Chapitre premier

Dominique · Chapitre 35 sur 60

Pages du PDF

Chapitre premier

Chapitre 849

Chapitre 36

Oba plissa les yeux pour mieux y voir dans la pénombre. Il avait de la peine à croire qu'il puisse faire si sombre en plein jour. Mais depuis qu'il était entré dans le marécage, par une matinée pourtant ensoleillée, il y voyait à peine mieux qu'en pleine nuit.

Il se détourna de l'entrelacs de lianes et de broussailles pour regarder derrière lui, en direction de l'endroit où il avait laissé Clovis en le chargeant de veiller sur leurs chevaux. Oba était content de ne plus avoir cet enquiquineur dans les pattes. Comme une mouche, Clovis lui tournait sans cesse autour, et ça l'agaçait. Durant la traversée des plaines d'Azrith, il n'avait pas cessé de parler de tout et de rien.

Oba l'aurait volontiers planté là, mais comment aurait-il trouvé son chemin? Sur ce point, Clovis n'avait pas menti: il était très difficile d'avoir accès à l' «entrée de derrière» du marécage d'Althea.

Au moins, Clovis n'avait pas manifesté

850

l'intention d'accompagner son client jusqu'à la demeure de la magicienne. En revanche, il avait paru très inquiet que son «seigneur» finisse par renoncer à l'aventure. Sans doute parce qu'il craignait qu'Oba ne le croie pas.

Debout au bord de la clairière, il était encore en train d'encourager son client à aller de l'avant, histoire de vérifier qu'il en aurait pour son argent.

Oba soupira et se remit en route. Se faufilant entre les lianes, il se baissa pour passer sous certaines branches et pataugea dans la gadoue quand c'était inévitable.

Dans cette humidité étouffante, l'air empestait presque autant que l'eau boueuse.

D'étranges cris d'oiseaux retentissaient au sommet des arbres, dans des ombres que le soleil n'atteignait sans doute jamais. A ras du sol, des troncs pourris à demi écroulés ou appuyés les uns contre les autres comme des ivrognes lui barraient sans cesse le chemin. Pour ne rien arranger, des créatures se déplaçaient dans

851

l'eau. Des poissons? Des reptiles? Les monstres d'Althea? Oba n'aurait su le dire, mais une chose était certaine: il abominait cet endroit!

Il se rappela qu'il aurait une myriade de choses nouvelles à apprendre une fois qu'il aurait atteint la demeure d'Althea. Mais cette idée ne parvenait pas à le réconforter. En chemin, il avait vu d'étranges variétés d'insectes, de lézards et de mammifères aquatiques. Normalement, il aurait dû être fasciné par cette faune exotique. Mais elle éveillait à peine son intérêt.

Non, une bonne fois pour toutes, il n'aimait pas cet endroit, et rien ne le ferait changer d'avis.

Se penchant pour passer sous des branches, il déchira au passage un réseau d'énormes fils visqueux. La plus grosse araignée qu'il ait jamais vue tomba sur le sol et tenta de fuir vers une cachette. Redoutablement rapide, Oba l'écrasa d'un coup de talon. Les grosses pattes de la bestiole battirent dans l'air avant de s'immobiliser.

852

Oba reprit son chemin en souriant. Si ça continuait comme ça, il finirait par détester un peu moins cet endroit.

Il plissa les narines. Plus il avançait, plus la puanteur devenait insupportable. Devant lui, de la vapeur montait entre les arbres et une odeur d'œuf pourri, mais en plus acide encore, flottait dans l'air.

De nouveau, Oba se dit qu'il détestait ce maudit marécage.

Il continua d'avancer en se demandant s'il avait eu raison d'emprunter le chemin suggéré par le colporteur surexcité. Non sans soupirer, il s'enfonça dans un entrelacs de roseaux et de lianes. Plus vite il aurait vu Althea, plus rapidement il pourrait sortir de cet abominable piège.

De toute façon, la voix insistait pour qu'il ne rebrousse pas chemin.

