Requiem américain

Jacques Côté · Chapitre 13 sur 36

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Requiem américain

Chapitre 13

 

Lundi 28 octobre

Arrivé plus tôt que d’habitude à la centrale, Hayden vit les visages surpris du répartiteur et de l’agent de sécurité. Il les salua discrètement en passant rapidement devant eux. Il glissa sa carte magnétique dans le lecteur, la porte s’ouvrit. Il avait passé la nuit à discuter avec Selma. L’idée qu’elle aurait pu mourir les avait empêchés de dormir.

Il fila directement dans son bureau, s’écrasa dans son fauteuil inclinable. Son agenda mental défilait dans sa tête: réunion préparatoire, signalement de la disparition de Julie Saint-Laurent, étude du dossier de Jesse Morel, funérailles de Pomerleau. Et appeler Higgins pour lui demander s’il y avait du nouveau. Dans moins d’une heure, il se mettrait au boulot, mais en attendant il décida de faire un somme.

* * *

Il rouvrit les yeux sur le visage de Guevara.

— Owen? Qu’est-ce que tu fais là?

— Hein?!… je… je suis arrivé tôt parce que j’arrivais pas à dormir…

— Visiblement, tu t’es rattrapé!

Hayden s’étira et se leva en se peignant avec ses doigts. Guevara lui demanda comment allait Selma.

— Dans les circonstances, elle va bien. Mais elle culpabilise à cause de sa voisine.

— Elles se connaissaient?

— De vue seulement.

C’est alors qu’Oligny entra avec Yelle. Ce dernier posa une main fraternelle sur l’épaule du chef.

— Owen, nous sommes tous désolés. Nous savons à quel point Selma compte pour toi.

Hayden opina du chef, masquant son émotion, puis frotta ses yeux rougis par la fatigue, les tourments et les pleurs retenus.

— Merci, les gars. En tout cas, c’est la guerre qu’ils voulaient, ils l’ont!

Guevara s’emporta.

— Ces hosties-là, on va les frapper où ça fait mal! On va les écorcher!

Le cœur enragé, les dents serrées, Hayden approuvait de la tête tout ce que ses compagnons disaient. Ils étaient en guerre et savaient que toute guerre est sale, mais ils étaient résolus à aller jusqu’au bout. Hayden devait aussi faire bonne contenance, ne pas laisser paraître sa peine. Il devait garder la tête froide pour réfléchir. Il se parla à lui-même: «Mets tes émotions de côté. Montre à tes hommes que tu ne te laisses pas démonter. Retrouve ton assurance.»

Il consulta sa montre au moment où Yelle lui tendait une tasse de café.

— Tiens, ça va te faire du bien.

— Merci, Yello.

Il saisit le téléphone et demanda le lieutenant Higgins. Il tomba dans sa boîte vocale. Au moment où il laissait un message à son collègue, il se rendit compte qu’il en avait lui-même reçu un sur son répondeur. Il appuya sur la touche de lecture et tendit l’oreille.

«Bonjour, monsieur l’enquêteur, je suis Mona Sylvestre, on s’est vus vendredi soir. J’aimerais vous revoir. J’aurais quelque chose à vous dire. On peut se rencontrer au même endroit, à huit heures, lundi soir, si vous voulez. Je vous laisse mon numéro.»

Hayden nota le numéro de Mona, puis alla se poster près de la fenêtre avec son café. Il n’y avait rien d’intéressant à voir – le stationnement de Place Versailles, la rue Sherbrooke et l’autoroute Transcanadienne dans leur camaïeu de gris, les immeubles commerciaux, les rues quadrillées du quartier de Tétreaultville –, mais néanmoins ce paysage urbain bétonné le rassurait. Ces voitures, ces camions et ces bus qui circulaient sans cesse, ces piétons qui vaquaient à leurs occupations, tout cela paraissait si normal, reposant.

