Automne À Pékin

Boris Vian · Chapitre 14 sur 64

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Automne À Pékin

Chapitre 3

 

– Je ne sais pas quoi faire, dit Anne.

– Il faut que tu y ailles, dit Angel. Tu as signé.

– Mais je vais m’embêter horriblement, dit Anne. Je serai tout seul.

– As-tu revu Cornélius ?

– Il m’a téléphoné. Je dois partir après-demain.

– Ça t’embête tant que ça ?

– Non, dit Anne. Ça me fera voir du pays, au fond.

– Tu ne veux pas le dire, dit Angel, mais c’est à cause de Rochelle que ça t’ennuie.

Anne regarda Angel avec étonnement.

– Vraiment, je n’y songeais pas. Tu crois qu’elle m’en voudra, si je m’en vais ?

– Je ne sais pas, dit Angel.

Il pensait que si elle restait, il pourrait la voir de temps en temps. Ses yeux étaient bleus. Anne serait parti.

– Tu sais… dit Anne.

– Quoi ?

 

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– Tu devrais venir avec moi. Ils ont sûrement besoin de plusieurs ingénieurs.

– Mais je ne connais rien aux chemins de fer, dit Angel.

Il ne pouvait pas laisser Rochelle si Anne s’en allait.

– Tu t’y connais autant que moi.

– Tu sais au moins tout ce qui concerne les cailloux, avec ta situation.

– J’en vends, dit Anne. Je n’y connais rien, je t’assure. On ne connaît pas forcément ce qu’on vend.

– Si nous partons tous les deux… dit Angel.

– Oh, dit Anne, elle trouvera bien d’autres types pour s’occuper d’elle…

– Mais tu n’es pas amoureux d’elle ? demanda Angel.

Cela remuait un peu anormalement du côté de son cœur. Il essaya de s’empêcher de respirer pour arrêter, mais c’était fort.

– C’est une très jolie fille, dit Anne. Mais il y a des sacrifices à faire.

– Mais, alors, demanda Angel, pourquoi est-ce que tu es si troublé à l’idée de partir ?

– Je vais m’embêter, dit Anne. Si tu viens avec moi, on pourra toujours se distraire. Tu ne peux pas venir ? Ce n’est pas Rochelle qui te retient tout de même ?

– Sûr que non, dit Angel.

 

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Très douloureux à dire, mais rien ne se cassa.

– Au fait, dit Anne. Si je la faisais embaucher par Cornélius comme secrétaire ?

– C’est une bonne idée, dit Angel. Je vais en parler à Cornélius en lui demandant s’ils ont du travail pour moi.

– Tu te décides tout de même ? dit Anne.

– Je ne vais pas te laisser tomber comme ça.

– Bon, dit Anne. Mon vieux, je crois qu’on va rigoler. Téléphone à Cornélius.

Angel s’assit à la place d’Anne et décrocha le récepteur.

– Alors, on lui demande si Rochelle peut venir, et si ils peuvent m’embaucher ?

– Vas-y, dit Anne. Après tout, il y a des sacrifices qu’on peut très bien ne pas faire.

 

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