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Grandir Devant Tout le Monde
Et voilà, voilà, c’est comme ça, c’est tout ce que j’ai trouvé, putain, ZÉRO, pour combler cet énorme TROU NOIR comme un poing serré au milieu de ma poitrine, putain…
GRANDIR DEVANT TOUT LE MONDE
L’animosité qu’elle sentait suinter de sa mère ne pouvait être confondue avec rien, mais Nina ne voyait pas ce qu’elle avait fait de mal. Les messages qu’elle recevait n’étaient pas très clairs. Un coup c’était : ne reste pas dans nos jambes. Puis, aussitôt : ne reste pas plantée là comme ça.
Une partie de la famille s’était constituée en mur de chair autour de Tante Alice. De là où elle était assise, Nina ne voyait rien d’Alice mais les roucoulements empressés qui lui parvenaient depuis l’autre bout de la pièce confirmaient que sa tante était bien là, quelque part au centre.
L’œil de sa mère accrocha le sien. Elle toisait Nina fixement, elle avait tout l’air d’une des têtes de l’hydre. Derrière les « mais-oui, mais-oui » et les « c’était-un-type-bien », Nina vit les lèvres de sa mère modeler le mot Thé.
Elle tenta d’ignorer le message mais sa mère, avec un sifflement insistant, expédia ses mots à travers la pièce, droit sur elle, comme un trait aiguisé : – Va refaire du thé.
[11]
Nina envoya par terre le numéro de NME qu’elle lisait. Elle
s’arracha à son fauteuil, alla jusqu’à l’énorme table de la salle à manger et se saisit du plateau encombré d’une théière et d’un grand pot à lait presque vide.
Dans la cuisine, elle examina le visage que lui montrait le miroir, le regard fixé sur un bouton poussé sur sa lèvre supérieure. Ses cheveux, noirs et coupés en léger biais, avaient une touche graisseuse. Pourtant elle les avait lavés la veille. Elle se massa l’estomac, elle se sentait boursouflée par le liquide qu’elle retenait. Les kangourous allaient débarquer. C’était la chiasse.
Nina n’arrivait pas à participer à cette étrange démonstration de chagrin. L’affaire tout entière craignait. L’indifférence qu’elle affichait devant la mort de l’oncle Andy n’était qu’à moitié feinte. Quand elle était petite, c’était celui de la famille qu’elle préférait, et il la faisait rire, c’est en tout cas ce qu’on racontait. Et, en un sens, elle s’en souvenait. Les blagues, les chatouilles, les jeux, les indulgentes orgies de glaces et de bonbons : ces événements avaient bien eu lieu. Toutefois, il était impossible d’établir le moindre lien entre les sentiments de la Nina d’aujourd’hui et ceux de la Nina d’alors. Quant à s’en trouver avec Andy… Entendre sa famille évoquer ces jours d’enfance et d’innocence lui filait les boules à en gerber. On aurait dit que c’était uniquement fait pour nier celle qu’elle était aujourd’hui.
Et pire : ça craignait.
En tout cas, comme tout le monde ne cessait de le lui rappeler, elle était en vêtements de deuil. Sa famille était tellement chiante. Ils s’accrochaient à la banalité comme des noyés : c’était la colle glauque qui les maintenait ensemble.
— Cette fille ne porte jamais que du noir. Moi, à mon époque, les filles mettaient de jolies couleurs vives au lieu d’essayer de ressembler à des vampires.
C’est Oncle Boab, le gras, le stupide Oncle Boab, qui a dit ça. La famille a ri. Tous. Des rires bêtes et étriqués. Des rires nerveux de gosses morts de trouille et prêts à tout pour rester du côté du plus fort, et certainement pas des rires d’adultes qui conviendraient entre eux d’avoir entendu quelque chose de drôle. Pour la première fois, Nina eut conscience que le rire avait d’autres raisons que l’humour. Là, il s’agissait de faire retomber la tension, de se serrer les coudes face à cette Faucheuse que le départ d’Andy avait fait passer en tête de liste des préoccupations de tous.
La bouilloire s’arrêta avec un clic. Nina versa une autre théière et l’emporta.
— C’est rien, Alice. C’est rien, cocotte. Tiens, voilà Nina avec le thé, fit Tante Avril.
Nina imagina un instant que des espoirs fous avaient été investis dans les pourboires des hôtes payants. S’attendait-on vraiment à ce qu’ils compensent l’arrêt de vingt-quatre ans de vie commune ?
— C’est terrible d’avoir des problèmes de palpitant, annonça Oncle Kenny. Enfin, au moins il n’aura pas souffert. C’est mieux que le crabe : on pourrit en gueulant de douleur. Notre père est parti par le palpitant et tout le saint-frusquin. C’est la malédiction des Fitzpatrick. C’est ton grand-père.
