trainspotting

Irvine Welsh · Chapitre 23 sur 43

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DILEMME JUNK n° 66

— Foutue poubelle. T’as que ce que tu mérites à traîner avec cette ordure.

Il retourne à l’intérieur et s’assied, un peu aussi parce qu’il a vu Sharon et June qui rappliquaient.

Quand Begbie aperçoit June dans le pub, il lui lance un œil mauvais.

— Où est le bébé ?

— Il est chez ma sœur, fait June timidement.

Les yeux belliqueux de Begbie, sa bouche restée ouverte, son visage figé se détournent. Il essaie d’enregistrer l’information et de décider s’il en est satisfait, furieux ou indifférent. Il finit par se tourner vers Tommy et il lui dit qu’il est un sacré con.

Non mais, caisse qui se passe, ici ? Billy s’excite après l’insulte de ce salaud. Sharon me regarde comme si j’avais deux têtes. Ma, bourrée, se croit sur le trottoir, Sick Boy… le con. Spud en taule. Matty à l’hosto et pas un con n’est allé le voir, même pas un con qui parle de lui, c’est comme s’il n’avait pas existé. Begbie… putain de Dieu, son air mauvais alors que June ressemble à un tas d’os en vrac dans ce survête hideux dont les meilleurs jours n’ont rien de flatteur et qui plus est, souligne ses formes informes et déformées.

Je file aux chiottes et, une fois ma vessie vidée, je sais que je ne peux pas retourner là-bas, affronter cette merde. Je me taille par la porte arrière. Il faut attendre quatorze heures et quinze minutes pour mon prochain fix. La dépendance sponsorisée par l’Etat : de la méthadone à la place de l’héro, la gelée gerbante, trois fois par jour, pour une claque. Je ne connais pas beaucoup de toxicos inscrits à ce programme qui ne s’envoient pas leurs trois gelées d’un coup avant d’aller aux fournitures. Demain matin, voilà jusqu’à quand il faut attendre. Je me dis que je ne peux pas attendre aussi longtemps. Je me casse chez Johnny Swan. UNE claque. Rien qu’UNE PUTAIN DE CLAQUE pour me remettre de cette si longue, si difficile, journée.

 

DILEMME JUNK n° 66