J’arrête de trop cogiter !

Gaëlle Piton · Chapitre 16 sur 37

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J’arrête de trop cogiter !

Jour 4, 11 et 18 Accueillir et s’accueillir

JOUR 4, 11 ET 18

 

Accueillir et s’accueillir

 

Méditation de pleine présence sur le souffle 3 minutes

La méthode Tipi 2 minutes

Apprendre à accueillir : exercice flash des poings fermés 2

minutes

Respirer des odeurs 4 minutes

Le Ho’Oponopono 4 minutes

 

Plus de la moitié du chemin est déjà parcourue pour cette première

semaine ! BRAVO ! Aujourd’hui, je vous propose de pratiquer trois

outils que vous connaissez déjà : la méditation de pleine présence (3

minutes), respirer les odeurs (4 minutes), le Ho’Oponopono (4

minutes).

 

Nous allons ajouter deux petites nouveautés pour travailler sur la

notion fondamentale de l’accueil (c’est un mot que je répète tout le

temps en accompagnement, si bien que certains clients me charrient

en me nommant « Miss Welcome »).

 

Nous avons toujours l’impression que ce qui nous arrive ne devrait

pas nous arriver, que ce serait bien mieux si les choses étaient

différentes : « À chaque fois c’est pareil, je tombe sur la caisse qui

n’avance pas ! », « Ce n’est pas comme cela que les choses étaient

prévues ! » Lorsque je donne des ateliers de méditation, je m’en

amuse presque à chaque fois avec les participants qui commencent

systématiquement par pointer ce qui ne s’est pas passé dans leur

séance et comment les conditions auraient pu être plus favorables :

« Je n’ai pas senti de détente », « Cela aurait été mieux si la lumière

avait été moins forte », « C’est dommage, il y avait un peu trop de

bruit ». Notre mental est friand de cela ! Il adore évaluer notre

expérience !

Notre regard d’être humain est d’ailleurs naturellement orienté – et

en priorité – sur ce qui est négatif. C’est ce que l’on appelle en

psychologie le biais cognitif de négativité, qui nous fait davantage

remarquer les trains qui arrivent en retard que ceux qui arrivent à

l’heure ! Quand ce biais est à l’œuvre, nous sommes dans une

forme de résistance par rapport à notre vécu et les ruminations vont

bon train. Le premier pas est d’apprendre à accueillir les choses

telles qu’elles sont. Ce n’est ni bien ni mal… C’EST tout simplement.

Dit comme cela, cela paraît simple mais il s’agit d’un véritable

exercice au quotidien que nous pouvons tous mettre en place. La

notion d’accueil est fondamentale : accueillir permet d’embrasser

notre expérience de manière complète, totale, inconditionnelle, et

avec fluidité, alors que résister nous demande tant d’efforts.

 

Apprendre à accueillir : exercice flash des poings fermés

 

2 minutes

 

Posez quelques instants ce livre… Prenez le temps de vous installer

en posture assise dans un endroit confortable. Serrez fort, très fort,

le plus fort possible vos deux poings (comme si vous étiez très en

colère)… Sentez vos poings se contracter de plus en plus… peut-

être que d’autres zones de votre corps se contractent elles aussi (les

dents, les mâchoires, les bras…). Vivez complètement l’inconfort de

cette posture… celle qui revient à vouloir exercer une maîtrise, un

contrôle… Puis à un moment donné, relâchez vos mains le plus

lentement possible, desserrer les poings, déplier vos doigts et

tournez doucement vos paumes vers le ciel en signe d’accueil et

d’ouverture… comme lorsque l’on décide de lâcher prise, de faire

confiance… Quelle est la posture la plus confortable selon vous ?

 

Cette pratique convient particulièrement au penseur

perfectionniste.

