Chapitre premier
Chapitre 1264
Chapitre 54
Criant de terreur, Friedrich continua à se débattre. Dans son dos, la bête déchiquetait toujours le sac. Quand elle en aurait fini, elle planterait ses crocs entre les omoplates du doreur, et tout serait très vite terminé.
Ecrasé par le poids du monstre, Friedrich savait qu'il ne réussirait pas à se relever. Mais il lui restait peut-être une chance.
Avec l'énergie du désespoir, il glissa une main sous son ventre et tenta de dégainer son couteau. Ses doigts trouvèrent le manche et se refermèrent dessus...
Dès que la lame fut dégagée, Friedrich frappa et l'enfonça dans le flanc de la bête. Le premier coup traversa la fourrure et la peau mais fut arrêté par un os et ne fit probablement pas beaucoup de dégâts. Le deuxième manqua sa cible, mais le troisième fit assez souffrir l'animal pour qu'il relâche un peu la pression sur sa proie.
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Alors que Friedrich parvenait à se dégager - un sursis très provisoire, probablement -, d'autres bêtes se joignirent à la curée.
Le doreur zébra l'air avec sa lame tout en se protégeant le visage avec le bras gauche.
Il réussit à se relever à demi, mais un des monstres, d'un coup de patte, le fit de nouveau basculer sur le côté.
Dans cette position, Friedrich vit que le livre confié par Nathan avait glissé de la poche spéciale qu'il s'était appliqué à coudre dans son sac. Pour le moment, les bêtes fauves se disputaient ce trophée comme s'il s'était agi d'un lièvre.
Alors qu'un des animaux, daignant s'intéresser à l'humain, bondissait vers sa gorge, son immonde museau se tordit selon un angle impossible et du sang en jaillit pour venir asperger le visage et le cou de Friedrich.
—Dans l'eau! cria une voix d'homme. Sautez dans l'eau!
Friedrich roula sur le côté pour
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s'éloigner le plus possible des bêtes sauvages. Quant à sauter dans l'eau, c'était absolument hors de question. Les fauves qui grouillaient dans les marécages n'attendaient que ça: entraîner leurs proies dans l'eau. Quand c'était fait, la victime n'avait plus aucune chance. Non, même pour tout l'or du monde, le doreur ne sauterait sûrement pas dans l'eau!
Pourtant, il aurait eu très envie de ne pas s'attarder là où il était! Autour de lui, une lame étincelante fendait l'air et coupait les monstres en deux avec une incroyable régularité. Parfois, cette épée passait à un pouce du visage de Friedrich. Jusque-là, il n'avait pas été blessé, mais ça ne pouvait pas durer.
Le valeureux guerrier sauta par-dessus Friedrich et continua à tuer les monstres avec une grâce et une précision qui ne paraissaient pas être de ce monde. Mais combien de bêtes y avait-il? Elles semblaient plus nombreuses à mesure que l'inconnu les taillait en pièces.
De fait, des renforts sortaient de la forêt
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pour venir se mêler à la bataille. Extraordinairement rapides et déterminés, ces monstres bondissaient sur le guerrier en faisant montre d'un total mépris pour leur propre vie.
Du coin de l'œil, Friedrich vit qu'un autre escrimeur participait au combat. Il aperçut une troisième personne, mais dans la confusion, il aurait été incapable de dire s'il y en avait d'autres.
Les hurlements des bêtes lui perçaient les tympans.
Voyant un monstre fondre sur lui, il frappa avec son couteau... puis s'aperçut que la créature était déjà proprement décapitée.
Alors qu'un deuxième escrimeur venait se poster près de lui, l'homme à l'épée étincelante approcha de Friedrich, le saisit par le col de sa main libre, le souleva du sol et le propulsa vers le lac.
Battant stupidement des bras, le doreur s'écrasa dans l'eau et coula comme une pierre.
Se débattant comme un fou, il parvint à
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remonter à la surface, à s'emplir les poumons d'air et à s'accrocher à une racine affleurante.
A sa grande surprise, pas une seule bête ne sauta dans le lac pour en finir avec lui. Plusieurs approchèrent de la berge, mais elles s'arrêtèrent comme si elles avaient peur d'entrer dans l'eau.
Voyant que leur proie était hors de portée, elles retournaient combattre les trois escrimeurs et ne tardaient pas à se faire tailler en pièces.
Les créatures continuèrent à attaquer comme si elles ne se souciaient pas de finir éventrées ou décapitées.
Leurs rangs finirent quand même par s'éclaircir. Au bout de ce qui parut une petite éternité à Friedrich, l'homme à l'épée étincelante coupa en deux une ultime bête.
