Beautiful Fighter
Chapitre 12
Je quitte le planétarium, des étoiles plein les yeux et la tête remplie d’un nouvel espoir.
Je ne serai jamais astrophysicienne. Je ne serai jamais astronaute. Mais d’autres métiers sont possibles. J’en ai discuté avec un employé du planétarium, l’air de rien, et j’ai plusieurs pistes à suivre.
À vrai dire, ce n’est pas cette découverte qui me trouble le plus, mais l’attitude à la fois bienveillante et joueuse de Samaï, et le regard qu’il pose sur moi. Comme si j’étais précieuse à ses yeux. Moi qui ai été bercée dans le mépris et la maltraitance, j’avoue ne pas comprendre les petites attentions dont il me couvre. Par conséquent, je ne connais pas la bonne manière de réagir. Alors, j’essaie de rester naturelle et lui raconte quelques anecdotes sur les planètes et les étoiles qui me passionnent. J’ai peur de l’ennuyer, mais il m’écoute patiemment. Et c’est fou comme ça me fait du bien !
Alors que nous prenons à nouveau place sur la banquette arrière du taxi, je me tourne vers lui.
– On rentre à l’hôtel, cette fois ?
Il acquiesce, amusé.
– Oui. Fatiguée ?
– Non. Impatiente.
Mes intentions sont claires comme de l’eau de roche. J’en ai marre de jouer les filles fragiles. De me battre contre mes peurs. Je veux prendre ce que je désire, du moment que mon partenaire est d’accord. Et ce que je désire, c’est Samaï sur moi, en dessous de moi, en moi, partout.
Sans me quitter des yeux, il se penche vers moi. Je suis le même mouvement et nos bouches se trouvent. Les lèvres embrassent, les dents mordillent, les langues goûtent, taquinent, éveillent davantage le désir qu’elles ne l’apaisent. Quand nous arrivons au pied de l’hôtel, mes jambes tremblent comme celles d’une collégienne. Nous n’avons pas encore pénétré à l’intérieur de l’établissement que nous nous embrassons déjà. Il me coûte un effort considérable de me séparer de Sam pour le laisser régler notre réservation. Et encore, nous nous tenons par la main, échangeons sans cesse des regards, comme si nous ne pouvions pas nous passer l’un de l’autre.
– Je suis navrée, monsieur Parker, s’excuse la standardiste. Vous aviez réservé deux chambres séparées, mais nous n’en avons plus qu’une à disposition. C’est une erreur de notre part. Brisbane célèbre pendant trois jours un événement exceptionnel et…
– On fera avec, ne vous en faites pas.
Visiblement pressé d’en finir, Sam tend la paume vers elle pour qu’elle y dépose la clé. L’hôtesse me jette un coup d’œil pour s’assurer que je suis consentante, puis lui donne une carte magnétique.
– Bon séjour !
– Oh que oui ! fait-il.
Je m’esclaffe en entrant dans l’ascenseur, mais mon rire se fige dès que je me retrouve seule avec Samaï. Je plonge dans ses yeux. Il soutient mon regard. Puis, il traverse la cabine pour capturer mon visage entre ses paumes. Je lève le menton et nos lèvres se touchent tandis que je m’accroche à ses larges épaules comme si je craignais que le sol se dérobe sous mes pieds. Si le baiser que nous échangeons est un prélude de ce qui va suivre, son intensité me fait chavirer. J’ai l’impression d’être au bord du précipice et, le pire, c’est que je meurs d’envie de me jeter dans le vide.
Nous ne nous séparons pas lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Notre étreinte perdure dans le couloir, et nos lèvres ne s’éloignent que pour mieux revenir. Nous finissons par trouver notre chambre. Je suis contente que ce soit lui qui introduise la carte magnétique dans le lecteur, parce que mes mains tremblent. Pas de peur, non. De désir.
Alors que je me faisais une joie de dormir à l’hôtel, moi qui n’ai pas souvent eu l’occasion de voyager, je ne jette même pas une œillade à la pièce qui va nous accueillir pour la nuit. Toute mon attention est focalisée sur l’homme qui me fait face. J’ai à peine le temps de me débarrasser de mes chaussures qu’il m’entraîne déjà vers le lit. Je m’accroche à lui et nous chutons tous les deux en riant.
« Une chute profonde mène souvent vers le plus grand bonheur. »
Sans plus attendre, je le débarrasse de son tee-shirt. Avides, mes mains vont immédiatement se promener sur ses muscles qui roulent sous mes doigts. Jamais toucher un homme ne m’a provoqué pareil effet. Il agit sur moi comme une drogue. Il m’en faut plus, tellement plus !