Il regarda Malcolm, le cousin de Nina, et sourit. Malcolm avait beau être le neveu de Kenny, il n’avait que quatre ans de moins que son oncle et avait l’air bien plus vieux.
— Un jour, toutes ces histoires de cœur, et de cancer et tout ça, seront oubliées, hasarda Malcolm.
— Ouais ouais. La médecine scientifique. À propos, ça va comment, ton Elsa ?
La voix de Kenny avait baissé d’un ton.
— On va lui faire une autre opération. Un truc aux trompes de Fallope. En fait, ce qu’ils vont faire, c’est que…
Nina fit demi-tour et quitta la pièce. On aurait dit que Malcolm ne tenait à parler que d’une chose : les opérations que subissait sa femme pour arriver à faire un enfant. Avec des détails qui lui mettaient le bout des doigts à vif. Comment les gens pouvaient croire qu’on ait envie d’entendre ce genre de truc ? Quel genre de femme passait par tout ça rien que pour faire exister un mioche qui braille ? Quel genre d’homme pour l’encourager ? La porte sonna au moment où elle arrivait dans le couloir. C’était Tante Cathy et Oncle Davie. Ils avaient vite fait pour venir de Leith à Bonnyrigg.
Cathy serra Nina contre elle.
— Oh, ma chérie. Elle est où ? Où est Alice ?
Nina aimait bien Cathy. C’était la plus vivante de ses tantes et elle, au moins, la traitait en être humain, pas en enfant.
Cathy entra dans le salon et prit sa belle-sœur Alice dans ses bras. Puis ce fut au tour d’Irene, la mère de Nina, et de ses frères, Kenny et Boab. Dans cet ordre-là. Nina trouvait que c’était un choix assez crainteux. Davie se contenta de hocher gravement la tête à l’adresse de chacun.
— Dieu ! T’as pas perdu de temps pour arriver jusqu’ici avec ton vieux van, Davie, fit Boab.
— Aye. Ce sont les bretelles qui font tout. Tu les prends tout de suite après Portobello et tu sors juste avant Bonnyrigg, expliqua consciencieusement Davie.
La porte sonna encore. Cette fois, c’était le docteur Sim, le médecin de famille. Sim était un homme vif, l’air toujours très efficace, mais avec un truc sombre dans l’expression. Il s’efforçait de montrer de la compassion tout en affichant une sorte d’énergie positive, histoire de donner confiance à la famille réunie. Sim pensait qu’il ne s’en sortait pas trop mal.
Nina trouvait aussi.
Une horde de tantines hors d’haleine se précipitèrent autour de lui, aussi préoccupées que des groupies autour d’une rock star. Après quelques minutes, Boab, Kenny, Cathy, Davie et Irene accompagnèrent Sim à l’étage.
Au moment même où ils quittaient la pièce, Nina s’aperçut que le débarquement avait commencé. Elle leur emboîta le pas.
— Ne reste pas dans nos jambes ! siffla Irene par-dessus son épaule.
— Mais je vais aux toilettes ! répliqua Nina, indignée.
Une fois dans la salle de bains, elle se déshabilla en commençant par ses gants de dentelle noire. Elle examina l’étendue des dégâts et s’aperçut que la fuite avait mouillé sa culotte sans atteindre ses collants.
— Merde, fit-elle quand des gouttes d’un sang épais et sombre tombèrent sur le tapis de bain.
Elle déchira quelques bandes de papier toilette et se les appliqua pour contenir l’épanchement. Elle fouilla dans l’armoire de toilette mais ne trouva ni serviettes ni tampons. Alice était-elle trop vieille pour avoir ses règles ? Il y avait des chances.
Avec un autre tampon de papier mouillé d’eau, elle s’affaira à effacer le plus gros des taches du tapis.
Nina entra dans la douche avec circonspection. Après s’être rincée, elle confectionna un autre bouchon avec du papier des cabinets et s’habilla rapidement, sans sa culotte qu’elle lava au lavabo, essora et fourra dans la poche de sa veste. Elle perça et pressa le bouton qu’elle avait sur la lèvre supérieure, et se sentit bien mieux.
Nina entendit les autres quitter la pièce et s’engager dans l’escalier. C’est vraiment la chianterie, ici, pensa-t-elle, et elle eut envie d’être ailleurs. Elle n’attendait que le moment opportun pour taper sa mère d’un peu de cash. Elle était censée aller à Édimbourg avec Shona et Tracy pour voir ce groupe des studios Calton. C’était pas terrible de sortir quand on avait ses règles, comme disait Shona, les garçons devinaient toujours quand on montait à kangourou. À l’odeur tout simplement et quoi qu’on fasse. Et Shona s’y connaissait en garçons. Elle avait un an de moins que Nina mais elle l’avait fait deux fois, une avec Graeme Redpath, et une avec un Français rencontré à Aviemore.