 

Avec le temps, j’ai compris que nous avions tout à gagner à travailler

notre relation au désagréable. Lorsque le mental s’emporte, lorsque

nous ruminons, ce n’est pas agréable évidemment. Il en va de même pour les émotions désagréables… que nous qualifions

d’ailleurs de « négatives ». Or, en tant qu’être humain, que faisons-

nous ? Soit on s’immobilise, figé dans nos ruminations, soit on fuit,

on se divertit, on fait autre chose, on change de disque. Rarement

nous faisons face… et c’est bien normal car dans ce genre de

situation, c’est l’animal effrayé en nous, notre partie reptilienne, qui

mène la danse. Nous avons peur et nous nous sentons menacés.

Néanmoins, le désagréable fait partie intégrante de notre expérience

et le refuser, c’est comme nier une part de notre vécu… une part de

nous-mêmes. Alors que ce qui permet de « dompter » notre mental,

de travailler avec nos émotions, c’est de les accueillir. Les bras

grands ouverts en signe de bienvenue ; vous pouvez même

prononcer ce terme à voix haute « BIENVENUE » : Bienvenue à toi

ma rumination, bienvenue à toi émotion désagréable. Je t’en prie,

viens, assieds-toi à côté de moi, prenons un café ensemble, parlons,

discutons… Cela nous permet d’entrer en familiarité avec notre vécu

qui, comme nous apprenons à le connaître, nous paraît moins

effrayant. C’est ce que propose la méthode Tipi.

 

La méthode Tipi

 

2 minutes

 

Mise en évidence par Luc Nicon, cette méthode s’appuie sur le fait

que nous avons tous, quel que soit notre âge, une capacité

physiologique et naturelle de régulation émotionnelle. Il s’agit de

revivre un événement en faisant appel à nos ressentis physiques

pour le désamorcer. Cette technique peut se pratiquer au moment

où l’on ressent l’émotion désagréable ou en différé, une fois que

l’émotion est passée.

 

La méthode Tipi1 est composée de six étapes :

1) Vous ressentez l’émotion désagréable.

2) Fermez les yeux.

3) Repérez dans votre corps deux sensations physiques différentes. 4) Laissez les sensations évoluer, grandir, s’intensifier puis se

transformer d’elles-mêmes.

5) Laissez faire sans chercher à interrompre, à changer

l’expérience… jusqu’à apaisement des sensations (en général le

processus n’excède pas 2 minutes).

6) Ouvrez les yeux et accueillez toute cette expérience.

 

J’aime répéter aux personnes que j’accompagne que l’expérience

peut être désagréable mais n’est pas dangereuse… C’est une

nuance très importante !

 

Cette pratique convient particulièrement au penseur

perfectionniste.

 

Des méthodes pour mieux s’organiser et optimiser son

 

temps

 

Le temps est un bien précieux que l’on peut facilement perdre…

mais aussi gagner. Certaines méthodes d’organisation ont fait leur

preuve, nous permettant ainsi d’être plus efficaces et de moins

ruminer tout ce qu’on n’a pas eu le temps de faire et de favoriser

notre concentration.

 

La technique Pomodoro de Francesco Cirillo : elle propose de

structurer son temps de travail en sessions de 25 minutes

(entrecoupées d’une pause de 5 minutes) pendant lesquelles on se

concentre exclusivement sur la tâche à accomplir. Pomodoro veut

dire « tomate » en italien en référence au minuteur de cuisine utilisé

par Francesco Cirillo pour sa méthode.

 

Avaler son crapaud de Brian Tracy : consiste à faire en premier (le

matin) la tâche la plus pénible de sa liste. Selon cet auteur, il ne

s’agit pas d’accomplir toutes les tâches de notre liste, mais de nous

concentrer sur les plus importantes, sur celles qui auront le plus

d’impact positif dans nos vies. Commencer sa journée par réaliser la

tâche la plus difficile permet d’éviter la procrastination, d’alléger son

esprit, et de ressentir fierté et satisfaction.

