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Action 2
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CACA DEDANS
Oh, purée de moules ! J’ai la tête en couilles de jockey, ce matin, putain, je te jure, putain. Je vais droit au frigo, cette salope. Oui ! Deux bouteilles de Becks. Ça m’ira. J’encule ces deux putes sur un coin de table. Je me sens tout de suite mieux. Mais bon, putain, faut faire gaffe à l’heure.
Elle roupille encore, cette truie, quand je reviens dans la chambre. Mate-moi ça : une grosse motte qui tire au cul. Parce qu’elle va nous chier un mioche, elle croit avoir le droit de coincer toute la putain de journée… mais bon, c’est un autre chapitre. Faut plutôt que je plie bagage-cette moule a intérêt à avoir lavé mon foutu jean… le 501… il est où ce putain de 501 ?… le vlà. Putain, elle a eu du bol.
Ça se réveille maintenant…
— Frank… caisse tu fais ? Outuva ? qu’elle me demande.
— Je me casse. Et sans traîner le cul, je dis sans me retourner. Où sont ces salopes de chaussettes…
Putain, tout chie deux fois moins vite quand t’as la gueule de bois et j’ai vraiment pas besoin de cette moule qui joue la perruque à clous.
— Outuva ? OÙ !
— Je t’ai dit, faut que je me taille le cul. Moi et Lexo on a une affaire à faire. J’ai pas à t’en dire plus, putain, mais le mieux c’est que je disparaisse pendant deux trois semaines. Si les poulets pointent à la porte, tu m’as pas vu depuis des siècles. Si t’as un avis, c’est que je suis sur mon foutu camion, compris ? Tu ne m’as pas vu, en tout cas.
— Mètuvaou, Frank ? Tu vas où, putain ?
— Écoute, moi je sais, et toi, t’as qu’à deviner, je lui dis. Ce que tu sais pas, on peut pas te l’arracher de ta sale gueule. Même à coups de pied.
Et là, ce foutu cageot se lève et se met à me hurler dessus, putain. Que je ne peux pas me tirer comme ça, putain et tout. Je lui cogne sa saleté de bouche et je lui écrase sa foutue moule d’un coup de pompe, et la connasse s’écrase par terre, en chialant. C’est sa faute, putain, j’avais expliqué à cette conne ce qui se passe quand n’importe quel con venu me parle mal. C’est ça les foutues règles du jeu, bordel ! Tu acceptes ou tu vas te faire foutre.
— LE GOSSE ! LE GOSSE !… qu’elle braille.
— LE GOSSE ! LE GOSSE ! que je lui gueule à la gueule. Ferme ta putain de bouche avec ce putain de mioche !
Elle reste couchée par terre à brailler comme une foutue télé.
En plus, c’est peut-être même pas mon gosse, cet enculé. Et puis j’ai déjà eu des gosses, avec d’autres filles. Je sais comme ça se passe. Elle s’imagine que tout va se peindre en rose quand le merdeux va arriver, mais la foutue claque qu’elle va se prendre dans la gueule ! Je sais tout sur les gosses, ces sous-merdes. Ils te font chier le trou du cul, c’est tout.
Mes trucs pour se raser. C’est ça qui me faut. Je savais qu’il y avait quelque chose.
Elle continue à beugler qu’elle a vachement mal et qu’il faut faire venir ce foutu docteur et tout et tout. Faut que je m’arrache, putain.
— FRRRAAAANNNK ! qu’elle gueule dès que je touche cette putain de porte.
J’ai pensé c’est comme dans cette merde de pub pour la bière Klips : « C’est le moment de s’éclipser. » Exactement fait pour moi.
Le pub était un trou farci à craquer. Ouverture avancée et tout le merdier. Renton, le con à tête rouge, poireaute devant le foutu tableau pour prendre une partie après Matty.
— Rab ! Fous-moi mon nom pour une partie. Qu’est-ce vous voulez, mes connauds ?
Je m’approche du bar.
Rab, le Deuxième Prix comme on l’appelle, ce con, a un coquard comme une moule usagée. Un enculé qui vous constipe la liberté a dû bien se la donner avec ce con.
— Rab. Qui t’a fait ça, putain ?
— Oaf, deux mecs, à Lochend. J’étais bourré.
Le con me regarde, on dirait un foutu mouton bon à découper.
— T’as leurs noms ?
— Non, mais t’en fais pas, je les aurai, ces cons, c’est déjà réglé.
— T’as intérêt, putain. Tu les connais, ces cons ?
— Non, de vue, seulement.
