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DILEMME JUNK n° 64
J’ai sorti ma cuillère, elle est plus légère, et des boules de coton et aussi un peu de ce Vim ou de cet Ajax que Seeker a l’audace d’appeler de la dope. Les mecs ont rappliqué.
— Arrière, mes petites putains ! j’ai fait en renvoyant ces minables du revers de la main.
Je sais, je jouais au caïd et une partie de moi-même trouvait ça dégueulasse parce que quand c’est un autre qui vous fait le coup, c’est horrible. Cela dit, personne ne peut se retrouver dans cette situation et ensuite nier la force corruptrice du pouvoir absolu.
Les pauvres cons ont fait deux-trois pas en arrière et ils m’ont regardé bosser sans rien dire. Ces enculés vont attendre.
Lesley d’abord. Après moi. C’est rien que de le dire.
DILEMME JUNK n° 64
— Mark ! Mark ! Réponds ! Je sais que tu es là, mon petit ! Je sais que tu es là !
C’est ma Ma. Ça fait un bon bout que j’ai pas vu Ma. Je suis là, couché à quelques centimètres de la porte qui donne sur un couloir étroit qui donne sur une autre porte. Derrière cette porte, c’est ma mère.
— Mark ! Je t’en prie, mon fils, je t’en prie ! Réponds ! C’est ta mère, Mark ! Réponds.
On dirait que Ma pleure. On dirait qu’elle dit « Rai-hé-poonn ». J’aime Ma, je l’aime beaucoup, mais d’une manière assez difficile à préciser, d’une manière qui se rend elle-même difficile, quasi impossible, à dire. Mais je l’aime quand même. Si fort que je ne veux pas qu’elle ait un fils comme moi. J’aimerais lui trouver un remplaçant. J’aimerais et c’est tout parce que je ne crois pas que le changement soit un choix possible pour moi.