Requiem américain

Jacques Côté · Chapitre 9 sur 36

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Requiem américain

Chapitre 9

 

Jeudi 24 octobre

Les analystes qui avaient examiné l’ordinateur de Viau n’avaient rien trouvé de compromettant. Rien qui pouvait le lier à Bergeron. Pas trop de viande en vue de l’interrogatoire. Ce que feu l’enquêteur de la SQ prétendait ne pouvait se corroborer que par des preuves circonstancielles. Bergeron avait bel et bien séjourné en même temps que Viau au Panama fin avril, début mai, à cent mètres de la villa du motard, mais cette preuve ne valait rien en cour. Pas d’échanges téléphoniques d’après les relevés des fournisseurs. Aucune trace de transaction monétaire. Rien. Tout ce qui restait pour inculper Viau était la présence d’une fille de seize ans dans sa maison et six onces de marijuana. Pendant que Hayden préparait l’interrogatoire, il se dit qu’il allait tout de même jouer la carte de l’enquêteur qui sait des choses et qui est prêt à se montrer clément si Viau collabore. Ce dernier avait exigé la présence de son avocat.

Comme Hayden le leur avait demandé, Yelle et Guevara arrivèrent avec les résultats de leur interrogatoire de la mineure, Audrey Paiement. Ils avaient aussi en main une affiche de Julie Saint-Laurent dans une tenue très sexy.

— Tu comprends pourquoi Bergie a perdu la tête…, railla Hayden.

— C’est ce qui est arrivé littéralement, pouffa Yelle.

Hayden s’en voulut: il n’avait pas eu l’intention de se moquer de Bergeron.

— Très jolie en photo, dit Guevara.

— Imagine en trois dimensions, opina Yelle.

Hayden retourna à ses notes, tourna les feuillets de son calepin à spirale.

— On sait qu’elle a travaillé jusque tout récemment comme danseuse, masseuse érotique et escorte, résuma-t-il.

— Il reste juste à la retrouver, dit Guevara.

Hayden se demanda si Julie Saint-Laurent avait pu servir à attirer Bergeron dans un piège. Baise à volonté, voyages, cocaïne, argent comptant, et puis le chantage avait commencé. Elle n’aurait été qu’un appât et se serait ensuite éclipsée. Il y avait aussi la version shakespearienne: Roméo Montaigu-Bergeron et Juliette Capulet-Saint-Laurent avaient fini par s’aimer…

Il s’extirpa de ses pensées.

— Je suis passé hier à l’appartement de Saint-Laurent. Elle semble être absente depuis un bout, à voir le courrier qui s’empile. Le mandat de perquisition n’est toujours pas rentré?

Hayden tourna la feuille de son carnet.

— Et qu’est-ce que vous avez appris sur Audrey Paiement?

— Elle est dans un centre jeunesse sous la responsabilité de la curatelle publique. Elle dit que Denis Viau est son oncle maternel.

— Avez-vous vérifié?

— Oui. Sa mère, Denise Viau-Paiement, est bel et bien la sœur du motard. Denis et Denise…

Yelle tendit à Hayden la transcription de l’interrogatoire. La jeune Paiement soutenait qu’elle n’avait jamais eu de relations sexuelles avec lui. Dans la déclaration sous serment transmise par l’avocat de Viau, la mère confirmait que son frère ne faisait qu’aider sa nièce et qu’il n’avait rien fait pour qu’elle le poursuive en justice.

Hayden hocha la tête, dépité.

— Tabarnak! Une prise de moins contre Viau.

Il vérifia les données du registre des entreprises du Québec fournies par Guevara. Denis Viau était à la tête d’une compagnie de fabrication d’emballages.

— Des emballages! s’esclaffa-t-il. Emballage de cadavres dans des sacs de couchage, hostie!