Le silence revint, à peine troublé par la respiration des trois sauveurs de Friedrich, qui reprenaient leur souffle en contemplant un invraisemblable tas de cadavres mutilés.
—Vous allez bien? demanda l'homme à
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l'épée étincelante en se laissant tomber sur le sol, au bord de l'eau.
La voix de l'escrimeur tremblait encore de fureur, et sa lame couverte de sang pendait mollement au bout de son bras.
Tremblant de soulagement, Friedrich fit quelques pas vers la berge et s'arrêta alors qu'il avait encore de l'eau jusqu'à la taille.
—Oui, ça peut aller, dit-il. Mais pourquoi m'avez-vous jeté dans l'eau comme ça?
L’homme se passa lentement une main dans les cheveux.
—Parce que les chiens à cœur n'y entrent jamais, répondit-il, le regard toujours brillant de colère et de rage de vaincre. C'était l'endroit le plus sûr, pour vous...
Balayant du regard le monceau de cadavres noirs, Friedrich frissonna de la tête aux pieds.
—Je ne sais comment vous remercier... Vous m'avez sauvé la vie.
—Tout le plaisir était pour moi, parce que j'ai toujours détesté les chiens à cœur. A une époque, ils m'ont fichu quelques-unes
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des plus belles trouilles de ma vie.
Friedrich n'osa pas demander où son sauveur avait rencontré ces créatures de cauchemar.
—Nous étions un peu derrière vous sur la piste quand nous les avons vus vous attaquer, dit une voix de femme.
Friedrich regarda le deuxième «escrimeur» et vit qu'il s'agissait d'une jeune beauté à la longue chevelure.
—Nous avons eu peur de ne pas arriver à temps pour vous arracher aux griffes des chiens à cœur, ajoura l'escrimeuse.
—Je vous remercie mille fois, mais... Eh bien, auriez-vous la bonté de me dire ce que sont ces «chiens à cœur»?
Les trois guerriers dévisagèrent Friedrich.
—La question la plus importante, dit l'homme à l'épée étincelante, serait plutôt: pourquoi y avait-il des chiens à cœur? Savez-vous pour quelle raison ils vous poursuivaient?
—Non, messire. Je n'avais jamais vu ces monstres avant aujourd'hui.
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—Et moi, je n'en avais pas aperçu depuis sacrément longtemps.., dit l'escrimeur, perplexe.
Friedrich espéra en apprendre un peu plus sur les créatures, mais son interlocuteur changea de sujet.
—Comment vous appelez-vous?
—Je suis Friedrich Gilder, messire, et je vous assure, tous les trois, de ma gratitude éternelle. Je n'avais plus eu aussi peur depuis... Eh bien, je n'en sais rien, pour être franc.
Friedrich essaya de distinguer les traits de ses sauveurs, mais il faisait bien trop sombre pour ça.
L'homme passa une main autour des épaules de la femme debout près de lui et demanda si elle allait bien. A la façon dont la guerrière se contenta de hocher la tête, Friedrich devina que ces deux-là étaient liés par des sentiments très profonds.
Quand l'homme à l'épée étincelante tapota l'épaule du troisième escrimeur, lui aussi hocha la tête.
Ces gens n'étaient pas des soldats de
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l'Ordre Impérial, Friedrich l'aurait juré. Mais dans un pays inconnu, les militaires n'étaient pas le seul danger.
Pourtant, le doreur était bien obligé de savoir où il en était.
—Puis-je savoir votre nom, messire?
—Richard...
Friedrich fit un pas en avant, mais il se pétrifia quand le troisième guerrier tourna la tête vers lui. Bizarrement, il n'osa pas sortir de l'eau et approcher davantage de Richard et de sa compagne.
Le premier guerrier plongea son épée dans le lac puis se releva.
Après avoir essuyé la lame sur sa cuisse, il la remit dans le fourreau incrusté d'or et d'argent qu'il portait à la hanche gauche.
Friedrich était certain d'avoir déjà vu ce fourreau et le baudrier qui allait avec. De plus, ayant sculpté et gravé toute sa vie, il savait reconnaître un maître de la lame quand il en rencontrait un - de n'importe quelle lame, car il fallait un type d'habileté bien précis pour manier l'acier, quelle que soit la forme qu'il adopte.
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Quand il utilisait une épée, Richard semblait être dans son élément. Et dans l'univers, il n'y avait pas tant d'hommes que ça dont le destin était d'être l'acier qui combat l'acier...
Du bout d'une botte, Richard retourna le cadavre d'un chien à cœur. Puis il ramassa une tête coupée net et tenta d'extraire l'objet qu'elle serrait entre ses mâchoires.
