J’arrête de trop cogiter !
Partie 1 – Prendre conscience. Phase préparatoire de 10 jours
PARTIE 1
Prendre conscience. Phase
préparatoire de 10 jours
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10 jours pour se préparer
Avant d’entamer un parcours de randonnée, il est plutôt conseillé
d’observer un peu le tracé du sentier et de préparer son sac à dos,
d’adapter son matériel. Même chose ici, avant de vous proposer de
vous lancer corps et âme dans votre défi, je vous invite à vous
accorder un petit temps de préparation afin de prendre
tranquillement conscience de là où vous en êtes avant de vous
mettre en route. Je dirais qu’une durée de 10 jours est idéale pour
cette phase préparatoire. 10 jours pour vous préparer à cette
nouvelle vie merveilleuse qui vous attend !
Si vous êtes d’accord, j’aimerais aussi, comme je peux le faire en
accompagnement, que nous nous donnions quelques règles de
fonctionnement… Acceptez-vous que nous mettions ce défi sous le
signe de l’écoute (de soi, des autres), de la bienveillance et du
respect ? Que ces valeurs puissent nous accompagner pendant ces
21 jours ?
Je vous invite également à convenir d’un geste « STOP ! »
(exemple : lever la paume de la main ou un pouce vers le haut). Si
vous sentez à un moment où un autre, au cours de la lecture, que ce
livre engendre TROP de ruminations, alors faites ce geste et posez
le livre quelques instants. Respirez profondément…
S comme STOP : je fais une pause
T comme TEMPS CALME : je reste concentré sur ma respiration
pour revenir au calme
O comme OBSERVATION : j’observe ce qui se passe en moi, ce
que je ressens dans mon corps en accueillant toutes les
sensations sans jugement. Qu’est-ce que je ressens ? Quelles
sont les émotions qui me traversent ?
P comme PRÉSENCE : je reste en contact avec mon expérience
pendant quelques instants et je prends conscience que les
sensations, les émotions sont comme des vagues qui montent et
finissent par redescendre puis disparaître.
Reprenons le fil… Prendre conscience est sans doute l’étape la
plus difficile mais la plus nécessaire… Le premier pas décisif… C’est
une partie du chemin qui est déjà faite. À suivre, voici donc quelques
éléments de compréhension sur la façon dont fonctionne notre
mental et comment s’explique cette prédominance accordée à notre
cogito dans nos sociétés occidentales modernes. Nous verrons
ensuite dans quelle mesure les ruminations peuvent nous nuire mais
aussi quels merveilleux superpouvoirs elles peuvent nous offrir. À la
fin de cette partie, je vous ai concocté un petit test pour vous
permettre d’identifier à quel profil de « trop-penseur » vous
appartenez, afin de mieux vous comprendre et d’accompagner votre
belle transformation.
Le jour où le cogito a commencé à poser
problème… Merci M. Descartes !
Remontons le temps… En 1637, dans Le Discours de la méthode, le
philosophe et mathématicien René Descartes utilise la locution latine
cogito ergo sum (Je pense donc je suis), qui révolutionne la
philosophie et refonde toute la connaissance : le raisonnement et la
remise en question des pensées permet de fonder le savoir et
d’accéder aux vérités. La postérité retiendra la locution seule et
détachée de son contexte, empêchant ainsi toute nuance. En bref, si
je pense, je suis, donc si je ne pense pas, je ne suis pas ! Pas
étonnant que le cogito ait été autant valorisé dans nos sociétés
occidentales… et continue à l’être ! Si penser, c’est être, bien sûr
que l’on a envie de penser… plutôt que de disparaître !
Cette survalorisation du cogito fait que nous avons pu, par le passé,
littéralement apprendre à ruminer (car on ne naît pas
« ruminateur », on le devient !). Qui plus est, un certain nombre de
croyances collectives entretiennent cette utilité de la rumination.
Par exemple, l’idée est fortement répandue que penser intensément
à un problème est la meilleure façon de le comprendre et donc de le résoudre… Que penser en boucle à qui l’on est nous permet de
mieux nous connaître.
Mais à partir de quel moment penser devient-il un problème ? Sans
doute lorsque nous cédons à la tentation de ce que les Anglo-
Saxons appellent l’overthinking. Lorsque nous tournons,
retournons, re-retournons en boucle des pensées dans notre tête de
manière totalement stérile… Autrement dit, lorsque nous ruminons.
Christophe André définit ainsi cette notion : « Ruminer, c’est réfléchir
sans fin, sans efficacité, c’est réfléchir en rond1. » Dans le processus
de rumination, une pensée en entraîne une autre puis une autre,
puis encore une autre… comme une boule de neige qui grossit. Telle
une spirale, le rythme des pensées s’accélère allant parfois jusqu’à
remplir tout notre espace mental disponible. Elles peuvent même
nous réveiller en pleine nuit. Pour certaines personnes, les
ruminations s’apparentent à une véritable torture mentale, des
sables mouvants sans fond. Car lorsque l’on se « fait des films »,
soyons clairs, nous réalisons plutôt un scénario catastrophe, voire
cataclysmique ! Steven Spielberg n’a qu’à bien se tenir !
