Chapitre premier
Chapitre 1312
Chapitre 57
Devant le bâtiment trapu en briques d'adobe séchées au soleil, Jennsen regardait distraitement le paysage désolé qui s'étendait sous un ciel bleu immaculé. Ça, c'était ce qu'elle voyait sur sa droite. Sur sa gauche, de hautes montagnes bouchaient l'horizon. Bizarrement, les pics et le désert arboraient la même teinte uniformément grisâtre que les maisons du minuscule hameau.
L'air était si sec et brûlant que respirer en devenait difficile, comme si on était en permanence penché sur une forge. La chaleur montait du sol, des rochers et des bâtiments, à croire qu'un immense four avait été enterré juste dessous. Elle venait aussi du ciel, et tenter de toucher à mains nues quoi que ce fût, sous ce soleil de plomb, devenait une torture. Tout cuisait à grand feu, ici - même la garde du couteau de Jennsen, qu'elle n'osait plus toucher de peur de se blesser les doigts.
Déjà épuisée par le long et difficile
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voyage, Jennsen s'assit à demi sur un muret. Rouquine tendant la tête, elle lui flatta gentiment les naseaux...
La longue quête de Jennsen Rahl touchait à sa fin. Un siècle lui semblait s'être écoulé depuis qu'elle avait trouvé le soldat mort au pied de la falaise.
Le jour de sa rencontre avec Sebastian.
Tant de choses étaient arrivées depuis. Ballottée par les événements, Jennsen ne savait plus très bien qui elle était. Quand on changeait trop vite, on finissait par perdre trace de soi-même, semblait-il...
Tenant Pete par la bride, Sebastian approcha de sa compagne et lui prit le bras.
—Tu vas bien, Jean?
Comme s'il voulait lui poser la même question, Pete flanqua un petit coup de tête à Rouquine.
—Oui, je vais bien... (Elle sourit puis désigna les hommes en manteau bleu debout devant l'entrée d'un bâtiment.) Des résultats?
—Le chef demande aux autres..., soupira Sebastian, accablé d'ennui. Ce sont des
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gens bizarres...
Bien qu'ils fussent des habitants de l'Ancien Monde - et à ce titre des sujets de l'Ordre Impérial -, les marchands qui sillonnaient le grand désert étaient d'une nature très indépendante. Ceux que Sebastian avait dénichés dans ce comptoir commercial ne faisaient pas exception à la règle.
Ces nomades n'étant pas très nombreux, l'Ordre fermait les yeux pour le moment.
Sebastian s'appuya lui aussi au muret.et regarda le paysage. Comme Jennsen, le voyage l'avait épuisé. Mais il était parfaitement remis de ses blessures, ainsi que Perdita l'avait promis.
Le voyage, cela dit, ne ressemblait en rien à ce que Jennsen espérait. Alors quelle avait rêvé de repartir sur les routes seule avec son compagnon, mille soldats de l'Ordre les accompagnaient.
«Une petite escorte», selon Sebastian.
Jennsen avait osé exprimer son désir d'être seule avec lui. Il aurait aimé aussi, avait-il répondu, mais le devoir passait
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avant les préférences personnelles.
—Ces hommes ont peur des soldats, dit Jennsen en désignant les nomades. C'est pour ça qu'ils ne nous disent rien.
—Qu'est-ce qui te fait croire ça?
—Ils passent leur temps à jeter des coups d'œil à la colonne.
Visiblement, ils se demandent si parler risque de leur valoir des ennuis avec les militaires.
Pour être franche, Jennsen comprenait les marchands itinérants. Être observé par des brutes armées jusqu'aux dents et montées sur d'énormes chevaux n'avait rien de rassurant. Voyageant à dos de mule, les hommes en manteau bleu étaient des commerçants, pas des guerriers, et ils n'avaient pas l'habitude de traiter avec des militaires. A juste titre, ils craignaient que trop parler leur attire des ennuis... définitifs. Mais ils tenaient aussi à ne passe mettre l'Ordre Impérial à dos. Ne sachant trop que faire, ils discutaillaient entre eux depuis une petite éternité.
—Tu dois avoir raison, dit soudain
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Sebastian. Je vais aller leur parler. À l'intérieur d'un bâtiment, pas sous les yeux de mille soldats.
—Je viens avec toi, fit Jennsen.
—Où allez-vous? demanda sœur Perdita quand elle eut rejoint les deux jeunes gens. Que se passe-t-il?
—Ne vous inquiétez pas... Ce sont des marchands, donc ils doivent vouloir négocier. User de la force contre eux risque d'être inutile -voire nuisible.
