Perle de Lune
Chapitre 34
Port d’Aberdeen
Dimanche 12 décembre 1993
Le typhon de la nuit passée avait été beaucoup plus terrible que celui qui avait détruit l’univers de Mer paisible plus de trente ans auparavant, mais, cette fois, la déesse Tin Hau avait choisi de protéger le peuple de la cité flottante. Au dernier moment, les rafales féroces s’étaient élancées à l’assaut du pic Victoria avant de retomber sur le Palais de jade ; hormis une tempête de feuilles de palmiers et d’eucalyptus, Aberdeen avait été épargné.
Maylène ignorait ce qui l’avait poussée à venir ici, en ce lieu où Juliana avait vécu autrefois, mais tandis qu’elle se promenait le long du rivage, une pensée surprenante commença de poindre dans son esprit : sa mère et elle se ressemblaient beaucoup.
Un moment, elle se cabra devant cette idée. Pourtant, l’une comme l’autre, elles s’étaient trouvées déchirées entre deux mondes. Enfant de la mer, Juliana rêvait de vivre sur la terre, et sa fille, fruit de deux origines, rêvait d’être acceptée un jour dans sa complexité. Toutes deux, aussi, avaient vu leur existence basculer à l’âge de treize ans.
Mais… mais Juliana était si courageuse, si aimante, si forte. L’adolescente qui avait survécu au typhon était devenue une femme capable du plus grand amour. Elle était tombée amoureuse de Garrett Whitaker, profondément, pour toujours, et bien que cet amour n’eût pas été réciproque, ce que Juliana avait éprouvé était merveilleux – et bien réel. Elle avait bercé sa fille des heureux souvenirs de cet amour imaginaire et, treize ans durant, ses paroles magiques avaient tissé le bouclier invisible qui a\ ait protégé le jeune cœur de Maylène des railleries les plus cruelles.
Les mensonges de Juliana avaient été mensonges d’amour. Elle avait seulement – et toujours – voulu protéger sa fille bien-aimée de toute tristesse, de toute douleur.
Exactement comme je protégerais mon bébé, songea Maylène. Exactement comme je le protégerai.
A cet instant, le regard fixé sur les jonques qui se balançaient doucement dans le port, Maylène prit conscience qu’elle avait joint les mains sur son ventre, comme pour déjà caresser – et protéger – une vie nouvelle qui s’y abritait.
Je t’ai aimée dès l’instant où j’ai su que tu vivais en moi. Sais-tu à quel moment, ma chérie ? Quelques heures seulement après ta conception, avant même que ton père ne quitte Hong Kong. Maylène avait méchamment rejeté les paroles de sa mère ; preuve supplémentaire, s’était-elle moquée, de ses illusions romantiques.
Et à présent… à présent, Maylène sentait poindre une petite vie en elle. Qui n’avait que quelques heures. Qui déjà avait besoin de toute sa protection et de tout son amour. Simple fruit du plaisir ? Pour Sam, oui, pas pour elle. Pour Maylène, ce bébé était l’enfant du plus grand amour.
Et que dirait-elle à ce petit à propos de son père ? La vérité : qu’il était tendre, aimant. Le mensonge aussi : qu’il aurait vécu avec eux, qu’il les aurait chéris si seulement il avait pu… mais qu’il était mort.
– Oh, maman, murmura Maylène. Nous nous ressemblons tellement.
– May-May, s’exclama joyeusement Juliana quand elle ouvrit la porte de sa maison de la Vallée heureuse.
C’était presque le crépuscule. Le ciel hivernal se colorait de lavande et d’or ; l’air embaumé devenait piquant. Juliana ouvrit en grand la porte pour accueillir sa fille.
– May-May, répéta-t-elle.
– Maman… Je suis venue demander ton pardon.
– Mon pardon ? répéta Juliana.
Un instant, la joie de Juliana vacilla. Elle avait cru que
Maylène avait entendu toutes ses paroles, s’était souvenue de toutes.
