nichait dans ses bras tandis qu’il lui murmurait des paroles rassurantes sur leur fuite et leur rêve futur, elle n’avait pas un geste pour réclamer une plus grande intimité.
Gentiment, et à plusieurs reprises, il avait essayé en vain de la convaincre de vivre avec lui jusqu’à leur départ.
Aujourd’hui, il n’envisageait que de lui faire part de la décision qu’il avait prise. Tyler pensait la voir arriver vers quinze heures et il espérait qu’ils auraient une heure pour eux avant qu’elle ne retourne à Peak Castle où une réception était donnée, le soir même. Il avait décidé de lui annoncer qu’ils quitteraient Hong Kong le lundi soir, dès que Lily serait réveillée et qu’Eve se serait entretenue avec la fillette.
C’était ce qu’il avait prévu pour cette heure précieuse. Et voilà que James Drake le convoquait au même moment à une réunion mystérieuse…
Il décrocha le téléphone.
– Ici Tyler Vaughn, madame Leong. J’ai besoin de lui parler.
– Un moment, je vous prie, monsieur Vaughn.
La voix sans timbre qui lui répondit quelques secondes plus tard souligna la gravité de la réunion.
– Quinze heures trente, ça ne me va pas, James, annonça néanmoins Tyler avec une gravité égale.
– Arrange-toi pour être là.
– Dis-moi de quoi il s’agit.
– Si honnêtement tu n’en sais rien, Tyler, ta présence est encore plus indispensable.
– Bonjour, mon amour, disait Tyler un peu plus tard.
Dans son expression, Ève lut son amour… et son inquiétude.
– Qu’est-ce qui ne va pas ?
– James veut me voir dans une demi-heure. J’ignore pourquoi, mais je dois y aller. Avant, je voudrais te dire quelque chose.
Entre ses grandes mains solides et chaudes, il prit celles, si maigres, de la jeune femme.
– Je veux que nous quittions Hong Kong dès lundi, Eve, dès que Lily sera sortie du bloc et que tu lui auras parlé.
– Nous partirions la nuit ?
– Oui.
Tout à coup, Tyler se rappela cet après-midi de septembre où il avait par la pensée chassé les nuages noirs. Il avait alors eu la vision d’un ciel illuminé d’étoiles et d’un ruban de clair de lune argenté qui dansait sur la mer noire.
Pour l’heure, la grisaille pesait à nouveau sur Hong Kong, mais dans quatre jours l’opaque rideau gris s’ouvrirait pour eux et ils hisseraient les voiles.
– Nous suivrons la lune et les étoiles, reprit-il, émerveillé. Nous les laisserons nous guider vers notre rêve.
Tout au long du mois, Ève avait été hantée par la peur qu’il y eût une faille dans leur plan de fuite, et elle s’était efforcée de détecter le vice caché, de le repérer avant qu’il ne fût trop tard. Voilà, il était visible, enfin. Ils n’étaient pas destinés à quitter Hong Kong par cette belle journée bleu et doré qu’ils avaient mille fois imaginée. Non, les amants – qui n’étaient pas maudits, finalement – devaient partir sous un dais de velours noir éclairé par la lune et les étoiles.
A présent, les yeux saphir luisaient à nouveau d’espoir.
– Evangéline ?
– Oui, murmura-t-elle, vibrante de joie. Nous quitterons Hong Kong ce lundi soir.
C’était une impulsion ; autant dire que Maylène devait se dépêcher de mettre au point son plan dans le court trajet qui séparait son bureau de celui de James. Elle lui annoncerait sans préambule qu’il dînait avec elle. Ils iraient au Verandah, où l’on reconnaîtrait tout de suite le propriétaire du nouveau joyau de Hong Kong et son architecte. Les regards rivés sur eux l’obligeraient à rester souriant… même lorsqu’elle orienterait adroitement la conversation sur Allison.