Ces pensées sont des leurres car elles sont virtuelles… Elles nous
donnent la sensation de réfléchir alors qu’elles tournent en boucle de
façon stérile. Le « trop penser » a des conséquences néfastes sur
notre santé. Cela provoque un surplus de stress, d’anxiété, de
fatigue. De nombreux ouvrages ont aussi montré les effets néfastes
de ce que l’on nomme la charge mentale, toutes ces pensées que
l’on doit gérer et qui concerne l’organisation, la planification,
l’anticipation de nos tâches qu’elles soient domestiques,
professionnelles ou personnelles. Lorsque ce sont les pensées qui
mènent la danse, elles nous privent de notre libre arbitre et
provoquent de l’inquiétude, nous perturbent, nous épuisent. Être
envahi de pensées peut mettre à mal notre attention et notre
concentration et nous éloigner de ce qui a du sens pour nous, de
nos objectifs personnels. On peut même avoir la sensation de
devenir fou, de disjoncter. De perdre totalement confiance et d’être
submergé d’émotions désagréables. Cela peut aller jusqu’à faire fuir
notre entourage, occasionner des ruptures, des séparations. Qui a
envie de continuer à entretenir des liens avec la tante Sidonie qui passe son temps à envisager le pire et qui se plaint constamment ?
Ou de passer ses nuits avec Jules qui se réveille toutes les 10
minutes pour ressasser sa journée de boulot ?
Dans les cas les plus extrêmes, cela peut conduire à des
comportements addictifs : drogue, alcool… De grâce, tout plutôt
que cogiter ! On cherche par tous les moyens à débrancher son
mental. On essaie de fuir dans le produit ces pensées qui gâchent la
vie… mais cela revient à remplacer un poison par un autre ! De la
rumination à la dépression, il n’y a qu’un pas !
Les ruminations peuvent parfois nous permettre de mettre en place
une stratégie d’évitement et nous donner des excuses. Éviter le
risque d’un échec, ne pas s’exposer à de nouveaux challenges (par
exemple, je retourne dans ma tête le pour et le contre de cette
promotion au travail, de cet appartement que je voudrais bien
acheter… et au final je n’agis pas). Ainsi on peut se couper, certes,
de sensations ou d’émotions désagréables… mais aussi de la
merveilleuse possibilité de vivre des choses agréables. Dans une de
ses conférences2, Cécile Baeyens, maître de conférences au
Laboratoire inter-universitaire de psychologie de l’université
Grenoble Alpes explique que 7 minutes de ruminations suffisent
pour amoindrir nos capacités à résoudre des problèmes. Cela a pour
conséquence la procrastination… On ne fait rien d’autre que
réfléchir.
Les ruminations peuvent aussi nous rendre davantage manipulables.
Quand on se pose trop de questions, quand on doute, quand on
passe son temps à se remettre en cause et que l’on a cette
propension à toujours se mettre à la place de l’autre, nous sommes
plus vulnérables.
Un phénomène qui toucherait plus les
femmes ?
Dans son ouvrage 3 Ces femmes qui pensent trop, Susan Nolen-
Hoeksema, professeure de psychologie à l’université de Yale, démontre que les femmes sont plus exposées à l’overthinking.
Tout d’abord parce que – bien que la société évolue – elles
assument encore bien souvent l’organisation logistique de la maison,
des enfants, tout en ayant une vie professionnelle riche. Le manque
de reconnaissance de leur statut et les inégalités qui continuent
d’exister avec les hommes nourrissent le stress, l’anxiété et
contribuent à l’overthinking. Les femmes sont plus enclines à trouver
des solutions pour améliorer leur quotidien et se posent beaucoup
de questions pour trouver des pistes d’amélioration possibles pour
conjuguer leurs vies personnelle, affective et professionnelle. Ce qui
occasionne là encore un torrent de pensées dont elles peuvent se
sentir prisonnières.
Au niveau structurel, les femmes se définissent et se positionnent
davantage en fonction des autres et du monde extérieur. En cela,
leur image d’elle-même est davantage conditionnée par autrui et leur
estime de soi dépend des autres. De plus, elles s’impliquent
davantage émotionnellement auprès de leur entourage, ce qui peut
favoriser aussi les ruminations. Elles ont plus tendance à parler de
leurs ressentis, les analyser, les disséquer pour tenter de les
comprendre.
Comme le rappelle un sondage4 de l’INPES (l’Institut national de
prévention et d’éducation pour la santé), les femmes sont deux fois
plus touchées que les hommes par la dépression et donc par les
ruminations qui en sont une des causes. Car on sait à présent que
cela fonctionne dans ce sens : plus on rumine, plus l’état
dépressif gagne du terrain.