– C’est moi qui ai besoin d’être pardonnée. C’est moi qui ai menti. Tu as oublié ? La dernière chose que je t’ai dite avant que tu ne quittes Hong Kong, c’était que… j’espérais qu’un jour tu pourrais comprendre… et pardonner.
– Je me rappelle mais… tu n’as jamais eu l’intention de me faire du mal… et j’ai été tellement cruelle avec toi.
– Oh, ma chérie.
Dans un geste maternel aussi ancien que le monde, Juliana tendit la main vers sa fille pour écarter tendrement une mèche de cheveux qui masquait le précieux regard qu’elle avait besoin de voir.
– Tu avais passé ta vie à souffrir, à le cacher pour me protéger, et quand tu as su ce que j’avais fait, tu t’es sentie trahie. Je voulais que tu comprennes. Mais comment aurais-tu pu ? Tu étais si jeune, ma May-May, une enfant encore, une fillette aimante qui avait toujours été si courageuse. Jamais tu n’as été cruelle, mon amour, tu étais seulement blessée.
Elle ouvrit les bras. Reconnaissante, Maylène s’abandonna à la douce étreinte maternelle.
– Je t’aime, ma May-May, comme je t’aime.
– Oh, maman, je t’aime moi aussi.
Longtemps après, la jeune femme s’écarta légèrement, pour voir le visage aimé de sa mère.
– Maintenant, je comprends vraiment, dit-elle doucement. Je comprends tout.
Juliana perçut la douceur des mots de Maylène, lut l’espoir et la tristesse dans les yeux vert jade, mais avant qu’elle puisse s’enquérir de l’homme dont sa fille était tombée amoureuse, une autre voix intervint :
– Tu ne comprends pas tout, non.
Toute sa vie, Maylène Kwan s’était demandé à quoi ressemblait la voix d’un père qui aime sa fille… à présent elle savait. La voix aimante était là, derrière elle, et elle parlait à nouveau, cette fois dans un cantonais parfait, résultat de vingt-huit ans d’entraînement, elle murmurait son nom – Fille du Plus Grand Amour.
Maylène brûlait de se retourner, mais son corps était paralysé. Cet ultime mouvement d’amour, semblait-il, lui était impossible.
La Fille du Plus Grand Amour n’eut pas à l’effectuer seule. Juliana était là, qui lui tenait la main, comme autrefois quand mère et fille marchaient dans Hong Kong, partageant les souvenirs enchantés de Juliana.
Tendrement encouragée par sa mère, Maylène se tourna vers son père et découvrit un regard vert sombre attendri – tout comme son propre regard s’attendrirait un jour pour son enfant.
– Tout ce que ta mère t’a dit sur nous était vrai, dit Garrett d’une voix tremblante d’émotion. Nous nous aimions profondément, et nous aurions vécu ensemble… à t’aimer… si nous avions pensé que c’était possible, que nous avions le droit.
Il s’avança vers la jeune femme. Déjà, Maylène tendait les mains vers lui.
Il y a des années, lorsque sa mère et elle arpentaient Hong Kong main dans la main, Maylène avait senti son autre menotte lovée dans celle de son père, qui la chérissait, qui la protégeait. Et voilà que la main aimante était là, mêlée aux siennes ; et quand Garrett enlaça mère et fille dans une même étreinte, ils devinrent un cercle d’amour… une famille.
Le ciel scintillait d’étoiles quand ils quittèrent la maison qui dominait la Vallée heureuse pour se rendre à l’hôpital tout proche.
– Allison n’a pas besoin de savoir, avait dit Maylène à ses parents. Vous prétendrez que vous venez de vous rencontrer, que vous êtes tombés amoureux et…
– Allison sait déjà, l’avait tendrement interrompue Garrett. Je lui ai tout raconté ce matin… Elle a hâte de voir sa sœur.
Les paroles de Garrett résonnaient dans l’esprit de Maylène, lui donnaient du courage, cependant, lorsqu’elle approcha de la chambre d’Allison, son cœur s’affola et elle fut saisie d’appréhension. Garrett, Juliana et James s’étaient discrètement retirés dans la salle d’attente voisine. Les sœurs seraient seules, face à face… face à la vérité.
