Chapitre premier
Chapitre 144
Chapitre 8
Dans ce qui lui semblait le coin le plus sûr de la salle, Jennsen tentait de garder un œil sur la porte et sur la clientèle bruyante. À quelques pas de là, penché sur les tréteaux qui tenaient lieu de comptoir, Sebastian parlait avec la tenancière de l'auberge, une solide matrone au regard sombre qui paraissait habituée aux problèmes... et aux meilleures manières de les régler.
Les clients de l'établissement, en majorité des hommes, étaient d'humeur joyeuse. Certains jouaient aux dés ou au jacquet, d'autres disputaient des parties de bras de fer acharnées, et d'autres encore se contentaient de boire en racontant des histoires souvent saluées par de grands éclats de rire et de formidables coups de poing sur les tables.
Jennsen jugeait ces rires obscènes. Pour elle, la joie n'existait plus et il en serait ainsi jusqu'à la fin de ses jours.
Depuis la mort de sa mère, une semaine
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s'était écoulée. Ou peut-être plus, au fond, car la jeune femme avait perdu la notion du temps.
Mais quelle importance? Une semaine, dix jours, un an... Cela ne faisait aucune différence
Jennsen n'avait pas l'habitude des foules, parce que les gens, pour elle, étaient depuis toujours synonymes de danger. Les groupes la tendaient nerveuse, et c'était encore pis dans cette auberge, où des hommes brutaux jouaient et buvaient...
Dès qu'ils la remarquaient, ces sales types se désintéressaient de leurs conversations et de leurs jeux et la reluquaient impudemment. Pour Les décourager, Jennsen avait simplement abaissé la capuche de son manteau. Leur enthousiasme douché par sa crinière rousse, les séducteurs en puissance étaient tous retournés à leurs occupations.
La couleur des cheveux de la jeune femme terrorisait les gens –surtout ceux qui étaient superstitieux. Les roux étant rares en D'Hara, on les soupçonnait
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facilement d'être des sorciers. Consciente du phénomène, Jennsen en tirait bénéfice chaque fois que ça s'imposait. Et souvent, ses cheveux se révélaient une meilleure arme défensive qu'un couteau.
Mais lors de l'attaque de la cabane, ils ne l'avaient pas protégée du tout...
Après avoir découragé ses «soupirants.», Jennsen tourna de nouveau la tête vers le comptoir. Bien entendu, la tenancière la fixait, les yeux rivés sur ses cheveux... Jennsen soutenant délibérément son regard, la matrone se concentra sur Sebastian, qui venait de lui poser une autre question.
Dans le brouhaha ambiant, Jennsen ne captait pas un mot de la conversation entre l'aubergiste et le jeune homme aux cheveux blancs. Mais la femme parlait maintenant à l'oreille de Sebastian, et elle pointait un index, apparemment pour lui indiquer une direction.
Se redressant, le compagnon de Jennsen sortit une pièce de sa poche et la jeta sur le comptoir. Après avoir ramassé l'argent, la
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femme prit une clé, derrière elle, et la tendit à Sebastian, qui s'en empara, reprit la chope qu'il avait posée devant lui, salua la femme et s'éloigna.
—Tu es sûre de ne vouloir rien boire? demanda-t-il à Jennsen quand il l'eut rejointe.
—Certaine, oui...
Sebastian jeta un regard circulaire dans la salle, où plus personne n'accordait d'attention aux deux nouveaux venus.
—Tu as bien fait d'abaisser ta capuche, dit-il. Avant de voir tes cheveux roux, l'aubergiste ne voulait rien me dire. Après, elle s'est montrée beaucoup plus volubile.
—Elle connaît la femme que nous voulons voir? Et elle est sûre qu'elle vit toujours à Gretton?
Sebastian but un peu de bière en regardant un joueur jeter les dés puis exploser de joie devant le résultat.
—Disons que je sais où chercher...
—Tu nous as aussi eu des chambres?
—Une chambre... (Sebastian prit une autre gorgée en épiant la réaction de
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Jennsen.) En cas de problèmes, il vaut mieux que nous soyons ensemble. Crois-moi, il est plus sûr d'avoir une seule chambre...
—Moi, je préférerais dormir avec Betty... (S'avisant que sa remarque pouvait être vexante, Jennsen s'empressa de préciser sa pensée:) Plutôt que dans une auberge, voilà ce que je voulais dire... J'aime bien être seule, pas au milieu de tant de gens. Et je me sens moins en danger dans les bois qu'ici. Mais ne crois pas que...
—J'avais compris, coupa Sebastian. Mais dormir sous un toit te fera du bien, ce soir, parce que la nuit promet d'être glaciale. Et Betty sera bien au chaud dans l'écurie...
