Automne À Pékin
Chapitre VI
– Je descends le premier, dit Athanagore. Faites attention. Il y a, en bas, un tas de pierres à emballer.
Son corps s’engagea dans l’ouverture du puits et ses pieds prirent un appui solide sur les barreaux d’argent.
– Passez ! dit Anne en s’effaçant devant Petitjean.
– C’est un sport ridicule, dit Petitjean. Hé, vous, en bas, ne levez pas les yeux. Ça ne se fait pas !
Il rassembla sa soutane dans une main et mit le pied sur le premier échelon.
– Ça va, dit-il. Je descends quand même.
– Jusqu’où crois-tu que ça descend ? dit-il.
Anne restait près d’Angel.
– Je ne sais pas, dit Angel d’une voix étranglée. C’est profond.
Anne se pencha sur l’ouverture.
– On ne voit pas grand-chose, dit-il. Petitjean doit être arrivé. C’est le moment.
– Pas encore… dit Angel avec désespoir.
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– Mais si, dit Anne.
Il s’était agenouillé près de l’orifice du puits et scrutait l’ombre dense.
– Non, répéta Angel. Pas encore.
Il parlait plus bas, d’une voix effrayée.
– Il faut y aller, dit Anne. Allons ! Tu as peur ?
– Je n’ai pas peur… murmura Angel.
Sa main toucha le dos de son ami, et, brusquement il le poussa dans le vide. Le front d’Angel était humide de sueur. Il y eut un craquement quelques secondes après, et la voix de Petitjean qui criait tout au fond du puits.
Les jambes d’Angel tremblaient et ses doigts hésitèrent avant de trouver le premier barreau. Ses pieds l’emmenaient en bas et il sentait son corps comme du mercure froid. L’entrée du puits, au-dessus de lui, se découpait en bleu-noir sur un fond d’encre. Le sous-sol s’éclaira vaguement, et il accéléra sa descente. Il entendait Petitjean réciter des mots d’une voix monotone. Il ne regardait pas en bas.
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