Automne À Pékin
Chapitre V
Angel venait à leur rencontre. Il marchait d’un pas incertain, tout chaud encore du corps de Cuivre. Elle était repartie de l’autre côté, pour rejoindre Brice et Bertil et les aider dans leur travail. Elle savait qu’il valait mieux ne pas rester près du garçon inquiet qui venait de la prendre dans un creux de sable délicatement, tendrement, sans vouloir la blesser. Elle rit et courut. Ses jambes fines s’élevaient, élastiques, au-dessus du sol clair, et son ombre dansait près d’elle et lui donnait quatre dimensions.
Lorsqu’il fut tout près d’eux, Angel les regarda avec application. Il ne s’excusait pas de les avoir quittés. Anne était là aussi, fort et gai, comme avant Rochelle ; ainsi Rochelle était finie.
Il restait un chemin très court à faire jusqu’au campement d’Athanagore. Ils parlaient seulement et les choses étaient prêtes à s’accomplir.
Car Angel savait ce qu’était Cuivre, et il perdait d’un coup tout ce qu’Anne avait eu de Rochelle.
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