— Quand Rents et moi on aura ramené nos culs de Londres, on ira à Lochend. Dawsy s’est fait tabasser là-bas, y a pas longtemps. Y a des questions qui demandent des réponses, putain de merde.
Je me tourne vers Rents :
— Prêt, mon homme ?
— Sur les starting blocks, Franco.
Je prends ma queue et je massacre ce con, en lui laissant quand même ses deux boules.
— Tu peux peut-être t’en sortir avec des mecs comme Matty et Secks mais quand Franco l’Ouragan approche de cette putain de table, tu peux t’oublier, connard à tête rouge, je lui dis.
— Le billard, c’est pour les trouducus, qu’il répond.
Connard à bosse ! Dès que ce merdeux au chou rouge foire un truc, ça devient pour trouducus.
On doit bouger donc ce n’est plus la peine de jouer. Je regarde Matty et je dégaine une liasse de billets.
— Hé Matty ! Tu sais ce que c’est ?
J’agite les billets au nez du con.
— Euh… oui… qu’il dit.
Je désigne le bar :
— Tu sais ce que c’est ?
— Euh… oui… le bar.
Ce con est vraiment ralenti. Trop ralenti, putain. Je peux pas dire à quel point.
— Tu sais ce que c’est ? je fais en désignant mon demi.
— Euh… oui…
— Bon, hé ben n’essaie pas de me le faire dire, espèce de con. Une pinte de Spécial et un Jack Daniel’s et du Coca, connard !
Il s’approche et me fait :
— Euh, c’est que, Frank, je suis un peu court, tu sais…
Je sais très bien.
— Peut-être qu’un jour tu grandiras, je dis.
Le con prend mon blé et file vers le bar. Putain, il recommence à se piquer, si ce con a jamais arrêté pour commencer. Quand je reviendrai de Londres, faudra que je lui touche un petit mot dans l’entonnoir. Saloperie de toxicos. Foutu gaspillage d’oxygène. Rents, lui, reste encore clean. Ça se voit rien qu’à la façon dont il éponge.
Ça me mouille les fesses ce break à Londres. Rents aura l’apparte de son pote, ce con de Tony et sa femme, le doigtier lubrifié, pour deux semaines. Ils sont en vacances quelque part. Là-bas, je connais deux mecs de quand j’étais en taule. J’essaierai de retrouver ces cons, en souvenir du bon vieux temps.
C’est Lorraine qui sert Matty. Sacré petit coup, la Lorraine. Je m’approche du bar.
— Salut, Lorraine ! Arrive un peu.
Je lui écarte les cheveux en les repoussant sur le côté et je lui mets mon doigt derrière l’oreille. Les femmes aiment ça. Saloperies de zones érogènes et tout ça.
— On peut dire si oui ou non quelqu’un a baisé la nuit d’avant rien qu’en lui tâtant derrière l’oreille. La chaleur, tu comprends ? j’explique.
Elle pouffe, Matty aussi.
— Non, mais c’est scientifique et tout, putain. Tu savais pas ?
Il y a vraiment des cons qui connaissent rien à rien.
— Alors, est-ce que Lorraine a baisé cette nuit ? demande Matty.
Ce petit con a vraiment une sale gueule. Comme du cadavre réchauffé.
— C’est notre secret, hein, poupée ? je lui dis à elle.
J’ai l’impression qu’elle mouille pour moi parce que ses yeux deviennent tout calmes, putain, timides quand je lui parle. Quand je serai revenu de Londres, je lui en mettrai un coup, vite fait bien fait. Et va tilter, connasse.
Et qu’on m’encule si je reste avec June la pute quand le bébé sera là. Et cette moulasse est morte si elle m’oblige à faire du mal au bébé. Depuis qu’elle est en cloque, elle s’imagine qu’elle peut ouvrir sa grande gueule devant moi. Mais ça n’existe pas, un con qui ose ouvrir sa grande gueule devant moi, bébé ou pas putain de bébé ! Elle le sait et elle continue à faire la conne. Je jure, s’il arrive quelque chose à ce foutu gosse…
— Hé, Franco, fait Rents, on ferait mieux de partir. On doit encore s’occuper de l’affame-sandwich.
— Oye, dak. Caisse t’emmène ?
— Une bouteille de vodka et quelques canettes.
J’aurais dû deviner. Ce con à tête rouge a horreur de sa foutue vodka.
— Je vais prendre une bouteille de JD et huit canettes d’Export. Je devrais demander à Lorraine deux Thermos de pression.
— Il y aura deux Thermos qui seront bien sous pression quand le train partira, qu’il répond.