État des lieux des ruminations et des
contextes
De façon générale, la société actuelle connaît une poussée sans
précédent de l’overthinking et notamment auprès de la jeune
génération. Pour quelles raisons ? Toujours selon Susan Nolen-
Hoeksema5, cela s’explique par au moins quatre facteurs
culturels :
Le manque de valeurs : notre société moderne manque de
repères, d’ancrages, ce qui occasionne un état d’hésitation quasi
permanent. Nous recevons énormément d’informations,
d’injonctions extérieures parfois contradictoires sur ce qui peut
nous conduire sur le chemin du bonheur. Nous sommes ainsi
perdus dans nos choix et nous ne savons pas toujours définir ce
qui est bon pour nous, nos principes. C’est l’effet « girouette ».
Le « tout nous est dû » : c’est la tendance actuelle de notre
société qui rend faible notre tolérance à l’insatisfaction et à la
frustration. Nous partons du principe que nous méritons d’être
heureux, riche, socialement estimé… Bref, de TOUT avoir. Par
conséquent, lorsque nous n’obtenons pas ce que nous désirons,
nous pouvons nous laisser envahir par la colère, la tristesse et
accuser le destin, les autres. Nous restons ainsi dans une posture
de victime et nous nous y confortons, ce qui peut nous conduire à
des actes dommageables pour nous-mêmes et les autres. La
moindre contrariété peut conduire à de violents conflits ou à des
actions en justice…
Le besoin compulsif de « palliatifs » : nous pouvons manquer
de patience, guidés par le « toujours plus vite ». Lorsque nous
sommes mis à mal dans notre existence, nous cherchons des
solutions rapides, immédiates. Bien souvent, la précipitation peut
engendrer des choix qui ne sont pas ok pour nous et que nous
pouvons être amenés à regretter, et nous sentir alors davantage
en échec (par exemple changer brusquement de travail, de lieu
de vie…).
La culture du nombril : la psychologie moderne nous permet
d’accéder à de nombreuses connaissances sur le Soi et la vie
intérieure… ce qui est une très bonne chose. Toutefois, poussée
à l’extrême (il convient en toute chose de garder une certaine
mesure, un certain équilibre…), cette autoanalyse peut nous
rendre nombrilistes et nous faire disséquer de manière trop
extrême le moindre assaut de tristesse ou de colère… On peut
aller jusqu’à oublier que c’est parfois un élément extérieur qui
explique simplement notre état intérieur (par exemple je me sens
triste parce que je n’ai pas assez dormi ou en colère car je n’ai
pas assez mangé…).
Sur quoi avons-nous tendance à ruminer ? Quelles formes
prennent nos ruminations ?
Les jugements : c’est une source intarissable de ruminations. Il
peut s’agir de jugements sur soi et/ou sur les autres. Les
jugements nourrissent un sentiment de séparation entre soi et le
monde extérieur (par exemple : « Je ne suis pas assez ceci, pas
assez cela… », « J’ai moins de chance qu’Untel… », « Oh tu
verrais la maison de Machine… un vrai dépotoir ! », « Niveau
habillement, son look laisse quand même à désirer… »). On
retrouve ici les pensées de comparaison de soi par rapport aux
autres (souvent en notre défaveur) ou de soi par rapport au soi du
passé, ou encore par rapport à un état désiré.
Anticiper l’avenir : le fameux « Et si… ». C’est une des
principales caractéristiques de la rumination anxieuse qui vise à
anticiper toutes les possibilités et souvent de manière négative
(par exemple : « Et si je faisais ceci… ou plutôt cela ? », « Que
va-t-il se passer si jamais… ? », « Et si j’échoue, si je fais le
mauvais choix, qu’adviendra-t-il ? »).
Ressasser le passé : dans l’ici et maintenant, nous refaisons le
film de ce qui aurait pu (ou aurait dû selon nous) se passer
différemment dans le passé et par là même donner d’autres
résultats au présent. Ruptures, maladies, chômage, crises… les
thématiques sont nombreuses (par exemple : « Je n’aurais pas
dû lui dire ça… », « Si j’avais su, j’aurais fait autrement… »).
Penser à la place de l’autre : on imagine toutes les raisons du
comportement d’autrui en l’analysant sous toutes les coutures…
mais avec NOTRE vision du monde. Notre esprit imagine un tas
de scénarios possibles pour donner un sens à l’attitude d’une
personne, ce qui la plupart du temps nous éloigne de sa réalité
(par exemple : « Il va réagir comme ça parce que… », « Il a
ressenti cela et pense que… »). Si l’autre reste silencieux ou
secret, les ruminations et les interprétations peuvent aller bon
train (en mode TGV bien sûr !).
