Sous-Offs

Lucien Descaves · Chapitre 42 sur 47

Pages du PDF

Sous-Offs

La Fille à Boquet ............................................................ 698

LA FILLE À BOQUET

 

 

Sous le soleil de midi, à deux pas du factionnaire rôti sur pied, le sergent de planton lisait avidement un roman-feuilleton, à la porte du quartier.

— J’ pourrais-t-y voir l’adjudant Peuvrier ?

Le sous-officier leva les yeux, dévisagea d’abord, sans répondre, un petit vieux chétif et matois qui ressemblait, dans une blouse neuve, bouffant de partout, à l’une de ces caricaturales baudruches peintes où le nez seul fait saillie, bref et pointu.

— L’adjudant Peuvrier ? répéta le sergent. Un homme de garde !

Un soldat s’approcha, les mains dans le rang.

— Allez voir à la cantine, si les adjudants ont fini de dé-jeuner, et dites à l’adjudant Peuvrier qu’un civil le demande à la porte.

— Boquet… Boquet, de Saint-Nicolas… il saura bien, ajouta le paysan. On a vécu ensemble quasiment comme père et fils, pendant six mois ; c’est pas déjà oublié, à c’t’ heure.

Le sergent s’était replongé dans l’horreur de son roman, mais trois hommes, la jugulaire en mentonnière, assis sur un banc du poste continuaient à rompre leur désœuvrement en examinant le Normand. C’est donc tourné vers eux qu’il con-tinua :

– 698 –

— Aucun d’entre vous n’a fait partie du détachement qu’a travaillé au stand, dans la forêt d’Arques, pas vrai ? Vous m’auriez reconnu.

Et rapetissant encore des yeux percés à la vrille, en même temps qu’il caressait de la paume la râpe de ses joues :

— Comme ça… vous quittez le Pollet le mois prochain ?

— Pas trop tôt, qu’on rentre à Rouen ! répondit un sol-dat.

— Et c’est un bataillon venant du Havre qui vous re-lève ?

— Paraît.

Le paysan tendit le cou vers la cour du quartier où ve-naient d’apparaître trois adjudants, dont le teint animé et la libre tenue témoignaient qu’ils sortaient de table.

Le sergent se leva, le factionnaire rectifia la position, la chaleur pesa plus lourdement sur le poste debout.

— Messieurs les officiers… salua le père Boquet, visi-blement décontenancé, cherchant à emprunter aux hommes de garde une forme de respect qu’il ne trouvait pas dans son ignorance et son accoutrement civils.

— C’est Peuvrier que vous voulez voir ? dit l’un des sous-officiers.

— Monsieur l’adjudant Peuvrier… oui, messieurs.

— Fâcheux ! Il est parti hier soir.

— À l’école de tir…

 

– 699 –

— … Du camp du Ruchard.

Immobiles comme à la parade, les soldats osèrent ce-pendant échanger un regard d’étonnement, car Peuvrier, précisément de semaine, avait passé, le matin même, l’inspection de la garde.

— Vous venez d’Arques, monsieur Boquet ?

— De Saint-Nicolas… j’ai fait trois lieues ce matin… C’est bien ennuyeux… Et… quand reviendra-t-il ?

— Lorsque sa période d’exercice sera terminée… dans trois mois. Il ne nous rejoindra plus qu’à Rouen.

Le paysan inséra l’ongle de son pouce entre les deux dernières incisives dont sa mâchoire supérieure avait la jouissance – et réfléchit. Puis il vira, la blouse enflée, comme une voile, pour un nouveau voyage.

Mais un adjudant intervint :

— Vous ne vous en irez pas ainsi… Je dois écrire à Peu-vrier ces jours-ci. S’il n’y a pas d’indiscrétion à vous deman-der ce qui vous amenait, je ferai votre commission.

Boquet se retourna et balbutia, touché : « Trop de com-plaisance… pas abuser. » Puis, sans transition : « Tout de même ! » fit-il.

