Sous-Offs
IX ................................................................................................
La chambrée.
Une danse de cannibales autour d’un lit, puis les cris :
— La visite !… la visite !… À la patience !…
On a fermé la porte : les caporaux ont disparu afin de pouvoir décliner toute responsabilité ; seuls, parmi les gra-dés, le fourrier et un sergent, cachant leurs galons sous des bourgerons de toile, se sont glissés dans le groupe, pour voir…
Caudebec, assis sur son lit, hébété, attend… « Passer la visite », il sait ce que c’est. Les anciens se prêtent au jeu, se couchent d’eux-mêmes, volontiers.
Il ne croit pas qu’on lui fasse violence ; la plaisanterie s’arrêtera à la menace.
Mais un soldat le saisit par les reins, le renverse en ar-rière ; deux autres le maintiennent, pendant qu’un qua-trième, rapidement, le déculotte.
Et des mains, au-dessus de sa tête, vont et viennent, cherchent à se fixer : une main armée d’une patience, une main brandissant une brosse à souliers ; une main offrant du cirage, au bout d’un bâton…
Il comprend, se dégage, d’un effort, saute sur son ceintu-ron, dégaine…
Il s’est fait un cercle autour de lui.
On a toujours observé beaucoup plus de lâcheté chez le soldat en bande que chez le soldat seul.
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