Le combat contre soi : c’est le cas quand nos actions et nos
valeurs ne sont pas alignées. Cela peut créer beaucoup de
confusion et la recherche de davantage d’authenticité peut
paradoxalement devenir une matière à ruminer. On y retrouve
des pensées de frustrations et de ressentiments (par exemple :
« À 40 ans, je ne devrais pas être dans cette situation instable,
alors que je prône la recherche d’harmonie », « C’est tout de
même incroyable de se prendre la tête pour des broutilles quand
on pratique la méditation depuis 20 ans »).
Comment fonctionnent nos pensées ?
Avez-vous remarqué ces petites pensées qui arrivent telles des
notifications de téléphone, des petits pop-up sans que l’on n’ait rien
demandé ? C’est ce que l’on appelle les pensées automatiques (PA)
qui sont comme conscientes ou préconscientes. D’aucuns les
baptisent aussi « voix intérieure ». Ces pensées automatiques sont
en lien avec notre vision du monde, nos représentations et nous les
acceptons bien souvent sans même avoir pris la peine de les
évaluer. Elles sont liées à nos schémas cognitifs. Parfois elles ne
nous posent aucun problème et nous permettent d’avancer, mais
elles peuvent aussi entraîner des émotions « négatives » ou
désagréables, nous freiner dans notre existence et nous rendre
malheureux. Dans ce cas, on parle alors de processus cognitifs
dysfonctionnels ou de distorsion cognitive 6. En voici quelques-uns :
La surgénéralisation : c’est le fait de conclure de manière
générale à partir de situations singulières. Souvent, c’est une
expérience malheureuse qui est généralisée. Les mots
« jamais », « toujours », « à chaque fois » sont caractéristiques
de ce schéma (par exemple, après un échec amoureux,
considérer que les hommes sont tous les mêmes et que cela finit
toujours mal… Ce qui ne sera pas très propice pour construire
une relation affective).
L’abstraction sélective : elle consiste à focaliser son attention
sur certains aspects particuliers « négatifs » et de négliger les
autres aspects. La situation n’est pas considérée dans sa
globalité. C’est un biais que l’on retrouve chez les personnes
souffrant d’anxiété (par exemple, considérer que toute une
représentation scénique est gâchée parce que l’on a fait une
petite erreur dans la chorégraphie). C’est voir le verre « à moitié
vide ».
L’inférence arbitraire : c’est le fait de tirer des conclusions
hâtives et négatives, non fondées sur une situation, en l’absence
de preuve. Il s’agit d’une interprétation du réel injustifiée et d’une
façon unique de voir les choses (« Il ne fait pas attention à moi
car il ne m’aime pas »). Cela donne une vision étriquée du réel
qui est souvent bien plus complexe.
La personnalisation : donner une importance démesurée et
exagérée à une caractéristique négative donnée d’une situation,
par rapport à sa propre personne. S’attribuer toute la
responsabilité du problème alors que d’autres facteurs
interviennent (« Tout est de ma faute », « J’ai tout gâché !). Cela
peut entraîner un sentiment de grande culpabilité.
La maximisation du « négatif »/minimalisation du « positif » :
on exagère le « négatif » et on pondère tout le « positif ». C’est la
tendance à accorder trop d’importance à ce qui est défavorable
(par exemple, « J’ai échoué à cet examen du permis, je suis
vraiment un bon à rien », « J’ai réussi cet entretien mais c’était
vraiment trop facile »). On se prive ainsi de récolter les jolis fruits
de l’existence.
La dichotomisation : il s’agit d’un processus de perception
binaire du réel, une pensée sans nuances (tout ou rien ; toujours
ou jamais ; noir ou blanc). Cette distorsion se retrouve souvent
chez les personnes perfectionnistes (« J’ai tout planté ! », « Je n’y
arriverai jamais ! ») et peut générer un grand stress et du
découragement.
L’auto-injonction : c’est le fait de s’assigner des impératifs, de
s’ordonner des choses (« Il faut absolument que je règle ce
problème », « C’est plus fort que moi, je dois répondre à cette
demande »). Ce biais crée une forte pression car il invite à porter
sur ses épaules une (trop) grande responsabilité.
Le blâme : il s’agit de tenir les autres pour responsables de ses
émotions ou de se blâmer soi-même pour celles des autres
(« Les gens font vraiment n’importe quoi ! », « Si ma fille se
comporte ainsi, c’est parce que je suis une mauvaise mère ! »).
On cultive ainsi les poisons du ressentiment et de l’amertume.
Le raisonnement émotionnel : c’est le fait de considérer que
des états émotionnels nous définissent et sont la réalité (par
exemple, dire « Je suis bête » plutôt que « Je me sens bête »).
Cela peut conduire à se sentir enfermé dans des cases, des
conditionnements, dont il peut-être difficile de se sortir ensuite.
L’étiquetage : ce biais désigne la tendance à se définir et à se
dénigrer de manière globale plutôt que de décrire un
comportement spécifique (par exemple, dire « Je suis nulle en
conduite » plutôt que « J’ai des difficultés avec les créneaux »).
