Perle de Lune

Katherine Stone · Chapitre 28 sur 36

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Perle de Lune

Chapitre 27

 

Allison alla répondre à contrecœur au coup de sonnette insistant. A deux jours de l’échéance du 11 décembre, elle travaillait d’arrache-pied dans sa chambre noire à développer les photos qui seraient remises ce matin-là à

James – à Mme Leong – comme promis.

En voyant l’expression de Maylène, la jeune femme regretta son instant d’hésitation.

– Qu’y a-t-il, Maylène ? Que s’est-il passé ?

La fenêtre panoramique du salon d’Allison offrait une vue superbe sur le Palais de jade de l’autre côté du port. Durant tout son récit, Maylène lui tourna le dos, mais Allison qui l’écoutait conservait dans son champ de vision l’édifice de jade et d’albâtre qui miroitait malgré la grisaille du ciel, comme ignorant des nuages qui couvraient Hong Kong aussi bien que de la chape de scandale qui pesait désormais sur lui.

– C’est quelqu’un d’autre, décida tranquillement Allison lorsque Maylène eut terminé. Je ne connais pas vraiment Tyler, mais il n’aurait rien pu faire sans la complicité de Sam. Et jamais Sam n’aurait commis un acte aussi malhonnête, aussi destructeur. Tu es d’accord, n’est-ce pas ?

– Oui, confessa Maylène au désespoir.

Elle regrettait de n’avoir pas eu le courage de laisser voir à Sam qu’elle ne doutait pas de son innocence. L’aveu de son amour l’aurait amusé ; et alors ? Le souvenir d’un rire dans ses yeux eût été moins pénible que celui qu’elle gardait : l’image indélébile du mépris de Sam.

– Et James ? Il ne peut pas croire que Sam et Tyler sont coupables.

– Je ne sais trop ce que pense James. Sans doute était-il furieux, mais il s’est dominé comme d’habitude. Tous sont restés calmes. Le Palais de jade signifie tant pour James.

– Je sais, acquiesça doucement Allison. Et aussi pour toi.

Allison éprouvait une colère terrible contre celui qui avait cyniquement terni l’éclatant triomphe de James et de Maylène ; pourtant, très soudainement, sa colère se tourna vers James et Maylène eux-mêmes, qui avaient tant investi – leur cœur, leur passion, leurs rêves – dans quelque chose d’aussi peu essentiel que la pierre et l’acier.

– Au fond, que le Palais de jade ouvre ou pas n’a strictement aucune importance.

– Hein ? Que dis-tu, Allison ?

– As-tu lu Le Magicien d’Oz ?

Cette digression acheva de surprendre Maylène.

– Oui, bien sûr, mais…

– Tu te rappelles pourquoi Dorothy, l’épouvantail, le bûcheron en fer-blanc et le lion poltron s’en vont tous vers la Cité d’émeraude. Us croient que le magicien leur donnera ce qui manque à leur vie. Mais le magicien se révèle n’être qu’une illusion. Il n’a aucun pouvoir de leur donner quoi que ce soit. Le pouvoir est en eux-mêmes. Le Palais de jade n’est qu’une chimère, Maylène, un symbole. Pour James, il représente la promesse faite à Gweneth. James est pareil au bûcheron en fer-blanc. Il croit qu’il n’a pas de cœur, que l’hôtel est son cœur. Moi, même si je me suis prise pour Dorothy en arrivant à Hong Kong, je m’aperçois que je ressemble davantage au lion, en cherchant à être moi-même.

A me battre pour ce en quoi je crois, et pour les gens que j’aime. A présent, Allison bataillait pour ceux qu’elle aimait, et quand elle se tut, le visage empourpré, haletante, ses yeux étaient aussi brillants que la lumineuse cité d’Oz.

Peut-être trop brillants, trop ardents, et peut-être ses paroles avaient-elles poussé trop loin les limites de leur amitié. Maylène se détourna brusquement et regarda au loin vers l’illusion de jade de l’autre côté de l’eau.

Allison retint son souffle. Elle attendait, elle espérait…

Enfin Maylène parla, d’un ton où perçaient l’émerveillement et l’espoir :

– Je suis Dorothy, c’est cela ?

– Je le crois, répondit Allison avec la même douceur heureuse. Tu cherches ta maison, ta place dans le monde. Le Palais de jade n’était que le prétexte à ton retour à Hong Kong. En réalité, tu es revenue pour ta mère… Je me trompe ?

– Non, tu as sans doute raison.

Quittant des yeux le rêve brisé de l’autre côté de l’eau, Maylène revint à la sœur qui comprenait le seul rêve vraiment important.

– Je pensais aller la voir… de loin pour commencer… demain soir.

– Oh, Maylène. Je suis si heureuse. Que veux-tu dire par « de loin » ?