Un cri le tira de sa torpeur. Sur l’ordinateur de Guevara venait d’apparaître le dossier de Jesse Morel, l’artificier présumé des Hells qui aurait pu faire sauter la voiture du Rock Machine.

— Le document mentionne qu’il a aussi été artificier à la carrière Miron de Montréal.

— On le savait déjà, lui rappela Hayden, agacé.

— Oui, mais attends…

La photo montrait un jeune homme aux traits durs, à la barbe bien fournie et aux cheveux longs, châtains. Son regard et ses yeux effilés comme des lames faisaient peur. Hayden, qui en avait vu d’autres, se rappelait l’avoir arrêté lors d’une rafle, il y a longtemps. Ce visage lui avait inspiré de la crainte. D’après la fiche signalétique, Morel mesurait cinq pieds neuf pouces, pesait cent soixante-quinze livres. Son surnom lui venait de son sale caractère et de son physique effrayant. Qui s’en approche le fait à ses risques et périls.

— Tu devineras pas où vit Morel, dit Guevara à Hayden.

— Au Panama.

— Tu le savais?

— Ben oui, c’est ma job de savoir ça. Morel a des planques un peu partout, et on sait que Bergeron est allé trois fois au Panama. Et maintenant on sait aussi qu’il était accompagné de Julie Saint-Laurent. Mona croit que Saint-Laurent a pu être engagée comme escorte, comme appât pour attirer Bergeron, mais que le charme du policier a opéré et qu’elle est tombée en amour. C’est la rumeur qui court dans le milieu. Et c’est pour ça qu’on l’aurait éliminée. Donc, Viau corrompt Bergeron par l’intermédiaire de Julie Saint-Laurent. Avez-vous contacté les services frontaliers au sujet de Morel? Il a bien fallu qu’il passe les douanes.

— Oui, je m’en suis occupé. Mais peut-être qu’on le verra aux funérailles de Pompon, s’emballa Yelle.

— J’en doute, mais on sait jamais.

Tout en se demandant ce que pouvait bien lui vouloir Mona Sylvestre, Hayden ouvrit le dossier de Jesse Morel. Il tomba sur une photo de son frère, Tom, en compagnie du motard lors d’un rassemblement à Saint-Tite, en Mauricie. Ils se tenaient devant un cochon empalé sur une broche à méchoui. L’homme avait fait son chemin jusqu’au grand club. Loyal, intelligent et multimillionnaire, il avait investi son argent à la Bourse de Tokyo. Avec les dividendes, il avait construit un hôtel cinq étoiles en bord de mer au Panama. Hayden prit une note: «Vérifier si Bergeron et Saint-Laurent ont logé à cet endroit.»

Hayden éteignit son ordinateur, retourna à la fenêtre et aperçut dans le stationnement deux adolescents aux airs de voyous. Il resta un instant appuyé contre la vitre à les regarder. Il se revit marcher avec son frère en toute innocence.

D’un claquement de doigts, Oligny le sortit de la lune.

— On m’a dit qu’on a donné à tout le monde le signalement de Morel.

Hayden savait que Tom n’était pas du genre à déclencher une guerre pendant que son organisation était en reconstruction et qu’il la faisait progresser. Cette réplique était plutôt le fait de Marc Hamel, une brute belliqueuse, tout le contraire de Tom qui avait une grande intuition, du sang-froid, un sens des affaires et un charisme exceptionnels. Par contre, pour ordonner le meurtre de Selma, l’unanimité était requise. Tom avait donc voté pour ça…

Il vérifia l’heure des funérailles de Pomerleau. En quarante-cinq minutes, ils y seraient.

— C’est où?

— À l’église des Saints-Anges-des-Martyrs-de-l’Enfer! lança Hayden en ricanant.

Cela l’amusait de voir qu’un Hells Angels veuille être enterré selon les rites funéraires chrétiens.

— Avec les taux d’intérêt qu’imposait cet usurier, pas certain qu’il ait gagné son paradis.