Nous nous déshabillons l’un l’autre dans un combat à corps à corps, mêlant rires et désir. Ce n’est que lorsque je me retrouve complètement nue sous la clarté brutale des ampoules électriques que je prends conscience de mon erreur. Je me suis laissée porter par ma passion et j’ai baissé la garde trop vite. Morte de honte, je pose brusquement mes mains sur mon ventre pour masquer la marque qui me relie à mon passé. J’obtiens l’effet inverse, puisque mon geste abrupt attire l’attention de mon amant. Je ne résiste pas quand ses mains se resserrent autour de mes poignets pour les écarter de mes hanches, mais je détourne les yeux quand les siens se posent sur mon ventre. J’éprouve un tel dégoût envers moi-même que je ne veux pas qu’il me voie comme ça. Je cherche à me dégager mais cette fois, il ne m’en donne pas l’occasion. J’arrête de me débattre, vaincue. Le moment d’avouer certaines choses est finalement venu.
– C’est quoi, ça ?
J’inspire profondément, les paupières baissées. Je pourrais inventer quelque chose, n’importe quoi, et m’en tirer par une pirouette. Mais ça ne serait pas juste. Jusqu’ici, Samaï a toujours joué cartes sur table avec moi. Je ne suis pas en droit de lui mentir. Et puis, il serait peut-être temps d’assumer. J’ai survécu, je dois en être fière. J’ouvre les yeux et les plonge dans les siens.
– Un trou de balle.
Quand je vois l’étonnement scintiller dans ses iris de miel, je n’ai pas d’autre choix que de clarifier la situation.
– Au sens littéral.
Un sourire fend son visage exceptionnel en dépit de la situation particulièrement dramatique.
– Je m’en doutais, Adi.
En une seconde, son sourire s’efface et il retrouve son sérieux. Des éclats brillants dansent dans ses prunelles. Une vague colère jaillit dans ma poitrine.
– Je ne veux pas de ta pitié, Sam.
– Je n’ai pas pitié de toi, je m’inquiète pour toi, c’est différent. Qui t’a fait ça ?
– Quelqu’un qui n’est plus en état de me nuire, puisqu’il croupit derrière les barreaux.
Il me scrute avec intensité, cherchant à percer mes secrets. Je ne me détourne pas cette fois. Je lui dois bien ça.
– Qui es-tu, petite fleur ?
Je me redresse sur mes coudes pour lui faire face. Il est important qu’il comprenne ce message.
– Cette cicatrice que tu as sous les yeux, elle ne t’indiquera pas qui je suis aujourd’hui, mais qui j’étais hier. Aujourd’hui, je suis Adi Aguilar. Je suis la fille couchée dans ce lit, un peu perdue, qui se meurt de désir pour toi. Je suis la fille qui est prête à sauter dans le vide, dans l’inconnu. Voilà qui je suis. Et toi, qui es-tu, Samaï Parker ?
– Je suis celui qui va sauter de cette falaise, avec toi.
Comme pour faire taire mes complexes, il prend mes mains dans les siennes et les place de part et d’autre de mon corps, puis la bouche de Sam atterrit sur ma cicatrice. Il y dépose des baisers légers comme les ailes d’un papillon, qui me donnent la force de m’envoler au-dessus de mes peurs. Sa bouche embrasse, lèche, mordille, me faisant découvrir à travers des sensations inédites combien la vie vaut la peine d’être vécue.
Après m’avoir gratifiée d’un regard joueur qui ne fait qu’exacerber mon désir pour lui, il prend la direction du sud, semant sur son chemin une myriade de baisers humides qui font écho à la moiteur qui s’installe entre mes jambes quand je comprends ce qui va suivre.
S’assurant que je suis bien d’accord, il embrasse d’abord le point le plus sensible de mon corps avec une délicatesse qui me donne les larmes aux yeux. Puis, il devient plus audacieux, plus exigeant, goûtant lentement mes replis. Il redresse la tête pour plonger ses iris dans les miens. Je n’ai pas peur qu’il y lise mon désir. Dans les siens, je devine quelque chose qui approche de l’adoration.
– Tu es délicieuse, Adi. Un véritable régal.
La seconde d’après, sa langue s’enroule autour de mon bouton de chair et mes doigts viennent se crisper dans ses cheveux.
– Samaï !