Ses hommes éclatèrent de rire. Il poursuivit la lecture de la fiche de renseignements. Les revenus déclarés du motard étaient de cent dix mille dollars. Bon an, mal an, aidé d’un comptable, il faisait ses mises à jour et payait son dû à l’impôt. Son entreprise, située à Verdun, salariait trois employés à temps plein.

— Je vais aller lui poser quelques questions avant la fin de la garde à vue et qu’on se fasse blâmer par un juge…

Vingt minutes plus tard, Denis Viau entra dans la pièce de bien mauvaise humeur. Il alla s’asseoir devant Hayden. Son avocat, qui l’accompagnait, incarnait une respectabilité de façade. En fait, il défendait des crapules comme Francesco Castagna père. Il ouvrit sa petite mallette noire, en sortit une tablette et un magnétophone, actionna son chronomètre. Il prenait trois cent cinquante dollars l’heure, disait-on, déplacement non compris. Il appuya sur la touche d’enregistrement du magnétophone en même temps que Hayden mit en marche le sien. Ce dernier lut d’une voix blanche les droits de l’accusé, puis planta son regard dans les yeux bovins du motard.

— Écoute, je suis prêt à passer l’éponge sur l’affaire de la mineure et des six onces de mari.

— Ces six onces appartiennent à la nièce de mon client. C’est la fille de sa sœur. Elle était venue passer la nuit chez lui parce qu’elle ne savait pas où aller dormir.

— Laissez-moi finir, maître. On sait, Viau, que t’as rencontré Bergeron au Panama et que tu lui as remis deux cent cinquante mille dollars.

Viau faisait non de la tête en regardant son avocat. Celui-ci dit:

— Mon client n’a jamais rencontré le policier Jean Bergeron.

— Pourquoi il ne le dit pas lui-même? Es-tu son double? ironisa Hayden.

— Je connais pas ce gars-là, dit Viau.

— Voyons, tout le monde connaît Jean Bergeron dans ton milieu.

— Je suis pas du genre à lire les nouvelles.

Hayden sentait l’agressivité de Viau monter comme la vapeur dans une bouilloire sur le feu. Avec son air acrimonieux, ses dents croches, ses yeux étroits sous des plis adipeux, il faisait peur. Il fallait être irresponsable pour laisser sa fille coucher chez un type de cette sorte.

L’avocat défendit son client:

— Il vous l’a dit, je vous l’ai dit. Il ne le connaît pas.

— Qu’est-ce qu’Audrey Paiement faisait chez toi en petite tenue à cette heure-là?

— On vient de vous le dire. C’est la nièce de mon client. Elle a décroché de l’école et a trouvé en son oncle Denis un confident.

Hayden éclata de rire.

— Vu la façon dont tu lui criais dessus hier, Sauvage, ta nièce ferait mieux de se chercher un autre confident…

— Mon client a été pris de court. La police qui fait un raid chez toi à sept heures du matin, c’est stressant.

— C’était pas un raid, mais une perquisition. Quel lien t’entretiens avec Audrey, Viau?

— C’est juste la nièce de mon client. Vous avez une nièce, lieutenant Hayden?

— Oui, mais elle se promène pas les fesses à l’air, le matin, chez moi… Vous accepteriez ça, maître?

— Vous ne les avez pas surpris dans des ébats, donc vous n’avez rien contre mon client.

Hayden planta de nouveau ses yeux dans ceux de Viau.

— Vous couchez ensemble, c’est clair.

— Pantoute. Ses parents sont d’accord qu’elle vienne à maison.

— C’est une insinuation malveillante de votre part, lieutenant Hayden.

L’enquêteur sentit une bouffée de chaleur l’envahir. Viau le regardait avec un air de contentement jouissif, tout glissait sur lui comme l’eau sur le dos d’un canard. Les bras croisés, il exhibait ses tatouages grossiers pour narguer Hayden. Celui-ci l’aurait rossé.

L’avocat reprit:

— Audrey était chez M. Viau de son propre chef. Son père, M. Paiement, est le beau-frère de mon client.