Dès qu'il en aurait fini avec la sœur de Lathea, il partirait pour le Palais du Peuple- la demeure de ses ancêtres, rien de moins. Avant, il devrait glaner autant d'informations que possible et se faire une idée de ce qu'il devait attendre de son

853

demi-frère.

Il se demanda si Jennsen était allée voir Althea. Et dans ce cas, qu'avait-elle bien pu apprendre? Plus il réfléchissait, plus il lui semblait que son destin était lié à celui de cette femme. Trop de pistes menaient à elle pour qu'il s'agisse d'un simple hasard. Sur sa liste mentale, Oba était particulièrement attentif à la manière dont les données se combinaient. La plupart des gens se montraient moins attentifs et observateurs que lui, mais ça n'avait rien de gênant, parce qu'ils n'étaient pas importants, contrairement à lui.

Comme Jennsen, Oba était un «trou dans le monde». En outre, ainsi que Clovis l'avait remarqué, les yeux de la femme et les siens étaient spéciaux. Il y avait bel et bien quelque chose, mais le colporteur n'aurait su dire quoi.

Alors que la matinée s'écoulait, Oba remonta aussi vite qu'il était possible le «sentier,» qui traversait un épais rideau de végétation. Quand il en émergea, il se retrouva devant une grande étendue d'eau

854

noire.

Haletant et en nage, il marqua une pause afin de sonder le terrain.

La pente qui menait à l'eau était assez abrupte. Sur l'autre rive, il lui faudrait remonter et s'engager de nouveau dans une jungle putride. Mais il fallait d'abord traverser ce lac. Une idée pas si désagréable que ça, quand on avait si chaud.

Ne voyant aucune liane pendant assez bas pour qu'il puisse éventuellement s'y accrocher, il coupa une branche de taille moyenne à un arbre et la tailla pour en faire un bâton à peu près convenable.

Sa canne improvisée au poing, Oba entra dans l'eau, qui se révéla moins fraîche qu'il l'avait espéré. Comme de bien entendu, elle empestait et grouillait de sangsues. Alors qu'il avançait, Oba dut utiliser son bras libre pour disperser les nuages d'insectes qui fondaient sur lui. S'il se laissait piquer par une horde de foutues bestioles, il risquait de finir avec une mauvaise fièvre, et ce n'était sûrement pas une mort digne

855

d'un fils de Darken Rahl.

Il continua à scruter le terrain et constata qu'il n'y avait pas moyen de contourner l'eau. Puisqu'il n'était pas question de faire demi-tour, ça ne lui laissait pas le choix.

Pour plus de sécurité, il tentait de marcher au maximum sur des racines affleurantes ou très légèrement immergées. Mais elles étaient glissantes, surtout pour la pointe de son bâton, et ne lui assuraient pas un très bon équilibre.

Aurait-il dû tenter de nager pour aller plus vite? Dans l'eau, il ne se débrouillait pas mal, mais c'était la compagnie éventuelle qui le dérangeait. Cela dit, gagner du temps le tentait, et...

Au moment où il envisageait de prendre des risques pour aller plus vite, Oba sentit quelque chose percuter sa jambe. Avant qu'il ait pu réagir, son agresseur attaqua une seconde fois, assez fort pour lui faire perdre l'équilibre.

Dès qu'Oba fut tombé dans l'eau, quelque chose s'enroula autour de ses

856

jambes. Aussitôt, il pensa aux monstres censés vivre dans le marécage. Pendant le voyage, Clovis l'avait accablé de récifs terrifiants au sujet de ces créatures. Sûr de sa force et de son invincibilité, Oba avait ri de ces enfantillages.

Et maintenant, voilà qu'il criait de terreur parce qu'un monstre tentait de le noyer. Paniqué, il luttait frénétiquement pour dégager ses membres inférieurs, mais son agresseur le tenait, et il n'avait aucune chance de se libérer.

Il se souvint de ses séjours dans l'enclos spécial, quand il était petit. Un cri inhumain jaillit de sa gorge, et son écho se répercuta longuement dans l'immonde marécage. Une seule idée rationnelle parvenait à avoir encore une place dans son cerveau: il était trop jeune peur mourir, surtout d'une façon si atroce. Il lui restait tant d'années - un avenir glorieux! Il n'était pas juste que sa vie finisse ainsi.

