J’arrête de trop cogiter !

Gaëlle Piton · Chapitre 26 sur 37

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J’arrête de trop cogiter !

Jour 5, 12 et 19 Embrasser toute son expérience, nourrir ses démons

JOUR 5, 12 ET 19

 

Embrasser toute son expérience,

 

nourrir ses démons

 

Sophrologie de base 15 minutes

Nourrir ses démons 5 minutes

Routine énergétique de Donna Eden 10 minutes

 

Bravo pour votre persévérance ! Après la folle séance sportive

d’hier, on « calme » le jeu avec une nouvelle séance de sophrologie

(15 minutes) puis une petite routine énergétique (5 minutes).

 

Aujourd’hui, nous allons encore plus loin en apprenant à transformer

le désagréable. En effet, soyons clairs, ruminer, c’est tout sauf

agréable… On aurait bien envie que ça s’arrête, s’enfuir sur une île

déserte et faire table rase des émotions désagréables ! Seulement

voilà, tout ceci ne règlera pas le schmilblick et c’est même

impossible. Autre alternative alors : apprendre à faire face ! Car le

désagréable fait aussi partie de notre expérience… il a tout un tas de

choses à nous enseigner.

 

Comment faire pour dire un grand OUI à ce que nous jugeons

comme « négatif » et dompter son mental ? Certaines traditions

ancestrales, notamment la tradition bouddhiste, proposent des

pratiques concrètes pour entrer en amitié avec nous-mêmes, tels

que nous sommes, dans notre entièreté. Précisions que cet exercice

peut se pratiquer de manière totalement laïque.

 

Nourrir ses démons

 

5 minutes Lama Tsultrim Allione est l’une des premières Américaines

ordonnées selon la tradition tibétaine par le seizième Karmapa

(détenteur de la lignée Kagyu, une des quatre grandes écoles du

bouddhisme himalayen). Elle propose une méthode puissante pour

« affronter » nos démons intérieurs car plus nous luttons contre eux,

plus ils deviennent forts. Cette méthode est composée de cinq

étapes pour transformer nos émotions désagréables qui pourraient

se résumer brièvement ainsi :

 

Avant de commencer, prenez le temps de fermer les yeux (ils

resteront fermés pendant tout l’exercice). Prenez trois grandes

respirations complètes, profondes… À chaque expiration, relâchez

petit à petit vos tensions.

 

1) Trouver le démon : décidez avec quel démon (du mental) vous

voulez travailler (est-ce le démon de l’anticipation anxieuse ? Celui

du ressentiment envers autrui ? Du jugement sur soi ?…). Cherchez

à localiser où il se trouve enfermé dans votre corps ; laissez venir

toutes les sensations. Pour vous aider, vous pouvez vous servir de

situations concrètes et contextualisées (la dernière fois que le

démon s’est manifesté, c’était quand ? Comment ? Avec qui ?).

 

2) Personnifier le démon et lui demander ce dont il a besoin.

Imaginez que vous vous adressez directement à lui… : « De quoi as-

tu besoin ? », « Que veux-tu ? », « Lorsque tu auras cela, comment

te sentiras-tu ? »

 

3) Devenir le démon. Imaginez que vous devenez vous-même le

démon, comme si vous entriez dans sa peau, vous mettiez son

costume… Prenez conscience de ce que cela vous fait d’être le

démon. À votre tour, répondez aux questions : « De quoi as-tu

besoin ? », « Que veux-tu ? », « Lorsque tu auras cela, comment te

sentiras-tu ? »

 

4) Nourrir le démon et rencontrer l’allié. Reprenez votre place.

Regardez le démon en face de vous et imaginez que vous êtes en

train de vous dissoudre en un nectar qui contient le sentiment

éprouvé par le démon lorsque ses besoins sont comblés.

Nourrissez-le avec ce nectar en imaginant ce dernier entrer en lui. Attendez que le démon soit totalement repu. Observez si le démon

ainsi contenté laisse la place à un « allié » ou demandez-lui de le

faire apparaître. Une fois en lien avec cette énergie de l’allié, posez-

lui ces questions : « Comment vas-tu m’aider ? », « Comment vas-tu

me protéger ? », « Quelle promesse me fais-tu ? », « Comment puis-

je entrer en contact avec toi ? »

 

Accueillez les réponses sous forme de mots, de sensations,

d’impressions…

 

À votre tour, devenez l’allié et lorsque vous êtes prêt, répondez aux

questions précédentes : « Je t’aiderai en… », « Je te protégerai

en… », « Je te promets de… », « Tu peux entrer en contact avec

moi ainsi… »

 

5) Rester en pleine conscience. Laissez votre esprit se poser

quelques instants. Prenez le temps de sentir l’énergie de l’allié dans

votre corps. Rouvrez les yeux.