— Le dossier d’Audrey indique qu’elle est sous la responsabilité de la curatelle publique. Je ne suis pas sûr que ses parents veillent vraiment sur elle… Ils sont séparés. D’ailleurs, elle aurait dû être dans son centre jeunesse, pas chez Viau.

— Elle avait raté le couvre-feu, rétorqua l’avocat.

Hayden monta le ton.

— Je ne vous parle pas d’un couvre-feu manqué, mais d’une jeune fille sous curatelle qui se retrouve dans le lit d’un criminel.

— Auriez-vous préféré qu’elle passe la nuit dehors?

— C’est sûr que non, avec tous les gars comme lui qui traînent dans les rues, dit Hayden, en désignant Viau et en toisant l’avocat. Je vais donc soumettre au procureur un dossier de détournement de mineure et de possession de drogue. Viau, je vais finir par faire le lien entre Bergeron et toi.

— Audrey avait acheté la marijuana. C’est à elle, non à mon client.

— On va vérifier. Dernière question, Viau: connais-tu Julie Saint-Laurent?

— Non.

— Pourtant, c’est une fille qui danse pour vous autres.

— Ça me dit rien.

— Pourtant, elle était au Panama en même temps que toi et Bergeron, fin avril… Même resort.

Viau éclata d’un rire niais.

— C’est grand, le Panama. Y a plein d’agences de voyages qui font des tours là-bas. Non, j’ai jamais rencontré cette fille-là.

Sur ce, Hayden appuya sur une commande de son magnétophone pour mettre fin à l’enregistrement et fit signe à Viau, qui le fixait de ses yeux arrogants, qu’il pouvait disposer en attendant la décision du substitut du procureur général.

— Comment ç’a été? demanda Yelle lorsque Hayden sortit de la salle d’interrogatoire.

— Rien que de la bullshit!

Hayden regagna son bureau où il aperçut enfin, tout chaud sorti du télécopieur, le mandat de perquisition. Il le prit, ressortit de son bureau et fit signe à Oligny de le suivre.

— Appelez un serrurier, Oli et moi, on va chez Saint-Laurent. Yelle et Che, montez le dossier contre Viau et préparez les chefs d’accusation et ce qu’il faudra remettre au substitut du procureur. L’enregistrement de l’interrogatoire est sur mon bureau. Et vérifiez auprès des douanes si Julie Saint-Laurent est à l’extérieur du pays.

* * *

Le soleil d’automne profita d’une trouée dans les nuages pour illuminer l’habitacle. Le vent fouettait les arbres, qui balançaient leurs branches, tapissant de feuilles jaunes et rouges les trottoirs de Montréal. Celles qui étaient encore accrochées aux arbres semblaient électriques, allumées par un courant invisible. Hayden se rappela qu’il n’avait pas encore ratissé son terrain ni préparé sa maison pour la saison froide. Il n’avait pas non plus monté son abri d’auto, ni chaussé sa voiture de pneus d’hiver, ni commandé son bois de chauffage. Mais si la résidence était vendue prochainement, une corde de bois suffirait et serait une moindre perte.

Le serrurier les attendait dans sa fourgonnette, bien au chaud, en écoutant Tell Her About It, de Billy Joel. Hayden cogna sur la vitre de la portière et montra sa carte d’identité. L’homme descendit, prit son coffre et suivit Hayden. Oligny se trouvait déjà à l’étage, examinant la fente à lettres bourrée de courrier. Le serrurier s’installa, crocheta la serrure, et la porte s’ouvrit. Immédiatement, une forte odeur de litière envahit leurs narines.

— Vous pouvez disposer, dit Hayden. On va refermer. Merci.

— À qui j’envoie la facture?

Le lieutenant lui donna une carte et dit:

— Je la ferai suivre à la comptabilité.