Le propriétaire de l'écurie avait été surpris que des voyageurs soient prêts à payer pour qu'il accepte une chèvre. Les chevaux n'ayant rien contre les ovins, il n'avait vu aucune raison de refuser.
La première nuit, Betty avait sans doute sauvé la vie des deux fugitifs. Avec sa fièvre, Sebastian n'aurait sans doute pas survécu si Jennsen n'avait pas trouvé un
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abri relativement sec, sous une saillie rocheuse. Après avoir tapissé le fond de la niche naturelle de branches de sapin - une barrière thermique contre la pierre glaciale–, les deux jeunes 'gens s'étaient recroquevillés l'un contre l'autre. Tirant sur la longe de Betty, Jennsen l'avait obligée à s'allonger devant eux. Grâce à la chaleur corporelle de la chèvre, la nuit s'était révélée presque confortable.
Jennsen avait passé tout son temps à pleurer. Sebastian, lui, s'était endormi comme une masse. Au matin, sa fièvre avait disparu...
Le premier matin que Jennsen allait devoir vivre seule...
Avoir abandonné la dépouille de sa mère la hantait, et elle revoyait sans cesse la terrible scène, dans la cabane. Le cœur brisé, la jeune femme ne parvenait pas à croire vraiment qu'elle ne reverrait plus jamais sa mère. Hélas, la réalité se montrait impitoyable, et l’existence, quand elle osait regarder l'avenir en face, lui semblait totalement dépourvue de sens et
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d'intérêt.
Cela posé, Sebastian et elle avaient réussi à s'enfuir, et ils étaient toujours en vie. Après tout ce que sa mère avait fait pour la protéger, Jennsen ne pouvait pas baisser les bras, même s'il lui arrivait souvent d'avoir envie de renoncer et de se laisser mourir. Mais il y avait ses Poursuivants, et le calvaire qui l'attendait s'ils la rattrapaient... Pourquoi avait-elle autant envie de les fuir, si rien ne comptait plus pour elle? Eh bien, pour être franche, elle s'expliquait mal cette contradiction, mais...
—Nous devrions manger un morceau, dit Sebastian, arrachant Jennsen à sa sombre méditation. L'auberge sert un ragoût de mouton ce soir... Ensuite, tu auras une bonne nuit de sommeil, puis, demain matin, nous tenterons de trouver cette vieille connaissance de ta mère... Cette nuit, je monterai la garde pendant que tu dormiras.
—Non, essayons de voir cette femme ce soir. Nous dormirons plus tard...
Quant à manger, cette seule idée
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donnait la nausée à Jennsen, surtout depuis qu'elle avait senti l'odeur peu appétissante du fameux ragoût.
Comprenant qu'il ne parviendrait pas à convaincre son amie de l'écouter, Sebastian vida sa chope, la posa sur une table et soupira:
—Ce n'est pas très loin... Nous sommes du bon côté de la ville.
—Pourquoi as-tu choisi cette auberge? demanda Jennsen quand ils furent dehors. J'ai remarqué d'autres établissements, plus jolis, où les clients n'avaient pas l'air si... bizarres.
Sebastian regarda autour de lui, sondant les portes cochères obscures et les allées chichement éclairées.
—Les gens bizarres, comme tu dis, posent très peu de questions, et surtout pas celles que nous n'avons aucune envie d'entendre...
Visiblement, Sebastian avait un certain entraînement, dès qu'il s'agissait d'échapper à la curiosité des gens.
Jennsen s'engagea dans une allée qui, si
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elle avait bien compris, devait les conduire jusqu'à la maison de la femme dont elle gardait un souvenir très vague. Sa mère avait dû avoir une excellente raison de ne jamais retourner la voir, mais il fallait bien s'accrocher à quelque chose... Avec un peu de chance, la magicienne accepterait de les aider.
Depuis qu'elle était orpheline, Jennsen avait besoin qu'on l'aide. Les trois membres survivants du deuxième quatuor devaient être toujours sur sa piste. Et rien ne l'assurait qu'un troisième voire un quatrième quatuor ne lui collaient pas aux basques. Après la mort de cinq soldats, les D'Harans ne seraient sûrement pas disposés à abandonner la traque.
En fuyant par le chemin secret, Sebastian et Jennsen avaient trompé leurs adversaires et pris une avance précieuse, d'autant plus que la pluie avait obligeamment brouillé leurs empreintes. En toute logique. Les deux jeunes gens auraient dû se sentir en sécurité. Mais quand on était pisté par le seigneur Rahl,
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un puissant sorcier, tout pouvait arriver -surtout les mauvaises surprises.
Depuis le terrible combat, dans la cabane, Jennsen craignait à tout moment qu'un ennemi bondisse sur elle.