Nina n’était encore allée avec personne, et elle ne l’avait jamais fait. Presque tout le monde disait que c’était débectant. Les garçons étaient trop bêtes, trop tristes et ennuyeux, ou vraiment trop excités. Elle aimait bien l’effet qu’elle leur faisait, elle adorait la tête de pâté gras qu’ils prenaient pour la regarder. Quand elle le ferait, ce serait avec quelqu’un qui saurait ce qu’ils seraient en train de faire. Quelqu’un de plus grand, mais pas comme Oncle Kenny qui la regardait comme s’il était un chien, les yeux rouges et la langue sortie en douce entre ses lèvres. Elle avait ce sentiment bizarre que même à son âge, Oncle Kenny serait un peu comme ces garçons ineptes avec qui étaient allées Shona et les autres.
Elle avait des doutes par rapport au concert mais l’alternative était de rester enfermée à regarder la télévision. Ce qui signifiait surtout Bruce Forsyth’s Génération Game, avec sa mère et son crétin de petit pédé de frère qui s’excitait dès que les trucs commençaient à dégringoler du tapis roulant et qui les énumérait à toute vitesse, de sa voix grinçante et maniérée. Sa mère ne la laisserait même pas fumer au salon. Elle laissait Dougie, son coxeur, un vrai débile, fumer au salon. Du coup, ce n’était plus un problème, ça devenait le prétexte à de petites vannes plutôt que la cause du cancer et de maladies cardiaques. N’empêche que Nina devait aller au premier pour cloper et c’était vraiment merdique. Sa chambre était glacée et le temps d’allumer le chauffage, et qu’il chauffe, elle avait de quoi fumer un paquet entier de Marlboro. Et puis, merde ! Ce soir, tant pis pour les risques, elle irait au concert.
En sortant de la salle de bains, elle jeta un œil à Oncle Andy. Le cadavre était sur le lit, toujours sous ses couvertures. Ils auraient pu lui fermer la bouche, se dit-elle. On aurait dit qu’il était mort en ivrogne, en rouspétant, foudroyé pendant qu’il braillait football ou politique. Le cadavre était maigre et rabougri mais il faut dire qu’Andy avait toujours été comme ça.
Elle se souvint avoir eu les côtes chatouillées par ses doigts osseux, insistants et multiples. Peut-être qu’Andy avait toujours été en train de mourir…
Nina décida de fouiller dans les tiroirs pour voir si Alice avait une culotte empruntable. Les chaussettes et les caleçons à poche d’Andy étaient dans le premier tiroir de la commode. Les cache-fri-fri d’Alice étaient dans le suivant. Nina fut sciée par la collection de lingerie que possédait Alice. Ça allait de choses totalement démesurées – qui, quand Nina les appliqua contre elle, lui arrivèrent au genou –, jusqu’à de minuscules histoires de dentelle, impensables portées par sa tante. Il y en avait un dans la même dentelle noire que les gants qu’elle avait aujourd’hui. Elle enleva ses gants pour toucher le slip. Il était bien mais elle en choisit quand même un autre, un rose à petites fleurs. Elle retourna dans la salle de bains pour le passer.
Quand elle redescendit, elle s’aperçut qu’en guise de lubrifiant social de la petite réunion, l’alcool avait remplacé le thé. Le docteur Sim était debout, le verre de whisky à la main, en conférence avec Oncle Kenny, Oncle Boab et Malcolm. Elle se demanda si Malcolm lui parlerait des trompes de Fallope. Les hommes buvaient avec un stoïcisme déterminé, comme s’il s’agissait d’un devoir. Il y avait le deuil mais rien n’empêchait un sentiment de soulagement de flotter librement dans l’atmosphère. C’était la troisième crise cardiaque d’Andy et maintenant qu’il y était passé – enfin – tout le monde pourrait vivre sa vie sans faire des bonds de quatre mètres à chaque fois que la voix d’Alice déboulait au téléphone.
Un autre cousin, Geoff, le frère de Malky, était arrivé.
Il regarda Nina avec un air qu’elle identifia comme pas très loin de la haine. C’était bizarre, et ça la gonflait. Lui aussi était un branleur. Tous ses cousins l’étaient. Du moins ceux qu’elle connaissait. Tante Cathy et Oncle Davie (il était de Glasgow et protestant) avaient deux fils : Billy, qui sortait tout juste de l’armée, et Mark, qui était supposé se droguer. Ils n’étaient pas là, vu qu’ils connaissaient à peine Andy et ceux de Bonnyrigg. Ils seraient certainement à l’enterrement. Peut-être pas. Avant, Cathy et Davie avaient un troisième fils. Il s’appelait aussi Davie. Il est mort il y avait presque un an maintenant. Il était très handicapé, à la fois mentalement et physiquement, et avait passé la plus grande partie de sa vie à l’hôpital. Nina ne l’avait vu qu’une fois, assis en vrille dans son fauteuil roulant, bouche ouverte et regard vacant. Elle se demanda comment Cathy et Davie s’étaient sentis à sa mort. Tristes, c’est sûr, mais soulagés aussi, peut-être.