Des fois, je ne comprends pas le sens de l’humour de ce con. Rents et moi, on a fait un sacré bout de chemin ensemble mais c’est comme si ce connard avait changé. Et je ne parle pas seulement de la drogue et toutes ces merdes. On dirait qu’il a son trottoir et moi le mien. Ça reste quand même un con qui pète fort, ce salaud avec son chou rouge.
Donc, je m’occupe des Thermos, un rempli de Spécial pour moi et un rempli de lager pour le con à tête rouge. On prend les sandwichs et on va en ville d’un coup de Joe Baxi et on s’en fait un petit rapide au pub de la gare. Je m’occupe un peu du con, derrière le bar ; j’ai connu le frère de ce con à Saughton. Un pas si mauvais gars, si je me rappelle. Un con inoffensif, en quelque sorte.
Le train pour Londres a le cul qui déborde. Ça me serre les boules, ça. Tu claques un tas de blé de merde pour un billet – putain ces cons du British Rail manquent pas d’air – et tu ne peux même pas te le poser ! Qu’ils aillent se faire foutre !
On lutte avec les bouteilles et les canettes, et la femme-sandwich qui fait tout pour se barrer de ce foutu sac, et tous ces cons avec leurs sacs à dos et leurs valises… et leurs saloperies de poussettes. On amène pas ses gosses dans le train, putain !
— Putain c’est bourré, mec, fait Rents.
— Le problème, c’est tous ces connards qui ont réservé. C’est normal de réserver d’Édimbourg à Londres, des putains de capitales et tout, mais tous ces cons qui ont réservé leurs places de Berwick et tout ! Le train devrait pas s’arrêter et toutes leurs foutues places ; il devrait faire Édimbourg-Londres et fin du bordel. Si c’était moi, ce serait comme ça, je peux te le dire, putain.
Y a des cons qui me regardent. Merde, je dis ce que je pense et je m’en fous de ces cons.
Tous ces sièges réservés. Alors c’est ça leur putain de liberté. Ce devrait être premier arrivé, premier servi. Tous ces sièges réservés de merde… je vais prendre les foutues places réservées de ces cons…
Rents se pose près de deux cailles. Cool et tout. Bon choix, salaud de con à tête rouge !
— Ces sièges sont libres jusqu’à Darlington, qu’il dit.
Je prends les cartons de réservation et je me les fous sous le croupion. « Elles sont libres pour tout le voyage maintenant. » Je prends les réservations de ces cons, je dis en souriant à une des cailles. C’est vrai, bordel, quoi. Quarante livres pour un billet de merde. Putain, ils manquent pas d’air ces cons du British Rail. Tu m’étonnes.
Rents se contente de hausser les épaules. Le frimeur a une casquette de baseball verte sur la tête. Elle passera par la fenêtre aussitôt que ce con dormira, c’est dit.
Rents flanque une raclée à sa vodka. On est même pas à Portobello et ce con y a déjà creusé un fichu trou. Putain, qu’est-ce qu’il déteste sa vodka, ce con au chou rouge. Bon, si c’est comme ça que ce connard veut qu’on la joue… j’attrape le JD et j’y vais d’une bonne lampée.
— On y va, on y va, on y va… je dis.
Ce con se contente de sourire. Il arrête pas de mater les cailles, on dirait des Américaines, en fait. Le problème de ce con au chou rouge c’est que dès qu’il s’agit de chattes, il n’a plus le don du baratin, même s’il garde son genre de classe à la con. C’est pas comme Sick Boy et moi, par ex. Peut-être parce qu’il a eu des frères au lieu de sœurs, il est infichu de faire confiance aux cailles. Si on attend que le con fasse le premier pas, on peut attendre encore, putain. Je vais lui déplier le foutu mode d’emploi à ce con à tête rouge.
— Putain, ils manquent pas d’air, ces cons du British Rail, hein ? je fais en coudoyant dans le flanc de la caille posée à côté de moi.
— Je vous demande pardon ? qu’elle me fait et ça sonne genre « démainde pairdon ».
— Attends, toi, tu viens d’où ?
— Je rgraitte, je ne vous comprin pas bien…
Les cons qui viennent d’ailleurs ont de vrais problèmes avec notre putain d’anglais anglais. Pour que ces cons prennent, il faut leur parler fort, lentement, et surtout façon je ne suce que des virgules épluchées avec des gants.
— PUIS-JE… SAVOIR… D’OÙ… TU… VIENS… ?
C’est le seul moyen, putain. Et les connards de devant qui se retournent pour mater. Je leur douche le cul d’un seul regard. Y a un enculé qui va se faire éclater la bouche avant la fin de ce foutu voyage, je le vois d’ici.
