Beautiful Fighter
Chapitre 31
Après dix jours de folie, nous nous sommes séparés d’Emilia et Gregory à Brisbane avec la promesse de nous revoir bientôt. Ils vont rester en Australie une petite semaine avant de décoller pour l’Espagne. Quant à Sam et moi, nous sommes installés dans un A380 de Qantas à destination de la Thaïlande. Le reste de l’équipe se trouve également à bord, y compris Nitty qui a pris congé pour pouvoir suivre son fils, ne serait-ce que pendant une partie du tournoi. Pour autant, elle est loin d’être intrusive. Elle est présente quand on en a besoin, elle constitue un soutien indéfectible pour son fils, sans toutefois se mêler de sa vie personnelle. Par conséquent, sa présence ne me dérange en rien. On est loin de la belle-maman classique que toutes les belles-filles détestent. Pourquoi est-ce que je l’appelle belle-maman, déjà ? Ça doit être l’altitude qui me fait raconter des foutaises.
Quoi qu’il en soit, nous apprécions ces neuf heures de calme avant la tempête. La seule chose qui nous retienne de nous envoyer en l’air, c’est la présence de nos amis. Seann a un œil de lynx pour ce genre de choses. Et puis, avouons-le, la propreté des toilettes dans un avion est aussi inexistante que les licornes. Pas question que nous attrapions quelque chose avant les compétitions !
À peine débarqués à l’aéroport, des hommes particulièrement baraqués, vêtus de costumes impeccables, nous font monter dans un luxueux quatre-quatre noir.
– Ce sont les agents du Roi, explique Sam.
– Eh bien, on dirait la version thaïlandaise des Men in Black.
Mon regard est aussitôt attiré par les armes qu’ils portent.
– Tu seras en sécurité, au palais.
Sam a deviné à quoi je pense. Nous avons eu des nouvelles de mon bourreau par le biais de Diego. Il semblerait que la Justice soit favorable à une libération anticipée. Habituellement, ce genre de décision prend des mois, mais il se pourrait que les choses s’accélèrent pour Adolfo grâce aux relations qu’il maintient avec des personnes haut placées, notamment en lien avec la mafia. Ça me dégoûte, ça me révolte et, intérieurement, ça me ronge. Mais j’ai décidé de garder tout ça pour moi et de ne rien révéler à Sam, simplement parce que sa compétition est ce qu’il y a de plus important. Cela fait des années qu’il se bat pour être sélectionné. Je l’aime. Et c’est justement par amour que je passe mes problèmes sous silence. Rien ne doit venir le troubler tant qu’il n’aura pas obtenu ce trophée qu’il convoite. Quand tout cela sera derrière nous, je pourrai m’ouvrir à lui, chercher son soutien et me réfugier dans l’amour qu’il m’offre sans même s’en rendre compte.
Après une heure et demie passée dans la circulation chaotique de Bangkok, nous atteignons l’enceinte du palais royal.
Situé sur les rives du Chao Phraya, l’endroit s’étend sur une surface de vingt-neuf hectares. À peine avons-nous franchi les murailles que je me sens transportée ailleurs. L’architecture typiquement thaïlandaise me laisse rêveuse. Ici, tout brille de mille feux. Les nombreux toits des pagodes, plaqués or, reflètent la lumière du soleil tropical en créant une luminosité féerique. Ce qui me plaît le plus, c’est la végétation luxuriante qui pousse partout entre les bâtiments. Ici, tout est une histoire d’art, de fleurs colorées et d’arbres exotiques. Je tombe immédiatement sous le charme du palais, comme l’ensemble du groupe, à en croire les regards éberlués que nous lançons autour de nous.
– Cet endroit est bien réel ? demandé-je en sortant du véhicule.
– Il l’est autant que toi et moi, répond Sam avec une expression énigmatique.
– Toi aussi, tu adores ce lieu ?
L’ambre contenu dans ses iris scintille littéralement avec les reflets de l’or, ce qui rend ses yeux encore plus incroyables.
– Oui, mais pas pour les mêmes raisons que toi.
Je hausse un sourcil incrédule.
– Parce que depuis que nous avons franchi les murailles du Phra Borom Maha Ratcha Wang, tu brilles comme une fée.
M’habituerai-je un jour à la manière si positive dont il me voit ?
– Généralement, quand on dit à une fille qu’elle brille, c’est parce qu’elle a la peau grasse, et ce n’est pas un compliment, plaisanté-je pour masquer mon trouble.
– Non. Toi, tu rayonnes de l’intérieur.