Criant de nouveau, Oba se débattit frénétiquement, comme à l'époque où il voulait s'échapper de sa prison — ou au

857

moins de l'angoisse que lui inspirait son incarcération. En ce temps-là, crier ne l'avait jamais aidé, et il en serait de même aujourd'hui, car personne ne viendrait à son secours.

Son agresseur le força à pivoter sur lui-même puis l'entraîna vers le fond.

Au dernier moment, Oba prit une grande inspiration. Lorsque sa tête fut sous l'eau, il aperçut pour la première fois la peau écailleuse de son adversaire. Le plus gros serpent qu'il ait jamais vu! De quoi s'inquiéter, bien sûr, mais également une excellente raison de se rassurer: ce n'était qu'un animal! Plus gros que la normale, certes, mais sans rien de monstrueux.

Avant que le reptile ait pu lui immobiliser les bras, Oba dégaina le couteau qu'il portait à la ceinture. Dans l'eau, il aurait moins de force qu'à l'air libre, il le savait, mais sa seule chance était de larder le serpent de coups tant qu'il était encore en état de le faire. Bref; avant la noyade...

Le poids du reptile l'entraînant toujours

858

vers le fond, Oba tendit le cou au maximum, mais il était déjà trop loin de la surface pour pouvoir la crever et respirer.

Soudain, ses pieds rencontrèrent une matière plane et solide. Cessant de lutter pour remonter, il plia au contraire les jambes au maximum afin de pouvoir les détendre comme des ressorts.

Donnant une violente impulsion au bon moment, il parvint à émerger de nouveau -à demi, et avec le serpent toujours enroulé autour de ses jambes. Il retomba, mais parvint à basculer sur le côté et à atterrir sur un entrelacs de racines. Le torse hors de l'eau et le reste du corps toujours immergé, il ne s'était bien entendu toujours pas débarrassé du reptile, dont la tête sortit de l'eau. Des yeux jaunes se rivèrent dans ceux d'Oba et une langue rouge jaillit de l'énorme gueule de l'animal.

—Viens donc me voir... Petit, petit!

Le regard menaçant, le serpent releva le défi. Si un animal à sang froid pouvait éprouver de la fureur, eh bien, celui-là était fou de rage.

859

Rapide comme l'éclair, Oba referma le poing juste sous la tête vert sombre de son agresseur. Par le passé, il lui était arrivé d'affronter quelques gaillards à la lutte. Il adorait ça, et personne ne l'avait jamais vaincu.

Le reptile siffla de haine. Dans ce duel, chacun des combattants tenait l'autre en respect. Le serpent tentait de prendre l'avantage en s'enroulant autour du torse de l'humain - la technique de la constriction. Oba, lui, essayait d'étrangler le prédateur. Une variante de la même stratégie.

Depuis qu'il avait obéi à la voix, se souvint Oba, il était devenu invincible. Avant, il avait vécu sous le joug de la peur: peur de sa mère, bien sûr, mais aussi de la magicienne. Chez lui, tout le monde redoutait la vieille harpie. Et la plupart des gens avaient peur des serpents. Mais Oba s'était dressé face à la sorcellerie, si dangereuse fût elle. Lathea l'avait frappé avec du feu et des éclairs capables de désintégrer le mur d'une maison, et ça

860

n'avait eu aucun effet, parce qu'il était invincible.

Comparé à une adversaire de cette envergure, que représentait un misérable petit serpent?

Oba eut un peu honte d'avoir crié de peur. Qu'avait-il à craindre d'un minable reptile, lui, le prince Oba Rahl?

Il se glissa un peu plus au sec, entraînant le serpent avec lui. Puis. souriant, il plaça son couteau sous la mâchoire de la créature, qui se pétrifia.

Très lentement, la tête de l'animal toujours serrée dans son poing, Oba entreprit de pratiquer une incision. Au début, la peau épaisse du reptile résista, et le fils de Darken Rahl dur mobiliser toute sa force.