* * *

Avant de partir avec Oligny, Hayden ordonna à Yelle et Guevara de lancer l’opération Octopus, une descente qui aurait lieu en fin de soirée dans les bars clandestins des rues Ontario et Sainte-Catherine. Leurs agents infiltrés parlaient de grandes quantités de drogue. L’État devait montrer à ses adversaires déclarés qu’il avait des muscles lui aussi.

Le paysage était magnifique. Les collines montérégiennes, telles des îles arrondies dans la plaine, jetaient leurs derniers feux dans la lumière froide.

Devant l’église de Rougemont, les motos étaient garées en épi. Les miroirs, les chromes et les têtes de mort rutilaient au soleil. Un cortège fleuri stationnait derrière le corbillard. Une couronne en forme de roue ailée complétait ce sombre jardin. De nombreux motards assistaient aux obsèques de Paul «Pompon» Pomerleau, un gars qui s’était retiré avec honneur, good standing comme on disait dans le milieu, et qui était décédé dans un accident d’auto après avoir fait un malaise. Hayden et Oligny examinèrent les plaques minéralogiques. Des motards étaient venus des États-Unis, de l’Ontario et même de la Colombie-Britannique. À cause du meurtre de Ben Harvey, la SQ avait envoyé un important contingent pour décourager les représailles des Rock Machine. Des patrouilleurs de la Sûreté profitaient de l’occasion pour prendre des photos, procéder à divers contrôles et faire des arrestations si nécessaire. Si la fortune leur souriait, Jesse Morel serait de la partie, mais Hayden n’y comptait pas trop. Le motard savait qu’on le soupçonnait d’être l’assassin de Ben Harvey. Hayden s’arrêta pour parler avec un policier.

— Avez-vous vérifié si Jesse Morel est là?

— C’est qui, lui?

— Tabarnak! Vous avez pas regardé les photos qu’on vous a envoyées?

Un enquêteur de la SQ s’approcha.

— Bonjour, lieutenant Hayden. Caporal Farrah. Inquiétez-vous pas: si Morel est là, vous allez le savoir. Mais on ne l’a pas vu jusqu’à maintenant.

— Merci.

Lorsque les motards sortirent de l’église, Owen Hayden reconnut son frère, Tom, Marc Hamel, Denis Viau et Jimmy Stanton avec leur veste de cuir aux couleurs de leur club, des lunettes noires et un foulard de corsaire en guise de masque. La moto de Tom étant garée à proximité de la voiture de fonction d’Owen, ils n’auraient pas le choix de se croiser. Il vit alors Hamel le désigner de l’index. Tom reconnut son frère et détourna la tête. Oligny le remarqua et en avisa Hayden.

— J’ai bien vu.

— Qu’est-ce qu’on fait?

— Comme d’habitude.

Ils traversèrent la rue jusqu’à leur véhicule en ignorant les motards, mais Hamel les apostropha.

— Vous êtes smattes d’être venus nous écœurer aux funérailles de Pompon!

— On s’ennuyait de vous autres, dit Oli.

Hamel poussa un rire feint.

— Lui y devrait être humoriste, pas dans police ni cultivateur comme son père avec son air de bœuf!

Oli fit un geste pour aller frapper Hamel, mais Owen l’agrippa par le coude.

— En tout cas, les gars, vous devriez faire attention à vos actions, les prévint Owen. Ça va vous péter en pleine face.

Tom regardait son frère d’un air indifférent.

— De quoi tu parles, hostie? aboya Hamel.

— Ça te dit quelque chose, la tentative de meurtre sur une procureure de la Couronne?

— Ça me dit rien pantoute, ricana Hamel en se tournant vers son second. Tomgun? Une couronne? Es-tu au courant?

L’air moqueur, Tom fit non de la tête. Owen se contenait comme il pouvait. Il s’approcha à moins d’un mètre de Hamel.

— Laisse-moi te dire que M Flores te fera voir l’enfer en gros plan. On e

va vous faire chier, toi et tes gars, comme c’est pas possible. Nous autres aussi on s’arme pour faire la guerre.