– Il y a un meeting demain soir au Colistine. Ma mère sera sur l’estrade, expliqua-t-elle avec fierté. Ce n’est pas le lieu idéal pour des retrouvailles, il y aura sans doute des milliers de gens, mais…

– C’est un premier pas. Veux-tu que je t’accompagne ?

– Non, merci, répondit Maylène, le regard brillant de gratitude. Mais si tu me permets de t’emprunter un peu de ton courage ?

 

– Bonjour, Madame Leong, ici Allison Whitaker. Je suppose que M. Drake est assailli d’appels téléphoniques ; puis-je vous laisser un message pour lui ?

– Certainement.

– Auriez-vous la gentillesse de lui demander s’il est libre pour dîner avec moi ce soir ? Je ferai monter un repas de chez DuMaurier. Précisez-lui que j’aimerais qu’il soit en smoking.

Mme Leong promit de transmettre le message dès que James ne serait plus en ligne et de lui téléphoner aussitôt la réponse. Durant la demi-heure qui suivit, Allison tourna comme un lion en cage, un lion qui n’avait plus rien de craintif. Elle savait qui elle était, ce en quoi elle croyait… et elle se battrait pour ceux qu’elle aimait.

Enfin, la réponse arriva, mais non par l’entremise de Mme Leong.

– Vous n’avez pas peur de moi, je vois.

– James ? Peur de vous ?

– Il n’y a pas beaucoup de gens dans Hong Kong, hormis peut-être quelques journalistes, qui voudraient passer la soirée avec moi.

– Je n’ai pas peur.

– Peut-être pourrions-nous prendre un verre au lieu de dîner ? Je ne serai sans doute pas libre avant minuit.

– Oui, parfait. Minuit, c’est très bien.

– Mme Leong m’a parlé de smoking ?

– Si vous préférez ne pas…

– Je préfère.

 

A vingt-trois heures trente, Eve s’éclipsa du cercle de ses invités afin de passer un bref coup de fil. Tyler était à son bureau à Grand Prix et répondait aux appels incessants et souvent agressifs qui venaient du monde entier, mais Eve l’obtint tout de suite, sur la ligne privée qu’il laissait toujours libre pour elle.

– Ève ?

– Oh, Tyler, murmura-t-elle, je suis tellement triste.

– Ça va. Au moins la moitié des clients auxquels j’ai parlé continueront de faire confiance à Grand Prix – à condition que je leur concède des rabais, évidemment.

– Tu as l’air épuisé.

– Je vais bien. La seule chose qui compte, poursuivit-il d’une voix d’où s’envola toute lassitude, c’est que lundi soir Lily sera tirée d’affaire et que toi et moi partirons pour l’Australie.

Tout au long de la soirée, Eve avait écouté Geoffrey et leurs invités discuter du scandale du Palais de jade, ainsi que de l’avenir plus que compromis de James Drake, Tyler Vaughn et Sam Coulter. Il fallait porter au crédit de Geoffrey qu’il avait loyalement défendu les trois hommes. Mais, avait-il ajouté gravement, leurs moindres faits et gestes seraient désormais surveillés. Leur conduite devrait être irréprochable. Sam devait regagner sur-le-champ son bureau à San Antonio, affirmait le maître de Peak Castle, afin de faire taire les bruits fâcheux. Quant à James et Tyler, il leur fallait rester à Hong Kong pour convaincre leurs créanciers, comme leurs clients, que leur entreprise était solide, solvable, au-dessus de tout soupçon.

Eve savait que Tyler ne pourrait quitter Hong Kong lundi soir avec l’épouse du plus puissant taï-pan de la colonie. Grand Prix ne s’en relèverait jamais. Tyler le savait aussi, forcément. Pourtant, il n’y avait qu’amour dans la voix qui venait de lui confirmer qu’ils vogueraient vers leur rêve.

– J’ai un autre plan, proposa doucement Eve. Lundi soir, je viens vivre avec toi dans l’appartement.

– Clandestinement ?

– Je n’aurai pas l’impression de me cacher. Tu veux bien ? Nous partirons plus tard pour l’Australie.

– Est-ce vraiment ce que tu souhaites ?

– Absolument.

– Je t’aime, Evangéline

– Je t’aime, Tyler, souffla-t-elle. A lundi.

 

A minuit précis, Allison ouvrait sa porte à l’homme qu’elle aimait. Le visage de James était creusé, assombri ; la panthère en lui semblait plus captive que jamais, plus féroce, plus avide, mais Allison n’éprouva aucune crainte.

– Vous êtes harassé, murmura-t-elle.

– Et vous êtes ravissante.

– Juliana Kwan m’a fait cette robe pour le soir du Nouvel An.

– Je ne parlais pas de la robe, Allison, mais de vous.