Une semaine auparavant, Allison lui avait avoué ses sentiments pour James, son amour pour lui, et tandis qu’elle écoutait sa sœur raconter leurs dîners aux chandelles durant l’été, Maylène avait compris que James était lui aussi profondément attaché à Allison. L’architecte avait été le témoin oculaire du bonheur de James cet été – et de son noir tourment depuis.
Allison lui avait confié le secret de son cœur, elle ne ferait rien qui pût trahir cette confiance. Elle aborderait prudemment le sujet, presque de façon fortuite. Par exemple, elle pourrait demander innocemment à James quand il avait l’intention de tenir sa promesse faite à Peak Castle d’emmener Allison dîner sur l’eau à Aberdeen.
Le souvenir de la promesse de James à Allison suscita en Maylène d’autres réminiscences de cette soirée. Sam était venu deux fois à sa rescousse, comme s’il devinait ses secrets, son angoisse, sa honte, comme si elle comptait pour lui.
Pure tactique de séduction ! se rappela-t-elle. En bâtissant l’illusion permanente, Sam s’amusait d’illusions passagères.
Maylène n’avait pas revu Sam, pas même au cours de ces quatre jours où Hong Kong avait célébré leur triomphe. D’après James, l’entrepreneur partirait bientôt, et il n’avait pas l’intention de revenir pour l’inauguration. Quand il ne serait plus là, peut-être Maylène cesserait-elle de rêvasser bêtement, de refaire l’histoire et de se persuader qu’il y avait eu pour Sam, comme pour elle, quelque chose au-delà de la déception.
Au moment où Maylène arrivait à la réception, devant le bureau de James, elle se retrouva face à face avec le cow-boy en personne.
– Oh !
– Bonjour, Maylène, la salua-t-il doucement.
– Bonjour, murmura-t-elle.
Puis, s’apercevant que Sam n’était pas surpris de la voir et que Tyler était là lui aussi, elle demanda :
– Que se passe-t-il ?
– Nous n’en savons pas plus que vous, répondit Tyler. Simplement que nous avons été convoqués.
– Convoqués ? répéta Maylène à l’instant où la porte s’ouvrait derrière elle.
Elle se retourna. Les yeux de James, son visage, sa silhouette étaient aussi froids, aussi inflexibles – et indéchiffrables – que la pierre.
– James ? interrogea-t-elle, alarmée. Que se passe-t-il ?
Un instant fugitif, le regard dur s’adoucit, pour elle. Maylène était une victime innocente. Il avait eu l’intention de lui annoncer la terrible nouvelle après son entrevue avec Tyler et Sam.
James comprit qu’il s’était trompé. Elle avait le droit de savoir tout de suite.
– Si tu entrais, Maylène ? Nous avons un problème, commença-t-il d’une voix calme, contrôlée comme toujours. Il y a une heure et demie, j’ai reçu un coup de fil du
commissaire au bâtiment. Il a reçu deux lettres affirmant que la qualité des matériaux utilisés pour le Palais n’est pas conforme aux normes.
– Quels matériaux ? demanda Tyler.
– Le béton, l’acier, le verre.
– La totale, railla Sam. Il faut reconnaître que nous voulions être sûrs que la bicoque s’écroulerait au premier coup de vent ! Je parie que les lettres sont anonymes.
– Il paraît que non, quoique personne ne semble vouloir me communiquer les noms des signataires. Ils ont été interrogés et campent fermement sur leurs positions. II ? ne se connaissent pas, ne paraissent pas avoir de relations communes, et aucun d’eux n’a jamais été impliqué dans une quelconque activité criminelle. L’un d’eux a participé au chantier, l’autre travaille sur les quais de Grand Prix.
– Tyler et moi sommes des criminels, c’est cela ? énonça Sam avec un dégoût mâtiné d’incrédulité. Et notre culpabilité est encore plus flagrante, puisque j’ai tenu à ce que ce soit Grand Prix qui fournisse les matériaux !