* * *

L’intérieur était garni de meubles de style IKEA. Devant eux, un long couloir avec une grande arche à droite; un salon se prolongeait dans la salle à manger. Une cage à oiseaux était accrochée au linteau d’une seconde arche, qui séparait ces deux pièces. Ils marchèrent jusqu’à la cuisine. La porte arrière était déverrouillée. Ils revinrent dans le salon. Hayden examina la cage et vit qu’une perruche gisait, morte, sur la paille. Il ne restait ni eau ni nourriture.

Un faible geignement se fit entendre derrière eux. Ils se retournèrent et aperçurent dans un panier d’osier un chat noir tacheté de blanc, très affaibli. Ses yeux poissés de mucus s’ouvrirent à peine lorsque Oligny lui caressa la tête. Hayden alla dans la cuisine et trouva les deux écuelles vides. Il en remplit une d’eau et l’apporta au chat, mais celui-ci refusa de boire. Hayden versa le liquide dans sa main en coupe, et l’animal en lapa quelques gorgées.

— Oli, va voir s’il y a de la bouffe dans l’armoire.

Oligny rapporta un sac de croquettes, mais le chat refusa d’en manger.

— Laisse la nourriture à côté de lui, il va peut-être finir par se décider.

Les deux hommes retournèrent dans la cuisine pour examiner le contenu du réfrigérateur. La date de péremption de plusieurs produits était dépassée depuis une dizaine de jours. Il y avait une mousse verte sur la sauce tomate. Du steak haché noircissait. Oligny ouvrit le carton de lait et l’éloigna aussitôt de son nez.

— Ça sent pas bon!

— C’est le cas de le dire…, dit Hayden.

La chambre à coucher se trouvait derrière la cuisine. Ils y entrèrent. Le lit était défait, des vêtements traînaient par terre. Il y avait une valise dans la garde-robe, dont les portes étaient ouvertes. Dans un coin de la pièce, un espace de méditation: un coussin orange, des vases, un brûle-parfum, des bâtonnets d’encens, un bouddha. Sur un mur, une affiche représentant la roue du dharma. Hayden fouilla la garde-robe.

— Partie ou pas, on dirait qu’elle a pris du linge.

Oligny ouvrit les tiroirs d’une commode en pin.

— Habituellement, dit-il, une femme a plus de lingerie que ça.

Soudain, le téléphone sonna, et les deux hommes sursautèrent. L’appareil se trouvait sur une console, dans le couloir. Après trois coups, une voix synthétique dit que la boîte vocale était pleine. Une lumière rouge clignotait. Hayden appuya sur une touche et ils écoutèrent quelques messages.

«Rappelle-moi, Julie, c’est Jean, c’est important.»

Bip!

«Julie, c’est Mona. Pourrais-tu me remplacer Aux sept samedi prochain? J’ai des noces. Tu serais ben fine. Je t’aime. Ciao!»

Bip!

Hayden griffonna dans son calepin le prénom Mona avec la mention «téléphone» suivie du chiffre «sept» et d’un point d’interrogation.

«Djou, c’est encore moi, Jeannou, appelle-moi s’il te plaît, il faut que je te parle. Ça va pas.»

Oligny et Hayden se regardèrent, impatients d’entendre la suite. Ils écoutèrent attentivement les autres messages:

«C’est Jean. Coudon, pourquoi tu réponds pas? T’es peut-être allée danser en région… Si tu prends tes messages, appelle-moi, j’en peux pu. Ces crisses-là, y vont me faire mal. Ç’a pas de bon sens le tort qu’y vont me faire. Il faudrait que tu leur parles. Je sais pu quoi faire.»

Bip!

«Madame Saint-Laurent, ici la secrétaire du dentiste. Vous aviez un rendez-vous hier et ne vous êtes pas présentée. Je vous appelle pour fixer un nouveau rendez-vous.»

Bip!

«[Long soupir.] Djou… [Gémissements.] Je pensais pas que tu me laisserais de même. Je suis inquiet. Pas de nouvelles de toi. Es-tu revenue de voyage? Moi, je suis fini. Il est trop tard. [Long soupir.]»

