Après l’amour
Les gorges du Verdon
Ma liaison avec Héloïse s’installe. Comme à son habitude, elle prépare un petit déjeuner copieux. On avale quelques gorgées de thé et on file prendre la navette Air France de huit heures cinquante. À l’aéroport de Marseille, on loue un 4 x 4. Héloïse conduit d’une main ferme, j’admire ses mains d’homme, les mêmes que son père. Elle arbore de nouvelles lunettes de soleil. On se dirige vers Cassis en passant par le chemin côtier. La route est belle. Le soleil s’excite sur la carrosserie. La chambre de l’hôtel offre une vue exceptionnelle sur le cap Canaille. Les siestes se prolongent, les balades dans les calanques nous ouvrent l’appétit. Au marché, on achète des huîtres, des oursins, des crevettes. On fait l’amour toute l’après-midi en regardant la mer. Elle baise avec force, aligne orgasme sur orgasme. Ses doigts entrent sans préambule dans mon sexe, constamment humide, et explorent la cavité. Le soleil sur le visage. Au déjeuner, on commande un saint-pierre dans un restaurant niché au-dessus des calanques. Le soir, on boit un café frappé sous la tonnelle. Le temps est à la balade. On s’embrasse à l’abri des regards, couchées sur les pierres blanches, glissantes. Le lendemain, cap vers les gorges du Verdon. Une forêt d’arbres épais entoure l’entrée majestueuse du monastère de Griès. L’immense chambre regroupe deux anciennes cellules dont la cloison a été abattue. Je lui demande de harnacher le godemiché. Je me fais pénétrer pour la première fois, profondément. Les sensations sont extraordinaires, très fortes. Je n’ai plus peur des hommes ni des femmes. Je n’ai plus peur de la pénétration des hommes. Je pense aux Chiens d’Hervé Guibert.
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