– C’est la conclusion de cette discussion, James ? s’enquit Tyler d’une voix calme et froide de colère. Tu insinues que Sam et moi serions complices d’une escroquerie, que je t’aurais facturé des matériaux haut de gamme pour te livrer de la camelote à la place ? Pour quoi ? Quelques millions de dollars ?
– Un certain nombre.
– Par cupidité, alors ?
– Un mobile vieux comme le monde.
– Tu ne peux pas croire cela, James.
L’expression de James Drake demeura impénétrable ; seul un muscle de son visage tressaillit subitement.
– Peu importe ce que je crois, répondit-il. Mais, vu les catastrophes qui se sont déjà produites à Hong Kong à la suite de malfaçons, la commission du bâtiment est obligée de suspendre les travaux. Deux sources indépendantes – et apparemment irréprochables – leur ont signalé que les fondations du Palais de jade sont à peu près aussi fiables que des sables mouvants.
– Des sables mouvants ? répéta Sam d’un ton fiévreux. Quelqu’un s’est-il soucié de parler à Chan Peng ? D’accord, Tyler et moi sommes suspects parce qu’étrangers. Mais
Peng est d’ici. Il connaît ses responsabilités envers la population de Hong Kong. Interroge-le, James. Il te dira que nous avons bâti le Palais de jade pour qu’il dure éternellement.
– Il a été consulté. Il dit qu’il n’était pas là quand on a coulé les fondations.
James parlait à Sam, mais, du coin de l’œil, il surprit une réaction chez Maylène.
– Oui, qu’y a-t-il, Maylène ?
– Peng était absent, en effet, confirma-t-elle. Il était malade.
Elle fixait Sam, comme s’il l’y obligeait.
– Je lui ai dit de rentrer chez lui, renchérit l’entrepreneur d’une voix dangereusement calme. Je lui ai garanti que j’étais capable de superviser le coulage du béton.
Il se tut, laissant ses yeux bleu sombre rappeler à Maylène les autres faits de ce jour-là : les bottes qu’il lui avait offertes ; son aveu déguisé du besoin qu’il avait d’elle ; le tendre souhait de la voir devenir une cow-girl – sa cow-girl. Lorsqu’il fut certain que Maylène se souvenait de toutes les promesses intimes de ce jour d’été, il lui demanda très doucement :
– Tu crois que j’ai empoisonné Chan Peng, Jade ?
Tu crois que j’ai délibérément détruit ton rêve extraordinaire ?
Non, bien sûr que non, je ne crois pas cela ! cria le cœur de Maylène.
Mais, alors même qu’elle luttait pour trouver le courage de laisser voir son amour à cet homme qui avait joué avec elle, ne passèrent dans ses yeux que les ombres de l’incertitude. Pour Sam, ces ombres furent aussi accablantes que l’eût été une franche accusation.
A cet instant, il n’eut qu’une envie : quitter Hong Kong. Il le ferait dès que possible. Rien cependant dans son expression ne trahit cette urgence. Ses yeux s’attardèrent sur Maylène, séducteurs et moqueurs, et ce ne fut que lorsque la vulnérabilité de la jeune femme – la plus extraordinaire de toutes les illusions – vint lui rappeler ses espoirs insensés qu’il se détourna, lentement.
– Et maintenant, James ? questionna-t-il.
– Que suggères-tu ?
– Tu veux dire, hormis un typhon ? Je pense que tu devrais démolir une partie du bâtiment, n’importe laquelle, et l’examiner soigneusement. La qualité est partout irréprochable.
– Je soumettrai ta suggestion à la commission du bâtiment, rétorqua James. Mais il risque de s’écouler un bon moment avant qu’ils ne donnent suite. Actuellement, je ne suis pas en odeur de sainteté. L’hypothèse semble être que nous aurions tous les trois organisé un coup destiné à escroquer la banque, sans oublier la population de Hong Kong.
– Donc, nous tombons tous ensemble.
– On le dirait bien.
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