Il n’y avait pas d’autres messages de Bergeron.

— T’en penses quoi? demanda Oligny.

— Soit Julie Saint-Laurent est une ingrate, ce que je ne crois pas, soit elle a disparu de la circulation d’une façon imprévue ou involontaire. Elle n’aurait pas laissé crever ses animaux.

Oligny ouvrit le tiroir de la petite table du téléphone, sortit des bouts de papier, des comptes et des dépliants. Hayden vit un carton d’allumettes avec le chiffre sept. Il le prit et constata que le bar dont il était question dans le message de Mona s’appelait Aux sept péchés. Hayden se tourna vers Oligny en lui montrant sa trouvaille.

— C’est là qu’elle veut se faire remplacer. Il va falloir lui parler.

— Je m’occupe de faire le relevé des appels.

Sur le mur de la cuisine, Hayden remarqua des photos de voyage punaisées à un babillard. Sur l’une d’elles, on voyait un homme musclé sur la plage, en maillot de bain, portant des Ray-Ban Aviator à effet miroir.

— Regarde, c’est Bergie et Julie Saint-Laurent.

Hayden détacha la photo et lut la date écrite au verso: 6 mai 1996.

— Et qu’est-ce qu’on fait avec le chat? On appelle la SPCA?

— Je vais l’emmener à la ferme, répondit Oligny.

— T’es sûr?

— Ma femme va le soigner. On va voir si t’as neuf vies, toi, dit-il à l’animal en soulevant le panier d’osier souillé d’urine.

En sortant de l’appartement, Hayden aperçut la voisine du dessous qui rentrait chez elle avec ses sacs d’épicerie. Il alla lui poser quelques questions. Elle parut méfiante, mais Hayden présenta sa carte d’enquêteur de la police de Montréal.

— On cherche M Julie Saint-Laurent. Pouvez-vous nous dire quand me

vous l’avez vue pour la dernière fois?

— Je dirais il y a trois semaines, dit-elle avec un accent slave. Elle avait l’habitude de voyager, je la voyais souvent partir ou revenir en taxi avec ses valises. Habituellement, quelqu’un venait s’occuper de son chat et de sa perruche.

— Avez-vous vu quelqu’un entrer dans son appartement depuis trois semaines?

— Je ne cherche pas à savoir ce qui se passe chez ma voisine, mais je n’ai rien entendu à part le chat qui miaulait.

Hayden la remercia et fit signe à Oligny de le suivre.

* * *

En voyant son maître sortir de la voiture, Bad l’accueillit comme tous les soirs. Il s’extirpa de sa niche, tira sur sa chaîne, jappa. Hayden alla le détacher. Le chien le suivit de près et, même une fois dans la maison, resta collé à lui. Tout en caressant son berger allemand, Hayden appuya sur le bouton d’écoute du répondeur téléphonique.

«Bonjour, papa, c’est Fiona! Je suis à Sydney! C’est magnifique et les Australiens sont très sympathiques. C’est le printemps, ici, ça fait drôle. Quand j’ai quitté la maison, les feuilles jaunes tombaient des arbres, et ici tout est en fleurs! C’est comme si j’avais sauté l’hiver! Il fait beau, mais pas trop chaud, autour de vingt-quatre degrés, et la mer est d’un bleu qui se confond avec le ciel. Bref, je suis aux anges et j’espère que tu vas bien. Je vais passer encore quelques jours ici et ensuite j’irai explorer le pays. Je te donnerai souvent des nouvelles. Tu salueras Patrick et Brandon. J’ai téléphoné à maman. Merci encore pour les sous. Bisous! Je t’aime!»

Il resta un instant à sourire, fier de sa fille, ému qu’elle puisse découvrir le monde.

Un peu nostalgique, il remplit l’écuelle du chien et se demanda ce que lui allait manger. L’intérieur du réfrigérateur n’offrait pas un panorama culinaire très invitant. Il restait un vestige de quiche lorraine qu’il mit au four.

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