Et tous quatre s’en allèrent vers la cantine.

Les adjudants avaient commandé le café « avec rin-cette ». On s’attabla.

Toute contrainte cédait maintenant devant l’honnêteté du procédé et cette condescendance qui rappelait au paysan

 

– 700 – les veillées de Saint-Nicolas, du temps que Peuvrier venait boire un coup de cidre, en famille.

— Voyez-vous, c’est un ingrat, déclara Boquet à l’aise. Tant qu’ont duré les travaux du stand, en forêt, il a trouvé l’hospitalité à la maison. Je ne lui reproche point les repas qu’il a pris chez nous, ni les pots de cidre bus ensemble ; en-fin, il était reçu comme qui dirait le fils ; il venait tous les soirs… C’est pas nous qui lui avons donné un sentiment pour not’ Clémence… y a promis le mariage de sa volonté… aussi vrai que je m’appelle Boquet… Alors, pourquoi qu’il n’est re-venu à Saint-Nicolas qu’une fois depuis l’achèvement des travaux ?…

— Le service… Souvent de semaine… pas libre… ré-pondit un adjudant.

— Pourquoi qu’il n’a pas écrit ?… Nous avons attendu, parce qu’il devait réclamer des papiers, demander l’autorisation au ministre… Mais la petite a appris que le ba-taillon quitte Dieppe ; elle veut que c’t’ affaire soit réglée avant qu’il parte… y a promis le mariage, j’ connais qu’ ça.

— Ce sera difficile, maintenant qu’il est au camp, reprit un adjudant.

— Voyez-vous, il s’est fait envoyer là-bas, c’est mon idée. Je l’ai dit à la mère : Nous ne l’avons tant vu que parce qu’il s’ennuyait dans c’te forêt, avec ses trente hommes, toute la semaine. Mais l’enfant n’entend pas de cette oreille-là… Elle pleure tant que le jour dure… Alors j’ai pensé : « T’es le père… faut qu’ t’arranges les choses, c’est ton de-voir ». Et j’ai venu.

Les adjudants se composaient un visage compatissant, presque consterné. « Peuvrier ne leur avait jamais confié

– 701 – cette histoire… Certainement, s’il avait promis… Mais le service a des exigences qui priment toutes considérations. »

Boquet reprit :

— Vous comprenez bien que c’est assez pénible déjà, pour des parents, de se séparer d’une fille qu’ils ont élevée, de la voir partir, même avec son mari, pour des garnisons éloignées. Enfin, c’est la vie… Et puis, en s’en allant, elle dé-chargeait un peu la maison, lourde à des vieux… qu’ont du bien, sans doute, mais pas trop… d’ quoi finir tranquillement leur pauv’ existence, sans demander rien à personne.

Il s’attendrissait sur soi, pleurnichait dans son verre, les yeux ronds et jaunes, à travers ses doléances, telles de pe-tites pièces d’or de cinq francs, toutes neuves.

— J’ m’ai dit : « T’es le père… »

Il rabâchait : les adjudants l’interrompirent : « Il y avait un malentendu ; ils ne pouvaient pas croire que Peuvrier… À la santé de Mlle Clémence ! »

Il trinqua :

— Oui, à sa santé ! Y a promis le mariage, pas vrai ? Lâche qui se dédit !…

Il parut réconforté, néanmoins, quand un des sous-officiers lui eut juré qu’à l’instant même il allait écrire à son collègue, au camp du Ruchard.

— Vous aurez une réponse dans trois jours, père Boquet.

Ils le reconduisirent avec de cordiales tapes sur l’outre que la blouse balançait dans son dos et ne l’abandonnèrent

 

– 702 – qu’à la porte, dégonflé, confus, remerciant comme un men-diant de soupe.

 

* * *

 

Trois jours après, quel ne fut pas l’étonnement de Bo-quet, exact au rendez-vous, en apercevant, au milieu de la cour, l’adjudant Peuvrier surveillant la corvée de quartier !