—Je veux bien me charger de leur délier la langue! Déclara Perdita.
—Non! répondit Sebastian. Ce n'est pas le moment de compliquer les choses pour rien. Si ça ne s'arrange pas, nous prendrons des mesures plus radicales. Pour l'instant, Jennsen et moi allons essayer la méthode douce, et je vous ordonne de rester à l'écart.
Jennsen accéléra le pas pour mettre autant de distance que possible entre la sœur et elle. Avec la colonne de soldats, Perdita était l'autre mauvaise surprise de ce voyage. Mais elle avait décidé de venir
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au cas où approcher du seigneur Rahl serait plus difficile que prévu.
Jennsen brûlait d'envie de transpercer le cœur du tyran et d'en avoir terminé. Depuis la terrible nuit, avec Perdita et les sept autres sœurs, elle ne se faisait plus d'illusions sur la suite de sa vie. La mort de Richard Rahl ne lui rendrait pas sa liberté, c'était une certitude. Le marché qu'elle avait passé ce soir-là excluait que son destin s'améliore d'un iota. Mais quand elle aurait accompli sa mission, le reste de l'humanité serait débarrassé d'un monstre, et ça la consolait un peu.
L'essentiel restait cependant la vengeance. Quand le seigneur Rahl aurait péri, une femme morte sans avoir eu droit à une sépulture reposerait enfin en paix. Châtier son meurtrier était la dernière chose que Jennsen pouvait encore faire pour sa mère.
Après avoir laissé Pete et Rouquine dans l'enclos où attendait déjà le cheval de la sœur, Jennsen et Sebastian s'approchèrent du bâtiment devant lequel palabraient les
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marchands en manteau bleu.
Tous se turent en voyant approcher les deux jeunes gens.
—Laissez-nous, dit le chef aux autres hommes.
Il fit signe à Jennsen et à Sebastian d'entrer avec lui dans une petite pièce sombre.
Les autres marchands s'éclipsèrent prestement. Comme ils portaient une écharpe noire autour de la bouche, on ne voyait que leur nez et leurs yeux, et à leur regard, Jennsen eut le sentiment que ces hommes lui souriaient. Mais ce n'était peut-être qu'une impression. Considérant ce qui était en jeu, elle sourit et inclina poliment la tête.
La pièce empestait le renfermé, mais un peu d'ombre était un luxe que Jennsen apprécia beaucoup.
Le chef des marchands dénoua son écharpe, révélant son visage parcheminé fendu par un grand sourire.
—Entrez, entrez, dit-il à Jennsen. Ma dame, vous m'avez l'air en feu!
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—En feu?
—Morte de chaud... Vous n'êtes pas habillée comme il faut. L'homme approcha d'une étagère et s'empara d'un manteau bleu.
—Voici ce qu'il faut porter! (Il rendit le vêtement à la jeune femme.) Avec ça, vous vous sentirez mieux. Absorbant, ce tissu retiendra votre sueur. Ainsi, vous ne deviendrez pas aussi sèche qu'une pierre. Jennsen esquissa une révérence et sourit.
—Merci beaucoup, dit-elle en acceptant le présent.
—Alors? demanda Sebastian quand l'homme se tourna vers lui. Tu as appris quelque chose de tes compagnons?
L'homme hésita un moment.
—Eh bien, ils disent que peut-être...
Le marchand ne continua pas sa phrase, et Sebastian capta le message. Résigné, il tira une pièce d'argent de sa poche.
—Je te prie d'accepter cet argent en témoignage de reconnaissance - pour les efforts de tes hommes, bien entendu.
L'homme prit la pièce, mais il sembla
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évident que ce n'était pas le paiement qu'il attendait. Cependant, il semblait hésiter à dire qu'il voulait plus.
Ne comprenant pas pourquoi Sebastian faisait des économies de bouts de chandelle à un moment pareil, Jennsen sortit une pièce d'or de sa poche et, sans demander l'aval de Sebastian, la lança à l'homme.
Il la rattrapa au vol, lui jeta un rapide coup d'œil avant de fermer le poing et sourit à la jeune femme.
Sebastian ne cacha pas son mécontentement.
Pour Jennsen, cet argent était souillé de sang, car le seigneur Rahl l'avait donné à ses tueurs pour qu'ils les éliminent, sa mère et elle. L'utiliser pour traquer le tyran lui semblait une très bonne idée.
—Je n'en suis pas à ça près, dit-elle à Sebastian pour s'épargner un sermon. Et ne m'as-tu pas dit qu'il faut retourner contre eux les armes de nos adversaires?