La méthode GTD (Getting Things Done) de David Allen : il s’agit

d’une méthode de gestion des priorités quotidiennes afin de garder

un esprit serein dans une vie bien remplie.

 

Elle comporte cinq étapes :

1) Collecter, de manière exhaustive, toutes les tâches à accomplir

sans les hiérarchiser.

2) Traiter, c’est-à-dire se demander « Ai-je une action à faire sur

cette tâche ? ». Si la réponse est non, on la raye ; si c’est oui, soit

elle prend moins de 2 minutes et on l’accomplit tout de suite, soit on

passe à l’étape suivante.

3) Organiser les missions plus chronophages, soit en les

reportant, en les déléguant, soit en les planifiant.

4) Réviser, c’est-à-dire mettre en place un suivi régulier de l’état

d’avancement des missions.

5) Et enfin agir, selon notamment ses priorités et le temps dont on

dispose.

 

Pratiquer le hygge danois : hygge signifie « bien-être ». Il s’agit de

créer chez soi une atmosphère confortable, chaleureuse, cocooning,

en mode plaid, bougies (indispensables), feu de cheminée, et

profiter simplement de la vie, dans une ambiance harmonieuse et

auprès des gens que l’on aime. Cela peut être aussi un bain chaud,

un dîner aux chandelles.

 

Pour accueillir de nouvelles façons de fonctionner, il faut faire de la

place. Nous pouvons au préalable agir sur notre environnement pour

favoriser un terrain propice à notre belle évolution. Ainsi, si notre lieu

de vie est obstrué, encombré, chargé… notre esprit risque de l’être

aussi. Simplifier, alléger, se libérer du superflu pour ne garder que

l’essentiel peut grandement nous aider. Posséder beaucoup

d’objets, cela veut dire s’en occuper et on sous-estime trop souvent

la charge mentale que cela ajoute dans son quotidien. Je vous invite

d’ailleurs à observer si dans votre intérieur, des pièces sont sources

de ruminations et, le cas échéant, à en changer l’aménagement,

l’énergie.

De la même façon, mettre de l’ordre, ranger nos objets et nos

placards peut véritablement contribuer à mettre de l’ordre dans nos

pensées. Cela permet d’insuffler au lieu une énergie nouvelle et, par

ricochet, une énergie nouvelle à nos pensées. C’est ce que propose

par exemple le mode de vie minimaliste, qui concerne les objets

mais pas seulement. Le minimalisme est un mode de vie qui nous

invite à nous détacher des objets, à ne garder que ce qui nous est

utile et essentiel… être plutôt qu’avoir…

 

J’ai pour ma part été bouleversée par la lecture des ouvrages de

Dominique Loreau comme 2 L’art de la simplicité. Plus récemment,

j’ai découvert le travail de Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus

(blog The Minimalists) et leur magnifique documentaire sur Netflix

que je vous encourage (si ce n’est pas encore fait) à regarder. Une

superbe source d’inspiration ! J’ai décidé de relever le défi de ce

qu’ils ont baptisé le « minsgame » (contraction de minimalist et

game), qui se déroule sur un mois. Le but du jeu est de se

« débarrasser » d’un objet le premier jour, de deux le second, de

trois le troisième et ainsi de suite pour arriver à 30 objets le

trentième jour, ce qui nous amène à un total de 465 articles ou

objets à supprimer en un mois ! J’ai vraiment vécu une

transformation profonde au cours de ce mois et mené une véritable

réflexion sur ce qui est essentiel pour moi… Au final, nous avons

besoin de très peu de choses pour être heureux ! En vidant

placards, armoires, étagères, je me suis sentie moi-même plus

légère, disposant d’espace et de place pour ce qui est fondamental.

Et surtout, je me prends moins la tête sur la gestion des objets et les

actions à faire qui en découlent.

 

1. http://www.tipi.fr

2. Dominique Loreau, L’art de la simplicité, Marabout, 2019.

 

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