Comprenant que sa vie était menacée, le reptile reprit le combat. Pas pour vaincre, cette fois, mais pour échapper à son destin. Lâchant les jambes d'Oba, le serpent tenta de s'arrimer à une racine, sous l'eau, afin d'avoir un point d'appui pour résister de toutes ses forces.

861

Du bout d'un pied, Oba tira vers lui une longue partie du corps de son adversaire, le privant de toute possibilité de s'enfuir.

La pointe acérée du couteau finit par entailler la peau du reptile. Fasciné, Oba regarda le sang sourdre de la plaie et couler sur son poing.

Fou de douleur et de peur, le serpent ne cherchait plus à imposer sa force, mais à échapper à son bourreau. Pour réussir, il mobilisait toute sa puissance, qui n'avait rien de négligeable.

Mais Oba aussi était fort. Et aucune proie ne lui avait jamais échappé.

Bandant ses muscles, il tira le serpent plus loin encore sur l'entrelacs de racines puis sur la terre ferme. Considérant le poids de l'animal, c'était un exploit extraordinaire, mais qu'est-ce qui pouvait arrêter un prince invincible comme Oba Rahl?

Hurlant de défi, Oba se releva, tenant toujours le reptile, et avança jusqu'à un grand arbre. Quand il l'eut atteint, il enfonça son couteau dans l'écorce noire,

862

clouant le reptile à ce qui allait très vite devenir un poteau de torture.

Ses yeux jaunes exorbités, l'animal regarda Oba tirer un deuxième couteau d'une de ses bottes.

Le fils de Darken Rahl jubila: il voulait que les yeux de sa victime soient rivés sur lui au moment où elle mourrait.

Très calme, il pratiqua une autre incision un peu plus bas sur le corps du serpent. Une fente juste assez large pour qu'il puisse y glisser la main. Rien de mortel en soi, car son plan était beaucoup plus subtil que ça.

—Tu es prêt? demanda-t-il en souriant à sa future victime. Impuissant, le serpent continuait à le regarder.

Oba retroussa autant qu'il le put la manche de sa tunique puis introduisit sa main dans l'ouverture. Celle-ci n'était pas bien large, mais en forçant, il réussit à lentement glisser son bras à l'intérieur du corps cylindrique de sa proie vivante.

Le serpent se débattait furieusement, plus pour s'enfuir, mais parce qu'il souffrait

863

atrocement. Avec un genou, Oba lui plaqua une partie du corps contre le tronc puis il posa un pied sur la queue qui continuait à s'agiter.

Le fils de Darken Rahl eut l'impression que le monde disparaissait autour de lui. Concentré sur sa proie, il eut le sentiment de devenir un serpent et d'éprouver tout ce que celui-ci ressentait alors qu'il n'était plus qu'à quelques secondes de sa fin. Quel était ce corps étranger qui s'introduisait en lui? Que cherchait-il et qu'entendait-il faire?

Oba enfonça davantage son bras. Il était si près du reptile à présent, que leurs yeux se touchaient presque.

Dans ceux de sa victime, Oba eut l'extraordinaire plaisir de lire autre chose que de la souffrance: de la terreur pure!

Un invraisemblable délice!

Des pulsations affolées avertirent Oba qu'il était proche de son objectif. Soudain, il le trouva: le cœur battant de son adversaire vaincu.

Sans cesser de soutenir le regard du

864

reptile, il referma les mains sur le gros muscle palpitant.

Puis il serra.

Quand son cœur explosa dans le poing du fils de Darken Rahl, le serpent eut un formidable spasme d'agonie. Puis il fut secoué de convulsions de moins et moins fortes et finit par s'immobiliser pour toujours.

Tout au long du processus, Oba avait gardé les yeux rivés dans ceux du serpent. Ce n'était pas aussi fascinant que voir mourir un être humain, parce qu'il n'y avait pas entre le bourreau et la victime ce lien si singulier que constitue une identité commune. Dans la situation du reptile, un homme ou une femme aurait eu des pensées qu'Oba aurait pu reconstituer ou partager. Là, il n'y avait rien eu de tel, mais la mort du serpent géant avait quand même été un grand moment.