Ces schémas déterminent nos croyances de base. Lorsqu’elles
sont néfastes pour nous, on parle de croyances limitantes car elles
nous empêchent d’agir, d’avancer, de prendre des risques et de
saisir nos chances.
Changer son mindset
Nous avons tous une vision du monde différente et elle nous
appartient car elle est le fruit de nos projections. Autrement dit, ce
n’est pas la réalité qui pose problème mais le regard que nous
posons sur elle. La bonne nouvelle, c’est qu’à tout moment nous
pouvons changer de perspective, élargir et transformer notre regard.
Voici comment :
La boîte des ruminations
2 à 5 minutes
Coucher ses ruminations par écrit permet de prendre davantage de
recul, de les extérioriser, de les trier et de les dompter ! C’est la
raison pour laquelle je vous propose de confectionner une « boîte à ruminations ». Pendant une période d’environ 10 jours, définissez un
temps spécifique 100 % overthinking. Lorsque votre petit vélo (ou
encore le hamster dans sa roue) se met à tourner, notez chacune de
vos ruminations telle qu’elle se manifeste, sur un papier (un papier
par rumination) et déposez-le dans la boîte. Au bout des 10 jours,
sortez tous les papiers et étalez-les sur le sol. Prenez le temps de
les observer… Peut-être auriez-vous envie d’en rassembler certains,
peut-être y a-t-il des doublons ? Prenez tout le temps dont vous avez
besoin pour les réagencer dans l’espace. Essayez de vivre
complètement cette expérience avec les émotions, les sensations
associées. Peut-être trouverez-vous quelques correspondances
avec les schémas cognitifs détaillés plus haut… Peut-être allez-vous
prendre conscience des situations, des contextes qui facilitent les
remous de votre mental…
Cet exercice doit rester un point de départ. Cela n’engage que
moi, mais je privilégie toujours d’écrire ce que l’on souhaite plutôt
que ce dont on veut se libérer, pour ne pas figer le désagréable. Cet
exercice permet toutefois d’extérioriser les ruminations et de les
observer avec un peu de recul.
Lorsque nous faisons ainsi l’état des lieux de nos schémas de
pensées, nous pouvons identifier nos mécanismes dysfonctionnels.
Si vous souhaitez changer votre mindset, rappelez-vous une chose :
la nature a horreur du vide. Pour changer, il faut proposer d’autres
schémas car, aussi inconfortable soit-elle, la façon dont nous
pensons est celle que nous connaissons (et parfois depuis
longtemps), et c’est en quelque sorte, notre zone de confort
inconfortable. Pour en sortir, il faut proposer d’autres voies,
d’autres chemins et surtout les tester dans notre expérience. Nous
pouvons remplacer le schéma cognitif dysfonctionnel et les
croyances par un schéma ou des croyances dites « corollaires »,
et ainsi restructurer notre mode de pensée. Je vous explique
comment faire et vous donne quelques premières pistes en
m’appuyant notamment sur les travaux du psychologue Aaron Beck
et des TCC (thérapies comportementales et cognitives).
On peut par exemple faire appel à la décentration, c’est-à-dire
notre capacité à envisager d’autres points de vue que le nôtre et
ce, à plusieurs niveaux :
Décentration de personne : que penserait untel/unetelle de cette
situation ? Qu’est-ce que moi j’aurais pensé si untel/unetelle avait
vécu cette situation ? Cela permet d’interroger et de faire exister un
autre point de vue et d’enrichir notre vision du monde.
Décentration de lieu : si j’étais dans un autre lieu, est-ce que je
penserais la même chose ? Modifier le contexte permet de changer
de perspective et de faire appel à d’autres parties de nous.
Décentration de temps : est-ce que j’aurais pensé la même chose
il y a 10 ans ? Quelle importance aura cette situation dans 10 ans ?
Cela permet de prendre du recul, de la hauteur.
On peut également s’efforcer de recontextualiser la situation
dont il est question afin de ne pas céder aux sirènes de la
généralisation (par exemple, se demander : c’était où ? Quand ?
Comment ? Avec qui ?…). Cela rend les situations plus précises
et donc plus faciles à travailler.
On peut se visualiser prendre de la hauteur, comme si on
observait la situation depuis un hélicoptère, ou encore comme si
on invitait l’étau de nos pensées à se desserrer. La visualisation
est une capacité formidable qui nous permet d’envisager d’autres
possibles et d’élargir notre champ de conscience.
Faire le lien avec ses émotions. Les
hypersensibles plus exposés ?
Nos pensées, notre corps et nos émotions sont intimement liés.
Certaines émotions désagréables, douloureuses, intenses, peuvent
engendrer des pensées automatiques dont nous restons prisonniers.