Je ne lutte pas contre le plaisir qui monte par vagues à mesure que sa bouche redonne vie à cet espace oublié, mêlant tendresse et dextérité, fragilité et puissance. L’étonnement et le ravissement sont les maîtres mots quand la déferlante m’emporte. Une onde de pur plaisir jaillit de mon bas-ventre pour irradier l’ensemble de mon corps, des racines de mes cheveux jusqu’aux orteils. C’est si bon, si délicieusement inédit ! Pour la première fois de ma vie, je jouis.
Lorsque je reviens à moi, je découvre un sourire ravi du type particulièrement content de lui. Loin de me rebuter, je trouve son arrogance terriblement sexy. Et puis, il faut avouer qu’il a été particulièrement doué.
– T’es fier de toi, hein ?
Mon ironie est ma meilleure arme, parce que je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable et aussi forte qu’à cet instant précis. Jouir n’est-il pas une manière de dévoiler son âme à son partenaire ?
– Fier, oui. Satisfait, pas encore.
Alors que je pensais être rassasiée pour les semaines à venir, le voilà qui vient de rallumer le brasier de mon désir.
– Et qu’est-ce qui te dit que je suis prête à te satisfaire ?
Il prend ma question pour ce qu’elle est. Un défi. Une invitation au jeu. Cette lueur amusée qui me plaît tant fait briller l’ambre de ses iris quand il se hisse sur ses coudes et qu’il se positionne au-dessus de moi. Il me sourit encore et je me perds dans la contemplation de ses lèvres.
– Premièrement, ta bouche qui réclame la mienne.
Il m’embrasse à me faire perdre la tête, et le petit brasier dans mon bas-ventre devient un véritable feu. Il se redresse pour promener ses prunelles sur mon corps avide de lui.
– Deuxièmement, les pointes de tes seins, qui se dressent pour moi.
Il se penche pour les lécher, les presser entre ses lèvres, les mordiller. Le plaisir, intense, pousse un gémissement jusqu’à jaillir hors de ma gorge et, d’instinct, je m’accroche à ses cheveux et tire dessus, peut-être un peu fort. Samaï se hausse pour observer son œuvre : mes tétons érigés, plus durs que jamais, mes joues roses, ma bouche entrouverte, mes yeux brillants.
– Troisièmement…
Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase et attrape son membre tandis que j’embrasse ses lèvres. Sa verge palpite dans ma paume tandis que j’effectue des mouvements de haut en bas.
– Adi…
De ma main libre, je le pousse en arrière jusqu’à ce que son dos repose sur le matelas. Cet homme est peut-être un titan sur le ring, mais dans ce lit, j’ai le pouvoir, et ça me fait un bien fou d’en prendre conscience. Je le serre un peu plus fort, guettant ses réactions. Sa bouche s’ouvre et ses pupilles se dilatent. J’accélère le mouvement, me délectant de ses gémissements. Soudain, il referme ses doigts sur mon poignet.
– Adi, je… j’arrive tout de suite, fait-il en s’écartant brusquement.
Je souris, plutôt fière de moi. Je viens de réussir à déstabiliser un colosse !
Samaï attrape son jean, sort le portefeuille de sa poche arrière, et en retire une protection, emballée dans du papier métallique. Joueuse, je l’aide à dérouler le préservatif sur sa verge, puis je me couche sur le matelas. Tendrement, Samaï m’écarte les jambes avant de se positionner sur moi, son érection pulsant contre ma fente, le noir de mes iris contre le miel des siens. Je n’ai plus peur. Je n’ai jamais été aussi prête de toute ma vie. Mes doigts qui s’entrelacent derrière sa nuque lui donnent le signal. En une poussée, il s’introduit en moi. Il ne bouge pas durant les premières secondes, le temps de me laisser m’adapter aux dimensions de son membre. Celui de mon ex était autrement plus petit. Pourtant, avec lui, le ressenti était toujours plus douloureux. Parce que j’étais tendue, sèche et apeurée. Sa bouche atterrit sur la mienne, comme pour me ramener au présent.
– Tu es avec moi, Adi, murmure Sam. Ce soir, c’est toi et moi, nous deux contre le reste du monde.
J’acquiesce, le cœur battant à tout rompre. Ses coups de reins commencent doucement, comme s’il cherchait ses marques. Une fois qu’il les a trouvées, tout devient naturel dans un rythme qui nous est propre. Sans la moindre peur, je me hisse légèrement pour l’embrasser. Puis les yeux dans les yeux, il me mène là où personne d’autre que lui ne m’avait jamais conduite. Mes muscles internes se contractent autour de son sexe et je jouis pour la deuxième fois de la nuit, pour la deuxième fois de ma vie. Très vite, il me rejoint dans un gémissement avant de s’effondrer sur moi.
Oh mon Dieu !
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