Sur le seuil de la chambre, Maylène marqua un arrêt, mais avant même qu’elle ne se manifeste, les boucles de feu et de clair de lune de la crinière d’Allison se tournèrent vers elle, les deux regards verts se rencontrèrent dans la même expression d’incertitude et d’espoir mêlés. Puis elles se sourirent.
– Maylène, murmura joyeusement Allison en tendant ses bras pâles vers celle qui approchait.
– Je crois que tu devrais m’appeler Dorothy.
– Tu as trouvé ta maison, n’est-ce pas ?
– Presque.
Elle prit Allison dans ses bras et ajouta doucement :
– Maintenant, j’y suis.
Après leur affectueuse étreinte, elles gardèrent les mains unies, achevant enfin le voyage qu’elles avaient entrepris des semaines plus tôt sur une robe de soie brodée d’étoiles argentées.
– Tu es si pâle, constata Allison.
– Je vais très bien. J’étais un peu faible au début, mais maintenant je me sens bien… toi aussi, tu es en forme… et si jamais un jour tu as besoin de sang, tu sais où le trouver.
– Merci, souffla Allison, inclinant la tête. Tu m’as sauvé la vie, Maylène.
– Et moi, rétorqua Maylène, je crois que tu as sauvé la mienne. Et pour tes enfants, Allison… Je peux être leur mère porteuse. Je le souhaite.
Us seront en sécurité en moi, songea-t-elle. Durant ces deux jours, mes fantômes m’ont quittée pour toujours.
– Oh, Maylène !
– Je suis sérieuse, Allison. Si jamais il t’arrivait quelque chose…
– Rien, c’est promis. James et moi consulterons les plus grands spécialistes. Les techniques de suivi des grossesses à risques sont très performantes aujourd’hui. Je suis certaine que tout ira bien.
– Sinon, Allison, si la chose paraît trop risquée, tu voudras bien me prendre pour mère porteuse ? Je t’en prie…
– Oui, fit doucement Allison, reconnaissante. Oui.
– Bien, conclut Maylène avec un sourire. Quoique… avoua-t-elle, ça ne pourra pas se faire tout de suite.
– Tu es enceinte ? comprit aussitôt sa sœur.
– Je crois, même si cela peut paraître insensé de le savoir si vite.
– Mais tu le sais.
– Je le sais.
– Et Sam ? Il est au courant ?
– Sam ?
– Je connais tes sentiments pour lui, affirma Allison.
D’un ton légèrement moqueur et affectueux, mais qui tremblait d’émotion, elle ajouta :
– C’est normal que je sache ce genre de chose. Je suis ta sœur, quand même !
Ta sœur, ta sœur !
Durant un moment, elles ne laissèrent s’exprimer que leurs regards brillants et leurs sourires bouleversés. Puis Maylène ressentit le besoin de parler à sa sœur du secret que celle-ci avait deviné :
– A l’heure qu’il est, Sam Coulter doit être en route pour le Texas.
– En effet, lui confirma gentiment Allison. Il est passé me dire au revoir ce matin. Je lui ai trouvé l’air très triste.
– J’en doute.
– Il était triste, persista Allison. Si tu portes son enfant, poursuivit-elle avec une expression songeuse, il faut qu’il le sache. Tout comme il a besoin de savoir ce que tu éprouves pour lui. Tu n’as pas encore trouvé ta maison, Dorothy. Tu ne seras pas au bout de ton voyage tant que tu n’auras pas tout dit à Sam.
Au soir de Noël, au moment où le luxueux paquebot de ligne qui transportait les Whitaker et les Parish accostait à l’Ocean Terminal de Kowloon, Lily Kai stupéfiait ses parents par son énergie toute neuve. Elle avait parfaitement supporté l’opération, soutenue par Eve qui avait été auprès d’elle avant qu’on ne l’endorme et à son réveil.