Je passe mes bras derrière sa nuque en me hissant sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Ici comme ailleurs, ses lèvres ont le goût du soleil, de la mer, du paradis.
– Sam, il faut que tu me donnes des cours de drague. T’es un serial lover hors norme ! lance Seann.
Deux gardes nous interpellent. Mal à l’aise, je cherche à me séparer de Sam, mais il me maintient contre lui. Il n’a pas tort, nous ne faisons rien de mal, après tout.
Nous reportons notre attention sur les deux hommes vêtus d’un haut blanc, d’un pantalon noir, et coiffés des casques traditionnels de l’armée thaïlandaise.
– Mesdames, messieurs, nous vous souhaitons la bienvenue en Thaïlande, lance l’un d’eux.
Comme lui, nous nous baissons pour faire une sorte de courbette.
– J’espère que vous avez fait bon voyage. Ce soir, le Roi donne une réception en vue d’accueillir toutes les équipes. En attendant, nous vous invitons à rejoindre vos appartements et à vous détendre. Il y a tout ce qu’il faut. Spa, piscine, coiffeur…
Voilà un palais comme je les aime !
Le Roi a sélectionné seize nations qui s’affronteront pour obtenir le trophée, à savoir l’orchidée en or, symbole de la Thaïlande. Chacun de ces pays se voit offrir un petit quartier composé de diverses maisonnettes dans la zone est du palais, où le plus grand bâtiment a été vidé et recyclé en gymnase géant. Nous sommes conduits vers le « quartier australien », où nous nous répartissons les maisons. Nicole essaie tant bien que mal de se caser avec nous en prétendant qu’il serait préférable que la mère de Sam vive seule, mais mon amant se débrouille pour la chasser avec délicatesse. Moi, je n’aurais pas fait preuve de tant de tact, parce que cette fille commence vraiment à me taper sur le système.
Notre maison est décorée avec simplicité et raffinement. Elle me fait penser à celle de Nitty, et je m’y sens immédiatement bien. Les nombreux arbres qui entourent la bâtisse nous offrent un semblant d’intimité tout en nous donnant l’impression de nous trouver en pleine jungle. Je suis aux anges !
– Le dernier arrivé au spa est un loser, lance Sam en s’élançant dans les escaliers.
Le temps que je le rejoigne, il est déjà dans la salle de bains, qui compte une douche, une baignoire et un jacuzzi. C’est la première fois que j’en vois un !
– Euh, il y a aussi un spa avec masseuses dans la partie commune.
En dehors de mes courtes études de kinésithérapie, je n’ai jamais reçu de vrai massage, et je serais aux anges si je pouvais en avoir un. Toutefois, lorsque Sam se défait intégralement de ses vêtements, je me dis que les masseuses thaïlandaises attendront un autre jour.
Nu comme un ver, il vérifie la température de l’eau avant de commencer à remplir le bac à remous. Je me fais violence pour m’éclipser dans notre chambre, où nous avons déposé nos valises. Je passe un rapide coup de fil pour rassurer Emilia. J’avoue que je l’appelle aussi en quête d’informations sur mon ex, mais elle n’a rien de neuf à m’apprendre. La procédure est toujours en cours, et aucune décision n’a été prise pour le moment. Lui souhaitant une belle découverte de l’Australie, je raccroche, un peu plus sereine. C’est vrai, qu’est-ce que je risque, ici ? Rien.
Quand je retrouve Sam, il s’est déjà assis au fond du bain à remous. L’air chaud est chargé d’effluves envoûtants et des pétales d’orchidée flottent à la surface de l’eau, m’empêchant d’apercevoir la nudité de mon amant. Ce dernier a pris le temps d’allumer une bonne vingtaine de bougies, qui donnent leur touche chaleureuse à l’ambiance. Qu’on ne me dise plus que les hommes sont incapables de romantisme ! Il est nettement plus doué que moi à ce niveau-là, pour mon plus grand plaisir. Quand mes yeux tombent sur son visage, sur lequel danse la lueur incertaine des chandelles, mon cœur vacille. Sa beauté aura-t-elle toujours sur moi cet effet dévastateur ?
– OK, j’ai une belle gueule, m’assure-t-il, mais le reste n’est pas mal non plus. Si tu veux le redécouvrir, n’hésite pas à me rejoindre.
Mon rire résonne dans la pièce saturée d’un parfum oriental. Sa plaisanterie maladroite a peut-être cassé le romantisme de la situation, mais elle n’a pas brisé sa magie. Au contraire, elle l’a renforcée.