—Il faut descendre cette rue, dit Sebastian quand ils eurent atteint une intersection.
Les deux jeunes gens passèrent devant une série de bâtiments carrés sans fenêtres qui devaient être des entrepôts. Apparemment, personne ne vivait dans ce coin.
Quand ils eurent descendu la rue, Sebastian désigna un étroit sentier.
—Selon l'aubergiste, la maison que nous cherchons est au bout de cette piste, dans un bosquet.
Le chemin semblait rarement fréquenté, et on apercevait, dans le lointain, la lumière d'une fenêtre qui vacillait entre les branches des chênes et des aulnes.
—Tu devrais attendre ici, dit Jennsen. Il vaut peut-être mieux que j'y aille seule.
La jeune femme tendait une perche à
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son compagnon. C'était gentil, car très peu de gens voulaient fréquenter les magiciennes. A dire vrai, Jennsen elle-même aurait donné cher pour ne pas y être obligée...
—Non, je viens avec toi.
Depuis que Jennsen le connaissait, Sebastian n'avait jamais caché qu'il se méfiait de la magie. À voir la façon dont il sondait le terrain, devant eux, sa déclaration tenait plus de la fanfaronnade que du véritable courage.
Jennsen s'en voulut aussitôt de penser des choses pareilles. Sebastian avait affronté des soldats d'harans bien plus grands et plus forts que lui. Cette nuit-là, il aurait pu rester dans la grotte, au lieu de risquer sa vie. S'il avait été un poltron, il se serait enfui sans jeter un coup d'œil derrière lui... Non, craindre la magie n'était pas une preuve de lâcheté, mais simplement une réaction sensée. Et Jennsen était bien placée pour le savoir...
La neige crissant sous leurs bottes, les deux jeunes gens s'engagèrent sur le
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sentier qui serpentait entre les arbres. Tandis que son compagnon surveillait leurs flancs, Jennsen se concentrait sur la sinistre maison adossée aux contreforts d'une colline. Pour venir ici, il fallait en avoir rudement besoin, c'était une certitude!
Cela dit, puisque la magicienne vivait si près de la ville, elle devait aider les gens et s'être gagné leur respect. Au fond, elle pouvait être un membre honoré de la communauté. Une guérisseuse qui consacrait sa vie à soulager les autres, pas à leur faire du mal.
Alors que le vent gémissait lugubrement entre les arbres, Jennsen tapa à la porte. Toujours prudent, Sebastian regardait derrière eux. S’ils devaient fuir, les lumières de la ville, si lointaines qu'elles fussent, les aideraient à retrouver leur chemin.
Jennsen aussi regarda autour d'elle, et toutes ces lueurs lui parurent être des yeux tapis dans l'obscurité pour l'épier. Elle frissonna, tous les poils de sa nuque
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hérissés.
La porte s'entrebâilla juste assez pour laisser passer la tète de la magicienne.
—Oui?
De sa position, Jennsen distinguait très mal les traits de son interlocutrice. Un détail qui ne fit rien pour la rassurer, d'autant moins que la femme, elle, devait la voir très clairement grâce à la lumière qui filtrait de la cabane.
—Vous êtes Lathea? Lathea la magicienne?
—En quoi ça te regarde?
—On nous a dit que Lathea vivait ici... Si c'est vrai, pouvons-nous entrer?
La porte ne bougea pas d'un pouce. Transie de froid parle vent et la réception glaciale dont on la gratifiait, Jennsen resserra autour d'elle les pans de son manteau.
—Je ne suis pas une faiseuse d'anges, dit la femme. Pour le genre de problème que vous avez tous les deux, je ne suis pas compétente.
—Ce n'est pas ça du tout! s'écria
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Jennsen.
—Dans ce cas, quel genre de médicament te faut-il?
—Pas un médicament, un... charme. Je suis venue vous voir il y a longtemps, quand j'étais petite, et vous avez jeté un sort pour moi.
—Quand? Et où cela s'est-il passé?
—Au Palais du Peuple, lorsque j'y vivais. Vous m'avez aidée quand j'étais enfant.
—Aidée à quoi? Parle, bon sang!
—À me cacher... Avec un sortilège, je crois... Mais je ne me souviens plus très bien..,
—Te cacher de qui?
—Du seigneur Rahl...
Il y eut un long silence.
—Vous vous souvenez? Je m'appelle Jennsen, et j'étais très petite, à l'époque.
La jeune femme abaissa son capuchon pour révéler ses cheveux roux.
—Jennsen... Le nom ne me dit rien, mais la crinière... On voit rarement des cheveux pareils.
—Notre rencontre remonte à longtemps,
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et je suis contente que...