Ce même jour, Tyler Vaughn surprenait ses médecins – ainsi que sa future épouse – par son étonnante guérison. Hong Kong, enfin, était stupéfait de la vitesse avec laquelle on démolissait Peak Castle. Pour la première fois depuis des années, le dragon du pic Victoria pourrait assister aux spectaculaires feux d’artifice qui illuminaient le ciel dans la nuit du Nouvel An.
Garrett ne se rendit pas à l’Ocean Terminal pour accueillir ses parents. La tradition voulait que les voyageurs fussent accueillis par des Rolls Royce et conduits en grande pompe dans leurs luxueux hôtels.
Ce ne fut qu’une fois ses parents et ses beaux-parents confortablement installés dans leurs suites voisines au Régent que Garrett se montra.
– Où est Allison ? questionna Pauline Whitaker avant même d’embrasser son fils.
– A côté, au Palais de jade ; elle supervise l’accrochage de ses photos. Elle viendra tout à l’heure. D’abord, il faut que je vous parle.
– Allison va bien, Garrett ? Tu as l’air tellement grave.
– Elle va très bien, papa. A dire vrai, elle n’a jamais été aussi heureuse. Mais nous devons discuter sérieusement, d’un sujet qui vous concerne tous.
Que, peut-être, vous jugerez trop difficile à accepter.
– Commençons pas nous asseoir, d’accord ?
Parce qu’il était clair que Garrett ne dirait rien avant que tous quatre n’aient obtempéré, ils s’assirent… Lui demeura debout… puis il commença.
– Je dois vous parler de la semaine où Blake a trouvé la mort et durant laquelle je me trouvais à Hong Kong.
– Oh, Garrett, non ! Nous sommes là, cela ne suffit pas ? Pourquoi faut-il réveiller les malheurs du passé ?
– Parce qu’ils ont une incidence sur le présent… et sur le futur. Je suis désolé, mais vous devez entendre ce que j’ai à vous dire… J’étais ici, à Hong Kong, mais je n’y étais pas seul. J’étais avec une Chinoise appelée Juliana…
Il leur raconta cette semaine, son amour pour Juliana, la certitude de la jeune femme que leur amour n’avait pas le droit d’exister, son insistance pour qu’il ne l’attende pas, pour qu’il trouve une autre femme à aimer, à épouser.
– Beth n’a jamais su pour Juliana, assura-t-il doucement à Robert et Iris Parish. Et elle ne l’aurait jamais su. J’aimais Beth. Vous le savez.
Us semblèrent vouloir garder le silence. Toute cette histoire, qui les obligeait à évoquer la mort d’un fils, puis d’une fille aimée, était trop choquante, trop douloureuse.
– Oui, Garrett, nous le savons, murmura enfin Iris Parish.
– Maintenant, Garrett, restons-en là. Je t’en prie !
A la prière de sa mère, Garrett répondit par un regard affectueux, mais résolu. Non, il n’allait pas en rester là. Pauline Whitaker baissa les yeux ; son regard tomba alors sur les mains de son fils… et lorsqu’elle vit l’anneau d’or, ce fut elle qui relança la pénible conversation.
– Tu portes une alliance !
– Juliana et moi sommes mariés depuis six jours.
– Mais pourquoi, Garrett ? Pourquoi, après tout ce temps ?
– Parce que, après tout ce temps, nous nous aimons toujours. En vérité, nous nous aimons davantage encore.
– Mais pourquoi vous marier ? Et pourquoi si vite ?
– Parce que ceux qui s’aiment comme Juliana et moi désirent être mariés. Et parce que nous avons voulu, pour notre fille, que tout le monde connaisse notre amour.
– Tu veux dire que ce mariage précipité était l’idée d’Allison ?
C’était effectivement le cas. Alors qu’ils se trouvaient tous réunis dans la maison qui dominait la Vallée heureuse et que Juliana cousait la robe de mariée d’Allison, parsemant la soie ivoire de petites perles iridescentes qui devaient dessiner un jardin de roses et de papillons, la jeune fille, en posant sa main sur celle de Juliana, avait ordonné : Arrête, je t’en prie, fais d’abord ta robe de mariée.