C’est le cas par exemple de la honte, de la culpabilité ou encore de
la colère ou de la tristesse. Des émotions du passé qui n’ont pas été
traitées, résolues, qui sont restées ainsi engrammées dans notre corps peuvent aussi se manifester au présent… On peut également
anticiper nos émotions à venir qui, elles, n’existent pas encore. On
parle d’émotions élastiques. C’est le cas par exemple lorsque l’on a
vécu une crise d’angoisse : la peur que cela se reproduise fait que
l’on anticipe négativement les choses. De la même façon, un lieu
dans lequel on a connu une émotion désagréable pourra faire
ressurgir l’émotion désormais associée à cet endroit (même si ici et
maintenant il ne s’y passe rien de particulier). À chaque fois que ces
émotions sont ravivées, réactivées par la pensée, notre corps subit
un assaut supplémentaire, parfois même un raz-de-marée
dévastateur.
Tableau Émotions/Pensées/Stress
5 minutes
Aaron Beck dit que l’émotion est la voie royale vers la cognition…
Aussi je vous propose de vous munir d’une feuille et d’y tracer cinq
colonnes : Situations/Émotions/Pensées automatiques/Pensées de
remplacement/Nouveau résultat. Lorsqu’une émotion désagréable
apparaît, commencez par décrire la situation en quelques mots, le
plus objectivement possible, un peu à la manière d’une caméra : où
et quand ? (colonne 1). Puis, notez les émotions et/ou sentiments
ressentis, si possible en donnant leur intensité sur une échelle de 0
à 10. Vous pouvez également préciser de la même façon l’intensité
de stress ressenti et identifier les zones du corps qui réagissent
(colonne 2). Ensuite, identifiez quelles sont les pensées
automatiques qui accompagnent cette émotion (colonne 3).
Imaginez par quoi vous pourriez remplacer cette pensée pour avoir
un résultat différent (colonne 4). Réévaluez à présent les émotions,
les sentiments et le niveau de stress ressentis, par rapport à la
pensée automatique, toujours sur une échelle de 0 à 10 (colonne 5).
Situation Émotions/Stress/Corps Pensées Pensées de Nouveau
automatiques remplacement résultat
Description Émotions et/ou Quelle(s) Quelle autre Émotions de sentiments ressentis. Où pensée(s) pensée peut et/ou l’événement dans votre corps ? automatique(s) répondre à la sentiments associé à Échelle de 0 (pas du accompagne(nt) pensée ressentis. l’émotion tout) à 10 (plus forte l’émotion ? automatique ? Où est-ce désagréable intensité) situé dans
votre corps ?
(Échelle de 0
à 10)
Exemples Le ventre qui se sert, la Je suis nulle. J’ai déjà réussi Ma poitrine
poitrine plus oppressée, Je n’y arriverai des examens s’ouvre un les mains moites… jamais. par le passé, je peu plus et 8/10 sais faire. je sens mon
corps qui se
relâche.
5/10
Dans ses nombreux ouvrages consacrés aux « pense-trop » comme
elle aime les appeler, Christel Petitcollin explique que la plupart des
gens pensent sous forme de corde à nœuds ou de petit train :
chaque nœud est une idée et les idées s’enchaînent les unes après
les autres. Chez les personnes hypersensibles, la pensée est
complexe, débordante et arborescente, un peu comme une toile
d’araignée ou un arbre aux multiples branchages. Une idée en fait
jaillir 10 et tout est connecté avec tout en permanence. La
sensorialité exacerbée caractéristique des hypersensibles fait qu’ils
sont beaucoup plus en alerte, aux aguets. Ils sont plus vulnérables
face au monde extérieur car ils perçoivent plus d’informations et
d’une manière plus intense.
Passé et futur : les temps de la rumination
Les ruminations ont deux temporalités favorites : le passé ou le futur.
Soit nous nous mettons à regretter les choses que nous n’avons
pas faites, pas dites, soit nous anticipons le futur, la suite, ce qui
va advenir (et la plupart du temps négativement). Le seul temps
dans lequel il n’y a pas de problèmes, c’est le moment présent… car
aussitôt énoncé, il est déjà passé. Nous avons donc la solution, non ? Plus nous sommes dans le présent, moins nous avons de
problèmes ! Et comble de bonheur, nous bénéficions d’un outil
intégré, disponible à tout moment pour revenir au présent : notre
corps ! Nos sens, nos sensations nous ancrent dans l’ICI et
MAINTENANT. Ce que nous voyons, sentons, écoutons, goûtons,
touchons, nous met directement en contact avec notre expérience.
Rappelez-vous ceci : on ne peut pas être 100 % dans son corps et
100 % dans sa tête… Alors, qu’est-ce qu’on attend ?