Le jeune homme aux cheveux blancs n'émit aucun commentaire.
—Alors, ces nouvelles? demanda-r-il au
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marchand.
—Hier soir, quelques-uns de mes hommes ont vu deux personnes descendre au milieu des Piliers de la Création. (Le nomade approcha d'une minuscule fenêtre et tendit un bras.) C'est par là. Il y a une piste très rudimentaire.
—Vos hommes ont parlé à ces voyageurs? demanda Jennsen. Savent-ils de qui il s'agit?
L’air gêné, le marchand regarda Sebastian. À l'évidence, répondre directement à une femme le mettait très mal à l'aise. Même quand c'était elle qui avait donné l'argent...
D'un regard, Sebastian fit comprendre à sa compagne de le laisser gérer cette affaire.
Jennsen approcha de la porte et regarda dehors comme si la conversation ne l'intéressait plus.
Son cœur battait la chamade chaque fois qu'elle s'imaginait en train de tuer le seigneur Rahl. Et elle tremblait de terreur à l'idée du prix qu'il lui faudrait payer
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ensuite.
Après avoir essuyé la sueur qui ruisselait sur son front, Sebastian retira son sac à dos et le jeta sur le sol. Sous le choc, le rabat s'ouvrit et quelques objets tombèrent du sac. Agacé, Sebastian se pencha pour les ramasser.
—Je vais m'en occuper..., dit Jennsen. Écoute plutôt notre ami.
—Tes hommes ont-ils parié à ces voyageurs? demanda Sebastian.
—Non, messire... Ils les ont vus de très loin, en réalité...
Jennsen récupéra un pain de savon et le remit dans le sac. Elle ramassa aussi un rasoir et une gourde d'eau de rechange, puis fit la chasse à une série de petits objets: un morceau de silex, des lanières de viande séchée et une pierre à aiguiser.
Une petite boite ronde qu'elle n'avait jamais vue avait roulé sous une étagère basse. Jennsen s'agenouilla pour la ramasser.
—A quoi ressemblaient ces deux voyageurs à cheval? Demanda Sebastian.
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Alors qu'elle saisissait la boîte ronde, Jennsen tendit l'oreille, se demandant si l'homme allait décrire Richard Rahl. Elle ne voyait pas qui ça pouvait être d'autre. Les coïncidences de ce genre n'existaient pas.
—Il y avait un homme et une femme. Sur un seul cheval...
Jennsen trouva ce détail étrange. Il semblait bien qu'il s'agissait du seigneur Rahl et de sa femme, comme elle le supposait. Mais pourquoi n'avaient-ils qu'une monture?
L'autre pouvait avoir eu un accident. Dans une région si inhospitalière, ça n'avait rien d'étonnant.
—La femme, commença le nomade, très gêné. Eh bien... Elle n'était pas assise, mais couchée en travers de la selle, et ligotée comme un saucisson.
Surprise par cette nouvelle, Jennsen laissa tomber la petite boîte. Le couvercle sauta, et le contenu de la boîte se déversa sur le sol.
—Décris-moi l'homme, dit Sebastian au marchand.
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Jennsen récupéra la bobine de ficelle qui était tombée de la boîte. Ensuite, assez surprise, elle regarda le petit tas de cœurs de rose à fièvre séchés qui avaient eux aussi glissé sur le sol.
On eût dit des dizaines de Grâces miniatures...
—Le cavalier était grand, jeune et fort. Il avait une très belle épée glissée dans un fourreau étincelant tenu par un baudrier.
—C'est la description de Richard Rahl! lança sœur Perdita. Jennsen sursauta, car elle ne l'avait pas entendue approcher pour se camper sur le seuil de la pièce.
—Il n'est pas le seul à utiliser un baudrier, rappela Sebastian.
Et si c'était Richard Rahl, pourquoi aurait-il ligoté sa femme? se demanda Jennsen.
Très excitée quand même à l'idée que la piste du tyran se précisait, elle remit les fleurs séchées et la bobine là où elles étaient, replaça le couvercle et rangea la boîte dans le sac avec les autres objets qui s'en étaient échappés.
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Après avoir vérifié que son couteau coulissait bien dans son fourreau, elle vint se camper près de Sebastian pour écouter ce que le nomade avait encore à dire.
Dehors, sœur Perdita s'éloignait déjà en nouant une écharpe noire autour de son cou.
—Venez vite! lança-telle. Nous devons aller vérifier...
Jennsen aurait voulu suivre la sœur, mais Sebastian n'avait pas fini d'interroger le marchand, et elle ne voulait pas partir seule avec Perdita. Mais la sœur se dirigeait déjà vers la piste qu'avait indiquée l'homme en bleu.