— Halte-là, dites votre nom ; on va le prévenir, déclara posément le sergent de planton, pendant que le paysan criait, en gesticulant :

— Boquet… Boquet, de Saint-Nicolas !

Un homme de garde s’approcha de l’adjudant, attira son attention sur le civil qui continuait ses signaux, à grands bras.

— Bon ! je l’avais oublié ! murmura Peuvrier. Allons ! il m’a vu ; pas moyen de lui échapper. Amenez-le-moi.

Et quand l’autre l’eut rejoint :

— Vous voyez, mon père Boquet : pas une minute à moi. Comment va ? Et chez vous ?

— Tout à la douce, merci… Comme ça, vous êtes revenu du Richard ?

— Du Ruchard ?… Ah ! oui… Vous déjeunez avec nous, n’est-ce pas ? Ah ! j’ai bien regretté de vous avoir fait faire, l’autre jour, un voyage inutile. Mes collègues m’ont appris

 

– 703 – votre visite et rapporté vos craintes. J’en ai été vivement af-fecté. J’espérais vraiment plus de confiance.

 

— Ben oui, mais not’ Clémence pleurait… C’est plus fort que moi : j’ peux pas voir pleurer une jeunesse. « T’es le père », que j’ m’ai dit…

 

— Heureusement, je suis en mesure de vous rassurer, et si vous ne m’avez pas vu plus tôt à Saint-Nicolas, c’est que je n’y voulais retourner qu’avec tous mes papiers en règle. Nous allons examiner cela en déjeunant.

– 704 –

— Vous êtes ben honnête… J’ pensais aussi : pas pos-sible que c’ garçon-là s’amuse d’ nous ; il a ben l’air trop sé-rieux.

Ils entrèrent à la cantine et s’enfermèrent dans la petite salle où les quatre adjudants du bataillon prenaient leurs re-pas. Les trois collègues de Peuvrier étaient déjà là. Ils firent fête au bonhomme, lui choisirent une place, la meilleure, entre eux. Il s’assit, gêné par tant de sollicitude, influencé par la nappe, les serviettes, le vin cacheté, en extra, le gar-çon de cantine empressé et respectueux. Il gardait les mains allongées sur ses genoux, et le ballonnement de sa blouse, déplacé par le dossier de sa chaise, remontait sa bosse fac-tice, en nimbe.

Des hors-d’œuvre circulèrent dans le silence de la ta-blée, mais dès le « premier », – du bouilli aux lentilles, – Peuvrier aborda la question, de front.

— Vous avez eu tort, mon père Boquet, de croire que j’oubliais l’accueil reçu chez vous et les promesses faites à Mlle Clémence. On connaît son devoir. J’ai demandé et je re-cevrai sous peu l’autorisation ministérielle à défaut de la-quelle je ne puis me marier. De ce côté donc, aucun obstacle.

— C’est ben d’ l’honneur pour not’ famille, interrompit le paysan, et la mère me disait pas plus tard qu’hier qu’elle avait jamais osé espérer pour not’ Clémence un officier. (Il salua à la ronde.) Même qu’on nous a jalousé ben fort et qu’ vot’ disparition a fait jaser. « J’savions ben qu’un officier, c’était pas pour la fille à Boquet », disaient les gens de Saint-Nicolas. Ça nous frappait dans not’ orgueil, comprenez ! Les Boquet sont les Boquet… Pourquoi qu’ leur fille n’ ferait pas une madame d’officier, à c’t’heure ?

 

– 705 –

— Sans doute, père Boquet, reprit Peuvrier, après que ses trois collègues eurent également donné leur consente-ment. Mais un adjudant n’est pas un officier ; je dois vous enlever une illusion que je me reproche maintenant d’avoir entretenue…

 

* * *

 

Étourdi par cette révélation, le bonhomme écarquillait ses petits yeux, quêtant le témoignage des autres militaires, lesquels secouaient la tête sérieusement, sans cesser de manger.

