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Irvine Welsh · Chapitre 28 sur 43

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DILEMME JUNK n° 67

Ça me fait chier que des cons emmerdent mon frère. C’est exactement ça qu’avait dit Billy Boy à Pops Graham et Dougie Hood qui étaient entrés dans le pub pour me faire chier, déterminés qu’ils étaient à me faire payer pour ma drogue. Les déclarations de Billy. Oh, oui. Énoncées avec une telle assurance, avec une telle clarté, qu’elles étaient au-delà de la menace. Mes agresseurs avaient tout simplement échangé un regard puis ils s’étaient cassés. J’avais ricané. Spud aussi. On était collés au plafond, et on se foutait de tout. Billy Boy avait fait son chien, genre : t’es vraiment un enculé, puis il était allé retrouver ses potes, qui avaient l’air tout à fait déçus que Pops et Dougie se soient taillés en couilles, les privant ainsi d’une excuse pour une baston. Je pouffais toujours. Merci les mecs, quand même.

Billy Boy m’avait dit que je me ruinais la vie avec ce merdier. Il me l’avait dit plusieurs fois déjà. C’était vrai…

Merde. Merde. Merde. De quoi il s’agit. Mon Billy. Putain de Dieu. J’ai pas…

Sharon a raison. C’est difficile de changer quelqu’un.

En fait, toute cause a besoin de martyr. Alors là, maintenant, je voudrais qu’elle se casse, que je puisse retrouver mon trésor, me cuire un shoot et prendre mon pied, histoire d’oublier.

 

DILEMME JUNK n° 67

 

Les carences affectives, c’est relatif. Il y a des gosses qui crèvent de faim, ils tombent comme des mouches à la seconde. Le fait que cela se produise au loin ne change rien à cette vérité fondamentale. Le temps que j’écrase ces cachets, que je cuisine et que je les injecte, des milliers de gosses dans d’autres pays, et peut-être dans celui-ci, seront crevés. Le temps que je fasse ça, des milliers de riches salopards seront plus riches de plusieurs milliers de livres, fruits de nos investissements.

Écraser des cachets : quel foutu minable. Je devrais vraiment réserver

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Jack et Jill à mon estomac. Les veines et le cerveau sont trop fragiles

pour prendre ces trucs directement.

Comme Dennis Ross.

Dennis prenait un pied gigantesque en s’injectant du whisky. Et puis ses yeux se sont révulsés, du sang a jailli de ses narines, et c’en était fait de Dennis. Une fois que tu vois le sang de tes narines rebondir par terre… la fête est finie. Le machisme des toxicos… non. Les besoins des toxicos.

J’ai les foies, je me chie dessus, mais le moi qui meurt de trouille n’est pas le moi qui écrase ses cachets. Le moi qui écrase les cachets sait que la mort ne peut être pire que de ne rien faire pour arrêter cette logique de déchéance. C’est bien moi, toujours le dernier mot.

Il n’y a jamais eu de véritable dilemme avec la dope. Les dilemmes n’apparaissent que quand on est en manque.

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