Chapitre premier

Dominique · Chapitre 55 sur 60

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Chapitre premier

Chapitre 1295

Chapitre 56

Eh bien, voilà qui était amusant...

Oba ne parvenait pas à croire qu'il avait laissé tomber sa bourse. Lui qui faisait toujours tellement attention à tout. Bon sang! il était maudit...

En ville, il devait se méfier des voleurs et des catins qui cherchaient sans cesse à le détrousser. Etait-ce donc la seule préoccupation des médiocres? S'approprier la fortune des autres? Pour devenir riche, Oba avait consenti de gros efforts et traversé de terribles épreuves. Et maintenant, il devait se méfier de tout... Hélas, c'était le lot des hommes de son importance, il le savait.

Mais cette fois, il avait perdu une partie de son argent, et il avait du mal à croire qu'on puisse être idiot à ce point.

Il vérifia ses poches, glissa les mains sous sa chemise et inspecta son pantalon. Toutes les bourses étaient à leur place. Sauf celle qu'il avait attachée à sa cheville puis glissée dans sa botte. La lanière de

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cuir était dénouée...

Il n'avait rien perdu du tout! Quelqu'un lui avait encore joué un sale tour.

Fulminant, Oba regarda de nouveau l'émouvante scène qui se déroulait devant lui. Son frère Richard et sa précieuse épouse parlaient à l'homme qui venait de trouver la bourse pleine de pièces d'or.

—Je n'en sais rien, mais elle m'a été volée par l'homme qui est probablement responsable de la mort de ma femme, déclara le vieux type.

Oba en resta bouche bée. C'était le mari de la magicienne du marécage, cette garce qui s'était débrouillée pour ne pas répondre à ses questions.

Une coïncidence? Sûrement pas! Oba était trop expérimenté pour croire au hasard, au-delà d'un certain point.

—Jette-la! crièrent à l'unisson Richard et son épouse. Et courons! ajouta la seconde femme.

Oba vit Richard et ses trois compagnons détaler comme des cerfs dérangés par un chasseur. La voix mijotait quelque chose,

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comprit-il. Elle aimait retourner contre les gens les objets qui leur appartenaient.

Le fils de Darken Rahl regarda les créatures aux yeux jaunes qui épiaient la scène avec lui et leur sourit.

L'air explosa comme si le sol, à l'endroit où venait de tomber la bourse, avait été touché par la foudre. Les chiens à cœur eux-mêmes grognèrent et reculèrent et Oba dut se boucher les oreilles avec les mains.

Au centre de l'explosion naquit un cercle au périmètre bleu qui se mit à grandir à vue d'œil. En un éclair, Richard, les deux femmes et le vieux type furent renversés comme des quilles par l'onde de choc.

Le cercle lumineux les survola, passa près d'Oba à une vitesse folle et continua sa course. Dans son sillage, une fumée bleuâtre montait du sol.

Oba ne s'était pas trompé: la voix avait un plan, et il était pressé d'en découvrir la suite.

Bien que le calme fût revenu, Oba attendit un moment pour s'assurer que les quatre crétins ne se relèveraient pas.

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Quand il fut certain de ne rien risquer, il sortit enfin de la cachette, entre les arbres, où la voix lui avait conseillé de se poster.

A présent, elle l'exhortait à faire vite. Restant loin en arrière, les chiens regardaient le fils de Darken Rahl fouler à grandes enjambées le sol couvert de fumée.

Une étrange fumée, trouvait d'ailleurs Oba. D'abord à cause de sa couleur - un bleu qui tirait sur le violet -, mais surtout parce qu'elle ne se déchirait pas en multiples volutes lorsqu'il la traversait. On eût dit qu'elle était dans un autre monde en même temps que dans celui des vivants.

Oui, elle semblait venir d'ailleurs et ne pas avoir de véritable substance.

Les quatre crétins gisaient sur le sol à l'endroit où ils étaient tombés. Oba s'agenouilla prudemment, histoire de conserver une distance de sécurité, et constata que tous respiraient encore - très lentement, cependant. Ils n'avaient pas les yeux fermés. Pouvaient-ils le voir? se demanda le fils de Darken Rahl.

Il agita les bras et n'obtint aucune

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réaction notable.

Se penchant sur Richard, il étudia un moment ses traits, puis leva lentement une main devant les yeux.

Toujours pas de réaction...

Bien que ce fût difficile à la seule lumière des étoiles, Oba vit dans le regard de son frère quelque chose qui ne pouvait être qu'une ressemblance familiale. Se trouver ainsi devant un parent inconnu était impressionnant. Cela dit, Richard et lui restaient loin d'être des sosies, parce que Oba tenait plus de sa mère que de son père. Cette fichue bonne femme, égocentrique au possible, s'était débrouillée pour le fabriquer à son image! Une autre façon de le priver de l'héritage qui lui revenait de droit. L'infâme garce!

Aujourd'hui, c'était Richard qui l'empêchait d'être à la place que son père aurait voulu le voir occuper.

Après tout, Oba avait avec son géniteur des... points communs... que Richard ne partageait sûrement pas.