— Ehm… Nous sommes de Trointo, Canédé.
— Tonto. C’était le pote du Lone Ranger, non ? je fais.
La caille me regarde. Y a des gens qui n’ont vraiment pas le sens de l’humour écossais.
— Et vous, d’où êtes-vous ? demande l’autre caille.
Oh, la paire de bons coups. Ce con à tête rouge a eu le cul bordé de nouilles de se le poser là, je peux le dire, putain.
— Édimbourg, fait Rents, en essayant de se la roter comme on fait chez Fauchon.
Saleté de lèche-raie à tête rouge. Maintenant que Franco a brisé la glace, il est tout prêt à se placer, le Pedro.
Les cailles se mettent à nous pomper avec la grande beauté d’Édimbourg, et comme le foutu château est joli, perché sur sa colline au-dessus des jardins et toute cette merde en chapelet. Ça, c’est tout ce que connaissent ces connasses de touristes : le château et Princes Street et High Street. Comme quand la tante de Monny a débarqué de son petit village de cette île de la côte ouest d’Irlande, avec tous ses gosses.
La morue va voir la mairie pour trouver une maison. La mairie lui fait genre : et où donc voulez-vous séjourner ? La morue répond : je veux une maison sur Princes Street avec une vue sur le château. Faut dire que la grosse est un peu à la masse, elle parlait ce putain de gaélique en première langue, on se demande encore si elle sait ce que c’est l’anglais. La grosse avait bien aimé la rue qu’elle a découverte en descendant du train, et elle croit que le bled est tout comme ça. Les connards de la mairie se couchent de rire et collent la conne dans un de leurs clapiers de West Granton, le truc que personne ne veut. Au lieu d’une vue sur le château, c’est à l’usine à gaz qu’elle fait face. Ça se passe comme ça dans la vraie vie si t’es pas une huître perlière dans un putain de palace, au milieu d’un entier champ de blé.
Bref, les cailles boivent un petit coup avec nous et Rents est joliment bourré, parce que je le sens d’ici et que, n’importe quel jour de la semaine, je peux envoyer ce con au chou rouge brouter sous la table. Faut dire que j’étais bien empaillé l’autre nuit avec Lexo, après qu’on a fait ce boulot chez le bijoutier de Corstorphine. Ce qui explique que je le sente complètement fait, aujourd’hui. Ce que j’aimerais bien, là, tout de suite, c’est une partie de cartes.
— Aboule les cartes, Rents.
— J’en ai pas, qu’il fait.
Putain, je ne le crois pas ! Le con. La dernière chose que je lui ai dite l’autre nuit : pense aux putains de cartes.
— Je t’ai dit de penser aux putains de cartes, connard des rues ! C’est quoi la dernière chose que je t’ai dit, l’autre soir ? Hein ? Pense aux putains de cartes.
— J’ai oublié, qu’il fait, le con.
Je suis sûr que ce con au plafond rouge a oublié les putains de cartes exprès. C’est la merde chiante au bout d’une seconde, sans cartes.
Et ce foutu con merdique se met à lire un foutu bouquin, putain, ça c’est vachement mal élevé, et puis lui et les cailles du Canada, toutes les deux sont des genres étudiantes, se mettent à parler de tous les foutus livres qu’ils ont lus. Ça me broute les seins. On était supposé être ici pour se marrer, putain, pas pour parler de putains de livres et toute cette merde. Je le dis, si ce n’était que moi, je prendrais tous les putains de livres et je ferais un putain de tas gigantesque et je foutrais un putain de feu à tout ça. À quoi ça sert les livres, hein ? Aux grandes gueules pour qu’elles puissent étaler partout la foutue merde qu’ils ont lue. On sait tout ce qu’on a besoin de savoir par les journaux et la télé. Connards arrogants. Je prendrais leurs foutus bouquins…
On s’est arrêté à Darlington et les autres cons sont montés, ils comparaient leurs tickets avec les numéros de nos places. Le train débordait toujours et ces cons l’avaient dans le cul.
— Excusez-moi, ce sont nos sièges. Nous les avons réservés, a fait le con en secouant un billet sous mon nez.
— Je crains qu’il n’y ait une petite erreur, fait Rents.
Le con à tête rouge peut être vachement classe, je dois lui accorder ça : il a de la classe.
— Il n’y avait aucun carton de réservation sur ces sièges quand nous sommes montés à Édimbourg.
— Mais nous avons nos billets de réservations, fait le con derrière ses lunettes à la John Lennon.