– Le fait est, reconnut Garrett, qu’Allison a insisté pour que nous nous mariions aussi vite. Mais, en disant « notre fille », je parlais de Maylène…
Son regard grave soutint ceux, stupéfaits, de ses parents.
– Votre autre petite-fille, reprit-il, l’enfant que Juliana et moi avons conçue il y a vingt-huit ans.
– Toi et Juliana…
Comme il eût aimé ne pas pouvoir lire les pensées non formulées de ses parents. Comme il eût aimé ne pas sentir leurs préjugés envers l’Eurasienne que leur fils avait engendrée. Comme il eût aimé rester aveugle à la réalité : ils ne voulaient pas d’elle.
Son cœur gronda de rage, mais il lutta contre sa colère, se contint. Il ne partirait pas avant de leur avoir dit tout ce qu’il était venu leur dire – parce que les paroles qu’il lui restait à prononcer, les plus importantes, concernaient Maylène.
Il continua, expliqua à ses parents combien la vie de Maylène avait été difficile, et combien il l’aimait. Il se garda de faire allusion à sa grande beauté et leur cacha qu’elle était la brillante architecte qui avait dessiné l’un des plus extraordinaires édifices de Hong Kong, un symbole qui ferait date. Il leur tut même la joie d’Allison et celle de Maylène d’être sœurs.
Garrett voulait que ses parents acceptent Maylène spontanément, parce qu’elle était leur petite-fille, non parce qu’elle possédait des références susceptibles de les convaincre de passer outre leurs préjugés.
C’était trop leur demander, comprit-il face à leur expression incrédule, hostile même. Il plaida néanmoins jusqu’au bout :
– Maylène est votre petite-fille au même titre qu’Allison, conclut-il. Allison et Maylène sont sœurs. Juliana et moi sommes mari et femme, et nous désirons que vous fassiez partie de notre famille… si vous le souhaitez.
Ils ne le souhaitaient nullement. Garrett ne le voyait que trop. La haine de ses parents pour tout ce qui était asiatique était aussi profonde et forte que l’amour qu’il portait à Juliana et à Maylène. Ses parents et ses beaux-parents ne pouvaient accepter ce qu’ils venaient d’entendre – ce qui signifiait qu’ils allaient s’éloigner, peut-être pour toujours.
Il apparut cependant que son père allait le précéder dans les adieux. Douglas Whitaker se leva ; à voir le vieil homme chercher les mots par lesquels il allait congédier son seul fils vivant, Garrett eut le cœur déchiré. Il avait beau être un homme mûr, avoir une épouse, deux filles, sa propre famille, il ressentit toute la souffrance de l’enfant abandonné par son père.
Une douleur inattendue, presque insupportable… mais dérisoire comparée à celle d’une enfant de treize ans qui vient de découvrir que le père qu’elle avait tant aimé avait trahi son amour.
Garrett tourna les talons. Il avait besoin d’aller retrouver cette enfant, cette fille bien-aimée, besoin de lui répéter combien il l’aimait, et de l’aider à supporter ce nouveau rejet. Il gagna la porte à grandes enjambées. Sa main qui portait l’alliance brillante allait se poser sur la poignée, quand la voix de son père l’arrêta :
– Garrett.
Il fit volte-face, découvrit le visage de son père congestionné par l’émotion. Il attendit, s’arma de courage en prévision des adieux.
Ce fut d’une voix douce que Douglas Whitaker, le père qu’il avait toujours aimé, admiré, auquel il avait toujours fait confiance, dit à son fils unique :
– J’aimerais faire la connaissance de ma petite-fille.
Pauline Whitaker se leva à son tour, et bien qu’il eût d’elle une image troublée par les larmes, Garrett l’entendit clairement affirmer :
– Moi aussi.
– Et nous, Garrett ? intervint alors Iris Parish. Est-ce que tu souhaiterais… Est-ce qu’il serait possible… que Maylène soit aussi notre petite-fille ?
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