— Vous avez pu aucune crédibilité à cause de Bergeron, s’esclaffa le chef du chapitre des Vikings.

— On en a quand même plus que vous autres. Et nous, on a le droit de vous tirer sans faire de prison, hostie. Un gros avantage dans un combat.

Tom, les bras en l’air, empoignant les hauts guidons de sa Harley, ne disait rien. Owen savait que son frère n’était pas à l’origine de cette guerre, mais qu’il avait été obligé de l’entériner.

— Profite du grand air, Hamel. Les procédures pour te remettre en dedans sont déjà commencées.

Piqué au vif, Hamel voulut s’avancer, mais Oligny dégaina son arme.

— Si tu t’avises de toucher au lieutenant Hayden, je te descends.

Des policiers de la SQ s’amenèrent en renfort.

— Ça va, ici?

— Oui, ça va, répondit le lieutenant Hayden.

Il fit signe à Oli de le suivre. Ils montèrent dans leur voiture sous les quolibets des motards.

— On devrait se revoir à d’autres funérailles! cria Hamel.

— Compte sur nous pour vous faire bouffer des pissenlits par la racine, lança Oligny pour avoir le dernier mot.

Avant de démarrer, Hayden vérifia si Higgins l’avait rappelé. Toujours pas de message. Il retéléphona au bureau du lieutenant, mais tomba de nouveau dans la boîte vocale. Contrarié, il réfléchit un moment, puis, au lieu de rentrer par l’autoroute 20, décida de se diriger vers l’autoroute 10.

— Où on va? demanda Oligny.

— À la Cité-du-Havre.

Peu après, sur l’autoroute des Cantons-de-l’Est, Owen dut abaisser son pare-soleil. La chanson All I Wanna Do, de Sheryl Crow passait à la radio. Oli, qui aimait le country rock, augmenta le volume et marqua le rythme en secouant la tête. Hayden jeta plusieurs coups d’œil dans le rétroviseur, l’air soucieux. Une nuée noire se rapprochait. Au moment où Oli allait lui demander ce qu’il regardait, il sursauta lorsque la horde sauvage des Harley-Davidson les dépassa dans une pétarade d’enfer et se rabattit en les frôlant. Vus de dos, les jambes allongées sur les repose-pieds et les bras tendus sur les guidons surélevés, les motards ressemblaient à des crucifiés écartelés.

— Regarde-moi cette bande de macaques!

* * *

En immobilisant le véhicule dans le stationnement d’Habitat 67, Hayden sentit son cœur se serrer. Oligny se tourna vers lui et lui dit:

— Tu n’as pas confiance en Higgins?

— Si, mais il ne me rappelle pas.

— T’as travaillé aux homicides, tu sais ce que c’est. On a à peine le temps de manger. Tu vas le faire chier si tu le talonnes.

En descendant de voiture, Oligny fut impressionné par tous ces cubes bizarrement configurés dans l’espace.

— J’avais vu ça dans les journaux, mais jamais en vrai.

Owen regarda tout autour de lui, comme s’il cherchait quelque chose.

D’un côté, le fleuve aux eaux grises; de l’autre, les gratte-ciels de Montréal. Le soleil déclinant créait des encres sombres à l’ouest. Pigeons et goélands se disputaient les restes de nourriture autour des poubelles, crachant des plaintes qui allaient crescendo. La cheminée d’un cargo à quai fumait, et des grues le déchargeaient ou remplissaient ses cales.

— Tu cherches quoi? demanda Oligny.

— Des caméras de surveillance, mais j’en vois pas. Il y en a peut-être plus loin, vers le port. Allons voir.

Ils remontèrent en voiture et roulèrent sur quelques centaines de mètres, jusqu’à un accès fermé du port. Des dizaines de conteneurs s’empilaient tout autour. Les deux hommes remarquèrent en même temps une caméra. Hayden rappela Higgins. Cette fois, celui-ci répondit.