Le mari de la défunte magicienne était

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lui aussi encore vivant.

Oba récupéra la bourse qui gisait près du vieil homme et la lui agita devant les yeux. Là non plus, il n'obtint aucune réaction.

Le fils de Darken Rahl rattacha la bourse à sa cheville et la glissa dans sa botte, content que la voix en ait fini avec son argent. Il n'appréciait pas beaucoup qu'elle s'en soit servie pour appâter des idiots, mais après tout ce qu'elle avait fait pour lui- par exemple, le rendre invisible -, il semblait normal de lui rendre service de temps en temps, à condition que ça ne devienne pas une habitude.

La femme qui accompagnait Richard et son épouse avait les cheveux nattés et elle portait au poignet une de ces curieuses tiges de cuir rouge. C'était une Mord-Sith, comme Nyda!

Fasciné, Oba lui pelota les seins et sourit lorsqu'elle ne broncha pas. Si elle était consentante à ce point, il allait pouvoir s'amuser avec elle, et cette idée l'excitait beaucoup.

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Mais il avait sous la main une proie encore plus désirable qu'une Mord-Sith.

L'épouse de son frère, celle qu'on appelait la Mère Inquisitrice, gisait sur le dos à portée de sa main. Elle aussi avait les yeux ouverts mais ne voyait rien.

Oba tendit une main et caressa la joue de la femme, aussi soyeuse qu’un pétale de rose. Afin de mieux étudier son visage, il écarta les longs cheveux de la jeune beauté qu'on disait plus puissante que bien des rois et des reines.

Il se pencha, ses lèvres touchant presque celles de sa future partenaire, et explora ses formes épanouies. Ses seins avaient exactement la forme qui convenait aux paumes d'Oba.

Pour montrer qu'il était un gentilhomme, le fils de Darken Rahl ne serra pas le sein droit de la Mère Inquisitrice. Il ne put pas résister à taquiner un peu plus l'autre, mais la jeune femme ne broncha pas. Comme toutes ces chiennes, elle ne voulait pas montrer son excitation.

Oba souffla entre les lèvres de la Mère

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Inquisitrice, mais elle ne bougea toujours pas. Elle jouait à un petit jeu, cherchant discrètement à l'exciter.

La foutue catin!

Elle était à sa merci, désormais. Apparemment, la voix avait décidé de faire un cadeau à Oba. Ravi, il releva la tête et éclata de rire. Sous le regard étonné des chiens, qui le regardaient toujours, il hurla sa joie aux étoiles.

Puis il se pencha de nouveau sur la femme de Richard. Déjà lasse de son union avec un seigneur Rahl insipide, elle devait être prête pour une délicieuse aventure extraconjugale. Plus il y réfléchissait, plus Oba pensait que cette femme était faite pour lui. N'appartenait-elle pas au seigneur Rahl? Une fois son titre récupéré, il aurait tous les droits de la garder.

C'était pour bientôt. La voix lui avait dit que tous ses rêves se réaliseraient très vite.

Oba désirait follement cette femme. Se consacrant à servir la voix, il n'avait pas eu de sexe depuis une petite éternité. Toujours contraint de marcher, sans jamais de repos,

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il s'était privé de tout. A présent, il avait droit à une récompense.

La Mère Inquisitrice le comblerait de bonheur, il le savait.

Mais il n'aimait pas que les trois autres imbéciles le regardent.

Pourquoi ne fermaient-ils pas les yeux, ces importuns, afin de lui laisser un peu d'intimité avec la dame de ses pensées?

Encore qu'il pouvait être excitant et gratifiant de prendre possession d'une femme sous les yeux de son mari. Mais si la Mère Inquisitrice voulait un nouvel homme, ça ne regardait pas Richard, et il n'avait pas son mot à dire sur le sujet.

Oba se pencha sur son frère et lui baissa les paupières. Puis il fit de même avec le mari de la magicienne. En revanche, il ne toucha pas à celles de l'autre femme. Le voir en action la stimulerait, il n'en doutait pas. Cela revenait à lui faire une faveur, il en avait conscience, mais il ne reculait devant rien pour plaire aux femmes...

Certain de pouvoir lui donner l'extase qu'elle attendait, Oba se pencha sur la

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Mère Inquisitrice avec l'intention de déchirer ses vêtements. Avant qu'il air refermé les doigts sur le tissu, un éclair de lumière violette le repoussa.

Il vacilla, les mains pressées sur les tempes pour tenter de faire cesser la douleur qui lui vrillait les nerfs.

Pour le punir, la voix lui écrasait impitoyablement le cerveau.

Il rampa en arrière, loin de la Mère Inquisitrice. Quand il en fut à plusieurs pas, la douleur cessa.

Oba reprit péniblement son souffle. Après tous les sacrifices qu'il avait consentis pour elle, il était très triste que la voix le traite ainsi. Il n'était vraiment pas gentil de le priver ainsi de ses petits plaisirs...

La voix changea de tactique. Passant à la cajolerie, elle lui rappela qu'il avait une grande destinée. Oui, lui seul pouvait accomplir les missions qu'elle avait prévues- des tâches d'une importance capitale!