Le champagne les attendait dans le salon. Dès que James eut rempli les deux flûtes en cristal, Allison leva la sienne :

– Au Palais de jade.

James hésita un instant avant d’entrechoquer doucement sa flûte avec la sienne.

– Au Palais de jade, fit-il en écho.

Lorsqu’ils eurent absorbé quelques gorgées, Allison inspira profondément, puis se lança :

– Maylène m’a raconté qu’à la fin de la réunion, vous lui avez dit : « Si je suis la cause de tout cela, sachez que j’en suis profondément désolé. » Elle n’a pas compris ce que vous entendiez par là, mais l’idée m’est venue que vous soupçonniez peut-être le responsable de la mort de Gweneth d’avoir orchestré le sabotage de l’hôtel…

Durant un long moment, James se contenta de la regarder. Comme elle était courageuse. Et si charmante.

– C’est pour cette raison que vous m’avez invité ce soir ? s’enquit-il avec douceur. Vous saviez qu’il n’existait personne d’autre avec qui je puisse en parler et vous avez pensé que j’aurais grand besoin d’en discuter.

Allison hocha la tête. Ses boucles d’or rouge vinrent caresser son visage et, comme en réaction à ces flammes dansantes, ses joues rosirent.

– Vous auriez pu aborder le sujet avec l’inspecteur de Scotland Yard. L’avez-vous fait ?

– Oui.

Le cœur d’Allison bondit.

– Donc, vous pensez que le… meurtrier de Gweneth… est le responsable ?

– C’est possible. Cela dit, il y a à Hong Kong bien des promoteurs qui aimeraient me voir discrédité, même temporairement ; ils hériteraient de certains contrats très lucratifs. Il existe aussi bon nombre de taï-pans qui seraient ravis de voir tomber Tyler, pour la même raison. Ce dont je suis certain, en tout cas, c’est que celui qui a orchestré tout cela a soigneusement préparé son coup. Probablement avant même l’ouverture du chantier.

– Maylène m’a parlé de la maladie de Chan Peng en juillet. Vous croyez qu’il a été empoisonné ?

– Absolument. Le mettre dans l’incapacité de travailler au moment où l’on coulait les fondations nécessitait une préparation soigneuse, mais c’était plus facile que de trouver les deux hommes qui ont écrit les lettres. D’après ce que j’ai entendu dire, il s’agit de citoyens au-dessus de tout soupçon. Aucun ne se serait fait acheter. Mais allez savoir… Au nom de l’honneur familial, pour protéger quelqu’un qu’on aime, on peut céder au chantage.

– Il y aurait dans leurs familles quelque chose susceptible de provoquer un scandale ?

– Je n’en sais encore rien, fit James avec un sourire désabusé. Depuis une heure environ, une enquête discrète a été lancée.

Son sourire disparut.

– Même si on découvre qu’ils ont été corrompus, il ne sera pas facile de remonter la piste jusqu’au cerveau de l’affaire. Il s’est forcément protégé derrière une foule d’intermédiaires. Le seul espoir, c’est de laisser le scénario se dérouler jusqu’au bout.

– C’est-à-dire ?

– La banque m’a d’ores et déjà mis en demeure de rembourser mon prêt. Au lieu d’obtempérer, je les laisserai s’emparer de l’hôtel. Ils le vendront aux enchères et quelqu’un l’obtiendra à bon prix.

– Et ce quelqu’un sera l’assassin ?

En son for intérieur, Allison estimait peu vraisemblable que l’ennemi mortel de James, si rusé jusqu’alors, se démasque si ouvertement et dans de telles circonstances.

– Si nous avons beaucoup de chance, fit James.

Son intonation confirmait ce qu’Allison savait déjà : ils n’auraient pas tant de chance.

Quand bien même le meurtrier de Gweneth avait ourdi cette machination contre le Palais de jade – et par conséquent contre James –, il ne courrait pas le risque de s’emparer de l’hôtel en guise de butin. La fin de la domination de James Drake sur les meilleurs terrains de Hong Kong suffisait. Satisfait de son dernier méfait, le monstre avait sans doute déjà regagné son repaire dans les ténèbres.

Une fois déjà, James Drake avait été gravement meurtri. Mais, en apprenant la vérité sur la mort de sa femme et de son enfant à naître, il s’était miraculeusement rétabli, galvanisé par sa soif de vengeance. Voilà qu’on l’avait une deuxième fois atteint, cette fois à travers son empire. Il pourrait le reconstruire et, dans quelques années, peut-être parce qu’il se sentirait menacé, le meurtrier resurgirait pour commettre à nouveau le mal, puis, une fois encore, il disparaîtrait et…

– Allez-vous passer votre vie entière à attendre une occasion de vengeance qui risque de ne jamais se présenter ?

– Non, répondit sourdement James.

– Non ?