STOP ! La prise de décision
Soyons clairs… Passez votre temps à vous répéter et (répéter à qui
veut bien l’entendre) que votre mental vous joue des tours, que vous
vous prenez bien trop la tête, que ce serait bien de lâcher prise un
peu… ne servira à RIEN si vous ne prenez pas officiellement la
décision de changer. Eh oui, pas de secret, si vous ne mettez pas en
place des actions concrètes pour transformer votre expérience,
cela donnera tout simplement plus de la même chose ! (À moins que
vous ne soyez foudroyé par la grâce divine mais ça c’est une autre
histoire !) Je vous invite à procéder à un petit rituel pour acter
qu’aujourd’hui vous avez décidé de dire STOP et ADIEU aux
comportements néfastes, pour dire OUI à une nouvelle réalité. Pour
faire de la place à du neuf, il faut avoir le courage de dire au revoir à
l’ancien. À partir de maintenant, vous avez décidé de ne plus être
victime de vos pensées !
Définir un objectif SMART pour après
5 minutes
Pour entretenir la motivation, rien de tel que de se fixer un objectif,
un peu à la manière d’un fil rouge qui indique le cap à suivre. Il est
important de se rappeler au quotidien la direction vers laquelle on
veut aller et les outils dont on dispose. Avoir un objectif est d’autant
plus utile pour nous aider à garder motivation et confiance lorsque
nous sommes confrontés à des situations difficiles ou des périodes de découragement. En coaching, on utilise l’acronyme SMART. S
pour spécifique (UN objectif). M pour mesurable (avec des
indicateurs précis et prédéfinis pour être facilement « évaluable »). A
pour atteignable (exit les challenges démesurés !). R pour réaliste
(un objectif possible et réalisable). T pour temporel (très important,
votre objectif doit être inscrit dans le temps).
Dans cet ouvrage, je vous propose d’arrêter de trop penser en 21
jours. Le fait d’avoir le mot « trop » permet d’avoir un objectif
atteignable (A) et 21 jours est mesurable dans le temps (T). Le test
précédent vous a aidé à spécifier votre problématique par rapport
aux pensées (S) et l’existence même de ce livre et des outils
proposés vous montre que cela est réaliste (R). Reste à définir quels
sont les indicateurs de résultat qui vous permettront de mesurer
votre succès (M).
Par exemple, je verrai que j’ai réussi à adoucir mon rapport à la
cogitation parce que je suis plus détendu (au début du challenge, sur
une échelle de 0 à 10, j’étais à 7/10 en termes de tensions du corps ;
aujourd’hui je suis à 3/10).
Je verrai que mon rapport à mon mental est plus sain car j’aurai
accompli ce projet de m’inscrire à un cours de chant que je repousse
depuis des années.
Créer son vision board ou tableau de visualisation
5 minutes
La visualisation peut être très aidante. Nous avons la capacité
formidable de nous projeter dans l’avenir. Utilisons-la à bon escient !
Préciser les contours de notre vision à plus long terme donne du
sens et de la densité à notre plan d’action et à notre chemin de vie.
À quoi ressemblerait un futur où vous pensez moins et mieux ?
Qu’est-ce que cela changerait ? Prenez le temps de fermer les yeux
et d’imaginer… Que donnerait une relation plus apaisée à votre
mental ? Seriez-vous plus confiant ? Plus léger ? Plus serein ?
Accueillez toutes les images, les sensations, les émotions qui se présentent à vous (Bonheur ? Calme ? Joie ? Sensations
d’ouverture ?…). Vous pouvez prendre le temps de les écrire en
toutes lettres ou, de manière plus symbolique, de réaliser un collage
d’images et d’éléments visuels (collectés dans des magazines ou
sur une banque d’images Internet). Construisez la représentation de
votre évolution, vos aspirations et vos rêves. Vous pouvez ensuite
afficher ce vision board sur votre frigo ou sur le miroir de la salle de
bains. Il peut vous aider en vous rappelant régulièrement votre belle
motivation et l’engagement que vous avez pris avec vous-même.
Acter sa décision par un rituel
5 minutes
Il est temps d’informer le monde extérieur et l’Univers de votre
décision ! J’aime proposer dans mes accompagnements la
réalisation de rituels pour ancrer profondément les choses dans la
réalité, dans la matière. Votre rituel de prise de décision peut
prendre la forme et la durée de votre choix. Certains aiment le côté
cérémonial de la musique, la présence d’une bougie, la diffusion
d’encens. Il est temps de célébrer le début du partenariat avec votre
« esprit qui pense trop », comme une union sacrée ou encore des
retrouvailles. Après la phase de prise de conscience, le rituel acte le
début du grand changement ! Vous pouvez aussi informer votre
entourage ou vos contacts de votre challenge de 21 jours via les
réseaux sociaux par exemple. Cela représente un engagement
supplémentaire et envoie un signal très fort. Vous n’êtes plus seul
avec vous-même ! Ainsi, vous pourrez être amené à échanger avec
l’extérieur. Cela permet de faire davantage exister votre beau projet.