Et merde. Voilà Geoff qui s’amenait pour lui parler. Une fois, elle l’avait montré à Shona qui avait dit qu’il ressemblait à Marti, de Wet Wet Wet. Nina détestait et Marti et les Wets et, de toute façon, par rapport à Marti, Geoff n’avait rien à voir.
— Ça baigne, Nina ?
— Ouais. C’est dommage, pour Oncle Andy.
— Ouais. Qu’est-ce qu’on y peut ?
Geoff haussa les épaules. Il avait vingt et un ans et Nina trouvait ça préhistorique.
— Et c’est quand que tu finis l’école ? lui demanda-t-il.
— L’année prochaine. Je voudrais bien arrêter maintenant mais Ma me tue le dos pour que je continue.
— Tu passes ton brevet ?
— Ouais.
— Quoi comme matières ?
— Anglais, Maths, Arithmétique, Peinture, Gestion, Physique, Lettres Modernes.
— Tu vas tout passer ?
— Ouais. C’est pas si dur. Sauf les maths.
— Et après ?
— Trouver un boulot. Ou un plan.
— Tu veux pas attendre et passer ton bac ?
— Nan.
— Tu devrais. Tu pourrais aller à l’université.
— Pour quoi faire ?
Geoff eut besoin de cinq minutes de réflexion. Il venait d’avoir une licence en Lettres et était au chômage. Comme la plupart de ceux qui l’avaient eue en même temps que lui.
— On se fait des amis, on sort, c’est bien, fit-il.
Nina réalisa soudain que la chose dans le regard de Geoff n’était pas de la haine mais du désir. Visiblement, il avait bu avant de venir et ça lui avait mis tous les blocages à plat ventre.
— Tu as bien grandi, Nina, dit-il.
— Ah, oui ? fit-elle en rougissant, parfaitement consciente de ce qu’elle faisait et se détestant pour ça.
— Et si on allait faire un tour ? Jveux dire, dans les pubs, on te laisse entrer ? On pourrait aller boire un verre ?
Nina évalua la proposition. Même si Geoff faisait chier avec ses histoires de fac, ça ne pouvait pas être pire que de rester ici. Et puis, au pub, on les verrait, et ça allait déballer sec – on était à Bonnyrigg quand même – et Shona et Tracy l’apprendraient et elles voudraient savoir qui était ce type brun et plus âgé. C’était une chance trop géniale pour la laisser passer.
C’est là que Nina se souvint des gants. Elle les avait laissés sur la commode, dans la chambre d’Andy. Elle s’excusa auprès de Geoff.
— Ouais, c’est d’accord. Je vais juste aux toilettes.
Les gants étaient toujours sur le dessus de la commode. Elle les prit et les fourra dans la poche de sa veste mais comme sa culotte humide s’y trouvait déjà, elle les enleva en vitesse et les mit dans une autre poche. Elle regarda Andy. Il avait quelque chose de changé. Il transpirait. Elle le vit tiquer. Dieu, elle était sûre de l’avoir vu tiquer ! Elle lui toucha la main. C’était tiède.
Nina se rua dans l’escalier.
— C’est Oncle Andy ! Je crois… je crois… il faut monter… on dirait qu’il est encore là…
Ils la regardèrent avec des expressions incrédules. Kenny réagit le premier. Il escalada les marches quatre à quatre, suivi de Davie et du docteur. Alice, parcourue de tics nerveux, restait bouche bée, sans vraiment enregistrer ce qui se passait.
— C’était un type bien… jamais levé la main sur moi…, marmonnait-elle comme un délire.
Puis quelque chose en elle la précipita aux trousses de la horde, dans l’escalier.
Kenny toucha le front moite de son frère, et sa main.
— Il est brûlant ! Andy n’est pas mort ! ANDY N’EST PAS MORT !
Sim allait examiner le corps quand il fut violemment écarté par Alice, qui, libérée de toutes ses inhibitions, se jeta à plat ventre sur la forme tiède, toujours empaquetée dans son pyjama.
— ANDY ! ANDY, TU M’ENTENDS ?
La tête d’Andy dodelina sur le côté, son expression restant toujours aussi stupide et figée, et son corps, mou et abandonné.
Nina pouffa nerveusement. On s’était emparé d’Alice et on la retenait comme une folle dangereuse. Les hommes et les femmes la cajolaient et la noyaient de sons lénifiants, pendant que le docteur Sim examinait Andy.
— Non. Je regrette. M. Fitzpatrick est mort. Son cœur s’est arrêté, fit-il gravement.