Il n'y parvint pas tout de suite mais ne se découragea pas. Les yeux ronds, Friedrich s'aperçut qu'il s'agissait du livre que lui avait confié Nathan.
—L'ouvrage est intact? demanda-t-il.
Richard était enfin parvenu à ouvrir la gueule du monstre mort. Il jeta la tête au loin et baissa les yeux sur la couverture du livre. Puis il baissa la main et regarda durement le pauvre doreur, toujours coincé dans l'eau.
—Mon ami, dit-il, tu aurais intérêt à me dire qui tu es et pourquoi tu es ici...
La femme se raidit en entendant le ton menaçant de son compagnon.
Friedrich décida qu'il était temps de
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jouer cartes sur table.
—Je suis Friedrich Gilder, comme je l'ai déjà dit. Et je cherche un homme qui a un lien de parenté avec un très vieux type nommé Nathan.
—Nathan..., répéta Richard, toujours soupçonneux. Un grand gaillard aux longs cheveux blancs? Le genre de personnage qui ne se prend pas pour de la bouse? Le Nathan qui ne manque jamais une occasion de provoquer une catastrophe?
Friedrich sourit de cette dernière remarque. Puis il soupira de soulagement. Le lien ne l'avait pas trompé.
Il esquissa une révérence - un sacré exploit, quand on avait de l'eau jusqu'à la taille.
—Maître Rahl nous guide! récita-t-il. Maître Rahl nous dispense son enseignement! Maître Rahl nous protège! A sa lumière, nous nous épanouissons. Dans sa bienveillance, nous nous réfugions. Devant sa sagesse, nous nous inclinons. Nous existons pour le servir et nos vies lui appartiennent.
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Le seigneur Rahl écouta patiemment puis tendit une main au vieil homme.
—Et si tu sortais de l'eau, maître Gilder? proposa-t-il gentiment. Friedrich se sentit très gêné que le seigneur Rahl lui-même lui tende une main secourable. Mais comment aurait-il pu refuser sans vexer le maître de D'Hara? Il se laissa donc tirer vigoureusement de l'eau, puis se jeta à genoux.
—Seigneur Rahl, ma vie vous appartient!
—Merci de l'intention, maître Gilder, mais ta vie est à toi et à personne d'autre. Y compris moi, même si j'apprécie ta loyauté.
Friedrich n'en crut pas ses oreilles. Il n'avait jamais entendu un discours pareil. Alors, imaginer qu'il sortait de la bouche du seigneur Rahl en personne...
—Seigneur, aurez-vous la bonté de m'appeler Friedrich? Le maître de D'Hara éclata de rire.
—Bien sûr, si tu m'appelles Richard! Et si tu me tutoies.
—Je suis navré, seigneur, mais j'ai peur de ne pas pouvoir... Depuis toujours, je
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pense au «seigneur Rahl», et je suis trop vieux pour bouleverser mes habitudes.
Richard glissa un pouce dans sa ceinture.
—Je comprends, mon ami... Mais nous sommes au fin fond de l'Ancien Monde, et si tu me donnes du «seigneur Rahl» à tout bout de champ, ça risque de nous attirer énormément d'ennuis. Donc, je te serais reconnaissant de faire un effort.
—J'essaierai, seigneur Ra...
—Je te présente la Mère Inquisitrice, mon épouse. Friedrich inclina humblement la tête.
—Mère Inquisitrice..., soufflas-il, ignorant ce qu'on devait dire à une femme si importante.
—Tu devrais te relever, mon ami, dit l'épouse du seigneur Rahl avec une sereine autorité qui n'avait rien à envier à celle de son mari. Mon titre n'est pas non plus un sauf-conduit, dans ce pays...
La voix de la Mère Inquisitrice était d'une incroyable douceur. Et elle allait merveilleusement avec la femme en robe
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blanche qu'il avait un jour aperçue de loin au Palais du Peuple.
—Je comprends, ma dame...
Avec de la persévérance, Friedrich pourrait réussir à appeler le seigneur Rahl par son prénom. Mais comment pouvait-on se montrer familier avec la Mère Inquisitrice au point d'utiliser le sien?
Kahlan, s'il se souvenait bien...
—Et voici Cara, dit Richard en désignant le troisième escrimeur. Une autre femme, constata Friedrich quand elle fit un pas en avant pour le saluer de la tête.
—C'est notre amie et notre protectrice. Elle essaiera de te ficher la trouille, mais ne te laisse pas faire. Pour elle, ma sécurité et celle de -Kahlan passent avant tout. (Richard se tourna vers sa garde du corps.) Mais ces derniers temps, elle nous a plutôt valu des ennuis...
—Seigneur Rahl, je vous ai dit et répété que ce n'était pas ma faute. Je n'ai rien à voir dans cette affaire.