De plus, les autres pourront devenir une source de motivation très
aidante et bénéfique. Plus moyen de vous défiler !
Observer de manière ouverte et muscler son
attention Comment arrêter de penser ? Justement en n’essayant pas de le
faire car c’est tout bonnement impossible ! Nous avons environ 60
000 pensées par jour qui nous traversent. Certes, on aimerait bien
trouver ce fichu bouton stop pour interrompre les pensées !
Mauvaise nouvelle : il n’existe pas. Je ne vous souhaite pas
d’ailleurs d’arrêter de penser. Cela voudrait dire que vous êtes dans
un bien sale état, à l’hôpital avec un encéphalogramme plat ! Par
contre, il existe des techniques pour apprendre à faire un petit pas
de côté par rapport à nos pensées et ne plus les suivre
aveuglément. C’est le cas de la méditation de pleine présence7,
nous y reviendrons. Avec un peu d’entraînement, nous pouvons tous
y arriver !
S’aimer et s’accepter dans toute son
imperfection…
Lorsque nous prenons l’avion, avant le décollage, les hôtesses et
stewards exécutent le charmant ballet des consignes de sécurité.
Sourire aux lèvres, ils effectuent le contrôle méticuleux des cabines,
indiquent les issues de secours et rappellent les consignes de
sécurité. Notamment qu’en cas de dépressurisation de la cabine, les
masques tombent automatiquement à notre portée et qu’il convient
de mettre notre masque en premier et d’aider ensuite l’autre à
ajuster le sien. J’aime utiliser cette image pour rappeler que la
personne dont nous devons commencer à prendre soin, c’est
nous-mêmes ! Encore trop souvent, nous nous faisons passer
après tout le monde, craignant par-dessus tout d’être taxés
d’égocentriques ou de nombrilistes ! Or, c’est précisément en se
rencontrant soi-même dans toutes ses dimensions, toutes ses
perfections et imperfections que l’on peut aussi rencontrer l’autre.
Investir sur soi est la meilleure chose que l’on puisse faire pour soi et
pour le monde ! Se reconnecter à soi, à ce qui fait sens pour soi, à
ses ressources, sa complétude (« tout est là, juste là, déjà là »),
ouvrir les bras en grand en signe de BIENVENUE à la personne que
l’on est.
…pour mieux accepter les autres et le
monde
Nous détacher de notre discours intérieur peut aussi nous permettre
de porter davantage notre attention sur les autres. Cultiver la
présence ouverte, bienveillante… On s’aperçoit que porter de
l’intérêt sur autrui génère de l’intérêt sur soi. Les relations humaines
sont donc enrichies, plus profondes.
Dans une conférence brillante8, le psychiatre Serge Marquis rappelle
que ce qui qualifie des rapports humains sains sont le soutien,
l’entraide et la reconnaissance mutuelle. Autrement dit la qualité de
la présence à l’autre. Comment être présent et disponible si l’on est
mobilisé par son discours intérieur ? Se sentir aidé, soutenu,
reconnu fait considérablement baisser son niveau de stress.
Ruminations parties ? Place à l’énergie
vitale !
L’énergie de l’Univers fonctionne ainsi. Laisser aller l’ancien permet
de faire de la place au nouveau. L’énergie de la rumination va
pouvoir laisser de la place à notre énergie VITALE ! Imaginez toutes
ces forces que vous avez déployées pour vous prendre la tête,
ressasser, ruminer. C’est qu’il en faut du carburant ! Toute cette
énergie est désormais disponible pour autre chose ! Au final, c’est
merveilleux, non ?
1. Christophe André, « Les ruminations », France Culture, 3 août 2017 :
https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-interieure/les-ruminations
2. Cécile Baeyens, « Surmonter les ruminations psychologiques », conférence donnée le 5
décembre 2015 à la bibliothèque Kateb Yacine : https://cinevod.bm-
grenoble.fr/video/EPEW5-surmonter-les-ruminations-psychologiques
3. Susan Nolen-Hoeksema, Ces femmes qui pensent trop. Débrancher (enfin) son mental et reconquérir sa vie, Paris, Leduc, 2018.
4. La dépression en France chez les 18-75 ans : résultats du Baromètre santé 2017, Christophe Léon, Christine Chan Chee, Enguerrand du Roscoät et le groupe Baromètre santé 2017, Santé publique France, Saint-Maurice, France.
5. Susan Nolen-Hoeksema, op. cit., pp. 50-57.
6. On doit cette appellation aux travaux du psychiatre américain Aaron T. Beck, pionnier de la psychothérapie cognitivo-comportementale.
7. Je préfère utiliser les termes de « pleine présence » que « pleine conscience » pour être au plus près de l’expérience corporelle.
8. Serge Marquis, « On est foutu on pense trop ! », conférence organisée par l’université de
Nantes et les Artisans du changement : https://www.youtube.com/watch?
v=MzvF3OVWgZM
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