Décidément, Oba avait eu tort de détester le marécage, qui pouvait être un endroit très divertissant.

Victorieux mais couvert de sang, il alla

865

se laver dans l'eau boueuse et nettoya aussi ses deux couteaux. Ce combat contre un serpent, totalement inattendu, avait été très excitant, il fallait le reconnaître. Cela dit, rien ne valait le même genre d'expérience avec une femme, car il y avait la dimension érotique. Au moment où sa victime mourait, Oba n'avait pas qu'une main à l'intérieur de son corps, et ça faisait toute la différence.

Il n'y avait pas de plus grande intimité que celle-là. Un lien sacré.

Quand Oba eut fini de se nettoyer, l'eau sombre avait tourné au rouge, une couleur qui le fit penser aux cheveux de Jennsen.

Tout émoustillé, il se redressa et vérifia qu'il n'avait rien perdu pendant la bataille.

Quand il tapota sa poche, il constata que sa bourse pleine de pièces d'or et d'argent n'y était plus.

Sa fortune avait disparu!

Paniqué, il fourra la main dans sa poche, mais ne trouva rien. À coup sûr, il avait perdu la bourse dans l'eau, pendant qu'il luttait contre le serpent. C'était étrange,

866

car il avait noué autour une lanière de cuir fixée à sa ceinture, afin d'éviter les mésaventures de ce genre. Mais le noeud avait pu se défaire, même si ça semblait peu vraisemblable avec du cuir mouillé...

Maudit serpent! Fou de colère, Oba saisit le reptile mort par la gorge et martela le tronc avec sa tête jusqu'à ce qu'elle éclate comme une noix.

Le souffle court, il lâcha l'animal et décida de réfléchir à son problème. Qu'il le veuille ou non, il n'y avait qu'une solution: plonger dans l'eau boueuse et explorer le fond jusqu'à ce qu'il ait retrouvé son bien. Cette perspective le révulsant, il fouilla une dernière fois sa poche, au cas où un miracle se produirait.

Il découvrit que la lanière de cuir était toujours là. Comme il l'avait supposé, le noeud ne s'était pas défait.

Le cuir avait été proprement coupé par un expert.

Oba se tourna dans la direction d'où il venait.

Clovis! Ce chien lui collait toujours aux

867

basques, et il avait dû voir la bourse au moment de l'achat des chevaux. Partant delà, le reste avait dû être un jeu d'enfant...

Une bruine avait commencé à tomber, faisant bruisser les feuilles des grands arbres. Quelques gouttes coulèrent le long des joues d'Oba, le rafraîchissant un peu.

Il bouillait de colère. Mais ce foutu voleur ne perdait rien pour attendre. Clovis aurait une mort lente et douloureuse.

Bien entendu, il feindrait l'innocence et demanderait même à être fouillé pour prouver qu'il n'avait pas la bourse. Mais Oba n'était pas né de la dernière pluie. Cette vermine aurait probablement enterré son butin avec l'idée de revenir le chercher plus tard.

Mais Oba lui ferait avouer la vérité. C'était une certitude, et il ne se faisait pas le moindre souci sur ce point-là. Clovis se croyait malin, mais il n'avait jamais eu affaire à quelqu'un de l'envergure d'Oba Rahl.

Alors qu'il allait faire demi-tour pour s'occuper du cas de Clovis, le fils de Darken

868

Rahl se ravisa. Non, il avait mis un temps fou à arrivez jusque-là, et il ne devait plus être très loin de chez Althea. Il ne devait pas se laisser dominer par la colère.

Ob a était intelligent. Beaucoup plus que sa mère, plus que la magicienne Lathea, et cent mille fois plus qu'un minable petit voleur. Il ne se laisserait pas pousser à l'erreur.

Clovis pouvait attendre qu'il en ait fini avec Althea.

De très mauvaise humeur, Oba reprit son chemin.

 

869