—C'est pourtant toi qui as touché l'objet.
—Certes, mais comment aurais-je pu
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savoir?
—Je t'ai dit de n'en rien faire, mais tu t'en es fichue!
—Je ne pouvais pas passer à côté sans m'arrêter, tout de même!
Friedrich ne comprit rien à ce dialogue. Malgré l'obscurité, il vit la Mère Inquisitrice sourire avant de tapoter l'épaule de Cara.
—Tout va bien, ne t'en fais pas, mon amie...
—Oui, renchérit Richard, nous trouverons une solution. Après tout, nous avons encore le temps... (Il changea abruptement de sujet.) Apparemment, les chiens à cœur en avaient après ce livre.
—Vous croyez? s'étonna Friedrich.
—Oui, tu étais la récompense, pas la cible...
—Comment le savez-vous?
—Ces chiens cherchent à arracher le cœur de leur proie. S'ils n'avaient pas reçu des ordres très précis, ils se seraient fichus du livre.
—C'est pour ça qu'on les appelle des
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«chiens à cœur»? Parce qu'ils arrachent celui de leur victime?
C'est une hypothèse, oui... Une autre prétend qu'ils sont capables d'entendre battre le cœur d'une proie à des lieues à la ronde. Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais entendu parler de chiens à cœur qui se disputent la possession d'un livre.
—Seigneur... désolé, Richard... c'est Nathan qui m'a confié ce livre. Un ouvrage très important, selon lui...
—Nathan juge que beaucoup de choses sont très importantes, dit Richard d'un ton peu commode. En général, il s'agit de prophéties...
—Il semblait sûr de lui au sujet de ce livre.
—Il ne doute jamais de lui! Il m'a aidé par le passé, je ne le nie pas, mais les prophéties ont toujours été pour mes amis et moi une inépuisable source d'ennuis. L'apparition des chiens à cœur signifie que nous sommes en danger. Inutile que les prédictions de Nathan viennent ajouter à mes problèmes. Pour bien des gens, le don
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de voyance est une bénédiction. A mes yeux, c'est exactement l'inverse!
—Je comprends ce que vous voulez dire... Ma femme était une magicienne douée pour les prophéties. Elle disait parfois que c'était sa malédiction. De fait, je l'ai souvent serrée dans mes bras pendant qu'elle pleurait sur l'avenir qu'elle pouvait prévoir mais pas modifier... Au moins, son calvaire est terminé.
—Elle est morte? demanda doucement Richard.
Friedrich put seulement hocher la tête.
—Je suis navré, mon ami...
—Et moi aussi, ajouta la Mère Inquisitrice. (Elle se tourna vers son mari et lui prit le bras.) Richard, je sais que nous n'avons pas de temps à perdre avec les prophéties de Nathan, mais les chiens à cœur n'auraient pas été là sans raison, et...
—Je sais, je sais...
—Qu'allons-nous faire?
—Espérer que nos amis pourront gérer la situation seuls pendant un moment... Notre affaire est plus urgente. Nous devons
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trouver Nicci. Elle aura peut-être une idée...
La Mère Inquisitrice sembla d'accord avec ce programme. Et Cara n'émit pas d'objections non plus.
—Friedrich, dit la femme du seigneur Rahl, nous étions sur le point de camper pour la nuit. Avec les chiens à cœur qui rôdent dans le coin, tu devrais rester avec nous pendant un jour ou deux. Bientôt, nous rencontrerons des amis à nous qui pourront t'offrir une meilleure protection. Ce soir, tu nous en diras plus sur ta rencontre avec Nathan.
—Je veux bien écouter ce que veut le prophète, dit Richard, mais je ne promets rien de plus. Nathan est un sorcier, et il est assez grand pour résoudre ses propres problèmes. Nous en avons assez sur les bras, non? Pour commencer, trouvons un endroit où camper. Ensuite, je jetterai un coup d'œil à ce livre, si l'encre n'a pas coulé... Friedrich, tu me diras pourquoi Nathan le juge si important. Mais en m'épargnant les prophéties, s'il te plaît!
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—Il n'y en aura pas, seigneur! En fait, leur absence est justement le problème.
Richard désigna les cadavres.
—Non, c'est ça, le vrai problème. Si nous ne trouvons pas un îlot dans le marécage, nous serons tous morts demain. D'autres chiens viendront, c'est une certitude.
—Et d'où viendront-ils? demanda Friedrich.
—Du royaume des morts.
_Quoi? Mais comment peuvent-ils être ici?
—Ce sont les molosses du Gardien, répondit Richard d'un ton sinistre. Leur présence signifie que le voile qui sépare la vie de la mort a été déchiré...
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