 

N’oubliez pas de dédier les bienfaits de cette pratique à la personne

de votre choix ou même à l’univers tout entier : c’est ce qu’on

appelle la dédicace.

 

Cette pratique convient particulièrement au penseur

perfectionniste.

 

Aller plus loin avec la mascotte

 

Si la pratique des démons vous semble trop « spirituelle » et/ou que

vous avez envie d’aller plus loin, voici un petit outil que j’ai

spécialement créé pour vous, cher lecteur, afin d’apprendre à tirer

concrètement le meilleur parti de votre mental. Il s’agit de vous

amuser (je dis bien vous A-MU-SER) à réaliser la mascotte de

votre mental, autrement dit à inventer, créer le symbole, l’emblème,

de votre mental. Pourquoi ça ? Pour considérer votre mental à

l’extérieur de vous, vous familiariser avec lui, prendre aussi un peu

de recul vis-à-vis de lui… et peut-être même entrer en amitié avec lui

pour qu’il devienne non pas un frein mais une force. Vous n’êtes pas

votre mental tout comme vous n’êtes pas votre mascotte. Trop penser n’est pas votre identité. Vous ne vous résumez pas à cela.

C’est simplement une part de vous. Permettez-moi d’insister sur ce

point que je trouve fondamental. Nous ne sommes aucune de nos

pelures identitaires quelles qu’elles soient… Nous sommes bien plus

vastes, plus riches que cela. C’est un élément très important car

notre ego a tendance à céder bien souvent au processus

d’identification, sa plus grande peur étant de mourir… L’ego résiste à

l’idée de lâcher son attachement à ces peaux… il s’y accroche…

Comprendre ce processus, c’est déjà se libérer !

 

Vous allez pouvoir apprendre à vous regarder penser et ainsi

exercer vigilance et discernement par rapport à vos mécanismes, et

prendre de la distance, de la hauteur. Cette mascotte permet de

dissocier le moi profond des pensées négatives.

 

Vous allez donner un nom (idéalement court, facile à prononcer),

une forme, une apparence à votre bavard intérieur. Vous pouvez

vous amuser à le dessiner, le sculpter ou encore le matérialiser, via

un logiciel comme Avatar Maker par exemple. Un peu comme si

vous imaginiez la propre figurine POP1 de votre « pense-trop ». Pour

cela, je vous propose une liste (non exhaustive) de questions et de

pistes afin de vous guider dans sa réalisation. C’est le moment de

laisser libre cours à votre créativité !

 

Attention… cette mascotte n’a pas que des défauts, au contraire !

Elle a aussi des qualités, des superpouvoirs (vous pouvez, si cela

vous aide, vous appuyer sur l’imaginaire des super-héros et super-

héroïnes). La mascotte est également votre porte-bonheur et un

allié ! Rappelez-vous, votre objectif est de pacifier – enfin – le

rapport à votre mental !

 

La mascotte, par ses aspects positifs et bienveillants, va devenir un

allié pour transformer la vision du « pense-trop » souvent perçu

négativement. Vous allez avancer main dans la main. Elle est là, à

vos côtés, vous allez vous soutenir. Grâce à elle, vous allez

retrouver votre pouvoir et votre liberté d’action. Il n’y a pas d’ennemi,

pas de combat, pas de lutte ou de mise à mort à souhaiter. Place à

une belle relation de partenariat, une précieuse collaboration ! Vous

et lui allez faire équipe ! Vous sentez déjà comme cela détend ?

Voici quelques questions pour vous guider dans la réalisation de la

mascotte de votre mental2. Servez-vous uniquement de celles qui

vous guident et vous semblent pertinentes.

 

Votre mascotte est-elle une personne ? Un personnage ? Une

chose ? Un animal ? Quel est son aspect général ? Son

apparence ? Quels sont ses traits physiques ? Comment sont

dessinés sa silhouette et ses contours ? Quelles sont ses couleurs

dominantes ? Quels sont ses attributs ? Est-elle grande ou petite ?

Quels sont ses traits de caractère généraux ? Quels sont ses

principaux défauts et qualités ? Quelles sont ses valeurs ? Qui est

son ennemi juré ? Qui est son meilleur ami ? Quelle est sa devise,

son leitmotiv ?

 

1. Une POP est une petite figurine de 9 centimètres environ de hauteur, représentant un personnage généralement tiré d’une licence connue. Ils ont été inventés par Mike Becker.

2. Quand j’étais petite, j’adorais jouer au jeu Qui est-ce ?. Si vous êtes comme moi, cela peut inspirer la réalisation de votre mascotte.

 

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