Soudain, des éclats de voix excités montèrent de l'autre côté du bâtiment, où s'étaient regroupés les marchands congédiés par leur chef.
Sortant de la pièce délicieusement sombre, Jennsen vit que tous les hommes désignaient quelque chose, dans le lointain.
—Que se passe-t-il? demanda Sebastian au chef quand eux aussi furent sortis.
—Quelqu'un approche.
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—Tu as idée de qui c'est? demanda Jennsen à son compagnon.
—Non... Il peut s'agir d'un autre marchand qui rejoint ses amis.
Ayant répondu à toutes les questions, le chef des nomades inclina la tête puis fit mine d'aller rejoindre ses hommes. Mais Sebastian l'incita à attendre un peu, car il retourna dans la pièce se chercher une tenue bleue.
—Nous devrions rattraper Perdita, dit-il à Jennsen quand il sortit. Elle est déjà bien engagée sur la piste qui mène aux Piliers de la Création, et tu auras besoin d'elle pour neutraliser la magie de Richard Rahl, quand tu seras en face de lui...
Jennsen faillit répondre que sœur Perdita ne lui servirait à rien, parce que la magie du seigneur Rahl ne pouvait pas l'atteindre. Mais ce n'était pas le moment de se lancer dans de grandes explications. Bizarrement, chaque fois qu'elle en avait envie, l'heure ne semblait pas propice. Mais était-ce si important que ça? L'essentiel restait qu'elle approche assez du tyran pour
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l'abattre. Ce que savait ou ne savait pas Sebastian restait secondaire.
Les deux jeunes gens restèrent un moment immobiles sous le soleil pour regarder approcher le nouveau venu. Sous l'effet de la chaleur, le sol, dans le lointain, semblait onduler comme la surface d'un lac. Une colonne de poussière signalait que le cavalier solitaire continuait à avancer.
Derrière les deux jeunes gens, les soldats de l'escorte avaient déjà porté la main à leur arme.
—Un de tes hommes? demanda Sebastian au chef des nomades.
—Il faut se méfier de ce qu'on voit, ici, messire! Ce cavalier est encore très loin, mais la chaleur nous donne l'illusion du contraire. Il faudra encore un long moment avant que nous puissions le reconnaître. (Le nomade se tourna vers Jennsen.) Enfile ce manteau, ma dame, et tu ne craindras plus rien du soleil.
Préférant ne pas polémiquer, Jennsen posa le vêtement sur ses épaules, puis elle enroula l'écharpe autour de sa tête, imitant
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la méthode des marchands, et se couvrir la bouche et le nez.
A sa grande surprise, elle sentit immédiatement la différence. Le soleil semblait beaucoup moins brûlant, au point qu'on avait l'impression d'être à l'ombre.
—C'est agréable, pas vrai? demanda le nomade.
—Oui, répondit Jennsen. Merci de votre aide. Mais nous devons vous payer tous vos bienfaits.
—C'est déjà fait, ma dame, dit le marchand. (Il fit un clin d'œil à Jennsen puis se tourna vers Sebastian.) Messire, je vous ai dit tout ce que je savais. Mes hommes et moi allons partir, à présent.
Avant que Sebastian puisse répondre, le nomade partit au pas de course vers ses compagnons. Pressés de s'éloigner des soldats, les marchands itinérants allèrent chercher leurs mules puis partirent vers le sud, dans la direction opposée à celle du cavalier.
—Si c'était un ami à eux, dit Sebastian,
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ils ne s'en iraient pas...
Agacé, il sonda un moment la piste où sœur Perdita avait disparu, puis fit signe à son escorte de le rejoindre.
Les cavaliers avancèrent au petit trot.
—Nous allons explorer cette zone, annonça Sebastian en désignant la vallée où se dressaient les Piliers de la Création. Attendez-nous ici.
Le chef du détachement tendit un doigt vers le cavalier qui approchait toujours.
—Que devons-nous faire à ce sujet?
—Si ce type vous paraît dangereux, pour quelque raison que ce soit, tuez-le! Nous sommes trop près du but pour prendre des risques.
L'officier hocha la tête. Dans le regard des soldats du premier rang, Jennsen lut que cet ordre était bien accueilli et serait exécuté avec zèle.
—En route, dit Sebastian. Je ne veux pas que Perdita prenne trop d'avance sur nous.
—Ne t'en fais pas, assura Jennsen, elle ne touchera pas à ma cible avant moi. Elle sait à quel point elle le paierait cher...
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