Il y eut deux secondes de silence pénible, puis le Nor-mand s’écria :

— Vous avez toujours dit à Clémence…

— Je suis coupable, je le répète… d’avoir profité d’une analogie de tenue et d’un commandement temporaire, pour usurper, à vos yeux, un grade auquel mes faibles moyens ne me permettent pas d’aspirer. Mais je suis pardonnable en ce sens que, galonné d’or ou d’argent, je vous suis également affectionné.

— Sans doute, sans doute, mais c’est pas délicat de tromper comme ça une jeunesse et d’ pauvres parents…

— Prétendez-vous que cette misérable question puisse changer les sentiments de Mlle Clémence à mon égard ?

— Je n’ai pas dit cela… mais c’est mal tout de même… C’est une grosse responsabilité pour un père… faut voir… faut voir de près les choses… honnêtement, pas vrai ?

– 706 –

Il avait roulé et rejeté sa serviette, repoussé son assiette et il se râpait les doigts sur le menton, perplexe, regagnant en assurance ce que l’adjudant venait de perdre en autorité vis-à-vis de lui. Avec de simples sous-officiers, il ne se gênait plus ; il risqua un coude sur la table et, de la pointe de son couteau, jardina dans sa bouche.

Mais l’adjudant reprit :

— Honnêtement, vous avez dit le mot, père Boquet… Aussi, pensais-je que vous réserveriez un autre accueil à ma déclaration. Vous n’ignorez pas, en effet, que tout mariage est interdit à tout officier dont la future n’apporte pas en dot un revenu personnel et non viager de 1,200 francs par an, au moins ?

— Hein ?

— Tandis qu’un pauvre sous-officier comme moi…

Le bonhomme, stupéfait, avait laissé tomber son cou-teau, les yeux agrandis, des pièces d’or de dix francs, sur lesquelles la paupière battait à coups précipités, comme pour les défendre.

— Vous dites 1,200 francs ? C’est pour rire… Est-ce que je les ai !… On me tuerait qu’on ne les trouverait pas chez moi… Ah ! les farceurs, y s’ moquent d’ moi !

Mais les adjudants restaient graves. L’un d’eux com-manda au garçon, qui venait d’apporter le dessert, d’aller chercher dans sa chambre un Manuel de législation militaire. Le rire du paysan s’éteignit piteusement, il s’agita sur sa chaise, reprit sa serviette, émoussa d’un revers de main les dards de sa barbe et, brusquement, tendant par-dessus la table ses doigts rudes à Peuvrier :

 

– 707 –

— Touchez là ! C’est tout de même d’un brave homme ce que vous venez de faire. J’ vous rends mon estime… Ah ! pour sûr not’ Clémence n’aura qu’un jugement là-dessus. T’nez, elle le disait l’aut’ jour, à travers ses pleurs : « Ça se-rait tant seulement un simple soldat que je l’aimerais quasi-ment plus. » Ah ! vous l’avez enjôlée, y a pas !

L’adjudant protestait doucement, mais le petit vieux in-sista :

— Si, si… Quant à nous, on n’a pas de préférence, on n’ s’attache pas au grade… L’ principal, c’est pas la dot… c’est que l’enfant soit heureuse, hein ? Eh ben ! elle le sera autant avec un sous-officier qui la prendra sans argent…

— Pardon ! interrompit Peuvrier, mais le législateur a adopté, à notre égard, quelques dispositions auxquelles toute inclination doit cependant se plier.

 

* * *

 

Le garçon rentrait avec un petit livre à couverture bleue, Peuvrier le lui prit des mains, le feuilleta lentement, en se ba-lançant sur les pieds postérieurs de sa chaise, pendant que le père Boquet tendait le museau, inquiet, une main roulée en cornet autour de son oreille velue.