Il sourit tendrement à la jeune femme qui, si elle ne comprenait pas encore pleinement le sens de ce simple mot, se sentait soudain emplie d’espoir – pour lui.

– Je veux qu’il soit pris et châtié pour ce qu’il a fait, reprit gravement James. Je ne cesserai jamais de le souhaiter, Allison, jamais. Mais je cesse de vouloir m’ériger en justicier.

– Vous aviez prévu de le tuer de vos propres mains, murmura-t-elle, certaine de ce qu’elle avançait. Je suis heureuse que vous y renonciez, James. Même si c’est un monstre, il vous aurait été très difficile… psychologiquement… de faire cela.

– Peut-être, concéda-t-il tout en ne doutant pas qu’il était capable de tuer le monstre sans l’ombre d’un remords. Mais ce n’est pas pour moi-même que je renonce. C’est pour vous, Allison… pour nous.

Sa voix était tendre, et à l’éclat amoureux de son regard répondit la joie dans les yeux d’émeraude.

– Nous ?

– Je vous aime, Allison. Je ne croyais pas possible d’aimer à nouveau, pourtant c’est arrivé.

– Moi aussi je vous aime, James.

Le cœur de la jeune femme prenait son envol, et cet envol eût été sans mélange si…

– En septembre, vous vouliez que je quitte Hong Kong.

– J’avais l’impression que vous étiez en danger.

– Plus maintenant ? A cause de ce qui est arrivé au Palais de jade ?

D’un sourire aimant, James fit taire ses inquiétudes.

– Je ne vous aurais pas laissée partir sans vous avouer mon amour et vous expliquer qu’il s’agissait de votre sécurité. Bien avant aujourd’hui, j’avais décidé de renoncer à mon projet.

Son regard ne quittait pas Allison, cette femme qui n’avait jamais eu peur de l’aimer, pas même lorsqu’il avait brutalement voulu l’éloigner de lui. Dans le silence, les mains qui pendant si longtemps n’avaient brûlé que de tuer, qui maintenant n’aspiraient qu’à l’amour, caressèrent le ravissant visage.

– Tu m’épouseras, Allison ? Veux-tu être ma femme ?

– Oui, James, souffla-t-elle. Oui !

 

Elle était papillon, fragile et délicate.

Il était panthère, tout en force et en puissance.

Grâce à lui, elle avait trouvé ses ailes et appris à voler.

Grâce à elle, il n’était plus captif.

Pourtant, James était encore férocement affamé d’elle.

La robe vert jade brodée d’étoiles et de papillons gisait sur un fauteuil, le smoking noir avait été abandonné quelque part dans l’ombre. Dans le lit d’Allison, ils s’enivraient de baisers, de caresses, de mots d’amour.

Mais soudain, James discerna une hésitation dans le regard amoureux.

– Allison ?

– Je n’ai jamais fait l’amour, James. Je pensais que tu l’aurais deviné.

Aveu stupéfiant, à la fois grave et joyeux. Parce qu’elle avait été fiancée, il avait supposé…

Avec une tendresse inouïe, il écarta du visage aimé une mèche bouclée, baignée d’un éclat de lune.

– Tu attendais ta nuit de noces ? demanda-t-il doucement. Tu préfères ?

– Non, murmura Allison.

L’incertitude avait déserté son regard. Jamais les yeux d’émeraude n’avaient été plus radieux – ni plus intrépides.

– Ce n’est pas ma nuit de noces que j’attendais, James… c’était toi.

 

Maylène regagna les Alizés peu après une heure du matin. Des heures durant, elle avait marché dans le vent mordant ; à présent elle allait nager des heures dans l’eau chaude de la piscine de l’hôtel, et peut-être n’irait-elle pas se coucher du tout. Tout son être était dans l’attente, en alerte, impatient et ardent.

Son projet d’aller se mêler à la foule le lendemain soir, d’approcher sa mère tout en restant à distance, suffisait largement à expliquer son agitation. Et cependant, il lui semblait qu’il se préparait autre chose, un événement encore plus incroyable, encore plus décisif…

De l’autre côté de Victoria Harbour, Garrett Whitaker, lui aussi, frémissait de tout son être en marchant vers l’hôtel Peninsula. Enfin, il était là, à nouveau. Les perturbations climatiques hors saison ne sévissaient pas que sur le sud de la Chine. A San Francisco aussi les éléments se déchaînaient : pluies torrentielles et bourrasques avaient occasionné perturbations et retards ; pendant six heures, Garrett avait craint que son vol ne soit annulé.

Maintenant il était là. Dans douze heures, il verrait

Juliana. Il savait qu’il ne dormirait pas cette nuit. Son cœur impatient palpitait du même pressentiment que celui de sa fille : il allait se produire quelque chose de réellement extraordinaire.

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