—Je ne veux rien avoir à faire avec toi! coupa la magicienne. Je ne jette pas de sort pour les gens de ton espèce. Jennsen en eut le souffle coupé. Que pouvait-elle objecter à cela? Par le passé, cette femme l'avait aidée, elle en était sûre, mais...
—Fichez le camp, tous les deux! cria la magicienne en refermant sa porte.
—Attendez! Je peux vous payer!
Jennsen prit une pièce - d'or, vit-elle en un éclair - dans sa poche, et la passa dans l'entrebâillement.
La femme étudia longuement la pièce, se demandant sans doute si cette petite fortune valait la peine qu'elle s'implique dans une très sale histoire.
—Vous vous souvenez, maintenant? demanda Sebastian.
—Qui es-tu, pour commencer?
—Un ami de Jennsen...
—Lathea, j'ai besoin de votre aide... Ma mère... (Incapable de dire à voix haute ce qu'il en était, Jennsen tenta une autre approche:) Ma mère me parlait souvent du
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sort que vous aviez jeté pour m'aider... Tout ça remonte à des années, mais j'ai de nouveau besoin de secours..,
—Eh bien, tu t'adresses à la mauvaise personne.
Jennsen eut le sentiment que le monde s'écroulait une fois encore autour d'elle.
—Lathea, par pitié, vous êtes mon dernier espoir!
— Mon amie vous a donné une pièce, intervint Sebastian. Si vous n'êtes pas la bonne personne, il serait décent de lui rendre son argent. La magicienne eut un sourire sournois.
—J'ai dit qu'elle s'adressait à la mauvaise personne, mais ça ne signifie pas que je sois dans l'incapacité de l'aider... et d'être payée pour ça...
—Je ne comprends pas, souffla Jennsen, qui tremblait maintenant e froid.
Lathea marqua une pause théâtrale, comme pour être sûre que les deux jeunes gens ouvriraient bien les oreilles.
—Tu cherches ma saur, Althea. Je suis Lathea, elle, c'est Althea, C'est elle qui t'a
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aidée, pas moi. Ta mère a du confondre les noms, ou c'est toi qui te souviens mal. C'était une erreur fréquente, quand nous vivions ensemble. Mais Althea a des pouvoirs différents des miens. C'est elle qui t'a aidée, pas moi.
Jennsen était troublée, certes, mais pas irrémédiablement vaincue. Il lui restait un espoir.
—Et ne pouvez-vous pas m'aider à sa place, ce coup-ci?
—Non, je ne distingue pas les gens comme toi... Althea seule est capable de voir les trous dans le monde. Moi, ça m'est impossible.
Des « trous dans le monde.»? De quoi parlait donc cette femme?
—Vous ne me voyez pas?
—C'est ça, oui... Je t'ai dit tout ce que je sais. Maintenant, fiche le camp!
—Un moment implora Jennsen. Pouvez-vous au moins me dire où vit votre sœur, à présent?
—Ce que tu me demandes est dangereux...
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—Mais très bien payé..., dit Sebastian d'une voix glaciale. Une pièce d'or! C'est beaucoup pour un simple renseignement...
Lathea réfléchit quelques instants et répondit d'une voix encore plus froide:
—Je ne veux rien avoir à faire avec vous, c'est compris? Si Althea désire s'en mêler, c'est son problème. Renseignez-vous au Palais du Peuple.
Jennsen se souvint que sa mère et elle étaient allées voir une femme, dans les environs du palais... Elle pensait que c'était Lathea, mais il pouvait effectivement s'agir de sa sœur...
—Vous ne pouvez m'en dire plus? Où puis-je trouver votre sœur, plus précisément?
—La dernière fois que je l'ai vue, elle vivait non loin du palais avec son mari. Demande la magicienne Althea. Si elle n'est pas morte, les gens te diront où la trouver.
Sebastian saisit la porte au vol pour empêcher la femme de la refermer.
—Ce n'est pas très précis, comme information... Pour une pièce d'or, nous
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méritons davantage...
—Pour ce que je vous ai dit, c'est un paiement dérisoire... Si ma sœur désire courir à sa perte, libre à elle) Moi, je ne veux pas d'ennuis... même pour tout l’or du monde!
—Nous ne vous voulons pas de mal, dit Jennsen. Un sortilège, voilà ce qu'il nous faut. Si vous ne pouvez pas nous le fournir, merci du renseignement, au sujet de votre sœur. Nous essaierons de la trouver. Mais je dois savoir certaines choses. Pouvez-vous me dire...
—Si tu avais un brin de décence, tu ficherais la paix à Althea! Les gens comme toi sont une malédiction: Maintenant, déguerpis avant que je lance un sort de cauchemar qui empoisonnera toutes tes nuits.
Jennsen ne broncha pas.
—Ça, c'est déjà fait, dit-elle avant de se détourner.
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