Sous son regard ardent, je m’effeuille lentement. Et quand je le rejoins dans l’eau, je sais que le spectacle que je viens de lui offrir ne l’a pas laissé indifférent. Il est déjà dur pour moi, tout comme je suis déjà humide pour lui. Notre fabuleuse alchimie s’éveille une fois de plus quand je viens m’asseoir sur lui, ma fente contre son sexe dressé, les jambes de part et d’autre de son corps.
Mon envie de lui monte en flèche. Je n’ai jamais été aussi heureuse d’avoir fait un dépistage et d’avoir commencé à prendre la pilule. Aujourd’hui, ce sera notre première fois sans préservatif et mon intimité frémit d’anticipation alors qu’il ne m’a même pas encore touchée.
Brusquement, il m’attire à lui. Mes lèvres atterrissent sur les siennes comme mes seins s’écrasent sur son torse. Il prend son temps pour m’embrasser langoureusement, une main posée sous mes fesses pour me retenir contre lui, l’autre qui descend le long de mon cou jusqu’à ma poitrine. Sa langue espiègle joue avec la mienne tandis que ses doigts viennent taquiner mes tétons. Lui seul sait m’enflammer, mais je ne suis pas en reste. Ma main agrippe son sexe, et je commence à effectuer des mouvements de haut en bas qui, je le sais, auront raison de lui.
– Adi…
Sa voix rauque m’arrache un frisson. Sa bouche quitte la mienne pour prendre le chemin de mes seins. Sa langue remplace ses doigts experts, qui viennent se glisser entre mes jambes. Je me cambre en arrière pour lui offrir un meilleur accès à ma poitrine. Un gémissement franchit mes lèvres lorsque son index me pénètre. Son pouce se joint à la danse de la manière la plus agréable qui soit, en venant tracer des cercles concentriques de plus en plus rapides sur mon clitoris. Il ne m’en faut pas plus pour décoller dans ce monde onirique où seul Samaï sait me propulser. Lorsque j’écarte les paupières, la lueur de désir brille toujours dans son regard.
– Lève-toi.
Le beau boxeur n’a pas l’habitude de recevoir des ordres de quiconque. Néanmoins, il m’obéit au doigt et à l’œil, et ce constat réveille quelque chose de purement animal en moi. J’ai peut-être une part de femme des cavernes dont j’ignorais l’existence, et le pouvoir que j’exerce sur mon homme comble ce côté bestial.
Quand je m’agenouille, l’eau m’arrive au niveau des épaules. C’est parfait. Quant à Sam, il s’est hissé pour me faciliter l’accès à son sexe et les vaguelettes caressent ses cuisses. Je m’approche lentement de lui, avançant à genoux. Je ne m’embarrasse pas de fioritures et l’embrasse directement sur le sommet de son gland, chaud et doux sur mes lèvres. Je laisse ma langue se promener sur cette partie si sensible avant de longer son sexe entièrement, suivant cette petite veine qui palpite sous sa peau. Comme il a l’air d’apprécier, je l’englobe aussi loin que je peux. Je creuse mes joues pour un meilleur effet de succion et entame un mouvement de haut en bas.
Cette caresse, je la trouvais rasoir quand je la prodiguais à mon ex. Pourtant, avec Sam, elle m’excite profondément. Voir le plaisir briller dans les yeux mi-clos de mon amant, entendre les gémissements étouffés qui franchissent ses lèvres entrouvertes, constater le pouvoir que j’ai sur lui… tout cela, conjugué à son goût unique sur ma langue, me grise intimement.
– Adi…
Ses doigts qui s’étaient glissés dans mes cheveux pour m’aider à marquer le rythme, me repoussent. Je lève sur lui mes iris interloqués.
– Je veux jouir en toi, Adi. Et si continues de me regarder avec ce petit air surpris, je ne vais pas tenir longtemps.
Deux secondes plus tard, il a repris sa place sur le banc. Je m’installe à califourchon sur lui, mes jambes de chaque côté de son corps, ma vulve contre son sexe si dur. Le moment est chargé de désir, mais il y a aussi autre chose qui flotte dans l’air. J’attends. J’attends que les trois mots que je rêve d’entendre franchissent ses lèvres, en vain. Mais ses yeux parlent pour lui, et le langage de nos âmes est largement suffisant. Je m’empale sur lui. La sensation de sa peau contre la mienne est indéfinissable. Unique.
Le ressenti est indescriptible. Le plaisir naît du frottement de nos peaux pour se déverser dans chacune de mes cellules, et lorsqu’il atteint mon âme, j’explose dans l’orgasme le plus puissant que je n’aie jamais connu.
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