— Salut, Higgins, c’est Hayden. Écoute, je veux pas me mêler de ton enquête, je passais juste par la Cité-du-Havre, tu sais que je connais bien le coin. Je me demandais si tu avais vérifié les caméras du port, il y en a une à l’entrée, Oli et moi on est juste devant. Peut-être qu’elle a capté des images qui pourraient nous être utiles…

À ces mots, Higgins coupa brusquement la communication, et Hayden grimaça d’embarras. Oligny se rembrunit: il n’aimait pas la tournure que prenait cette virée à la Cité-du-Havre.

Ils descendirent de voiture et marchèrent jusqu’à la guérite. Hayden présenta sa carte au gardien, lequel ouvrit aussitôt la barrière. Les deux hommes se rendirent jusqu’à une sorte de maison mobile. Ils frappèrent à la porte. Un agent de sécurité du port de Montréal apparut. Les policiers s’identifièrent. L’homme chauve semblait sympathique. On lisait son nom sur son badge: Édouard Chagnon. Hayden aimait avoir affaire à des gens de la sécurité: ils comprenaient l’urgence d’agir et laissaient souvent tomber les formalités.

— Samedi matin, dit Owen, il y a eu un meurtre à Habitat 67.

— Oui, y z’arrêtent pas d’en parler aux nouvelles. Une petite procureure toute belle. Ça me fait de la peine.

— Non, la procureure n’est pas morte. C’est une femme qu’on a confondue avec elle. Dans le cadre de notre enquête, nous avons remarqué que vous avez une caméra de surveillance, là-bas. Est-ce qu’on pourrait visionner la vidéo?

L’homme réfléchit, un peu perplexe, puis leur dit d’entrer.

— Par contre, si vous avez pas de mandat de perquisition, je pourrai pas vous laisser partir avec.

— Aucun problème, dit Oligny. Si nous voyons quelque chose de significatif, nous aurons le mandat très vite.

L’agent du port fit reculer la bande vidéo pour que les enquêteurs puissent passer en revue tous les véhicules qui avaient circulé sur l’avenue Pierre-Dupuy pendant les soixante minutes précédant le meurtre. Il y en avait eu peu, mais une auto attira leur attention: un pimpcar mauve qui rasait la chaussée. Pneus larges, néons tout autour du châssis. Hayden demanda à Chagnon de repasser la bande. Il nota l’heure: vingt-cinq minutes avant le meurtre. Ça ressemblait aux pimpcars qu’affectionnaient les gangs de rue haïtiens. Il était très possible qu’ils aient eu le contrat d’exécution de Selma. Hayden demanda à l’agent de sécurité de faire rejouer la bande en accéléré, mais ils ne virent pas la voiture repasser en sens inverse. Avant de repartir, Hayden rappela Higgins pour lui faire part de leur découverte. Il espérait que le lieutenant ferait preuve de moins de susceptibilité.

* * *

En roulant dans la rue Sherbrooke, ils reçurent un message de Yelle qui leur apprit que Viau ne serait pas inculpé.

— Mais comme Audrey Paiement est sous curatelle, c’est l’État qui va porter plainte. Tu le lui as dit?

Hayden tiqua en entendant la réponse.

— Alors, tu sais ce qu’il te reste à faire.

La justice était une passoire, croyait Hayden, un système à deux vitesses encombré de juges plus soucieux de leur sécurité que de celle du public. Ils avaient dans leur arsenal des cautions faciles, des peines au rabais, et ils y allaient fort avec les vices de procédure.

Il téléphona au QG de la SQ, Section du crime organisé, pour savoir si Morel avait finalement été vu aux funérailles de Pomerleau, mais personne n’était en mesure de lui répondre.

La guerre des motards qui s’amorçait faisait craindre le pire, car les corps policiers ne coordonnaient pas leurs actions, refusaient de partager leurs informations, trop préoccupés de leurs chasses gardées respectives. Les motards s’en trouvaient avantagés.

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