Malgré son agacement et sa tristesse, Oba se laissa convaincre. S'il n'était pas

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vraiment important, la voix ne se reposerait pas ainsi sur lui. Qui d'autre pouvait faire ce qu'elle lui demandait sans jamais commettre l'ombre d'une erreur?

Dans la quiétude de la nuit, la voix, pour la première fois, lui expliqua dans le détail ce qu'elle attendait de lui. S'il lui obéissait, les récompenses pleuvraient.

Oba trouva le marché équitable. D'abord, il devrait rendre un service à la voix. Ensuite, la Mère Inquisitrice serait à lui. Tout ça n'était pas bien compliqué, somme toute. Quand la femme de Richard lui appartiendrait, il pourrait faire d'elle tout ce qu'il voudrait, et personne n'aurait le droit de s'en mêler. A la perspective d'une telle fête des sens, Oba sentit ses genoux trembler. Il bouillait d'impatience de vivre ces moments exaltants.

Jetant un coup d'œil à la Mord-Sith, il songea qu'elle pourrait l'aider à patienter jusque-là. Un homme d'action tel que lui, accablé de responsabilités et confronté en permanence à des défis intellectuels, avait besoin de lâcher la pression de temps en

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temps. Comme tous les personnages importants, Oba Rahl avait droit à un jardin secret

Il se pencha sur la Mord-Sith et lui sourit. Cette femme avait une chance inouïe d'être la première à l'avoir alors que la Mère Inquisitrice devrait attendre son tour.

Il tendit une main pour déshabiller la garce blonde.

La douleur qui explosa dans sa tête lui arracha un cri inhumain. Heureusement, elle ne dura pas, car il se rendit très vite à la raison.

Oui, la voix parlait d'or! C'était évident, il l'admettait. Pour qu'il soit à sa véritable place, il fallait d'abord que Richard meure. C'était logique, et faire les choses dans l'ordre se révélait souvent très judicieux. Donner du plaisir à ces femmes avant d'avoir accompli sa mission aurait été une erreur.

Pourquoi n'y avait-il pas pensé tout seul? Ces garces ne le méritaient pas. Quand elles sauraient qu'il était sur le point de

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devenir un homme important, elles l'imploreraient de les besogner. Jusque-là, elles n'auraient pas droit à ce privilège.

Il devait agir vite. Selon la voix, Richard Rahl émergerait bientôt de son inconscience.

Oba sortit son couteau et approcha de son frère.

—Qui est le balourd, à présent? lança-t-il.

Richard ne répondit pas.

Oba lui plaqua la lame de son couteau sur la gorge, mais la voix l'avertit que ce n'était pas ce qu'elle voulait qu'il fasse. Il devait obéir et se dépêcher, pas perdre du temps à égorger un homme à terre. Richard mourrait, mais il devrait souffrir pour toutes les années où il avait privé Oba de sa juste place dans le monde. Ce pourceau devait être châtié!

Oba rengaina son couteau et partit au pas de course. Quand il revint avec son cheval, qu'il avait caché non loin de là, les quatre idiots n'avaient toujours pas repris conscience.

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Obéissant à la voix, le fils de Darken Rahl prit la Mère Inquisitrice dans ses bras. Désormais, elle était sa promise, et il en prendrait possession quand la voix en aurait terminé avec elle.

Oba Rahl était un homme patient. Surtout quand on lui promettait des délices dont il n'avait jamais soupçonné l'existence. Son association avec la voix était décidément bénéfique. En échange d'une mission facile et d'un peu de patience, il aurait bientôt tout ce qui lui revenait de droit: le pouvoir en D'Hara et une femme superbe en guise de reine.

De reine...

Oui, c'était bien ça, pensa Oba en couchant la Mère Inquisitrice en travers de sa selle. Une reine! Et dans ce cas, il était un roi. Seigneur

Rahl n'était pas mal, mais a roi Oba en jetait beaucoup plus. Eh bien, o il adopterait ce titre, une fois sur le trône.

Quand il eut fini de ligoter sa proie, Oba jeta un dernier coup d'œil à son frère. À cause des plans de la voix, il ne pouvait pas

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le tuer tout de suite. C'était dommage, mais il avait toujours eu un caractère obligeant, et il n'allait pas changer maintenant...

Alors qu'il montait en selle, la voix chantonna dans sa tête.

Il se retourna, surpris... Oui, c'était une bonne idée!

Approchant de Richard, Oba se pencha pour mieux étudier son épée.

La voix approuva sa démarche. Un roi devait avoir une arme hors du commun. Et après tant d'efforts, Oba méritait une petite récompense. Retirant son baudrier à Richard, il examina le magnifique fourreau puis s'intéressa à la garde de sa nouvelle épée.

Un mot était écrit dessus en fil d'or et d'argent. «Vérité».

Eh bien, voilà qui était amusant...

Oba mit en place le baudrier et ajusta la position du fourreau sur sa hanche.

Avant de sauter en selle, il flatta la croupe de sa future femme. Puis il fila au grand galop avant que Richard se réveille.

Les chiens le suivirent, fidèle escorte

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d'un souverain qui serait très bientôt couronné.

 

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