— Eh bien, je ne peux que vous suggérer de vous plaindre auprès d’un membre du personnel du British Rail. Mon camarade et moi avons pris ces sièges en toute bonne foi. Je crains que nous ne puissions être tenus pour responsables des erreurs du British Rail. Merci et bonsoir, ajoute-t-il en se marrant, ce con au chou rouge.
J’étais trop occupé à m’éclater au spectacle de la performance de ce con pour envoyer ces connards se faire foutre. Je déteste qu’on m’emmerde mais personne ne l’avait dit à ce con de John Lennon.
— Nous avons nos billets. C’est la preuve que ce sont nos sièges, fait le con. Les voici.
— Hé, toi ! je fais. Hey, toi, le connard qui bave !
Il se retourne, je me lève.
— T’as entendu ce que ce type a dit. Remonte sur ton vélo, serpent à lunettes ! Allez… circule ! je désigne le bout du foutu train.
— Viens, Clive, fait son pote.
Et les cons vont se faire foutre ailleurs. Putain, tout juste à temps pour leur cul. Je croyais que c’était la fin de l’histoire mais non. Les cons reviennent avec l’esclave des billets.
L’esclave – on voit bien que le con n’en a rien à foutre, ce petit con fait son boulot, point – se met à hacher de la paille : que ce sont bien les places des connards et tout mais je suis très franc avec le gosse.
— Caisse j’ai à foutre de ce qu’y a de marqué sur les putains de billets de ces cons ? Y avait pas marqué putain de réservation sur les places quand on s’est assis et on va pas bouger et merde. C’est tout ce qu’y a à dire. On paye assez cher tes putains de billets, la prochaine fois tu fais gaffe qu’il soye bien là ton foutu papier de réservation.
— Quelqu’un a dû le retirer, qu’il fait.
Ce connard ne fera rien.
— Peu tête et peu tête pas. C’est pas mes oignons. Comme je dis, ces places étaient libres, j’avais le droit d’y mettre mon cul, je l’ai fait, fin de la polémique.
Le petit des billets se fait prendre la tête par les cons après leur avoir dit que putain, il y peut rien. Je les laisse se bécoter entre eux. Les cons menacent de se plaindre de lui et se mettent tout simplement à le traîner dans la merde.
Un des cons des places de devant louche sur moi encore une fois.
— T’as un problème, mon pote ? je lui gueule.
Le con vire au rouge et se retourne. Connard merdeux.
Rents s’est mis à pioncer. Ce con s’est tellement bourré le chou que ses putains de feuilles rouges lui fondent sur les épaules. Son Thermos est à moitié vide, il a descendu presque toutes ses canettes. J’emmène lé Thermos avec moi aux chiottes, j’en vide un peu et je pisse dedans pour faire le niveau. Ça remerciera ce con d’avoir oublié les cartes. Il y a à peu près deux parts de lager contre une de ma pisse.
Je reviens à ma place. Le crétin dort comme un mort. Une des cailles aussi. L’autre a sa foutue gueule plongée dans un bouquin. Deux bons coups. Je ne sais pas si je vais baiser le gros morceau de pute blonde ou le pruneau, plus sucré.
À Peterborough, je réveille le crétin à tête rouge.
— Alors, Rents. Elle te donne du mal, cette putain de bière. Une saleté de sprinter, c’est tout ce que t’es. Un sprinter n’arrivera jamais à tenir contre un marathonien.
— Pas de problème… fait ce con et il prend une putain de gorgée de bœuf à son Thermos.
Il se tord la gueule et j’ai vachement de mal à ne pas me pisser dessus.
— La bière est foirée. Elle est plate, on dirait. Putain, elle a un goût de pisse.
Je fais tout pour rester au carré.
— T’arrête tes putains de prétextes, connard merdique.
— Je la bois quand même, qu’il fait ce crétin.
J’essaie de regarder par la fenêtre pendant que l’imbécile se torche ma pisse jusqu’à la dernière goutte.
Quand on touche Kings Cross, j’en ai vraiment plein les couilles. Les cailles se sont tirées, moi qui croyais qu’on avait un putain de plan et tout, et en plus j’ai comme perdu Rents en descendant du train. Et j’ai pris le sac de ce crétin au chou rouge au lieu du mien. Ce connard a intérêt à avoir le mien. Je ne connais même pas l’enculée d’adresse… et puis paf, je repère le rouge de ce con, il est en train de parler avec une sous-merde qui tend une tasse en plastique à l’entrée du métro. Rents a mon sac. Putain, il a du bol, le con.
— T’as pas un peu de monnaie pour le gosse, Franco ? qu’il fait et l’autre petit con à face de con qui tend sa tasse en me regardant avec des yeux de veau.