— Voici…

 

Et Peuvrier lut : « Le mariage des sous-officiers rengagés ou commissionnés n’est autorisé que si la future, indépendamment des conditions de moralité, justifie d’un apport minimum de 5,000 francs ou d’un revenu net de 250 francs. La justification de

– 708 – cet apport se fait par acte notarié. Il peut consister en valeurs commerciales, pourvu que la propriété personnelle en soit bien constatée. L’argent comptant ne peut être admis. N’est pas com-pris dans l’apport la valeur du trousseau et du mobilier à l’usage de la future. »

 

La face dure, le menton dardant ses pointes, le Normand demanda aussitôt :

— Et le sous-officier, quoi qu’il apporte ?

— Sa solde ; les deux mille francs de sa prime de renga-gement qu’il peut, exceptionnellement, toucher en se ma-riant ou dont il continue à recevoir la rente, à son gré.

Le paysan réfléchit un moment, refusa son verre à une dernière rasade, puis, la voix altérée :

— Eh bien ! c’est pas encore tout ça ; c’est ces change-ments de garnison, c’t’ éloignement de l’enfant qu’on a éle-vée, qui vous a jamais quittés… Quand on est vieux comme nous, on a d’ la peine à s’ séparer des siens… On a toujours peur d’ mourir sans les r’voir… V’là c’ qu’est ennuyeux dans l’ mariage avec des militaires.

— On a des permissions… Et puis Rouen… Enfin, c’est un sort commun à tous les parents.

— Ben oui… Vous dites 250 francs de rente – sans le trousseau ? C’est pas ce qu’elle nous coûte par an, et elle nous aide !… La terre n’ vaut plus rien… Faut la travailler soi-même… Non, jamais sa mère n’ s’habituera à la voir par-tir !

Il s’était levé, il piétinait, dans l’embarras d’une sortie convenable.

– 709 –

— Quand partez-vous ? finit-il par demander.

Un adjudant donna une date.

— On est de revue d’ici là, reprit le bonhomme. Ah ! faut rien brusquer. Prenez vot’ temps… J’ suis pas venu pour vous mettre le couteau sous la gorge, pas vrai ?

Il avait réussi à gagner la porte ; il dit à Peuvrier qui quittait sa place :

— Vous dérangez pas, j’ m’en irai ben tout seul.

Mais le sous-officier insista pour l’accompagner jusqu’à la porte du quartier. Chemin faisant :

— lle Dites bien à M Clémence qu’elle sèche ses larmes… Recommandez-lui la patience, la confiance…

— Oh ! des idées… Pleure, que j’ lui dis, ça soulage. Si on écoutait les femmes !

Il secoua la main de l’adjudant une dernière fois et s’en alla, chafouin, les pièces d’or de ses prunelles luisant toutes grandes, libérées.

 

* * *

 

Le bataillon qui quittait il y a une heure la caserne du Pollet, défile maintenant au pas de route, l’arme à la bretelle, dans la forêt d’Arques. Mais les tambours détachent leurs

 

– 710 – caisses, les clairons s’apprêtent à sonner. C’est qu’on ren-contre un village.

— Bon ! nous traversons Saint-Nicolas ! pense l’adjudant Peuvrier, inquiet, un peu pâle.

— Pas accéléré !

On aperçoit les premières maisons. Voici celle du père Boquet, là-bas, au bord de la route. Une fenêtre s’ouvre ; une jupe n’y fait qu’apparaître, tout de suite tirée en arrière, après un court débat.

L’adjudant a l’échine caressée d’un frisson désagréable. On va passer devant la petite maison où il fréquenta assidû-ment, pendant six mois, où…

Mais un homme se précipite, qui l’arrête, et, cordial, lui écrase une main dans les siennes.

— Ah ! que j’ suis aise ; j’ croyions n’ plus vous r’voir… Eh ben ! bonne chance. Paraît qu’ vous ferez les manœuvres par ici, dans deux ans ; n’allez pas ailleurs que chez nous, vous nous fâcheriez !…

Et, le bataillon passé, le père Boquet agite encore, un moment, son large mouchoir bleu, sous la fenêtre béante et déserte.

 

– 711 –